Fuego (Guatemala): L’éruption touche à sa fin // The eruption is coming to an end

drapeau-francaisDans son dernier bulletin en date du 23 mai 2016, l’INSIVUMEH indique que la dernière crise éruptive du Fuego touche à sa fin. De type essentiellement strombolien, elle a été caractérisée par des projections et effusions de lave, avec des panaches de cendre qui ont parfois atteint 5 km d’altitude, avant de s’étirer dans le ciel sur une quinzaine de kilomètres.

Le Fuego s’est maintenant calmé et on  n’observe plus que des émissions fumerolliennes avec encore quelques petites explosions sporadiques. On observe une coulée de lave d’environ 1,5 km de longueur, en cours de refroidissement, sur le versant SE du volcan, dans la ravine La Lajas. Il n’y a pas de coulées pyroclastiques.

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drapeau-anglaisIn its latest update (May 23rd, 2016), INSIVUMEH indicates that Fuego’s last eruptive crisis is coming to an end. Mainly strombolian, it was characterized by lava ejections and effusions, with ash plumes that sometimes reached 5 km a.s.l. before drifting over about fifteen kilometers.
Fuego has now calmed down and one can only observe fumarolian activity with a few occasional explosions. There is a lava flow of approximately 1.5 km in length, in a cooling process, on the SE slope of the volcano, in the Las Lajas drainage. There are no pyroclastic flows.

Les coulées pyroclastiques meurtrières du Sinabung (Indonésie) // Mt Sinabung’s deadly pyroclastic flows (Indonesia)

drapeau-francaisVoici quelques détails supplémentaires sur la (ou les ?) coulée(s) pyroclastique qui a (ont) tué sept villageois samedi et grièvement blessé deux autres.

Le Sinabung avait semblé relativement calme au cours des dernières semaines, mais le dôme sommital continuait à gonfler lentement. Comme d’habitude dans de telles situations, il arrive un moment où le dôme perd son équilibre et s’effondre, générant des écoulements pyroclastiques terriblement dangereux.
Au moment des éruptions de 2013-2014, les autorités indonésiennes avaient mis en place une zone de sécurité de 4 km de rayon autour du Sinabung. Seize personnes ont perdu la vie lors d’une éruption particulièrement violente en 2014, et le volcan est resté à son niveau d’alerte le plus élevé depuis cette époque.
En dépit de l’interdiction officielle, plusieurs dizaines de fermiers travaillaient encore dans leurs fermes situées à l’intérieur du périmètre de sécurité. On a observé un comportement similaire lors de l’éruption de 2010 du Merapi. Comme je l’ai expliqué à l’époque,  les villageois sont très attachés à leur petite propriété et à leur bétail qui représentent leur seule source de revenu. Cet argent sert souvent à financer les études de leurs enfants.
A l’issue de la coulée pyroclastique de samedi qui atteignait une température de 700°C, les témoins ont décrit des scènes de panique, avec des villageois terrifiés et couverts de cendre qui erraient parmi les maisons qui brûlaient. Le bétail gisait, noirci par la cendre, avec le pelage qui partait en lambeaux, scènes typiques de ce genre de situation. .
Les coulées pyroclastiques et les nuages de cendre étaient si volumineux que des localités distantes de 12 km ont été recouvertes d’une épaisse couche de cendre. Les villages les plus touchés étaient tous dans la «zone rouge». Six cadavres ont été retrouvés dimanche, tandis que trois autres personnes étaient conduites à l’hôpital avec d’horribles brûlures. L’une des victimes a succombé à ses blessures pendant la nuit, ce qui a porté le bilan officiel à sept morts. Deux autres villageois sont toujours dans l’unité de soins intensifs ; leur corps a été brûlé à 90 pour cent. Les images des chaînes de télévision ont montré leurs vêtements noircis qui pendaient de leurs membres brûlés tandis que les équipes de secours les transportaient sur des civières à l’hôpital.

https://youtu.be/lzSjT_AeQLM

Les équipes de secours étaient toujours à la recherche de survivants dimanche ; elles inspectaient les maisons et les fermes dans le village de Gamber.
Source: Journaux asiatiques.

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drapeau-anglaisHere are some more details about the pyroclastic flow that killed seven villagers on Saturday and severely injured two others. Mount Sinabung had looked relatively quiet during the past weeks but the summit dome was still slowly inflating. As usual in such situations, there comes a moment when the dome loses its balance and collapses, generating life-threatening pyroclastic flows.

During the 2013-2014 eruptions, Indonesian authorities had set up a 4-km-radius no-entry zone around Mt Sinabung. Sixteen people died during a particularly fierce eruption in 2014, and Sinabung remains at the highest alert level.

Despite the official interdiction, several dozen farmers were still working in their farms located in the security perimeter. One could observe a similar behaviour during the Merapi eruption of 2010. I then explained that the villagers are attached to their small property and cattle that represent their only means of subsistence and the money they will spend on their children’s studies.

After Saturday’s pyroclastic flows reaching temperatures up to 700°C, witnesses described sheer panic among the incinerated homes and that livestock that was blackened and peeling.

