La France subit les effets du réchauffement climatique

Comme je l’indique souvent dans mes notes, la multiplication des événements extrêmes est l’une des conséquences du réchauffement climatique et nous ne sommes pas au bout de noes peines. Nous en avons eu des exemples récents en France avec les inondations qui ont sévèrement affecté le département de l’Aude. D’après une ONG allemande, la France est le pays du Vieux Continent le plus durement meurtri par le dérèglement environnemental. Les événements extrêmes à répétition coûteraient plus de 2 milliards par an.

Chaque année l’ONG Germanwatch dresse un indice mondial des risques climatiques et elle vient de fournir un bilan sur 20 ans entre 1998 et  2017. Parmi les moins bien classés on trouve Porto Rico, la Dominique, le Bangladesh, Madagascar, la France ou le Cambodge. Selon l’ONG, nous serions 18ème sur une trentaine de pays. Plus de mille personnes mourraient chaque année des conséquences climatiques dans notre pays, avec un coût de plus de 2 milliards d’euros.

Au vu du bilan proposé par l’ONG, on remarque une nouvelle fois que ce sont les pays les plus pauvres qui payent le plus lourd tribut au réchauffement climatique, mais que les pays les plus industrialisés ne sont pas épargnés. Ainsi, en 20 ans, les Etats-Unis ont perdu l’équivalent de 48 milliards de dollars à cause des différentes catastrophes liées au dérèglement du climat. Au sein des pays riches, les personnes les plus touchées sont les commerçants et les habitants les plus précaires.

Pour la France, le rapport pointe surtout les dégâts de la tempête Xynthia en 2010 et n’a pas encore intégré les récentes inondations dans l’Aude.

Une autre conséquence du réchauffement climatique dans l’hexagone concerne l’érosion des zones côtières. Le long de la côte atlantique, les régions de Lacanau et de Soulac sur Mar portent les stigmates des assauts de la mer. Dans la Manche, la mer rogne les plages de sable un peu plus à chaque tempête. Avec une brèche dans la dune, la mer pourrait rejoindre les eaux du Havre de la Vanlée, une zone submersible à marée haute, et menacer les habitations. Pour éviter le pire, plusieurs mesures sont prises à Bricqueville-sur-Mer, comme le réensablement, la pose de clôtures et de pieux hydrauliques. Les 150 000 euros de travaux sont à 80% pris en charge par l’État. À Gouville-sur-mer, la commune a installé en 2017 un géotube rempli de sable pour protéger la plage. L’opération a coûté 800 000 euros. Le problème n’est que partiellement résolu car au bout de la structure, le recul de la dune se poursuit. Sur la façade ouest du département de la Manche, l’érosion côtière s’accentue et 27 communes font appel aux services de l’État pour parer au plus pressé.

Source : France Info.

 A Soulac sur Mer, l’immeuble Le Signal a dû être évacueé car il est menacé par le mer lors des tempêtes et des marées à fort coefficient (Photo: C. Grandpey)

Le changement climatique va coûter des milliards de dollars à Hawaii // Climate change will cost Hawaii billions of dollars

