Nouvelle étude sur le panache mantellique de Yellowstone // New study on the Yellowstone mantle plume

Au cours des dernières années, plusieurs études ont été réalisées sur le panache mantellique qui alimente le super volcan de Yellowstone. Elles ont révélé que la source du panache est beaucoup plus à l’ouest que prévu. De nouvelles recherches publiées dans la dernière édition de Nature Geoscience révèlent que des scientifiques de l’Université du Texas à Austin ont cartographié la trajectoire précise suivie par ce panache magmatique depuis la surface de la Terre jusqu’à son origine dans le manteau inférieur. L’étude révèle que la source de chaleur qui alimente Yellowstone est un panache de forme cylindrique, de 345 kilomètres de large, qui trouve son origine à 2900 kilomètres de profondeur, à la verticale de la partie nord de la Péninsule de Basse Californie. Cela confirme ce que pensent depuis longtemps les géophysiciens et explique pourquoi le super volcan avec ses geysers, ses sources thermales, ses mares de boue et ses fumerolles est situé dans le nord-ouest du Wyoming.
Jusqu’à présent, les chercheurs avaient réussi à localiser le panache mantellique qui alimente le point chaud de Yellowstone jusqu’à environ 960 kilomètres de profondeur. La dernière étude s’appuie sur les techniques tomographiques existantes qui permettent de cartographier comment les ondes sismiques « S » traversent le manteau terrestre. Par exemple, ces ondes ralentissent lorsque elles rencontrent un point chaud, comme un panache magmatique.
Les chercheurs ont analysé les données de 71 séismes de magnitude 5 ou plus enregistrés dans le monde entier entre 2005 et 2012. Ces séismes font partie d’un ensemble de données fournies par le programme « USAArray » qui regroupe un réseau de 400 sismomètres à travers les États-Unis continentaux. Avant la création de l’USAArray, personne n’avait installé une telle densité de sismomètres sur une zone aussi vaste. Ce réseau a révolutionné notre compréhension de la Terre, du moins sur le continent nord-américain.
L’hypothèse de départ était que le panache mantellique de Yellowstone était probablement une structure plutôt verticale. En fait, les chercheurs ont trouvé que le panache était plus incliné que prévu, jusqu’à la frontière entre le Mexique et la Californie. A son point de départ, à la limite noyau-manteau, on estime que le panache a une température d’environ 590 à 815 degrés Celsius supérieure à celle du manteau environnant. Au fur et à mesure qu’il s’élève vers la surface, sa température s’abaisse et n’est plus que de 400 degrés Celsius supérieure à celle du manteau au moment où il se trouve à 1 000 kilomètres sous la surface de la Terre. Il contient alors de la roche à haute température, mais pas de matière en fusion ou liquide.
Source: Gillette News Record.

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In recent years, several studies have been made about the mantle plume that feeds the Yellowstone super volcano. They revealed that the source of the plume was much farther west than expected. In a recent research published in the latest edition of Nature Geoscience, University of Texas at Austin scientists have mapped the precise route of this magma plume from the Earth’s surface all the way to its outer core. It reveals that the source of heat slowly swelling the Yellowstone Plateau is a 345-kilometre-wide cylindrical plume that originates 2,900 kilometres beneath the northern reaches of Baja California. The finding confirms geophysicists’ long time suspicions and explains why the super volcano with its geysers, hot springs, mud pots and fumaroles is located in northwest Wyoming.

Until now, researchers had been able to trace the magma plume feeding the Yellowstone hotspot down to only about 960 kilometres underground. The latest study relied on existing tomography techniques, mapping how seismic “S” waves from earthquakes pass through Earth’s mantle. When the waves reach a hotspot, like a magma plume, they slow down.

The researchers analysed data from 71 M 5 or larger earthquakes that were recorded all around the world between 2005 and 2012. Those quakes were part of the “USAArray” dataset which sweeps a network of 400 seismometers across the continental United States. Before the USAArray was set up, nobody had ever put so many seismometers with such a density over such a large an area. It revolutionized our understanding of the Earth, at least in the North American continent.

The original hypothesis was that the Yellowstone mantle plume would be a rather vertical structure. Actually, the researchers found it was tilted more than they expected, going as far as the Mexico-California border. Where it originates, at the core-mantle boundary, the plume is estimated to be about 590 to 815 degrees Celsius warmer than the surrounding mantle. The structure is pulled to the surface by its buoyancy, and as it rises it loses its temperature, running only 400 degrees warmer than the mantle by the time it’s 1,000 kilometres away from the Earth’s surface. Its content is hot rock, not molten or liquid material.

