L’éruption du Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai ne cesse de surprendre // The Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai eruption was really amazing

Des mois après qu’elle se soit produite (15 janvier 2022), l’éruption du volcan sous-marin Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai intrigue toujours la communauté scientifique car sa puissance n’avait jamais été observée à l’occasion d’autres éruptions sur Terre.
Une analyse des ondes sismiques a révélé quatre événements qui ont été interprétés comme de puissantes poussées de roche en fusion sous le volcan. En l’espace de cinq minutes, chacun de ces coups de boutoir a probablement développé une force d’un milliard de tonnes.
Comme je l’ai écrit précédemment, le Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai a généré la plus grande explosion atmosphérique jamais enregistrée par l’instrumentation moderne. Elle a déplacé environ 10 kilomètres cubes de roche, de cendres et de sédiments. Une grande partie a été évacuée par la caldeira du volcan et a été propulsée directement dans le ciel.
Des scientifiques se sont réunis à Chicago lors de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union (AGU) pour comparer les derniers résultats de leurs études à propos de cette éruption hors du commun.
Un scientifique de l’Université de Houston (Texas) a détaillé l’analyse, par son équipe, des ondes sismiques qui ont accompagné l’événement de magnitude M 5,8 et qui se sont propagées pendant un peu plus de 10 minutes après le début de l’éruption. Ces signaux ont été captés par plus de 400 stations à travers le monde. Le chercheur les attribue à une poussée magmatique qui a percuté la base de la caldeira. Il semble qu’une nouvelle arrivée de magma ait tout à coup atteint la chambre magmatique et l’ait mise en surpression. Il ajoute : « Le magma a surgi à grande vitesse, comme un train qui aurait percuté un mur. Le phénomène s’est produit à quatre reprises en 300 secondes. »
Les satellites ont montré que les cendres du Hunga-Tonga ont atteint une altitude de 57 km; c’est le panache volcanique le plus élevé jamais enregistré. De nouvelles données présentées lors de la réunion de l’AGU ont indiqué que les cendres sont montées jusque dans l’espace. En effet, les capteurs des satellites de l’agence spatiale américaine et de l’US Air Force qui mesurent le rayonnement ultraviolet lointain du Soleil ont détecté dans leurs données un fort coefficient d’absorption à une altitude supérieure à 100 km, ce qui correspond à la ligne Karman, la frontière avec l’espace.
Les analyses de l’éruption ont également révélé que le volcan avait envoyé dans l’espace une masse de vapeur d’eau estimée entre 20 000 à 200 000 tonnes. Les scientifiques expliquent qu’il n’est pas surprenant qu’un volcan sous-marin envoie de l’eau dans le ciel lors d’une éruption, mais la hauteur atteinte par cette eau défie l’entendement.

Cette eau a de toute évidence contribué à créer les conditions nécessaires à la plus grande concentration de foudre jamais détectée. Le panache de l’éruption du Hunga-Tonga a produit 400 000 éclairs le 15 janvier, avec jusqu’à 5 000 à 5 200 événements par minute. C’est un ordre de grandeur supérieur à celui observé pendant les orages supercellulaires qui sont parmi les plus puissants sur Terre. La concentration d’éclairs était si élevée qu’elle a saturé les capteurs. Le nombre de 400 000 est donc très probablement en dessous de la vérité.
Une conséquence remarquable de tous ces éclairs est qu’ils ont produit un flash de rayons gamma détecté par un satellite de la NASA qui recherche dans l’Univers ces émissions à haute énergie. Elles sont censées provenir de trous noirs lointains ou d’explosions d’étoiles. C’était la première fois que le vaisseau spatial Fermi captait un tel flzsh en provenance d’un volcan sur Terre. Cela confirme le caractère extrême et exceptionnel de l’éruption Hunga-Tonga.
Source : la BBC.

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Months after it happened on January 15th 2022, the eruption of Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai summarine volcano still puzzles scientists around the word as its power had never been observed on other eruptiond on Earth.

An analysis of seismic waves has revealed four individual events that are interpreted to be thrusts of molten rock beneath the underwater mountain. Occurring within a five-minute period, each of these blows is calculated to have had a force of a billion tonnes.

As I put it previously, the seamount produced the biggest atmospheric explosion ever recorded by modern instrumentation. It displaced some 10 cubic kilometers of rock, ash and sediment, much of it exiting through the volcano’s caldera, to shoot straight up into the sky.

