Quand la mer monte… // When the sea rises

Je viens d’effectuer un bref séjour sur la côte atlantique, histoire de profiter du temps exceptionnellement beau et chaud qui règne actuellement sur la région. J’adore l’océan en dehors des périodes touristiques quand on peut faire une halte où l’on veut, sans rencontrer la famille braillard à chaque coin de sentier de randonnée.

Février, c’est aussi l’époque où les mimosas sont en fleur et embaument le paysage. J’avais choisi de me rendre sur le littoral ces derniers jours car le coefficient de marée se situait autour de 115, ce qui permettait de voir jusqu’où montait la mer par temps calme – il n’y avait pas de vent – et imaginer quel effet érosif elle peut avoir sur les plages au moment des tempêtes.

La situation est inquiétante et, comme je l’ai indiqué dans une note précédente, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine a été contraint de promukguer des décrets d’interdiction d’accès à certaines portions du littoral, en particulier au Cap Ferret, entre « Chez Hortense » et la Plage de la Pointe.

En parcourant la côte, on comprend facilement ce qui va se passe dans les prochaines années avec la hausse prévue du niveau de l’océan. Les photos que j’ai eu l’occasion de prendre ne laissent pas le moindre doute. En plus, cette partie du littoral atlantique est soumise à de très forts courants, ce qui n’arrange rien. Il suffit de voir à quelle distance de la côte se trouvent les blockhaus datant de la Sonde Guerre mondiale.

Les employés de l’Office National des Forêts font tout leur possible pour protéger les dunes , en particulier en plantant des oyas et en demandant aux visiteurs de respecter la forêt, mais on sait parfaitement qu’à la fin, c’est l’océan qui aura le dernier mot…

Dans son rapport de 2016, l’Observatoire de la Côte Aquitaine prévoit un recul de la côte sableuse de respectivement 20 et 50 mètres en 2025 et 2050. Le précédent rapport de 2011 avançait un taux d’érosion du trait de côte de 1 à 3 mètres par an sur la côte sableuse. Aujourd’hui, la dernière actualisation conclut à une hausse globale de ces valeurs et fait état de reculs moyens de 2,5 mètres par an en Gironde et de 1,70 m par an dans les Landes. Sur la côte sableuse (de la Pointe du Médoc à l’embouchure de l’Adour), l’érosion chronique ainsi estimée est de l’ordre d’en moyenne 20 et 50 mètres respectivement pour les horizons 2025 et 2050. Il faut ajouter à cela un recul lié à un événement majeur en général de l’ordre de 20 mètres.

A l’horizon 2025, la superficie du littoral sableux exposé à l’aléa érosion s’élève à 10,9 km2, soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km2 de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football.

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I have just had a short stay on the Atlantic coast, enough to enjoy the exceptionally fine and warm weather that currently prevails in the region. I love the ocean outside tourist periods when you can make a stop where you want, without meeting boisterous families at every corner of a hiking trail.
February is also the time when mimosas are in bloom and perfume the landscape. I had chosen to go to the coast in recent days because the tidal coefficient was around 115, which made it possible to see how far the sea rises in calm weather – there was no wind – and imagine what erosive effect it can have on beaches during storms.
The situation is worrying and, as I indicated in a previous note, the Prefect of Nouvelle Aquitaine was forced to promote decrees prohibiting access to certain parts of the coast, in particular at Cap Ferret, between « Chez Hortense » and Plage de la Pointe.
While walking along the coast, it is easy to understand what will happen in the coming years with the expected rise in the level of the ocean. The photos I had the opportunity to take leave no doubt. In addition, this part of the Atlantic coastline is subject to very strong currents, which does not help. It suffices to see how far from the coast are the blockhouses dating from World War II.
National Forestry Office employees do their utmost to protect the dunes, especially by planting oyas and asking visitors to respect the forest, but we know perfectly well that in the end, the ocean will have the last word…
In its 2016 report, the Observatoire de la Côte d’Aquitaine predicts that the sandy coast will shrink by 20 and 50 metres respectively in 2025 and 2050. The previous report of 2011 predicted an erosion rate of the coastline between 1 and 3 metres per year on the sandy coast. Today, the latest update concludes with an overall increase in these values ​​and reports average retreats of 2.5 metres per year in the Gironde and 1.70 metres per year in the Landes. On the sandy coast (from the Pointe du Médoc to the mouthestuary of the Adour), the estimated chronic erosion is of the order of 20 and 50 metres on the 2025 and 2050 horizons, respectively. One should add another retreat related to a major event, in general of the order of 20 metres.
By 2025, the area of ​​the sandy coast exposed to erosion hazard is likely to amount to 10.9 square kilometres, or nearly 991 football fields. In 2050, 20.6 square kilometres of sandy coastline will be involved, the equivalent of 1873 football fields.