Source: Gillette News Record.

Imperial Geyser à Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle éruption du Sinabung (Indonésie) // New eruption of Sinabung Volcano (Indonesia)

Une éruption très violente s’est produite sur Sinabung le lundi 19 février 2018. Elle a commencé à 01h53 (TU), avec des coulées pyroclastiques qui ont parcouru 3,5 km et 4,9 km depuis le sommet. Le VAAC de Darwin indique que le panache de cendre a atteint une altitude de 16,7 km. La couleur de l’alerte aérienne est passée d’Orange à Rouge. Selon l’Observatoire Volcanologique du Sinabung, l’éruption a duré 4 minutes et 51 secondes.
D’importantes retombées de cendre ont été signalées autour du volcan, avec une visibilité de 5 à 10 mètres.
L’éruption n’a pas causé de victimes. Les coulées pyroclastiques sont restées bien à l’intérieur de la zone rouge qui a été évacuée en septembre 2017 lorsque le volcan a commencé à entrer en éruption. Cependant, entre février 2014 et mai 2016, les éruptions du Sinabung ont coûté la vie à 23 personnes. Malgré l’interdiction, je sais qu’il y a encore des touristes qui entrent dans la zone interdite. Si une crise éruptive majeure se produit pendant qu’ils sont là, ils sont sûrs d’être tués.

Sources : Différents médias d’information & The Watchers.

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A very violent eruption occurred at Sinabung volcano on Monday, February 19th, 2018. It started at 01:53 UTC and unleashed pyroclastic flows that traveled 3.5 km and 4.9 km from the summit. The Darwin VAAC indicates that the ash plume reached an altitude of 16.7 km. The aviation colour code was raised from Orange to Red. According to the Sinabung Volcano Observatory, the eruption lasted 4 minutes and 51 seconds.

Major ashfall was reported around the volcano and visibility was said to be only 5 to 10 metres.

The eruption did not cause casualties. The pyroclastic flows remained well inside the red zone that was evacuated in September 2017 when the volcano started erupting. However, between February 2014 and May 2016, eruptions at Mount Sinabung claimed lives of 23 people. Despite the interdiction, I know there are still tourists who enter the no-go zone. Should a major eruptive crisis occur while they are there, they are sure to be killed.

Sources : News media & The Watchers.

Dôme de lave au sommet du Sinabung (Photo: Franck Gueffier)

Nouvelle théorie sur Yellowstone // New theory about Yellowstone

Les scientifiques se sont toujours posé des questions sur le super volcan de Yellowstone. Ils ont essayé de comprendre son fonctionnement interne et les résultats de leurs études ont souvent été remis en question ou débattus. Un exemple des incertitudes concernant Yellowstone est donné par une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de l’Illinois.
Les scientifiques ont utilisé des simulations informatiques pour étudier l’histoire de Yellowstone sur plus de 20 millions d’années, et leurs résultats contredisent la théorie la plus répandue sur l’activité volcanique dans la région. Ils ont constaté que l’activité volcanique à Yellowstone est beaucoup plus complexe et dynamique qu’on ne le pensait auparavant. Ils ont utilisé la tomographie sismique pour scruter les profondeurs du sous-sol de l’ouest des États-Unis et reconstituer l’histoire géologique qui se cache derrière le volcanisme.
À l’aide de puissants ordinateurs, l’équipe scientifique a imaginé différents scénarios tectoniques et leurs résultats ne valident pas l’hypothèse traditionnelle du panache mantellique qui s’élève verticalement vers la surface et provoquerait l’activité volcanique dans la région. Les observations des chercheurs révèlent que c’est plutôt une activité proche de la surface de la planète qui serait responsable du volcanisme, même si la cause exacte reste un mystère.
Selon l’étude, il semble que le panache mantellique sous l’ouest des États-Unis se soit enfoncé de plus en plus profondément dans la Terre au fil du temps. Cela laisse supposer qu’un obstacle proche de la surface – peut-être une plaque océanique en provenance de la limite tectonique occidentale – interfère avec l’ascension du panache. En conséquence, la source de chaleur dont dépend le volcanisme à l’intérieur des terres proviendrait en fait du manteau océanique peu profond à l’ouest de la côte nord-ouest du Pacifique.
La chaleur qui provoque le volcanisme naît habituellement dans les zones où les plaques tectoniques se rencontrent et où l’une d’elles glisse sous une autre dans un processus de subduction. Cependant, Yellowstone et d’autres zones volcaniques de l’ouest des États-Unis sont loin des limites de la zone de subduction le long de la côte ouest. S’agissant du volcanisme à l’intérieur des terres, on pensait qu’une source de chaleur profonde – un panache mantellique – faisait fondre la croûte et générait le volcanisme en surface. L’hypothèse du panache mantellique a été controversée pendant de nombreuses années et la dernière étude vient s’ajouter aux preuves d’un nouveau scénario tectonique.
Dans une étape suivante, l’équipe de chercheurs de l’Université de l’Illinois espère inclure dans les modélisations des données chimiques provenant des roches volcaniques. Cela permettra de mieux localiser la source exacte du magma car les roches des panaches mantelliques profonds et des plaques tectoniques proches de la surface ont des composantes chimiques différentes.
University of Illinois at Urbana-Champaign.