Scientists have gathered in Chicago at the American Geophysical Union (AGU) Fall Meeting to compare the latest results of their investigations into what happened.

A scientist from the University of Houston (Texas) detailed his team’s analysis of the Magnitude 5.8 seismic waves generated just over 10 minutes into the climactic eruption. These signals were picked up at more than 400 monitoring stations around the globe. The researcher attributes them to a pulse of magma moving up from below the mountain and hitting the base of the caldera. It looked as if a new batch of magma had suddenly just reached into the magma chamber and over-pressured the chamber. He adds : « The pulse of the magma was travelling up at high speed and it was like a train hitting the base of the wall. It hammered four times within 300 seconds. »

Ash from Hunga-Tonga was measured by weather satellites to have travelled 57 km above the Earth’s surface, the highest ever recorded volcanic plume. But new data presented at the AGU meeting indicated the disturbance went higher still, all the way to space. Sensors on US space agency and US Air Force satellites that measure far-ultraviolet radiation from the Sun noticed a strong absorption feature in their data correlated to an altitude above 100 km, which corresponds to the Karman Line, the recognised boundary to space.

Analyses of the eruption aloso revealed that the volcano sent into space a mass o water vapour estimated between 20,000 to 200,000 tonnes. Scientists say that a submarine volcano throwing so much water into the sky during an eruption is not a surprise, but the height to which that water travelled is. This water also clearly played a role in creating the conditions necessary to generate the greatest concentration of lightning ever detected. The Hunga-Tonga eruption plume produced 400,000 lightning events on January 15th, with rates of up to 5,000 to 5,200 events per minute. This is an order of magnitude higher than the one observed in super-cell thunderstorms, some of the strongest thunderstorms that exist on Earth. The rates were so high that they saturated the sensors. The 400,000 number is most probably below the truth.

One remarkable consequence of all this lightning is that it produced a gamma-ray flash detected by a Nasa satellite that normally looks out into the Universe for such high-energy emissions. These are expected to come from far-off black holes or exploding stars. This was the first time the Fermi spacecraft had caught a flash coming from a volcano on Earth. This confirms the extreme and exceptional nature of the Hunga-Tonga eruption.

Source: The BBC.

Images montrant l’étendue du nuage de cendres au moment de l’éruption du Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai (Source: USGS)

Prévision volcanique et sismique // Volcanic and seismic prediction

L’éruption du Mauna Loa n’a surpris personne. Tout le monde l’attendait, d’autant plus que Madame Pele ne s’était pas mise en colère depuis 1984. Cela faisait plusieurs mois que les scientifiques américains enregistraient une inflation de l’édifice volcanique. Au cours des semaines qui ont précédé la sortie de la lave, la sismicité s’était intensifiée et des réunions avaient été organisées pour expliquer la situation aux populations susceptibles d’être menacées.

Mais la prévision éruptive s’arrêtait là. La suite dépendrait des humeurs de la déesse. Les volcanologues ne savaient pas où allait sortir la lave. Elle a commencé à apparaître le 27 novembre 2022 dans la zone sommitale du Mauna Loa, avant de migrer, au grand soulagement des scientifiques, vers la zone de rift nord-est où la menace pour les zones habitées étaient très faible, alors qu’elle aurait été très forte si la lave avait décidé de sortir dans le rift sud-ouest.

L’éruption s’est déroulée sans grande surprise, avec des coulées de lave à haute température, donc très fluides, comme cela s’était déjà produit en 1984.

Sans que les scientifiques sachent pourquoi, le débit éruptif a brusquement décliné vers le 8 décembre. Aujourd’hui, aucune reprise de l’éruption ne semble à l’ordre du jour et l’histoire éruptive du Mauna Loa montre qu’un tel retour d’activité est hautement improbable.

Quand l’éruption du Mauna Loa a débuté, le Kilauea voisin avait pris de l’avance avec une éruption qui avait débuté le 29 septembre 2021. Un petit lac de lave était apparu dans le cratère de l’Halema’uma’u. Or, vers le 8 décembre 2022, alors de l’éruption du Mauna Loa montrait des signes d’épuisement, celle du Kilauea a appuyé sur la touche « pause ». La lave a cessé de s’écouler sur le plancher du cratère et le lac de lave s’est recouvert d’une croûte. S’agit-il d’une simple interruption de l’éruption ou de son arrêt définitif? Personne ne le sait.

