Hausse de la sismicité sur le Mont Spurr (Alaska) // Increase in seismicity at Mount Spurr (Alaska)

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que l’activité sismique reste élevée sur le mont Spurr (Alaska) avec une vingtaine d’événements par semaine et plus de 900 secousses détectées jusqu’à présent en 2024. Cette hausse de la sismicité est observée depuis avril de cette année. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 2,3 le 6 octobre 2024.
Les essaims sont enregistrés dans deux zones : l’une à une profondeur allant jusqu’à 10 km sous le volcan, et l’autre à 20-35 km au sud-est de la bouche éruptive dans le cratère sommital.
La déformation du sol enregistrée par le Global Navigation Satellite System (GNSS) près des flancs du volcan a commencé en mars et est à mettre en parallèle avec l’inflation continue du volcan. L’AVO a mesuré 4 cm de mouvement horizontal depuis mars.
L’Observatoire précise que l’augmentation actuelle de l’activité sismique présente des similitudes avec les épisodes déjà observés sur le mont Spurr, notamment d’août 1991 à juin 1992 ; ils ont précédé les éruptions de 1992, et de 2004 à 2006, lorsque la hausse de l’activité sismique a accompagné une élévation de la température au sommet, avec la fonte d’une partie importante de la calotte glaciaire. Les modélisations montrent que la pressurisation due à l’afflux de magma ou de fluides, ou à l’exsolution de gaz, se produit actuellement à une profondeur de 3 à 5 km et à environ 3 à 4 km à l’ouest du mont Spurr.
Un petit lac s’est formé à l’intérieur du cratère sommital du mont Spurr au début de l’été 2024 ; il est apparu pour la première fois entre le 15 mai et le 15 juin. Lors d’un survol de la zone le 23 juin, le lac avait à peu près la taille d’un terrain de football. Il a légèrement grossi au cours de l’été en raison d’effondrements mineurs et de la fonte de la glace à l’intérieur du cratère. Le lac est partiellement recouvert de glace et montre une belle couleur bleu-vert. Des fumerolles sont visibles le long de la rive nord-est du lac et de la paroi du cratère, ainsi que dans une cavité creusée dans la glace sur la lèvre nord-est du cratère. Aucune coulée de boue d’origine volcanique n’a été observée sur le volcan.
Le niveau d’alerte volcanique est actuellement Normal et la couleur de l’alerte aérienne est Verte.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Crédit photo: Wikipedia

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Le mont Spurr est un volcan actif situé près de l’extrémité nord-est de l’arc volcanique des Aléoutiennes, qui comprend également les monts Iliamna et Redoubt un peu plus au sud de la chaîne. La dernière phase éruptive du mont Spurr s’est produite dans la zone sommitale du 27 juin au 17 septembre 1992, avec un indice d’explosivité volcanique (VEI) estimé à 4.
La dernière éruption sommitale connue du mont Spurr remonte à plus de 5 000 ans. Le volcan est situé à environ 130 km à l’ouest d’Anchorage. Son sommet comporte un grand dôme de lave qui trône au centre d’un amphithéâtre d’environ 5 km de large, ouvert au sud. Il a été façonné par une avalanche de débris de la fin du Pléistocène ou du début de l’Holocène et des coulées pyroclastiques qui ont détruit une structure volcanique plus ancienne. La zone active la plus récente, Crater Peak, s’est formée à l’extrémité sud de cet amphithéâtre. Les éruptions de Crater Peak en 1953 et 1992 ont provoqué des retombées de cendres jusqu’à Anchorage.
Si de nouvelles éruptions se produisaient, les risques comprendraient des nuages ​​et des retombées de cendres, des coulées pyroclastiques et des lahars qui pourraient parcourir des ravines sur tous les flancs du volcan.
Source : AVO, Smithsonian Institution.

Source: AVO

Vue d’une partie de l’arc aléoutien avec le Mt Redoubt (Phorto: C. Grandpey)

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that seismic activity at Mount Spurr (Alaska) remains elevated at a rate of 20 or so events per week, with over 900 earthquakes detected so far in 2024. The increase has been observed since April this year. The largest quake had a magnitude M2.3 on October 6th, 2024.