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Scientists have always been asking questions about the super volcano of Yellowstone. They have tried to understand the inner workings of the volcano and the results of their studies have often been questioned or debated. An example of the uncertainties about Yellowstone is given by a recent study led by researchers at the University of Illinois.

The scientists used computer simulations to study the history of Yellowstone over 20 million years, with findings contradicting the traditional theory of volcanic activity in the region. They digitally played back a portion of the park’s geologic history, finding that volcanic activity at Yellowstone is far more complex and dynamic than was previously thought. They used seismic tomography to peer deep into the subsurface of the western US and piece together the geologic history behind the volcanism.

Using supercomputers, the team ran different tectonic scenarios to simulate a range of possible geologic histories for the region. The results gave little support for the traditional mantle plume hypothesis, which argues that heat from deep within the Earth rising vertically toward the surface is the cause of volcanic activity in the area. The team’s observations instead suggest activity much closer to the planet’s surface is responsible, although the exact cause remains a mystery.

According to the study, it appears that the mantle plume under the western US is sinking deeper into the Earth through time. This suggests that something closer to the surface – an oceanic slab originating from the western tectonic boundary – is interfering with the rise of the plume. A robust result from these models is that the heat source behind the extensive inland volcanism actually originated from the shallow oceanic mantle to the west of the Pacific Northwest coast.

The heat needed to drive volcanism usually occurs in areas where tectonic plates meet and one slab subducts under another. However, Yellowstone and other volcanic areas of the inland western US are far away from the active plate boundaries along the west coast. In these inland cases, a deep-seated heat source – a mantle plume – was suspected of driving crustal melting and surface volcanism. The mantle plume hypothesis has been controversial for many years and the new findings add to the evidence for a revised tectonic scenario.

Eventually, the team hopes to include chemical data from volcanic rocks in their models.

This should help them to further pinpoint the exact source of the magma, as rocks from deep mantle plumes and near-surface tectonic plates would have different chemical components.

University of Illinois at Urbana-Champaign.

Photo: C. Grandpey

Episode éruptif sur l’Agung? // An eruptive episode on Mt Agung?

14 heures: On peut voir circuler en ce moment sur les réseaux sociaux une vidéo tournée vers 17h30 (heure locale à Bali).

https://youtu.be/hTIMWIPwsPg

Elle montre un panache relativement important s’échapper du cratère de l’Agung. Le sismographe en ligne montre effectivement un épisode de hausse de la sismicité (vers 9h30 GMT). Certains avancent l’hypothèse d’une éruption phréatique car le panache semble surtout chargé en vapeur d’eau, même s’il s’y même également de la cendre. Toutefois, l’image sismique m’incite plutôt à penser qu’il s’agit d’un dégazage en bouffées, comme cela se produit périodiquement. La sismicité ne me semble pas suffisamment marquée pour parler d’une éruption phréatique. La situation demande toutefois à être contrôlée attentivement.

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17 heures: Selon le site Internet «The Watchers», l’activité observée aujourd’hui sur le Mont Agung avait une origine phréatique. Le panache de cendre est monté jusqu’à 6 km d’altitude, sans affecter les couloirs aériens et l’aéroport international de Bali qui reste opérationnel, malgré les annulations de vols par quelques compagnies aériennes, par mesure de précaution. Bien que l’événement ait été plus intense que l’épisode précédent, le niveau d’alerte reste à 3 (Siaga) et la couleur de l’alerte aérienne à Orange. L’activité sismique inclut des séismes basse fréquence et n’a pas augmenté de manière significative au cours des derniers jours.
Il n’y a pas eu de nouvelles évacuations.
Il faut être prudent avec les gros titres et les informations publiées par les sites web de certains journaux assez faciles à identifier (la plupart d’entre eux sont les tabloïds britanniques). Ils ont tendance à rendre la situation catastrophique alors que ce n’est pas le cas.