Est-ce à dire que les deux volcans sont en relation et qu’ils sont alimentés par une chambre magmatique commune? C’est ce que pensent depuis pas mal de temps les scientifiques américains. Il sera intéressant de voir comment se comporteront les deux volcans dans les prochaines semaines.

Comme je l’ai écrit précédemment, notre aptitude à prévoir les éruptions reste faible. Certes, celle du Mauna Loa n’a pas été une surprise, mais la difficulté était de prévoir où la lave allait sortir et les volcanologues américains ne savent pas le faire.

De la même façon, leurs collègues italiens n’ont pas vu venir la dernière crise éruptive du Stromboli. L’accès à la Fossa de Vulcano reste interdit car les émissions gazeuses sont trop importantes et personne ne connaît l’avenir éruptif de ce volcan. Une coulée de lave est apparue à la base du Cratère Sud-Est de l’Etna. Simple épisode éruptif ou annonce d’un événement de plus grande ampleur? Impossible de le dire.

Pourtant, le Mauna Loa, le Kilauea, le Stromboli et l’Etna sont truffés d’instruments. Aujourd’hui, nous savons décrire le déroulement des éruptions – c’est ce que je fais sur ce blog – mais nous sommes incapable de dire où, quand et comment une éruption va se dérouler.

C’est la même chose pour les séismes. Nous connaissons la plupart des zones où ils sont susceptibles de se déclencher, mais la prévision s’arrête là. Comme pour les volcans, nous savons décrire les conséquences et expliquer les causes. C’est ce qui vient de se passer pour les séismes qui ont secoué la Sicile ces derniers jours. Leur source se trouve sur le complexe Alfeo-Etna, un immense système de failles situé à l’est de l’escarpement ibléo-maltais et qui génère des séismes depuis novembre 2021. Ces derniers n’ont pas causé de dégâts majeurs, contrairement à la secousse de M 5,6 qui a tué plus de 300 personnes le 21 novembre 2022 dans la région de Cianjur sur l’île indonésienne de Java. Elle aussi était imprévisible.

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The Mauna Loa eruption came as no surprise. Everyone was waiting for it; Madame Pele had not been angry since 1984. American scientists had been recording inflation of the volcanic edifice for several months. In the weeks before the lava erupted, seismicity had intensified and meetings had been held to explain the situation to people who might be at risk.
But eruptive prediction did not go any further. What would happen next would depend on the moods of the goddess. The volcanologists did not know where lava would be emitted. The eruption began on November 27th, 2022 in the summit area of Mauna Loa, before migrating, to the relief of scientists, to the northeast rift zone where the threat to inhabited areas was very low, while it would have been very high if lava had decided to erupt in the southwest rift.
The eruption took place without great surprise, with lava flows at high temperature, therefore very fluid, as had already happened in 1984.
Without the scientists knowing why, the eruptive output abruptly declined around December 8th. Today, no resumption of the eruption seems on the agenda and the eruptive history of Mauna Loa shows that such a return of activity is highly unlikely.
When Mauna Loa’s eruption began, neighboring Kilauea had forged ahead with an eruption that began on September 29th, 2021. A small lava lake had appeared in Halema’uma’u crater. However, around December 8th, 2022, while the eruption of Mauna Loa was showing signs of exhaustion, Kilauea pressed the « pause » button. Lava stopped flowing on the crater floor and the lava lake became crusted over. Is it a simple interruption of the eruption or its permanent cessation? No one knows.
Does this mean that the two volcanoes are related and that they are fed by a common magma chamber? This is what American scientists have been thinking for quite a lot of time. It will be interesting to see how the two volcanoes behave in the coming weeks.
As I put it previously, our ability to predict eruptions remains low. Sure, the Mauna Loa eruption was not a surprise, but the difficulty was to predict where the lava was going to erupt and American volcanologists do not know how to do it.
In the same way, their Italian colleagues did not see the last eruptive crisis of Stromboli coming. Access to the Fossa di Vulcano remains prohibited because the gaseous emissions are too high and no one knows the eruptive future of this volcano. A lava flow appeared at the base of Mt Etna’s Southeast Crater. Is it a single eruptive episode or does it announce a larger event? No one knows.
However, Mauna Loa, Kilauea, Stromboli and Etna are full of instruments. Today, we know how to describe the course of eruptions – that’s what I’m doing on this blog – but we are unable to say where, when and how an eruption will take place.
It is the same for earthquakes. We know most of the areas where they are likely to occur, but the prediction stops there. As with volcanoes, we know how to describe the consequences and explain the causes. This is what has just happened for the earthquakes that have shaken Sicily in recent days. Their source is on the Alfeo-Etna complex, a huge fault system located east of the Ibleo-Maltese escarpment and which has been generating earthquakes since November 2021. The quakes have not caused major damage, unlike the M 5.6 quake that killed more than 300 people on November 21st, 2022 in the Cianjur region on the Indonesian island of Java. It was unpredictable.