The swarms are located in two areas: one at a depth of up to 10 km beneath the volcano, and the other 20 – 35 km southeast of the crater peak vent.

Ground deformation measured by Global Navigation Satellite System (GNSS) near the flanks of the volcano began in March and has been consistent with the ongoing inflation of the volcano. AVO has measured 4 cm of horizontal movement since March.

The Observatory specifies that the current increase in seismic activity has similarities to past episodes at Mount Spurr, including August 1991 to June 1992, which preceded the 1992 eruptions, and 2004 to 2006, when increased seismic activity accompanied temperature increase at the summit that melted a substantial portion of the ice cap. Preliminary modeling suggests that pressurization due to magma or fluid inflow, or gas exsolution, is occurring at a depth of 3 – 5 km and about 3 – 4 km west of Mount Spurr.

A small lake formed over the summit crater of Mount Spurr early in the summer 2024, first appearing between May 15th and June 15th. During an overflight of the area on June 23rd, the lake was roughly the size of a football field. It grew slightly over the summer due to minor collapses and melting of glacial ice inside the crater. According to the latest updates, the lake is partially covered by ice and remains blue-green. Active steaming from summit-area fumaroles is visible along and above the northeastern lake shore and crater wall, as well as from a pit in the ice on the northeast crater rim. No volcanic mudflows have been observed on the volcano.

The current Volcano Alert Level is Normal and the Aviation Color Code is Green.

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Mount Spurr is an active volcano located near the northeastern end of the Aleutian volcanic arc which also Includes mounts Iliamna and Redoubt a bit more to the south of the mountain range. The last eruptive phase of Mount Spurr occurred at the Crater Peak from June 27 to September 17, 1992, with a Volcanic Explosivity Index estimated at 4.

The last known eruption from the summit of Mount Spurr was more than 5 000 years ago. The volcano is located about 130 km west of Anchorage. Its summit features a large lava dome situated at the center of an amphitheater approximately 5 km wide, open to the south. It was shaped by a late-Pleistocene or early Holocene debris avalanche and pyroclastic flows that destroyed an older volcanic structure. The youngest vent, Crater Peak, formed at the southern end of this amphitheater. Eruptions from Crater Peak in 1953 and 1992 sent ashfall as far as Anchorage.

Should future eruptions occur, the hazards would include ash clouds and ashfall, pyroclastic flows, and lahars that could inundate drainages all sides of the volcano.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Meilleure compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea // Better understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

L’éruption sur la Middle East Rift Zone du Kilauea qui a débuté le 15 septembre 2024 près du Nāpau Crater s’est terminée le 20 septembre. Un nouvel épisode de la série « Volcano Watch » du HVO est consacré à la compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea.
L’article nous rappelle que lorsque les signaux sismiques se déplacent dans le sol, ils sont influencés par la structure interne d’un volcan, notamment la présence de magma et/ou de zones de faille. Ces structures peuvent accélérer ou ralentir la propagation des ondes sismiques enregistrées par les sismomètres. Les sismologues peuvent utiliser ces données pour créer des images de l’emplacement du magma et suivre son parcours sous la surface.
Le HVO dispose d’environ 80 sismomètres permanents sur l’île d’Hawaï. L’utilisation des données fournies par ces sismomètres permanents permet d’obtenir une image globale mais peu précise des zones de stockage du magma.
En revanche, si les sismomètres à la surfaces ont plus nombreux, ils peuvent capter davantage d’ondes sismiques traversant les régions de stockage de magma, ce qui donnera une image plus précise du sous-sol.
Fin juin 2024, des sismologues de l’ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) de Zurich et de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) ont déployé 115 petits sismomètres portables dans l’East Rift Zone du Kilauea. Ce travail a donc été effectué un peu avant le début de la dernière activité éruptive.