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20 heures: On peut voir ce soir sur les réseaux sociaux des photos de nuit de l’Agung faisant apparaître de l’incandescence au niveau du cratère. Difficile de dire s’il y a arrivée d’un nouveau magma dans les conduits d’alimentation du volcan. Hormis quelques secousses très ponctuelles, la sismicité n’a pas montré de variations significatives ces dernières heures. Les deux derniers épisodes d’émissions de cendre et de vapeur tendent à montrer toutefois que la situation est en train d’évoluer. S’agissant des dernières photos, il faut noter qu’elles ont été prises en pose longue (30 secondes) pour un diaphragme de 5,6. On peut en conclure qu’il y a une légère surexposition et que l’incandescence réelle n’est pas aussi intense.

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14:00: One can see right now on the social networks a video shot around 17:30 (local time in Bali).
https://youtu.be/hTIMWIPwsPg

It shows a relatively voluminous plume coming out of the crater of MtAgung. The online seismograph shows an episode of increased seismicity  at about 9:30 GMT. Some people suggest the hypothesis of a phreatic eruption because the plume seems to mainly contain water vapour, even if there is also some ash. However, the seismic image rather makes me think that it is a degassing pulse, as this occurs periodically. Seismicity does not seem strong enough to speak of a phreatic eruption. The situation, however, needs to be carefully monitored.

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17:00: According to the website « The Watchers » the activity observed today on Mt Agung had a phreatic origin. The ash plume rose up to 6 km a.s.l. but is not affecting flight paths and Bali international airport is still operational, despite cancellations by a few airlines, as a precaution. Although the event was more intense than the previous similar episode, the Alert Level remains at 3 (Siaga) and the Aviation Colour Code at Orange. Seismic activity is characterized by low frequency earthquakes and it has not increased significantly in the past days.

There have been no new evacuations.

One should be careful with the headlines and the news released by the websites of some newspapers which are quite easy to identify (most of them are the British tabloids). They tend to make the situation disastrous while it is not.

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20:00: We can see tonight on social networks night photos of Mt Agung showing incandescence within the crater. It’s hard to say if there is a new magma in the feeding system of the volcano. Apart from some very punctual quakes, seismicity has not shown significant variations in recent hours. The last two emissions of ash and steam tend to show, however, that the situation is changing. Regarding the last photos, it should be noted that they were taken in long exposure (30 seconds) for an aperture of 5.6. It can be concluded that there is a slight overexposure and that the actual glow is not so intense.

Vue du panache de l’Agung et du tracé sismique correspondant

Incandescence dans le cratère de l’Agung (Source: ‘Budi Kaos Hitam’)

 

Belle vidéo du Poás (Costa Rica)

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez accès à un article publié dans le Costa Rica Star. Il est illustré par une vidéo du Poás, tournée au moyen d’un drone dans le cadre d’une mission commune réalisée par le GasLab de l’Université du Costa Rica et l’Institut de Recherche en Volcanologie et Sismologie de l’Université Nationale (OVSICORI) dans le but de mesurer les gaz émis par le volcan. La vidéo a été réalisée le 29 août et montre le dégazage avec une colonne de vapeur d’eau et de gaz magmatiques. Le panache atteint une hauteur de 300 mètres au-dessus du fond du cratère et est poussé par le vent vers l’ouest et le sud-ouest du volcan.
http://news.co.cr/video-drone-gives-us-close-look-poas-volcano-crater-costa-rica/65393/
Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le Poás a connu ces derniers temps des éruptions mineures accompagnées de panaches de cendre. Le 2 septembre, une éruption a généré un panache qui a atteint 500 mètres au-dessus du cratère. Ce panache contenait des gaz, de la vapeur, de la cendre, mais aussi des fragments de roche et une coloration rougeâtre due à des roches pulvérisées riches en fer et autres oxydes métalliques. Pendant la soirée de ce même jour, des matières incandescentes ont été observées dans le cratère actif.
Le Parc National du Poás reste fermé au public pour des raisons de sécurité; Cette situation entraîne de sérieuses pertes financières pour les entreprises touristiques locales.
Source: The Costa Rica Star.