La côte souffre….

Les oyas essayent de retarder l’échéance…

Les blockhaus ont quitté leurs ancrages…

Les interdictions sont de plus en plus nombreuses…

Photos: C. Grandpey

La fonte des glaciers de Patagonie (1) // The melting of Patagonian glaciers (1)

Les montagnes d’Amérique du Sud abritent certains des plus grands glaciers du monde. Cependant, comme ailleurs sur la planète, ces derniers sont en train de fondre très rapidement. Dans la partie occidentale de la Patagonie, les glaciers s’étendent sur des centaines de kilomètres au sommet des Andes chiliennes et argentines.
Les lobes nord et sud du champ de glace de Patagonie sont les restes d’une calotte qui a atteint sa taille maximale il y a environ 18 000 ans. Bien qu’ils ne représentent qu’une petite partie de leur taille antérieure, les glaciers de Patagonie aujourd’hui restent la plus grande étendue de glace de l’hémisphère sud en dehors de l’Antarctique. Pourtant, de profonds changements sont en cours et les glaciers fondent à des vitesses qui comptent parmi les plus élevées de la planète. Les eaux de fonte provenant des glaciers de Patagonie contribuent à l’élévation du niveau de la mer. La contribution est inférieure à celle du Groenland et de l’Antarctique, mais les scientifiques continuent à étudier le phénomène depuis l’espace.

S’agissant des glaciers du nord de la Patagonie, la partie septentrionale est la moins étendue. Elle couvre environ 4 000 kilomètres carrés, avec une trentaine de glaciers importants. L’amincissement rapide des glaciers dans la région illustre l’impact du réchauffement climatique à l’échelle de la planète. Il a été démontré que les glaciers de Patagonie subissent l’un des reculs les plus spectaculaires au monde, avec des pertes de glace encore plus spectaculaires qu’en Alaska,  en Islande, au Svalbard ou au Groenland.

Les glaciers du sud de la Patagonie couvrent environ 13 000 kilomètres carrés, soit trois fois plus que la partie nord. Ils sont alimentés par des précipitations qui peuvent être intenses dans la partie ouest, avec jusqu’à 4 mètres de pluie et de neige par an; elles sont plus modérées à l’est, avec moins d’un mètre par an.
Les scientifiques doivent endurer ces mauvaises conditions météorologiques lorsqu’ils vont sur le terrain pour mieux comprendre comment et pourquoi les glaciers de Patagonie reculent. Ils ne fondent pas seulement par le haut à cause de l’air chaud, mais aussi par le bas, là où ils entrent en contact avec les eaux de l’océan et des lacs.

Source : NASA

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The mountains of South America harbour some of the largest icefields in the world. However, like elsewhere on the planet, the glaciers are melting very rapidly. Toward the western side of Patagonia, the Patagonian icefields stretch for hundreds of kilometres over the tops of the Andes in Chile and Argentina.

The northern and southern lobes of the Patagonian icefield are what is left of a much larger ice sheet that reached its maximum size about 18,000 years ago. Though just a fraction of their previous size, the modern icefields remain the largest expanse of ice in the Southern Hemisphere outside of Antarctica. But rapid change is ongoing and glaciers are melting away at some of the highest rates on the planet. Meltwater from the Patagonian icefield contributes to sea level rise. The contribution is less than what will come from Greenland and Antarctica, but scientists plan to keep studying the region from space, from the air, and from the ground.