Carte montrant les sismos portables temporaires déployés dans l’East Rift Zone du Kilauea (triangles rouges). Les séismes enregistrés dans cette zone entre le 1er juillet et le 22 septembre sont représentés par des points noirs. La caldeira sommitale du Kīlauea, est délimitée en magenta. La ligne bleue tracée entre deux sismos portables indique la zone où les changements de vitesse ont été calculés. La zone grisée correspond approximativement à l’East Rift Zone. (Source : HVO)

Les données enregistrées sur ces sismos portables seront utilisées pour obtenir une image de l’emplacement et du volume de magma dans l’East Rift Zone à un niveau de détail qui n’était pas possible auparavant. Le modèle ainsi obtenu aidera les scientifiques à mieux comprendre les risques volcaniques dans cette région.
Compte tenu du calendrier de leur installation, les sismos portables ont enregistré des événements associés aux intrusions magmatiques dans le rift est en juillet et août, ainsi qu’à l’éruption dans la Middle East Rift Zone du 15 au 20 septembre.
Grâce à leur densité sur le terrain, ces petits sismomètres continuent d’enregistrer les événements sismiques en octobre. Les sismologues de l’ETH Zürich et du HVO collaborent actuellement pour analyser les premières données déjà collectées de fin juin à fin août. Pour effectuer ce travail, les scientifiques utilisent l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant. Cet instrument tire parti des signaux sismiques continus créés par l’interaction entre les houles océaniques et la croûte océanique. Il a ainsi pu identifier ce qui s’est passé sous la surface avant l’éruption du mois de septembre

En se déplaçant à travers un volcan, le magma ouvre et ferme des systèmes de fractures, ce qui provoque des changements dans la vitesse à laquelle se déplacent les signaux de bruit océanique à travers le sol. Les scientifiques peuvent contrôler ces signaux de bruit océanique pour détecter des signes d’accumulation de magma sous la surface. Le bruit océanique qui se déplaçait à travers le sol sous l’Upper East Rift Zone du Kilauea entre début juillet et fin août 2024 a montré des changements au moment où le magma a commencé à pénétrer dans cette zone. Le changement le plus spectaculaire a été une diminution rapide de la vitesse qui a commencé le 21 juillet, indiquant l’ouverture de fractures en raison d’une intrusion magmatique dans cette région. Au même moment, des essaims sismiques se produisaient en raison des contraintes créées par l’intrusion magmatique dans le sous-sol.

Le graphique du haut montre l’évolution de la vitesse des ondes sismiques et le nombre d’événements de juillet à la mi-août sur le Kilauea. Le graphique du bas montre le nombre de séismes au cours de la même période. La ligne magenta en pointillés indique l’ouverture de fissures et de fractures au début de l’intrusion magmatique dans l’East Rift Zone. La diminution continue de la vitesse sismique observée à droite de la ligne magenta reflète l’intrusion magmatique dans la région.(Source : HVO)

Cet exemple montre comment l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant, ainsi que d’autres ensembles de données de surveillance des volcans, peuvent être utilisés pour comprendre les changements qui se produisent sous la surface. L’exemple ci-dessus concerne les changements de vitesse enregistrés par un petit nombre de sismos portables. Une analyse future sera effectuée à partir de l’ensemble du réseau de 115 instruments. Elle permettra de mieux discerner la zone où le magma a migré à travers l’East Rift Zone dans la période qui a précédé l’éruption de septembre 2024.
Source : USGS / HVO.

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The Middle East Rift Zone eruption that began September 15th, 2024 near Nāpau Crater ended on September 20th. A new episode of HVO’s series « Volcano Watch » is dedicated to the understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

The article reminds us that as signals created by earthquakes move through the ground, they are influenced by the structure of a volcano, including the presence of magma and/or fault zones. These structures can cause the seismic waves to travel faster or slower, which is recorded on seismometers. Seismologists can use that data to create images of where magma is located and track its underground path.

The HVO has about 80 permanent seismometers on the Island of Hawaii. Using only data from these permanent seismometers provides a fuzzy picture of underlying magma storage structures.

However, if the number of seismometers at the surface is increased, more of the seismic waves traveling through regions of magma storage will be recorded, yielding more accurater picture of the subsurface.

In late June 2024, seismologists from ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) Zürich and the Hawaiian Volcano Observatory deployed 115 seismic nodes – tiny, portable seismometers – across Kīlauea’s East Rift Zone. It was before the latest significant unrest began.

Data recorded on these nodes will be used to image the location and volume of magma within the East Rift Zone at a level of detail not previously possible, and the resulting model will help scientists better understand the volcanic hazards in this region.

Given the timeline of their deployment, the nodes recorded earthquakes associated with intrusions of magma into the East Rift in July and August, as well as the September 15-20 Middle East Rift Zone eruption.

