La cendre rougeâtre de l’Etna (Sicile) // Mount Etna ‘s reddish ash (Sicily)

L’Etna n’est pas en éruption. Pourtant, depuis plusieurs semaines, le Cratère nord-est émet par intermittence un panache de cendres brun-rougeâtre, particulièrement visible ces derniers jours.

Image webcam du panache de cendres

Conséquence inévitable de ce phénomène : le trafic aérien est de nouveau fortement perturbé à l’aéroport de Catane. En effet, le niveau d’alerte aérienne (VONA) a été porté au Rouge, ce qui suppose des risques pour les aéronefs.

L’INGV a expliqué ce qui se passe au sommet du volcan. En l’occurrence, le panache appartient à la phase post-éruptive qui a suivi l’intense activité de juillet-août, lorsque la Voragine a produit de fréquentes explosions et coulées de lave, alimentées également par un système de fissures s’étendant vers la Valle del Bove jusqu’à environ 1 900 mètres d’altitude.

Durant cette phase éruptive, une partie de la lave de la Voragine s’est écoulée pendant plusieurs jours dans le Cratère Nord-Est, sans parvenir à le remplir complètement. Ses parois internes ont été recouvertes de scories,et divers autres matériaux.
À partir du 24-25 août 2026, le trémor éruptif a commencé à diminuer. Cette observation a concordé avec une diminution de la poussée magmatique dans le système d’alimentation et une réduction progressive de la colonne magmatique dans le conduit du Cratère nord-est.

Dans ces conditions, le dégazage devient plus efficace pour mobiliser les matériaux meubles accumulés. On assiste donc en ce moment à une phase de débourrage. En d’autres termes, le volcan se racle la gorge et nettoie ses conduits éruptifs. Cette situation a déjà été observée à plusieurs reprises sur l’Etna. Une dynamique similaire a été observée après l’éruption latérale de décembre 2018. J’en ai été personnellement le témoin alors que je me trouvais dans la zone sommitale dans les années 2000.

Photos: C. Grandpey

Les panaches de cendres étaient noirs alors qu’il présentent une couleur rougeâtre en ce moment. L’INGV explique que cette couleur est due à la présence de particules fortement altérées chimiquement, riches en oxydes de fer et en fragments de verre détériorés. Il s’agit très probablement de résidus des coulées de lave et des scories accumulées dans le conduit du Cratère NE durant l’été, et non de la fragmentation de magma récent.

L’INGV ajoute que’il n’est pas exclu que la phase actuelle de « nettoyage » du conduit puisse également constituer une transition vers une nouvelle phase d’activité, si le système magmatique vient à se pressuriser à nouveau.

Source : INGV.

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Mount Etna is not erupting. However, for several weeks, the Northeast Crater has been intermittently emitting a reddish-brown ash plume, which has been particularly visible in recent days.

An inevitable consequence of this phenomenon is that air traffic at Catania Airport is once again severely disrupted. The aviation alert level (VONA) has been raised to Red, indicating potential risks to aircraft.

The INGV has explained what is happening at the volcano’s summit. Specifically, the plume is part of the post-eruptive phase following the intense activity of July and August, when the Voragine crater produced frequent explosions and lava flows, also fed by a fissure system extending toward the Valle del Bove down to an elevation of approximately 1,900 meters.
During this eruptive phase, some of the lava from the Voragine flowed into the Northeast Crater for several days without completely filling it. Its inner walls became coated with scoria and various other materials.
Starting around August 24–25, 2026, the eruptive tremor began to subside. This observation coincided with a decrease in magmatic pressure within the feeding system and a gradual drop in the magma column inside the Northeast Crater’s conduit.
Under these conditions, degassing becomes more effective at mobilizing accumulated loose material. We are currently witnessing a « clearing » phase ; in other words, the volcano is clearing its throat and purging its eruptive conduits. This phenomenon has been observed on Mt Etna several times before; similar dynamics were seen following the lateral eruption of December 2018. I personally witnessed this while in the summit area during the 2000s. The ash plumes used to be black, whereas they currently appear reddish.

The INGV explains that this color stems from the presence of chemically altered particles rich in iron oxides and degraded glass fragments. These are most likely remnants of lava flows and scoria that accumulated in the Northeast Crater’s conduit during the summer, rather than fragments of fresh magma.
The INGV adds that the current conduit « clearing » phase could also mark a transition to a new phase of activity, should the magmatic system repressurize.
Source: INGV.

Un nouveau cratère d’impact sur la Lune // New impact crater on the Moon

La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA a repéré McGetchin, le plus grand cratère d’impact récemment formé identifié dans le système solaire. La dépression ainsi creusée, large de 222 mètres et profonde de 43 mètres, s’est formée entre le 11 avril et le 22 mai 2024, lorsqu’un corps céleste a percuté la surface lunaire. Deux articles publiés dans la revue Science Advances donnent des détails sur cette découverte.

Vue depuis le flanc du cratère d’impact en direction de l’est, obtenue par la caméra à champ étroit du Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA le 3 mars 2026 (Source: NASA)

Un spécialiste du traitement d’images de la société Intuitive Machines, qui travaille sur les données fournies par la caméra du LRO, a repéré une anomalie le 24 octobre 2025 lors d’un contrôle de routine sur la qualité des images. Un logiciel automatisé, conçu pour signaler les changements à la surface de la Lune entre les passages en orbite, a mis en évidence une modification apparue sur les images grand angle. La configuration des éjectas brillants et les perturbations environnantes présentaient les caractéristiques d’un impact récent. Après vérification, l’équipe scientifique a utilisé la caméra haute résolution à champ étroit (NAC) du LRO pour obtenir des images complémentaires avec une résolution de l’ordre du mètre.
Le cratère s’est formé en bordure orientale de la Lune lorsqu’un fragment d’astéroïde ou de comète, dont la taille est estimée à celle d’un immeuble de trois à six étages, a heurté la surface. Baptisé McGetchin en hommage au regretté spécialiste de la Lune Thomas McGetchin, le cratère a été creusé dans le régolithe, avec projection de débris à travers le paysage environnant. Le dépôt réfléchissant le plus visible apparaît sur les images grand angle, tandis qu’une zone plus vaste de matériaux produits par l’impact s’étend bien au-delà du bord du cratère proprement dit.