Eruption du Mauna Loa…

Eruption du Kilauea…

…et la main de Pele!

 

 

 

 

 

 

L’éruption du Mauna Loa vue par le HVO // The Mauna Loa eruption as seen by HVO

Alors que l’éruption du Mauna Loa semble toucher à sa fin, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii – Hawaiian Volcano Observatory (HVO) – a écrit un article expliquant comment les scientifiques ont surveillé et géré l’événement.
Au cours des premières heures de l’éruption du Mauna Loa, les volcanologues ont attentivement observé les données fournies par les instruments pour suivre l’évolution de l’événement et essayer de comprendre comment l’éruption allait évoluer. Cette surveillance est cruciale pour diffuser des messages d’alerte aux localités qui pourraient être sous la menace de la lave.
Pendant les mois qui ont précédé l’éruption, les instruments avaient indiqué que le Mauna Loa allait entrer en éruption à court terme. En effet, Le volcan gonflait depuis des années et les derniers mois avaient vu une augmentation de la sismicité. Début octobre, le HVO a commencé à diffuser des mises à jour quotidiennes, au lieu d’hebdomadaires, concernant l’activité volcanique. L’Observatoire a également commencé à organiser des réunions publiques dans les zones de l’île susceptibles d’être impactées par une éruption du Mauna Loa.
L’éruption a commencé dans la caldeira sommitale Mokuʻāweoweo du Mauna Loa vers 23h30. (heure locale) le 27 novembre 2022. Les quelques scientifiques qui ont réagi aux premiers signaux d’alerte environ 45 minutes avant l’éruption ont rapidement été rejoints en ligne par une vingtaine de leurs collègues spécialistes en sismologie, déformation du sol, géologie et imagerie satellite. De plus, la Protection Civile a été immédiatement informée du comportement du volcan en participant à la réunion en ligne et avec la visite d’un volcanologue au QG de la Protection Civile à Hilo. Des scientifiques des observatoires volcanologiques de l’USGS en Alaska, en Californie et dans l’Etat de Washington se sont également joints à la réunion pour apporter leur aide. La principale préoccupation était que l’éruption migre vers la zone de rift sud-ouest et atteigne des zones habitées en quelques heures.
Quelques heures après le début de l’éruption, des images ont commencé à apparaître sur les réseaux sociaux, avec des coulées de lave visibles depuis Kona. Dans l’obscurité de la nuit, ces coulées semblaient menaçantes et il était évident que le public craignait que l’éruption ait pénétré dans la zone du Rift sud-ouest. La fracture qui est d’abord apparue dans la caldeira Moku’aweoweo a continué à s’ouvrir vers le sud, à l’extérieur de la caldeira mais toujours à l’intérieur de la zone sommitale du Mauna Loa. Cela a produit la coulée de lave sur le côté sud-ouest du sommet qui était visible depuis Kona, mais il ne s’agissait pas d’une éruption sur le rift sud-ouest. Ces coulées n’ont menacé aucune zone habitée et ont finalement été actives très peu de temps. Les données de surveillance montraient que l’éruption était concentrée au sommet du volcan.
Vers 6 heures du matin (heure locale) le 28 novembre, des rapports d’observateurs au sol, ainsi que des images thermiques fournies par les satellites, ont indiqué que l’éruption avait migré vers la zone de rift nord-est. Quelques minutes plus tard, cela a été confirmé par les infrasons (ondes sonores à basse fréquence) et la sismicité. De plus, les caméras montraient que l’éruption dans la zone sommitale s’était arrêtée. Les volcanologues se sont rapidement rendus sur le site de l’éruption pour recueillir des données et effectuer des observations supplémentaires. Ils ont été soulagés de voir que la lave avait choisi de sortir dans la zone de rift nord-est. L’histoire du Mauna Loa montre qu’une fois qu’une éruption débute dans une zone de rift, elle y reste.
Ces premières heures pleines de tension au sein de la communauté scientifique ont permis de tester la capacité du HVO à travailler avec la Protection Civile et les volcanologues appartenant à d’autres agences de l’USGS pour analyser rapidement l’activité volcanique. Ensemble, ces agences continuent de surveiller l’éruption du Mauna Loa dans la zone de rift nord-est et tiennent le public informé de l’activité.
Le 8 décembre 2022, le front principal de coulée de lave qui s’approchait de la Saddle Road s’est arrêté à environ 2,8 km de la route. La lave continuait de sortir de la Fracture n°3 mais les coulées ne s’éloignaient guère de la bouche éruptive. La route n’était plus sous la menace de la lave
De nouvelles éruptions du Mauna Loa sont inévitables, que ce soit dans la caldeira sommitale, dans une zone de rift, soit à partir de bouches sur les flancs du volcan. Il est toutefois impossible de prévoir avec précision à quel moment ces éruptions se produiront. Les réseaux de surveillance du HVO font de leur mieux pour gérer les risques liés à de telles éruptions.