These densely spaced seismic instruments will continue to record through October. ETH Zürich and HVO seismologists are now working together to analyze data from the nodes already collected from late June through late August. To perform this work, the scientists are using an analysis tool called ambient noise interferometry, which takes advantage of continuous seismic signals created through the interaction between ocean swells and the ocean crust, to identify what was happening below the surface leading to the September eruption.

Magma moving through a volcano opens and closes fracture systems causing changes in the speed at which ocean noise signals travel through the ground. Scientists can monitor these ocean noise signals for signs that magma is accumulating beneath the surface. Ocean noise traveling through the ground below the Upper East Rift Zone of Kilauea between early July and late August 2024 showed changes as magma began to enter this area. The most dramatic change that was observed was a rapid velocity decrease that began on July 21st, indicating the opening of fractures because of magmatic intrusions in this region. At the same time, swarms of earthquakes were occurring because of stresses created from intrusion of magma into the subsurface.

This example shows how ambient noise interferometry, along with other volcano monitoring datasets, can be used to understand the changes occurring beneath the surface of a volcano. While this example focuses on changes in velocity at a single pair of nodes, future analysis will be carried out for the entire 115 instrument array. This analysis will contribute to the understanding of where magma migrated across the East Rift Zone in the time leading to the September 2024 eruption.

Source : USGS / HVO.

Hausse de la sismicité sur le Mont Adams (État de Washington) // Increase in seismicity at Mt Adams (Washington State)

Dressant ses 3743 mètres à environ 55 km à l’est du mont St. Helens dans l’État de Washington, le mont Adams n’est pas le plus connu des volcans de la Chaîne des Cascades. Cependant, ses éruptions peuvent être destructrices et plusieurs localités seraient en danger si un tel événement se produisait. Une hausse de la sismicité a été enregistrée sur le Mont Adams en septembre 2024. Six événements entre M0,9 et M2,0 ont secoué le volcan C’est le plus grand nombre de séismes pour un mois depuis le début de la surveillance de ce volcan en 1982. Le Mont Adams est entré en éruption pour la dernière fois il y a entre 3 800 et 7 600 ans.
Aucune déformation du sol n’a été observée via l’imagerie satellite. Aucune information concernant les émissions de gaz n’est disponible car le Mont Adams n’a pas de programme d’échantillonnage de gaz. Actuellement, la couleur de l’alerte aérienne est Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal.
Le Mont Adams fait partie du champ volcanique Mont Adams-King Mountain, orienté nord-sud, suivant ainsi l’alignement de la Chaîne des Cascades. Ce champ comprend plus de 120 volcans plus petits répartis dans plusieurs comtés. Le Mont Adams est le deuxième volcan le plus haut de l’État de Washington après le Mont Rainier et le plus imposant volcan actif de l’État, tant en superficie qu’en volume. Malgré sa taille, son activité la plus fréquente est effusive, avec surtout des coulées de lave plutôt que des éruptions explosives.
Au cours des 12 000 dernières années, le Mont Adams a connu quatre coulées de lave qui n’ont toutefois parcouru que quelques kilomètres depuis leur source. La plus grande menace pour les localités à proximité est le risque de lahars. L’histoire montre qu’ils ont atteint la région de Trout Lake il y a environ 6 000 et 300 ans. Aujourd’hui, Trout Lake est une bourgade de 822 personnes à 22 km au sud du volcan.
Des avalanches de roches et de neige déclenchées par des glissements de terrain se sont également produites. La plus récente a eu lieu en 1987, mais n’a parcouru que quelques kilomètres.
L’USGS a classé le Mont Adams parmi les volcans à haut risque aux États Unis. Ce classement prend en compte à la fois les dangers liés à l’activité volcanique et l’exposition potentielle des zones habitées à proximité : Trout Lake, mais aussi Glenwood (220 habitants), située à 25 km au sud-sud-est du volcan.
Source : USGS, Smithsonian Institution.

Photos: C. Grandpey

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Rising about 55 km east of Mount St. Helens in Washington State, Mount Adams (3,743 m) is not the best known of the volcanoes on the Cascade Range. However, its eruptions can be destructive and several communities would be at risk if such an event occurred. An increase in seismicity was recorded at Mount Adams in September 2024. Six events between M0.9 and M2.0 struck the volcano, the highest monthly total since monitoring began in 1982. Mount Adams last erupted between 3 800 and 7 600 years ago.