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By clicking on the link below, you will access to an article released in the Costa Rica Star. It is illustrated by a video that was shot by means of a drone as part of a joint task carried out between GasLab of the University of Costa Rica and the National University’s Volcanology and Seismology Research Institute (OVSICORI) with the purpose of measuring the gas expelled by the Poás Volcano. The footage is from August 29th and it shows the non-stop degasification with a column of water vapour and magmatic gases. The plume reaches a height of 300 metres from the bottom of the crater and is drifting mainly to the west and southwest of the volcano.

http://news.co.cr/video-drone-gives-us-close-look-poas-volcano-crater-costa-rica/65393/

As I put it in previous posts, Poás has had sporadic and small ash eruptions. On September 2nd, the volcano went through an important eruption that reached 500 metres above the crater. The activity included gas, vapour, ash, rock fragments and a reddish coloration due to pulverized rocks rich in iron and other metallic oxides. During the evening hours of this same day, incandescent material could be seen in the active crater.

The Poás Volcano National Park remains closed to the public for security reasons; this situation has caused big financial loses to local tourism businesses.

Source: The Costa Rica Star.

Crédit photo: Wikipedia

 

 

 

Nouvelle éruption sous-marine au large des Tonga // New underwater eruption off Tonga

drapeau-francaisEn décembre 2014 et janvier 2015, une nouvelle île d’environ un kilomètre de large a été façonnée par une éruption sous-marine près de la principale île des Tonga. En scannant les images satellitaires de cette nouvelle île, un scientifique néo-zélandais vient d’observer sous la surface de la mer un vaste panache éruptif de 30 km de long et 20 km de large non loin de l’île et à seulement 33 km de la côte de Tongatapu. Le panache, de couleur verdâtre dans l’océan, a été photographié par le satellite Landsat 8 le 27 janvier 2017. D’autres images satellitaires montrent que le panache est apparu la semaine précédente et a augmenté de volume par la suite. Il semble qu’il provienne d’un site où la dernière éruption a eu lieu entre décembre 1998 et janvier 1999 et qui s’était manifesté précédemment en 1911, 1923 et 1970. Les données fournies par l’Ozone Monitoring Instrument (OMI), à bord du satellite EOS-Aura de la Nasa, ne révèlent pas la présence de gaz volcanique dans l’atmosphère.
Les éruptions volcaniques sous-marines ne sont pas rares dans le Pacifique et sont parfois décelées a posteriori, longtemps après l’événement. Les 15 et 16 novembre 2016, un équipage de la Royal New Zealand Air Force a repéré un gigantesque bac de pierre de ponce à l’ouest du récif de Minerva, à environ 500 km au sud-ouest de Tonga, signe qu’une importante éruption sous-marine avait eu lieu.
L’éruption de ce mois semble s’être produite à environ 420 km du banc de pierre ponce observé en novembre. Un volcanologue néo-zélandais a déclaré: «Il est peu probable qu’il y ait un lien entre les deux événements, mais comme on ne peut pas déceler l’origine de cette pierre ponce, on ne peut pas non plus exclure une connexion.»
Source: New Zealand Herald.

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drapeau-anglaisIn December 2014 and January 2015, a new island about one kilometre wide was created by an undersea eruption near the main island of Tonga. While scanning images of this new island, a New Zealand scientist has just observed a vast plume measuring 30km long and 20km wide lying not far from the island and just 33km off the coast of Tonga’s main island Tongatapu. The plume, appearing as a greenish cloud in the ocean, was captured by the Landsat 8 satellite on January 27th 2017. More satellite images showed the plume had been emerging during the previous week and was growing larger. It appeared to have originated from a site that last erupted between December 1998 and January 1999, and which previously erupted in 1911, 1923 and 1970. A check with the Ozone Monitoring Instrument (OMI), on board Nasa’s EOS-Aura satellite showed it had not detected any signatures of volcanic gas in the atmosphere.

Undersea volcanic eruptions are not rare occurrences in the Pacific – and are sometimes picked up long after the event. In November, a Royal New Zealand Air Force crew spotted a huge pumice raft west of the Minerva reef, about 500km southwest of Tonga, pointing to a large undersea eruption.

This month’s eruption appeared to be about 420 km from the pumice seen on November 15-16. A NZ volcanologist said: « It’s not likely to be related, but as we couldn’t back-track that pumice, we also can not exclude a connection. »

Source: New Zealand Herald.

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Vue satellitaire du panache émis par l’éruption sous-marine.