As far as the Northern Patagonian Icefield is concerned, the northern remnant is the smaller of the two icefields, covering about 4,000 square kilometres, with about 30 significant glaciers along its perimeter. The rapid thinning of the icefield’s glaciers illustrates the global impact of climate warming. It has been shown that Patagonia glaciers experience some of the world’s most dramatic thinning, more than Alaska or Iceland or Svalbard or Greenland.

The Southern Patagonian Icefield spans about 13,000 square kilometres and is more than three times larger than the northern section. Glaciers are fed by the precipitation which can be intense on the west side of the icefields, which receive up to 4 metres of rain and snow per year; it is more moderate in the east, which receives less than one metre per year.

Scientists have to endure these poor weather conditions in order to better understand how and why the Patagonian icefields are shrinking. The reason is that they are not only melting from the top because of warm air, but also from below, where they come in contact with ocean and lake waters.

Source : NASA.

Patagonie: Champ de glace septentrional (Source: NASA)

Patagonie: Champ de lave méridional (Source: NASA)

La France subit les effets du réchauffement climatique

Comme je l’indique souvent dans mes notes, la multiplication des événements extrêmes est l’une des conséquences du réchauffement climatique et nous ne sommes pas au bout de noes peines. Nous en avons eu des exemples récents en France avec les inondations qui ont sévèrement affecté le département de l’Aude. D’après une ONG allemande, la France est le pays du Vieux Continent le plus durement meurtri par le dérèglement environnemental. Les événements extrêmes à répétition coûteraient plus de 2 milliards par an.

Chaque année l’ONG Germanwatch dresse un indice mondial des risques climatiques et elle vient de fournir un bilan sur 20 ans entre 1998 et  2017. Parmi les moins bien classés on trouve Porto Rico, la Dominique, le Bangladesh, Madagascar, la France ou le Cambodge. Selon l’ONG, nous serions 18ème sur une trentaine de pays. Plus de mille personnes mourraient chaque année des conséquences climatiques dans notre pays, avec un coût de plus de 2 milliards d’euros.

Au vu du bilan proposé par l’ONG, on remarque une nouvelle fois que ce sont les pays les plus pauvres qui payent le plus lourd tribut au réchauffement climatique, mais que les pays les plus industrialisés ne sont pas épargnés. Ainsi, en 20 ans, les Etats-Unis ont perdu l’équivalent de 48 milliards de dollars à cause des différentes catastrophes liées au dérèglement du climat. Au sein des pays riches, les personnes les plus touchées sont les commerçants et les habitants les plus précaires.

Pour la France, le rapport pointe surtout les dégâts de la tempête Xynthia en 2010 et n’a pas encore intégré les récentes inondations dans l’Aude.

Une autre conséquence du réchauffement climatique dans l’hexagone concerne l’érosion des zones côtières. Le long de la côte atlantique, les régions de Lacanau et de Soulac sur Mar portent les stigmates des assauts de la mer. Dans la Manche, la mer rogne les plages de sable un peu plus à chaque tempête. Avec une brèche dans la dune, la mer pourrait rejoindre les eaux du Havre de la Vanlée, une zone submersible à marée haute, et menacer les habitations. Pour éviter le pire, plusieurs mesures sont prises à Bricqueville-sur-Mer, comme le réensablement, la pose de clôtures et de pieux hydrauliques. Les 150 000 euros de travaux sont à 80% pris en charge par l’État. À Gouville-sur-mer, la commune a installé en 2017 un géotube rempli de sable pour protéger la plage. L’opération a coûté 800 000 euros. Le problème n’est que partiellement résolu car au bout de la structure, le recul de la dune se poursuit. Sur la façade ouest du département de la Manche, l’érosion côtière s’accentue et 27 communes font appel aux services de l’État pour parer au plus pressé.

Source : France Info.

 A Soulac sur Mer, l’immeuble Le Signal a dû être évacueé car il est menacé par le mer lors des tempêtes et des marées à fort coefficient (Photo: C. Grandpey)