Alors que l’économie de la Grande Ile d’Hawaii a bien du mal à se remettre de la dernière éruption du Kilauea, le chapitre du volume II du Quatrième Rapport sur le Climat aux États-Unis, publié le 23 novembre 2018, détaille les impacts du changement climatique sur Hawaii et les Îles du Pacifique.
Parmi les principales conclusions du Rapport, on note la pénurie d’eau douce, les infrastructures côtières endommagées ou détruites, la mort des récifs coralliens et une pression accrue sur la biodiversité et les espèces indigènes.
Ne serait-ce qu’à Hawaii, la valeur de toutes les structures et de toutes les terres qui risquent d’être inondées d’ici 2100 s’élève à plus de 19 milliards de dollars.
Le Rapport montre clairement que le changement climatique arrive beaucoup plus tôt que prévu et constitue une menace plus grave qu’on ne le pensait auparavant. À Oahu, par exemple, il y a déjà des routes fermées pendant les heures de pointe du matin en raison d’inondations, et avec l’élévation du niveau de la mer, les gens seront de plus en plus souvent. Confrontés à cette situation.  A proximité d’Hawaii, les atolls devront bientôt faire face aux défis de la durabilité.
Les principaux assureurs de la planète ont récemment déclaré que le changement climatique allait créer un monde quine pourrait plus être assuré. Ils ont déclaré que «ce n’est qu’en agissant dès maintenant que nous pourrons espérer gérer efficacement ces risques». Selon le Rapport national sur le climat, une action rapide visant à atténuer les effets du changement climatique peut réduire les coûts économiques, environnementaux, sociaux et culturels et empêchera que les gens soient contraints d’abandonner leurs terres et leurs ressources, avec des risques de conflits.
Le chapitre consacré à Hawaii et aux îles du Pacifique affiliées aux États-Unis expose les changements déjà ressentis dans les îles, ainsi que les perspectives pour l’avenir.
Les principales conclusions du rapport expliquent que:
– les réserves d’eau sont menacées.
– l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée et endommage maintenant les infrastructures essentielles.
– L’augmentation de la température de l’océan et son acidification menacent les pêcheries, les récifs coralliens et les entreprises qui en dépendent.
– Ces changements mettent en péril la santé et le bien-être des peuples autochtones.
– Le changement climatique réduit la capacité des habitats à venir en aide aux espèces végétales et animales protégées.
Source: Big Island Now.

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While Hawaii Big Island is finding hard to recover from the economic impact of Kilauea’s last eruption, the chapter of the Volume II of the Fourth official U.S. National Climate Assessment, released on November 23rd, 2018, details the impacts of climate change on Hawaii and the Pacific Islands.

Among the major concerns, the report insists on strained freshwater supplies, damaged and compromised coastal infrastructure, coral reef death and greater stresses on native biodiversity and species.

In Hawaii alone, the value of all structures and land expected to be flooded by 2100 amounts to more than $19 billion.

The report clearly shows that climate change has arrived far sooner and as a greater threat than was previously thought. On Oahu, for instance, there are already road closures during morning rush hour because of flooding, and with sea level rise people will see this more and more often. The neighbours of Hawaii on atolls will very soon have to face sustainability challenges.

The world’s largest insurers recently stated that climate change is creating an ‘uninsurable’ world. They said that “only by acting now can we hope to effectively manage these risks.” The National Climate Assessment finds that early action to address the impacts of climate change can lower economic, environmental, social, and cultural costs, and could help to prevent conflict or displacement from lands and resources.

The chapter on Hawaii and the U.S.-affiliated Pacific Islands lays out the changes already being felt in the islands, as well as what lies ahead.

Top findings include:

Dependable and safe water supplies are threatened.

Sea level rise has accelerated and is now damaging critical infrastructure.
Increasing ocean temperatures and acidification threaten fisheries, coral reefs and the livelihoods they support.

These changes imperil indigenous peoples’ health and well-being.

Climate change reduces the ability of habitats to support protected plant and animal species.

Source: Big Island Now.

Graphique illustrant le chapitre du Rapport consacré à Hawaii et aux autres îles du Pacifique

La glace de mer en novembre 2018 // Sea ice in November 2018

Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), Centre National de Données sur la Neige et la Glace (NSIDC) vient de livrer des informations intéressantes sur la situation de la glace de mer dans l’Arctique et l’Antarctique en novembre 2018.
Alors que la saison de gel a débuté dans l’Arctique, les dernières données indiquent que l’étendue de glace de mer en novembre dans cette partie du monde était en moyenne de 9,80 millions de km2. Il s’agit du 9ème surface la plus basse enregistrée grâce aux données satellitaires de 1979 à 2018. Cela représente 900 000 km2 de moins que la moyenne de 1981 à 2010 (voir graphique ci-dessous), mais 1,14 million de km2 de plus que le record de novembre 2016.