En complément de ce qui est écrit ci-dessus, le HVO indique dans sa dernière mise à jour du 12 décembre 2022 que le seul souvenir laissé par l’éruption du Mauna Loa est l’incandescence au niveau du cône qui s’est formé Sur la Fracture n°3. Il n’y a aucun autre signe d’activité ailleurs sur le champ de lave.
Par ailleurs, on peut lire dans le bulletin du HVO que « l’inflation observée sur le volcan alors que le champ d’écoulement de la lave est inactif n’a pas encore trouvé d’explication ; il est fréquent que les éruptions montrent des fluctuations ou s’arrêtent complètement, mais aucune des huit éruptions connues du Mauna sur la zone de rift nord-est n’a montré de reprise significative après que l’activité ait considérablement diminué. »

Source : USGS/HVO.

Vous trouverez une description détaillée de l’éruption du Mauna Loa en lisant les différentes notes que j’ai publiées sur ce blog depuis le début de l’événement.

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As the Mauna Loa eruption seems to be coming to an end, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has written an article explaining how scientists monitored ansd managed the event.

The first few hours of Mauna Loa’s eruption were dynamic, and volcanologists intently watched monitoring data to track changing conditions and understand how the eruption was developing. This monitoring is crucial to issuing hazards notifications to communities that may be at risk.

For months, monitoring data had indicated that Mauna Loa was inching closer to an eruption. The volcano had been inflating for years, and the past few months had seen an increase in seismicity. By early October, daily, instead of weekly, activity updates were initiated. HVO also began holding community meetings in areas of the island that might be impacted by a Mauna Loa eruption.

The eruption started in Mokuʻāweoweo, Mauna Loa’s summit caldera, at about 11:30 p.m. (local time) on November 27th, 2022. The handful of scientists that responded to alarms about 45 minutes before the eruption quickly turned into an online meeting of 15–20 experts in seismology, deformation, geology, and satellite imagery. Additionally, Civil Defense was immediately appraised of the volcano’s behavior, both via the online meeting and with the addition of a volcanologist who quickly went to the Civil Defense Operations Center in Hilo. Scientists from USGS volcano observatories in Alaska, California, and Washington also joined to assist. The primary concern was that the eruption might shift toward the Southwest Rift Zone and reach populated areas within hours.

A few hours after the eruption started, images began to appear on social media, with lava flows visible from Kona. In the dark, these flows looked menacing, and the public had clear concerns that the eruption had made its way into the Southwest Rift Zone. Indeed, the fissure that first opened in Moku’aweoweo continued opening towards the south, outside the topographic caldera, but still inside Mauna Loa’s summit region. This produced the lava flow on the southwest side of the summit that was visible from the Kona coast. These flows did not threaten any populated areas and were ultimately short-lived. Monitoring data continued to show that the eruption was focused at the summit.

By about 6 a.m. (local time) on November 28th, reports from observers on the ground, as well as thermal satellite data, indicated that the eruption had moved into the Northeast Rift Zone. A few minutes later, this was confirmed by infrasound (low-frequency sound waves) and seismicity, and cameras showed that the summit-area eruption had stopped. Volcanologists rapidly flew to the eruption site to gather additional data and observations and were relieved to see that lava had chosen to erupt in the North-East Rift Zone. History suggests that once a Mauna Loa eruption moves into one rift zone, it stays there.