The villagers were terrified and covered in ash.

The pyroclastic flows and the accompanying ash clouds were so powerful that townships as far away as 12 kilometres were covered in thick layers of ash. Those worst affected were all farming within the « red zone. » Six bodies were recovered Sunday, with three others rushed to hospital suffering horrific burns. One of the victims succumbed to the wounds by nightfall, taking the official toll to seven. Two more remain in the intensive care unit, suffering burns to 90 percent of their body. Footage showed their clothes blackened and hanging off charred limbs as rescue teams brought them by stretcher to hospital.

https://youtu.be/lzSjT_AeQLM

Rescue teams were still finding survivors on Sunday during sweeps of homes and farms in Gamber village.

Sinabung roared back to life in 2010 for the first time in 400 years. After another period of inactivity it erupted once more in 2013, and has remained highly active since. Sixteen people died during a particularly fierce eruption in 2014, and Sinabung remains at the highest alert level.

Source: Asian newspapers.

Sinabung PVBGM

Vue de la coulée pyroclastique du samedi 21 mai 2016 (Crédit photo: PVBGM)

Nevado del Ruiz (Colombie) [suite // continued]

drapeau-francaisDans une note précédente (22 mai 2016), j’ai indiqué qu’une éruption du Nevado del Ruiz avait entraîné la fermeture d’un aéroport régional dans l’ouest de la Colombie. Trois heures auparavant, une éruption de moindre intensité avait provoqué la fermeture de l’aéroport La Nubia à Manizales.
L’observatoire de Manizales informe le public que la sismicité du volcan reste à un niveau élevé, avec des émissions de cendres fréquentes depuis le 17 mai.
Le 22 mai, une séquence éruptive a envoyé un panache de cendre à 2.3 km au-dessus du cratère, avec la fermeture de l’aéroport de Manizales mentionnée ci-dessus. D’autres explosions ont également été observées les 17, 18, 19 et 20 mai, avec des retombées de cendre jusqu’à 30 km au NO du volcan.
La sismicité du Nevado del Ruiz reste élevée et montre des fluctuations, mais on a observé une légère diminution au cours des dernières semaines. Cette sismicité traduit des mouvements de fluides internes qui reflètent l’interaction de l’eau et des gaz magmatiques à une faible profondeur. Cela entraîne parfois des explosions et, le plus souvent, des panaches de dégazage pouvant atteindre 2 km de hauteur.
Entre le 10 et le 16 mai, la sismicité du Nevado del Ruiz a été marquée par des événements longue ou très longue période, des épisodes de tremor continu, et des épisodes épisodiques associées aux émissions de gaz et de cendre. Des anomalies thermiques ont été détectées près du Cratère Arenas dans les images satellites des 11 et 12 mai.
La couleur du niveau d’alerte reste au Jaune; le second niveau sur une échelle de quatre

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drapeau-anglaisIn a previous note (May 22nd, 2016), I indicated that an eruption at Nevado del Ruiz volcano had forced the closure of a regional airport in western Colombia. Three hours before, a somewhat smaller eruption had prompted the closure of the La Nubia airport in Manizales.

The Manizales observatory informs the public that seismicity at the volcano continues at elevated levels, with frequent ash emissions since May 17th.

The May 22nd eruption sent ash 2.3 km above the crater. Similar explosions were also observed on May 17th, 18th, 19th and 20th when ashfall was reported up to 30 km NW of the volcano.

Seismicity under the volcano remains elevated at fluctuating levels but has been showing a slight decrease overall during the past weeks. It continues to be dominated by internal fluid movements which reflect the interaction of water and magmatic gasses at a shallow depth, which occasional results in explosions and more often in a strong degassing plume reaching up to 2 km.

Between May 10th and 16th, seismicity at Nevado del Ruiz was characterized by long-period and very-long-period earthquakes, episodes of continuous tremor, and pulses of volcanic tremor associated with gas-and-ash emissions. Thermal anomalies near the Arenas Crater were identified in satellite images on May 11th and 12th.

The colour of the alert level remains at Yellow; the second on a four-colour scale.

Nevado 19 mai

Explosion et panache de cendre au sommet du Nevado del Ruiz le 19 mai 2016

(Source: Servicio Geologico Colombiano)

La surveillance du Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau-francaisLa surveillance du Mauna Loa a été renforcée ces temps derniers car plusieurs paramètres tendent à montrer que la chambre magmatique est en phase de remplissage, avec le risque d’une éruption à plus ou moins long terme.