Evolution de l’étendue de glace de mer arctique en novembre entre 1978 et 2018 (Source: NSIDC)


Évolution globale de l’étendue de glace de mer dans l’Arctique (Source: NSIDC)

Des exceptions sont toutefois observées dans les mers des Tchouktches et de Barents, où la glace a été lente à se former. En général, la mer des Tchouktches était complètement recouverte de glace à la fin du mois de novembre dans les années 1980 et au début des années 2000. La mer de Barents, quant à elle, reste en grande partie libre de glace. Cela fait partie d’une évolution plus globale apparue au cours de la dernière décennie, avec une étendue de glace considérablement réduite dans cette zone en toutes saisons, en particulier de l’automne au printemps. Cette réduction de l’étendue de glace de mer semble être fortement influencée par un afflux d’eau de l’Atlantique dans la région.
Les dernières recherches montrent que la température de surface de la mer de Barents a augmenté ces dernières années, car les eaux plus chaudes de l’Atlantique ont commencé à se mélanger à la surface. Un facteur clé de ce brassage semble être le déclin de la glace de mer elle-même et la diminution correspondante d’eau douce à la surface lorsque la glace fond en été. Cela se traduit par une stratification plus faible de la densité de l’océan, ce qui permet un mélange plus facile des eaux chaudes et salées de l’Atlantique.

Evolution de la température de surface de l’eau de mer en mer de Barents (Source: NSIDC)

 Evolution de la banquise en mer de Barents (Source: NSIDC)

L’étendue de glace de mer antarctique a diminué plus lentement que la moyenne en novembre 2018, mais de vastes zones situées dans la partie nord de la mer de Weddell et dans l’océan au nord de la Terre de la Reine-Maud présentent une faible concentration de glace de mer.
Des températures plus élevées que la moyenne ont régné dans la mer de Ross et la mer de Weddell, supérieures de 1 à 3°C par rapport à la moyenne de 1981 à 2010.
Dans le même temps, des conditions plus froides étaient enregistrées près du glacier Thwaites et de la région de la plateforme glaciaire Amery, avec des températures inférieures de 1,5°C à la moyenne.
Source: NSIDC.

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The National Snow and Ice Data Center (NSIDC) has just given interesting information about the situation in the Arctic and in the Antarctic in November 2018.

While the Arctic freeze-up season is underway, the latest data reveal that the sea ice extent for November in that part of the world averaged 9.80 million km2. This is the 9th lowest November in the 1979 to 2018 satellite record, falling 900 000 km2 below the 1981 to 2010 average (see chart below), yet 1.14 million km2 above the record November low in 2016.

See charts above

Exceptions to this extent are observed in the Chukchi and Barents Seas, where the ice has been slow to form. The Chukchi Sea was in general completely ice covered by the end of November in the 1980s through to the early 2000s. The Barents Sea continues to be largely ice-free. This is part of a broader pattern emerging over the last decade of greatly reduced ice extent in this area in all seasons, especially from autumn through spring. These reductions in ice extent appear to be heavily influenced by the inflow of Atlantic water into the region.

New research suggests that the sea surface temperatures in the Barents Sea have increased in recent years as this warm Atlantic water has started to mix with the surface. A key factor driving this mixing appears to be the decline in sea ice itself and corresponding less freshwater at the surface when that ice melts in summer. This leads to a weaker ocean density stratification, making it easier to mix warm, salty Atlantic waters upwards.

See charts above

Antarctic sea ice extent declined much more slowly than average in November 2018, but large areas in the northern Weddell Sea and the ocean north of Dronning Maud Land have open, low-concentration pack ice.

Higher-than-average temperatures prevailed in the Ross Sea and Weddell Sea, up 1 to 3°C from the 1981 to 2010 average.

Meanwhile, cool conditions were present near Thwaites Glacier and the Amery Ice Shelf region, with temperatures 1.5°C below average.

Source: NSIDC.