Those tense first several hours served as a good test of how HVO is able to work with Civil Defense officials and volcanologists from other USGS offices to rapidly respond to volcanic activity. Together, these agencies continue to monitor the Northeast Rift Zone eruption of Mauna Loa and keep the public informed on the activity.

As of December 8th, 2022, the main lava flow front that was approaching the Saddle Road stalled about 2.8 km away. Lava continues to erupt from fissure 3 but these flows are now closer to the vent. The road is no longer under the threat of lava

Future Mauna Loa eruptions, from the summit, either rift zone, or radial vents, are inevitable, but it is impossible to forecast precisely when those might happen. HVO’s monitoring networks do their best to provide mitigation for hazards from any such eruption.

As a complement to what is written above, HVO indites in its latest update of December 12th, 2022 that the only sign left by the Mauna Loa eruption is incandescence restricted to the cone that formed around fissure 3. There is no observable activity anywhere on the rest of the flow field.

Moreover, one can read in the HVO bulletin that  » the significance of the continuing inflation while the flow field is inactive is not yet clear; it is common for eruptions to wax and wane or pause completely, but none of the eight recorded eruptions from Mauna Loa’s Northeast Rift Zone returned to high eruption rates after those rates decreased significantly. »

Source: USGS / HVO.

You will find a detailed description of the Mauna Loa eruption by reading the numerous posts I have released on this blog since the start of the event.

Dernier sursaut de la Fracture n°3 avant le rapide déclin de l’éruption (capture écran webcam)

Image webcam montrant la très faible activité au niveau de la Fracture n°3

Incandescence au fond du cône de la Fracture n°3 (Crédit photo: USGS)

Image thermique de la lave en cours de refroidissement dans la caldeira sommitale du Mauna Loa (Source: HVO)

Les laves du Mauna Loa (Hawaii) // Mauna Loa lavas

Plusieurs visiteurs de mon blog m’ont demandé si j’avais des informations sur la chimie de la lave émise par l’éruption en cours du Mauna Loa. Selon l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) qui vient de me transmettre ce qui suit, la lave émise en ce moment par le Mauna Loa n’est pas un vestige de l’éruption de 1984.
Les scientifiques expliquent que la lave provient d’une nouvelle intrusion magmatique au sommet et sur la zone de rift nord-est. Les coulées de lave sont dépourvues de cristaux près des bouches éruptives et présentent une abondance de petits cristaux (<0.01 mm) sur les fronts de coulées. Ces cristaux d’olivine et de plagioclase se sont développés pendant le refroidissement des coulées. Ces échantillons ont une teneur en MgO (oxyde de magnésium) de 6,0 à 6,8 % en poids, ce qui est typique des magmas du Mauna Loa. La température moyenne calculée à partir des teneurs en oxyde de magnésium est de 1156°C. Les scientifiques du HVO et de l’Université d’Hawai indiquent que la poursuite des analyses chimiques en laboratoire leur permettra de comprendre comment l’éruption évolue. De nouveaux instruments ont été déployés le long des fractures dynamiques et des coulées de lave afin de contrôler l’éruption et d’analyser des échantillons.
Dans le même temps, les scientifiques expliquent que les éruptions du passé sur la zone de rift nord-est du Mauna Loa ont généralement duré quelques semaines. Cependant, dans un cas, une éruption sur cette zone de rift s’est poursuivie pendant plus d’un an.
Source : USGS/HVO que je remercie sincèrement.

On peut lire dans une étude publiée en 1983 et intitulée Homogeneity of Lava Flows: Chemical Data for Historic Mauna Loan Eruptions que les analyses chimiques des basaltes échantillonnés lors des principales éruptions historiques du Mauna Loa montrent que de nombreux champs d’écoulement de la lave sont remarquablement homogènes dans leur composition. Malgré leur grande taille et différentes durées d’éruption (1 à 450 jours), de nombreux champs de lave ont une variabilité de composition qui est à l’intérieur ou proche de l’erreur analytique pour la plupart des éléments. Les champs de coulées qui ne sont pas homogènes varient principalement en teneur en olivine dans une lave par ailleurs homogène. Certains sont des champs de lave composites constitués de plusieurs sous-unités apparemment homogènes qui ont été émises à différentes altitudes le long de rifts actifs. Il faut toutefois noter que tous les volcans ne produisent pas des laves homogènes comme celles du Mauna Loa.