En septembre 2015, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a fait passer le niveau d’alerte de « Normal » à « Vigilance » en raison d’un accroissement de l’activité sous la caldeira sommitale et le long de la SouthWest Rift Zone (SWRZ), zone de fractures sur le versant SO du volcan. Cela signifie que un ou plusieurs paramètres de surveillance ont enregistré une activité au-dessus de la normale. En même temps qu’une hausse de l’activité sismique, les capteurs GPS et l’interférométrie radar à bord des satellites (InSAR) ont enregistré un gonflement du sol, ce qui indiquait que le magma se déplaçait à faible profondeur sous le volcan.
Depuis la mi-2014, lorsque l’activité du Mauna Loa a commencé à augmenter, on a observé une évolution dans l’emplacement de la sismicité et la déformation de l’édifice. Ainsi, la sismicité a montré un déclin au niveau de la caldeira sommitale et une hausse parallèle dans la partie supérieure de la SWRZ. De son côté, l’inflation sous la caldeira a ralenti de manière significative, en même temps qu’elle reprenait dans la SWRZ.
Le Kilauea et le Mauna Loa ont montré aux scientifiques du HVO qu’il est important d’utiliser tous les moyens essentiels de surveillance mis à leur disposition (géophysiques, géologiques, géochimiques) pour comprendre les processus qui se déroulent en profondeur et qui font évoluer l’activité volcanique.
À cette fin, le réseau sismique du HVO a été considérablement élargi et renforcé pour faire face aux conditions hostiles en haute altitude sur le Mauna Loa. Les capteurs GPS et autres systèmes satellitaires donnent en permanence des informations sur la déformation de la surface du sol. De plus, des caméras infrarouge (thermiques) récemment installées contrôlent elles aussi 24 heures sur 24 les moindres variations de la surface du sol.
Un autre paramètre clé actuellement en amélioration est la géochimie des gaz. Au cours des deux prochains mois, le HVO prévoit de mettre en place un site supplémentaire de surveillance continue des gaz sur la SWRZ, non loin du site où l’on observe actuellement une hausse de l’activité sismique et un épisode d’inflation du volcan.
En ce qui concerne la géochimie des gaz, il y a une coopération étroite avec l’Observatoire du Mauna Loa (MLO) situé sur le flanc nord du volcan à 3380 mètres d’altitude. Il y a quelques années, les scientifiques du MLO ont remarqué que, en plus du suivi du CO2 atmosphérique, ils étaient, sous certaines conditions de vent, capables de mesurer les émissions de CO2 du volcan.
La population de la Grande Ile d’Hawaii est en hausse constante et de plus en plus de gens et d’infrastructures sont donc potentiellement exposés à des éruptions du Mauna Loa. Une localité comme Ocean View serait aux premières loges si une éruption se déclenchait dans la SWRZ avec, en prime, un risque de coupure de la Highway 11 par les coulées de lave. Une amélioration des connaissances et une meilleure surveillance du Mauna Loa permettront d’atteindre un meilleur niveau de sécurité en cas d’éruption.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisMauna Loa is under closer control as several parameters tend to show that the magma chamber is refilling, with the risk of an eruption in the shorter or longer term.

In September 2015, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) raised the alert level from “normal” to “advisory” because of increased activity beneath the summit caldera and upper Southwest Rift Zone (SWRZ). This means that one or more monitoring parameters are recording activity significantly above background levels. At the same time that earthquake rates increased, GPS instruments and satellite radar systems (InSAR) recorded ground swelling, which indicated that magma was moving into shallow levels beneath the volcano.

Since mid-2014, when Mauna Loa activity first began to increase, not only have the rates of earthquake and surface deformation waxed and waned, but the locations of earthquakes and inflation have shifted as well. Far fewer earthquakes have been occurring beneath the summit caldera, while rates of earthquakes in the upper SWRZ have increased. Concurrently, inflation beneath the caldera has slowed significantly, but picked up in the upper SWRZ.

One of the many valuable lessons that Kilauea and Mauna Loa have taught HVO scientists is that it is important to use all available volcano monitoring “keys” (geophysical, geological, and geochemical) to help unlock the subsurface processes that cause changing activity.

For that purpose, HVO’s seismic network has been considerably expanded and made more robust to survive the harsh high altitude Mauna Loa environment. Continuously-recording GPS instruments and other satellite-based systems produce frequent measurements of ground surface movement. Besdes, newly-installed visible and infrared (thermal) webcams track surface changes around the clock.

Another key currently under enhancement is gas geochemistry. Over the next couple of months HVO expects to add another continuous gas monitoring site on Mauna Loa’s SWRZ, not far from where the earthquakes and inflation are currently concentrated.

As far as volcanic gas geochemistry is concerned, there is a close cooperation with scientists from the Mauna Loa Observatory (MLO), located on the volcano’s north flank at 3380 metres a.s.l. Some years ago, MLO scientists noted that, in addition to being able to track the steady rise in background atmospheric CO2, they were, under certain wind conditions, able to measure CO2 emissions from the volcano.

As Hawaii Island’s population grows, more people and infrastructure are potentially in harm’s way now than during past eruptions of Mauna Loa. Ocean View would be in danger if an eruption occurred in the SWRZ and Highway 11 might bec ut by the lava flows. Increased knowledge, plus advancements in the volcano monitoring, can help communities be safer during future eruptions.

Source: USGS / HVO.

Mauna-Loa-blog-2

Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Mauna Loa sismicité

Sismicité hebdomadaire du Mauna Loa (2010 – septembre 2015) et variations de la caldeira sommitale (Source: USGS)