Les émissions de CO2 atteignent des sommets // CO2 emissions at the highest

La nouvelle est tombée alors que je rédigeais l’article sur la COP 24 et la production de charbon dans le monde. Selon un bilan annuel publié en marge de la Conférence sur le climat, les émissions de CO2 ont connu en 2018 une hausse inédite depuis sept ans. Elles devraient croître de 2,7% par rapport à 2017, après une hausse de 1,6% l’an dernier ayant suivi trois ans quasiment stables. Il faut remonter à 2011 et la sortie de la crise financière de 2008 pour trouver un taux encore pire.

Cela signifie que l’on est loin de la trajectoire de 1,5°C ou même 2°C de réchauffement de la planète préconisée par l’Accord de Paris en 2015.

La hausse de cette année s’explique notamment par une hausse rapide des émissions de CO2 en Chine (+4,7%), premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, les efforts avaient pourtant permis des résultats encourageants les années précédentes.

Deuxième pays émetteur, les États-Unis en sont à +2,5% d’émissions en 2018.

L’Inde se situe à +6,5%.

Les émissions européennes en revanche reculent (-0,7%), avec des disparités nationales.

Côté pétrole, on pensait que le pic de consommation avait été atteint. Il n’en est rien, du fait des transports. En effet, le nombre de véhicules croît de 4% par an, dont une faible part d’électriques. Et le recours au carburant utilisé par l’aviation commerciale a bondi de 27% en 10 ans.

Au total les émissions de CO2 fossile devraient atteindre un record de 37,1 Gt en 2018. Soit les 3/4 des gaz à effet de serre. Auxquels s’ajoutent 5 Gt liées à la déforestation.

Les Etats sont réunis jusqu’au 14 décembre à Katowice pour la COP24. La conférence a jusqu’ici été l’occasion d’appels répétés de l’ONU et des pays les plus vulnérables à accélérer la réduction des émissions, mais il y a eu peu d’engagements fermes.

Source : Médias français.

A mes yeux, ces révélations de l’ONU en matière de CO2 ne sont absolument pas une surprise. Je suis régulièrement l’évolution de la Courbe de Keeling, tracée au vu des concentrations de CO2 sur le Mauna Loa à Hawaii. Cette courbe ne cesse de se diriger vers le haut et les concentrations sont en ce moment supérieures à 409 ppm, ce qui est considérable. A titre de comparaison, elles étaient de 405,8 ppm en décembre 2017.

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The piece of news came while I was writing the post on COP 24 and coal production around the world. According to an annual report published on the sidelines of the Climate Conference, CO2 emissions in 2018 have been unprecedented for seven years. They are likely to grow by 2.7% compared to 2017, after a rise of 1.6% last year after three years that were almost stable. We must go back to 2011 and the end of the 2008 financial crisis to find worse figures

This means that we are far from the 1.5°C or even 2°C global warming trajectory recommended by the Paris Agreement in 2015.
The increase this year can be explained by a rapid rise in CO2 emissions in China (+ 4.7%), the world’s largest emitter of greenhouse gases. As I wrote in my previous post, the country’s efforts had yielded encouraging results in previous years.
The second largest emitting country, the United States is + 2.5% in terms of emissions in 2018.
India is + 6.5%.
European emissions, on the other hand, are declining (-0.7%), with national disparities.
On the oil side, it was thought that the peak of consumption had been reached. It is not so because of transport. Indeed, the number of vehicles is growing by 4% per year, of which a small part is electric. And the volume of fuel used by commercial aviation has jumped 27% in 10 years.
In total, fossil CO2 emissions are expected to reach a record 37.1 Gt in 2018. That is three quarters of greenhouse gases. To which are added 5 Gt linked to deforestation.
States are meeting until December 14th in Katowice for COP24. The conference has so far seen repeated calls from the UN and the most vulnerable countries to accelerate emissions reductions, but there have been few firm commitments.
Source: French news media.
As far as I am concerned, these UN revelations about CO2 emissions are not at all a surprise. I am regularly controlling the Keeling Curve, drawn in view of the CO2 concentrations on Mauna Loa Volcano in Hawaii. This curve has never stopped moving upwards and concentrations are currently above 409 ppm, which is considerable. For comparison, they were 405.8 ppm in December 2017.