No detectable ground deformation at the volcano could be observed via satellite imagery. No information regarding gas emissions is available since Mount Adams has no gas sampling programs. Currently, the Aviation Color Code for the volcano is Green, and the Alert Level is Normal.

Mount Adams is part of the north-south trending Mount Adams-King Mountain volcanic field.

This field includes more than 120 smaller volcanoes spread across several counties. Mount Adams is the second tallest volcano in Washington State and the largest active volcano in the state in both area and volume. Despite its size, its typical activity has been effusive, primarily producing lava flows rather than explosive eruptions.

In the last 12 000 years, Mount Adams has experienced four lava flows that travelled only a few kilometers from their source. The greatest threat to nearby communities is the potential for lahars, History shows that they flowed as far as the Trout Lake area about 6 000 and 300 years ago. Today, Trout Lake is a community of 822 people located 22 km south of the volcano.

Smaller landslide-triggered avalanches of rock and snow have also occurred, most recently in 1987, although they did not travel more than a few kilometers.

USGS ranks Mount Adams as a high-threat volcano. This ranking considers both the volcano’s hazards and the potential exposure of nearby communities : Trout Lake and Glenwood (population 220), located 25 km SSE of the volcano.

Source : USGS, Smithsonian Institution.

L’intelligence artificielle au service de la prévision sismique // Artificial intelligence might help earthquake prediction

Une étude récente, conduite par des géophysiciens de l’Université d’Alaska à Fairbanks et de l’Université Ludwig-Maximilians de Munich, propose une nouvelle technique d’apprentissage automatique permettant de prévoir les puissants séismes plusieurs mois à l’avance. L’étude a été publiée dans Nature Communications en août 2024.
La nouvelle méthode utilisée par les chercheurs consiste à analyser des volumes importants de données sismiques pour identifier des schémas d’activité sismique de faible magnitude susceptibles d’annoncer de puissants événements. L’algorithme d’apprentissage automatique utilisé, qui se base sur des données sismiques historiques, peut détecter ces précurseurs, avec la capacité à prévoir une catastrophe majeure.des mois à l’avance.
Les chercheurs se sont concentrés sur deux puissants séismes récents: celui de magnitude M 7,1 d’Anchorage en 2018 et l’essaim sismique enregistré à Ridgecrest, en Californie, en 2019. Dans les deux cas, ils ont découvert des signes d’activité sismique anormale dans les mois précédant les principaux événements. La probabilité d’un puissant séisme était de plus de 80 % trois mois avant le séisme d’Anchorage et de 85 % quelques jours seulement avant qu’il se produise.
Les scientifiques ont testé leurs hypothèses dans des zones sismiques actives telles que le centre-sud de l’Alaska et le sud de la Californie. Ces régions ont fourni des données importantes pour tester la capacité de la méthode à prévoir les séismes de grande ampleur. Les résultats de l’étude pourraient être utilisés dans d’autres zones sujettes aux séismes, notamment la faille de San Andreas en Californie et la fosse de Nankai au Japon.
La nouvelle étude représente plusieurs années de collecte et d’analyse de données. Les résultats les plus récents indiquent une amélioration significative de la prévision sismique. L’objectif principal est d’améliorer la sécurité publique et la préparation aux catastrophes. La plupart des technologies traditionnelles de prévision sismique ne sont pas parvenues à fournir un avertissement préalable adéquat. Les auteurs de l’étude espèrent développer une méthode plus fiable. Cela permettrait de sauver des vies et de réduire les dommages économiques grâce à des évacuations rapides des populations menacées.
La méthode de prévision utilisée par les chercheurs a recours à des algorithmes d’apprentissage automatique basés sur des catalogues de séismes afin de repérer les schémas d’activité sismique aberrante de faible magnitude qui précèdent souvent les puissants séismes. Selon eux, ces précurseurs de faible magnitude sont peut-être causés par une augmentation de la pression des fluides interstitiels dans les failles, ce qui modifie les propriétés mécaniques de ces dernières. La méthodologie utilisée par les scientifiques a permis de découvrir cette activité antérieure dans 15 à 25 % des zones touchées, environ trois mois avant les séismes d’Anchorage et de Ridgecrest. La capacité du modèle à prévoir la probabilité qu’un puissant séisme se produise dans un laps de temps donné constitue un grand pas en avant dans la prévision sismique.
Les chercheurs font remarquer que l’approche basée sur l’apprentissage automatique présentée dans l’étude ne nécessite que des informations mises à jour et archivées de manière routinière dans les catalogues de séismes. Une telle approche pourrait permettre de mieux comprendre la dynamique des réseaux de failles et à identifier les variations dans le champ de contrainte régional. Elle pourrait être facilement mise en œuvre par les agences de surveillance pour contrôler la sismicité de faible magnitude en temps quasi réel. À terme, cette nouvelle approche pourrait aider à concevoir des stratégies de niveaux d’alerte sismique basées sur la détection de l’activité tectonique régionale, et à améliorer la prévision des séismes de forte magnitude plusieurs semaines à plusieurs mois à l’avance dans le sud de la Californie, le centre-sud de l’Alaska, mais aussi dans d’autres régions du monde.
L’étude est en libre accès à cette adresse :
https://doi.org/10.1038/s41467-024-51596-z

