Catastrophe de White Island (Nouvelle Zélande) : vers la fin des procès // White Island disaster (New Zealand) : towards the end of the trials

L’agence de voyage néo-zélandaise qui avait organisé l’excursion tragique à White Island en décembre 2019 a été reconnue coupable d’ avoir « minimisé les risques. » 22 personnes avaient perdu la vie lors de la catastrophe. Les gestionnaires de Whakaari Management Limited (WML), la société qui organisait les visites touristiques de l’île, ont été accusés de « fautes surprenantes ». Le juge a déclaré que la société « gérait et contrôlait » le volcan actif et avait manqué à son devoir en minimisant les risques encourus par les touristes. Ses propriétaires risquent une amende jusqu’à 1,5 million de dollars néo-zélandais (875 000 €).
L’éruption de décembre 2019 a tué 22 personnes, soit près de la moitié des personnes présentes sur l’île à ce moment-là. La plupart étaient des touristes ; 17 venaient d’Australie et trois des États-Unis. Vingt-cinq autres personnes ont été blessées, souvent gravement brûlées.
Treize parties ont été tenues pour responsables de la catastrophe. WML a été la dernière à être condamnée. Six autres ont plaidé coupable, tandis que six autres ont vu les accusations rejetées. Les peines seront prononcées définitivement en février 2024.
White Island reste interdite d’accès aux touristes depuis la catastrophe qui est rapidement devenue une affaire de gros sous. Certains touristes qui avaient acheté leur billet de visite de White island auprès de Royal Caribbean Cruises ont déjà obtenu des compensations financières après avoir poursuivi la société basée en Floride.
Source : presse néo-zélandaise.

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A New Zealand tour company has been found guilty of « minimising risk » to 22 people who died in the December 2019 White Island volcano disaster. The owners of Whakaari Management Limited (WML), the company which licenses tours to the island, were accused of « astonishing failures ». The judge said the company « managed and controlled » the active volcano and failed in its duty to minimise the risk there. The company faces up to NZ$1.5m (875,000 €) in fines.

The December 2019 eruption killed 22 – almost half of the people who were on the island at the time. Most were tourists, including 17 from Australia and three from the US. Another 25 people were injured, with many suffering extensive burns.

Thirteen parties were charged over the disaster. WML was the last to receive a verdict after six had pleaded guilty, while six more had their charges dismissed. Sentences will be passed in February 2024.

Tourism activities on White Island have not resumed since the disaster which also turned in a matter of money. Some of the tourists who bought their tour ticket to Whakaari through Royal Caribbean Cruises have already reached settlements after suing the Florida-based company in the US.

Source : New Zealand news media.

L’île avant l’éruption (Photo: C. Grandpey)

L’île après la catastrophe (Source: médias néo-zélandais)

Datation précise de l’éruption du Taupo (Nouvelle Zélande) // Accurate dating of the Taupo eruption (New Zealand)

En consultant les informations de la Smithsonian Institution sur le Taupo (Nouvelle Zélande), on peut lire que « le Taupo est une grande caldeira d’environ 35 km de diamètre dont les bordures sont mal définies. Aujourd’hui, la caldeira, occupée par le lac Taupo, s’est formée en grande partie à la suite de la puissante éruption Oruanui Tephra environ 22 600 ans avant notre ère. Il s’agit de la plus grande éruption connue du Taupo, avec l’émission de quelque 1 170 km3 de tephra.

Cette éruption a été précédée à la fin du Pléistocène par l’éruption explosive d’un grand nombre de dômes de lave rhyolitique au nord du lac Taupo.

De grandes éruptions explosives se sont produites fréquemment au cours de l’Holocène à partir de nombreuses bouches du lac Taupo et à proximité de ses bordures. L’éruption majeure la plus récente a eu lieu il y a environ 1 800 ans avant J.C. à partir d’au moins trois bouches le long d’une fissure orientée NE-SO et centrée sur les récifs Horomotangi. Cette éruption extrêmement violente fut la plus importante de Nouvelle-Zélande durant l’Holocène et produisit la Taupo Ignimbrite phreatoplinienne qui recouvrit l’Île du Nord sur 20 000 km2. »