Vue aérienne du cratère prise le 5 décembre 2025 (Source: NASA)

Les chercheurs estiment qu’un cratère de cette taille se forme sur la Lune environ une fois par siècle ou tous les 130 ans. Pendant plus de 17 années d’activité en orbite, la surveillance assurée par le LRO a permis d’identifier des changements liés à des impacts et de recenser au moins 1 000 nouveaux cratères. La grande majorité de ces formations sont de petite taille. Le LRO peut détecter des cratères de 9 mètres de diamètre, et les chercheurs estiment qu’environ 140 cratères de cette taille se forment chaque année, bien que les impacts plus modestes passent inaperçus. Le McGetchin se distingue par le fait que les objets suffisamment volumineux pour creuser une dépression de 222 mètres de diamètre percutent la Lune moins fréquemment.
Une analyse distincte des données fournies par Diviner, l’instrument thermique du LRO, a révélé une signature physique inhabituelle autour du site. Les mesures effectuées par l’instrument ont révélé qu’une zone de 6,5 km de large entourant le cratère McGetchin était, la nuit, plus froide d’environ 9 degrés Celsius que le terrain environnant. Les chercheurs attribuent cette baisse de température à la force mécanique de l’impact. Le choc a ameubli et aéré la couche superficielle du régolithe, réduisant ainsi sa masse volumique apparente et sa capacité à conserver la chaleur après le coucher du Soleil. Sur les cartes thermiques du Diviner, la zone concernée a la forme d’un anneau froid bien distinct.

Valeurs de réflectance par classes codées par couleur (Source : NASA)

Pour l’heure, les scientifiques ignorent la masse, la vitesse ou l’origine exactes du corps céleste à l’origine de l’impact. Ces paramètres dépendent de modèles informatiques simulant la collision et la projection des débris. La fréquence d’un tel événement, estimée à une fois par siècle, repose sur une évaluation statistique de la fréquence à laquelle des roches en mouvement dans l’espace croisent l’orbite lunaire, plutôt que sur un décompte précis des impacts passés. Si les chercheurs ont déterminé avec précision la taille du cratère et sa signature thermique, des modélisations supplémentaires seront nécessaires pour identifier la nature exacte de l’objet qui a percuté la Lune.
Sources : NASA, Futura, space.com.

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 NASA’s Lunar Reconnaissance Orbiter has spotted McGetchin, the largest newly formed impact crater identified in the solar system. The 222-meter-wide and 43-meter-deep basin formed between April 11 and May 22, 2024, when a space rock struck the lunar surface. Two papers in  Science Advances detail the discovery.

An image-processing specialist from Intuitive Machines working with LRO camera data, spotted the anomaly on October 24, 2025, during a routine quality check. Automated software designed to flag surface changes between orbital passes highlighted a distinct shift in wide-angle imagery. The feature’s bright ejecta pattern and surrounding disturbance were consistent with a recent impact. Following the verification, the team used LRO’s high-resolution Narrow-Angle Camera to obtain follow-up images at roughly meter-scale resolution.

The crater formed on the Moon’s eastern edge when a fragment from an asteroid or comet, estimated to be roughly three to six stories tall, struck the surface. Named in honor of late lunar scientist Thomas McGetchin, the crater carved  into the regolith and hurled debris across the landscape. The strike excavated soil and spread bright ejecta across the surrounding area. The most conspicuous reflective deposit was visible in broad-angle imagery, while a wider zone of disturbed material extended far beyond the crater rim itself.

Researchers estimate that a crater of this scale forms on the Moon roughly once every century to 130 years. Over more than 17 years in orbit, LRO’s monitoring has identified changes associated with impacts and documented at least 1,000 new impact craters. The vast majority of these features are minor. LRO can detect some craters 9 meters across and researchers estimate that around 140 craters of this size may form annually, though smaller impacts go undetected. McGetchin stands out because objects large enough to carve a 222-meter basin strike the Moon less frequently.

A separate analysis of data from LRO’s thermal instrument, Diviner, revealed an unusual physical footprint surrounding the site. Diviner measurements showed that a 6.5-km-wide region around McGetchin was about 9 degrees Celsius cooler at night than nearby terrain. The research team attributes the temperature drop to the mechanical force of the strike. The impact loosened and fluffed up the top layer of regolith, lowering its bulk density and reducing its ability to retain heat after sunset. On Diviner’s thermal maps, the affected area appears as a distinct cool ring.

For now, scientists don’t know the impactor’s exact weight, speed, or origin. Those details depend on computer models that simulate how the rock hit and threw out debris. The once-a-century frequency is also a statistical estimate based on how often  space rocks cross the Moon’s path, rather than an exact count of past strikes. While researchers have nailed down the crater’s size and temperature footprint, it will take more modeling to figure out what actually hit the Moon.

Sources : NASA, Furura, space.com.

valeurs de réflectance par classes codées par couleur (Source : NASA)

Vue depuis le flanc du cratère en direction de l’est, obtenue par la caméra à champ étroit du Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA le 3 mars 2026.

Vue aérienne du cratère prise le 5 décembre 2025.