Voir aussi l’article sur le site The Watchers.

La faille de San Andreas et ses homologues en Californie sont susceptibles de provoquer de puissants séismes (Photos: C. Grandpey)

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A recent study by geophycists of the University of Alaska Fairbanks and Ludwig-Maximilians-Universität in Munich proposes a new machine learning technique for predicting big earthquakes months in advance. The study was published in Nature Communications in August 2024.

The new method entails analyzing massive volumes of seismic data to identify minor patterns of low-magnitude earthquake activity that may foreshadow big quakes. The machine learning algorithm, trained on historical earthquake data, may detect these precursors, potentially providing months of notice before a large-magnitude disaster.

The researchers concentrated on two recent significant earthquakes: the 2018 M 7.1 Anchorage earthquake and the 2019 Ridgecrest, California, earthquake series. In both cases, they discovered signs of aberrant seismic activity in the months preceding up to the main events, with the probability of a significant earthquake climbing up to over 80% three months before the Anchorage quake and 85% just days before it occurred.

The scientists test their conclusions in seismically active areas such as Southcentral Alaska and Southern California. These regions, recognized for their high seismic activity, supplied important data to test the method’s ability to forecast big earthquakes. The study’s findings have far-reaching ramifications for other earthquake-prone areas, including California’s San Andreas Fault and Japan’s Nankai Trough.

The new study represents several years of data collecting and analysis, with the most recent findings indicating a significant improvement in earthquake prediction. The major goal of this research was to enhance public safety and catastrophe preparedness. Traditional earthquake prediction technologies have frequently failed to provide adequate advance warning. The authors of the study hope to develop a more reliable method of anticipating seismic events. This would allow to save lives and decrease economic damages through timely evacuations and preparedness.

The researchers forecast method used machine learning algorithms trained on earthquake catalogs to spot patterns of aberrant, low-magnitude seismic activity, which frequently precede big earthquakes. In their opinion, these precursory low-magnitude earthquakes could be caused by increased pore fluid pressure within faults, which changes the faults’ mechanical properties. Their methodology discovered this antecedent activity in 15% to 25% of the afflicted zones about three months before the Anchorage and Ridgecrest earthquakes. The model’s capacity to forecast the likelihood of a big earthquake occurring within a given timeframe is a huge step forward in earthquake prediction.

The researchers say that it is worth noting that the machine learning-based approach presented in the study only requires information that is currently being archived routinely in earthquake catalogs; could help to better understand the dynamics of fault networks and identify variations in the regional stress field; and can be easily implemented by surveillance agencies to monitor low-magnitude seismicity in near-real time. Eventually, this new approach could help to design earthquake alert level strategies based on the detection of regional tectonic unrest, and to improve the forecast of large-magnitude earthquakes from weeks to months in advance in Southern California, Southcentral Alaska, and potentially elsewhere.

The study is in Open access at this address :

https://doi.org/10.1038/s41467-024-51596-z

See the article on the website The Watchers.