(Crédit photo: NASA)

Kilauea (Hawaii) : La situation et un rappel des risques // The situation and a reminder of the risks

drapeau-francaisL’éruption du Kilauea continue. Suite à un épisode de déflation (une nouvelle phase d’inflation vient de commencer), le niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u a baissé et se trouve actuellement à une vingtaine de mètres au-dessous du plancher du cratère. Il convient de noter que cette chute du niveau de lave a provoqué – comme souvent dans cette situation – plusieurs effondrements des parois du cratère. Ces effondrements peuvent déclencher des explosions et expédier des matériaux à très haute température loin autour de la lèvre du cratère principal.
La lave entre toujours dans l’océan près de Kamokuna. Le HVO rappelle au public les dangers associés à l’entrée de lave.
D’une part, le nouveau delta de lave est extrêmement instable. Des effondrements peuvent se produire sans prévenir, faisant parfois disparaître dans la mer des dizaines d’hectares de delta. Lorsque cela se produit, des explosions peuvent projeter des matériaux sur des centaines de mètres, à la fois vers l’intérieur des terres et vers le large, tout en envoyant d’énormes vagues d’eau chaude sur le littoral.
Les tunnels de lave superficiels représentent un autre danger, surtout à l’intérieur des terres, à proximité de l’entrée de la lave dans l’océan.. En effet, la voûte de ces tunnels peut être structurellement faible par endroits. Il est donc très risqué de marcher à ces endroits, d’autant que les tunnels sont sources d’émissions de SO2.
Un autre danger réside dans le panache en provenance de l’endroit où la lave rencontre l’océan. Cette brume de lave (« laze » – lava haze – en anglais) provient du contact entre la lave et l’eau de mer. Ce nuage de couleur blanche est nocif car il est composé d’un mélange de vapeur d’eau de mer acide, d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre volcanique. Les visiteurs doivent éviter ce panache, même en bordure, car il peut provoquer des irritations de la peau et des yeux, ainsi que des problèmes respiratoires. Lorsque soufflent les alizés – normalement pendant environ 80 pour cent de l’année – le panache se dirige, entre la nuit et le petit matin, vers la mer et est donc inoffensif. En revanche, à partir du milieu de la matinée jusqu’à la fin d’après-midi, les alizés qui balayent le flanc sud du Kilauea rabattent le panache vers le rivage, ce qui entraîne une mauvaise qualité de l’air pour les visiteurs du Parc National venus assister au spectacle du mariage de la lave et de l’eau.
Si vous êtes à Hawaii ou avez l’intention d’y aller, prenez soin de vous !

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drapeau-anglaisThe eruption continues at Kilauea volcano. Due to a deflation episode (another inflation phase has just started), the level of the lava lake within Halema’uma’u Crater has dropped to about 20 metres below the crater floor. It should be noted that the dropping lava level triggered several collapses of solidified lava that had adhered to the crater walls. Such collapses may trigger explosions and send hot material around the main crater rim.

Lava is still flowing into the ocean near Kamokuna. HVO reminds the public of the dangers associated with the lava entry.

For one thing, the new lava delta is extremely unstable. Delta collapses occur without warning, sometimes sending tens of hectares of the delta plunging into the sea. When this happens, it can trigger explosions that hurl rocks hundreds of meters, both inland and seaward, and send huge waves of scalding water onto the coastline.

Another danger is the near-surface lava tubes directly inland of the coastal entry, which transport lava to the ocean. The ground surface above them can be structurally weak in spots, which makes it dangerous to walk over them and causes the tubes to leak noxious SO2 gas.

Another danger lies with the ocean entry plume that drifts downwind of where lava meets the sea. This “laze” (short for lava haze) plume, a byproduct of the lava-ocean interaction, is formed as hot lava boils seawater to dryness. The process leads to a series of chemical reactions that result in the formation of a billowing white cloud composed of an irritating mixture of condensed, acidic seawater steam, hydrochloric acid gas, and tiny shards of volcanic glass. Visitors should avoid this plume, as even the wispy edges of it can cause skin and eye irritation and breathing difficulties. During prevailing trade wind conditions –normally greater than about 80 percent of the year – air flow from nighttime through early morning carries this noxious ocean entry plume off shore and out to sea. By contrast, from mid-morning through late afternoon, trade winds that flow on Kilauea’s south flank carries the plume onshore and along the coast, resulting in poor air quality for National Park visitors hoping to catch the ocean entry lava show.

Take care!

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Photo: C. Grandpey