Une étude précédente publiée en 1971 fait référence aux laves émises par le Mauna loa et le Kilauea voisin. Les auteurs expliquent que le Kilauea et le Mauna Loa, deux volcans boucliers actifs, sont composés de basalte tholéiitique ayant des teneurs en oxyde de magnésium ( MgO) allant de plus de 20% à moins de 4%. La plupart des bouches éruptives sont situées soit dans la caldeira centrale, soit sur deux zones rift s’étendant à l’est et au sud-ouest du sommet de chaque volcan. Le Mauna Loa possède également quelques bouches éruptives isolées sur son versant nord-ouest; elles ne sont apparemment pas liées aux zones de rift.
Vous pourrez lire l’étude complète à cette adresse :
https://pubs.usgs.gov/pp/0735/report.pdf

S’agissant de la lave du Kilauea, vous pourrez lire également ces deux notes sur mon blog, suite à un travail personnel effectué par le Parc des Volcans :

Processus de refroidissement de la lave sur le Kilauea :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/processus-de-refroidissement-de-la-lave-sur-le-kilauea-hawaii/

La géochimie de la lave du Kilauea :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/01/26/la-geochimie-de-la-lave-du-kilauea-the-geochemistry-of-kilaueas-lava/

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Several visitors to my blog have asked me if I had information about the chemistry of the lava emitted by the Mauna Loa current eruption. According to the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) which has just sent me what follows, the lava spewing from Mauna Loa is not left over from the 1984 eruption.

Scientists explain that the lava represents a new intrusion of magma into the summit and northeast rift zone. The lava flows remain crystal free near the vents and full of small crystals (<0.01 mm) at the flow fronts. These crystals of plagioclase and olivine grew during cooling of the lava flows. These samples have an MgO (magnesium oxide) content of 6.0-6.8 weight percent, which is very typical of Mauna Loa magmas. The average temperature calculated from these collected magnesium oxide contents is 1156°C. HVO and University of Hawaii scientists say that continued chemical analyses in the lab will help them understand how the eruption is evolving. New instruments have been deployed along the dynamic fissures and lava flows so as to monitor the eruption and analyze samples of the eruption.

Meanwhile, experts also explain that past Mauna Loa northeast rift zone eruptions have typically lasted a few weeks. However, in one instance, a northeast rift zone eruption continued for over a year.

Source: USGS / HVO I sincerely thank. .

One can read in a 1983 study entitled Homogeneity of Lava Flows: Chemical Data for Historic Mauna Loan Eruptions that chemical analyses of basalts collected from the major historic eruptions of Mauna Loa show that many of the flow fields are remarkably homogeneous in composition. Despite their large size and various durations of eruption (1-450 days), many of the flow fields have compositional variability that is within, or close to, the analytical error for most elements. The flow fields that are not homogeneous vary mainly in olivine content in an otherwise homogeneous melt. Some are composite flow fields made up of several, apparently homogeneous subunits erupted at different elevations along the active volcanic rifts. Not all volcanoes produce lavas that are homogeneous like those of Mauna Loa.

A previous study published in 1971 refers to lavas emitted both by Mauna loa and meighbouring Kilauea. The authors explain that Kilauea and Mauna Loa, two active shield volcanoes, are composed of tholeiitic basalt having MgO contents ranging from more than 20 percent to less than 4 per cent. Most eruptive vents are located either within the central caldera or on two rift zones extending to the east and southwest from each volcano’s summit. Mauna Loa also has a few isolated vents on its northwest slope that are apparently unrelated to any rift zone.
You can read the complete study at this address :

https://pubs.usgs.gov/pp/0735/report.pdf

As far as the Kilauea lava is concerged, you cal also read two posts on this blog, following personal reaserch work I performed within the National Park :

Lava cooling process on Kilauea Volcano :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/processus-de-refroidissement-de-la-lave-sur-le-kilauea-hawaii/https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/processus-de-refroidissement-de-la-lave-sur-le-kilauea-hawaii/

The geochemistry of Kilauea’s lava :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/01/26/la-geochimie-de-la-lave-du-kilauea-the-geochemistry-of-kilaueas-lava/

Fracture active et coulées de lave sur le Mauna Loa en 2022 (Crédit photo: HVO)

Fracture active et coulées de lave sur le Kilauea en 2018 (Crédit photo: HVO)