Lorsque le Taupo est entré en éruption il y a 1 800 ans, l’explosion a envoyé des éclats de verre volcanique jusqu’en Antarctique. Les scientifiques ont réussi à mettre au jour certains de ces anciens débris, ce qui pourrait permettre de confirmer l’année exacte de cette énorme éruption.
Il a été extrêmement difficile de mettre la main sur les retombées de l’éruption du Taupo, ce qui a entraîné un débat de plusieurs décennies sur sa date exacte.
La datation au Carbone 14 des arbres détruits par l’explosion indique qu’elle aurait eu lieu en 232 après J.-C., mais certains scientifiques ont contesté cette date car, selon eux, les preuves pourraient avoir été contaminées et l’éruption se serait produite jusqu’à deux siècles plus tard.
Des chercheurs de l’Université de Wellington (Nouvelle-Zélande) à la recherche de débris projetés par le Taupo dans l’Antarctique occidental ont prélevé des carottes de glace à 279 mètres de profondeur et pensent avoir découvert la vérité sur l’éruption. La découverte de sept éclats de verre volcanique à la composition géochimique unique, enfouis profondément dans une carotte de glace, confirme que l’éruption s’est probablement produite à la fin de l’été et au début de l’automne de l’année 232.
Les chercheurs ont analysé la composition chimique des débris émis par le volcan, ce qui leur a permis de s’attarder sur six éclats de verre volcanique provenant de l’éruption du Taupo et sur un septième provenant d’une éruption beaucoup plus ancienne du même volcan, l’éruption d’Oruanui survenue il y a environ 25 500 ans (ou 22 600 ans selon la Smithsonian Institution).
Les sept éclats proviennent de profondeurs similaires, ce qui laisse supposer que le verre volcanique de l’éruption d’Oruanui a été enfoui près du volcan puis déterré et projeté dans l’atmosphère des milliers d’années plus tard lors de l’éruption du Taupō. Les forts vents du sud-ouest ont ensuite remobilisé les débris et les ont dispersés sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, ainsi que dans tout le sud-ouest de l’océan Pacifique et jusqu’à l’ouest de l’Antarctique, à environ 5 000 kilomètres de distance. Pour déterminer à quel moment les éclats de verre ont atterri en Antarctique, les chercheurs ont examiné les couches de glace environnantes. En effet, les débris volcaniques piégés dans la glace ont permis de dater l’époque de l’éruption, car on peut la relier à l’âge modélisé de la glace.
Source  : Live Science via Yahoo Actualités.

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When looking at the Smithsonian Institution’s information, one can read that « Taupo is a large, roughly 35-km-wide caldera with poorly defined margins.The caldera, now filled by Lake Taupo, largely formed as a result of the voluminous eruption of the Oruanui Tephra about 22,600 years before present (BP). This was the largest known eruption at Taupo, producing about 1,170 km3 of tephra.

This eruption was preceded during the late Pleistocene by the eruption of a large number of rhyolitic lava domes north of Lake Taupo.

Large explosive eruptions have occurred frequently during the Holocene from many vents within Lake Taupo and near its margins. The most recent major eruption took place about 1,800 years BP from at least three vents along a NE-SW-trending fissure centered on the Horomotangi Reefs. This extremely violent eruption was New Zealand’s largest during the Holocene and produced the phreatoplinian Taupo Ignimbrite, which covered 20,000 km2 of North Island. »

When Taupo erupted 1,800 years ago, the blast sent shards of glass all the way to Antarctica. Scientists have unearthed some of this ancient volcanic debris, which could help pinpoint the exact year this huge eruption took place.

Fallout from the Taupo eruption has proved extremely difficult to find, dragging out a decades-long debate over its exact timing.

Radiocarbon dating of trees that were killed by the blast indicated a date of A.D. 232, but some experts argued the evidence may have been contaminated and the eruption occurred up to two centuries later.

Researchers from the University of Wellington (New Zealand) looking for Taupo debris in West Antarctica drilled up ice cores from 279 meters below the ground and think they have found the truth about the eruption. The discovery of seven geochemically unique volcanic glass shards buried deep within an ice core confirms the likely timing of the eruption in late summer/early autumn in the year 232.

The researchers analyzed the debris’ chemical composition, which enabled them to trace six shards to the Taupo eruption and the seventh to a much earlier eruption of the same volcano, the Oruanui eruption, which occurred roughly 25,500 years ago.

The seven shards were found at similar depths, suggesting volcanic glass from the Oruanui eruption was buried near the volcano then unearthed and launched into the atmosphere thousands of years later during the Taupō eruption. Strong south-westerly winds then picked up the flying debris and dispersed it over New Zealand’s North Island, throughout the southwest Pacific Ocean and all the way to West Antarctica roughly 5,000 kilometers away. To determine when the glass shards landed in Antarctica, researchers looked at the surrounding ice layers. Indeed, volcanic debris trapped in the ice allowed them to date when the eruption occurred, because one can link it to the modeled age of the ice.

Source : Live Science via Yahoo News.

Image satellite (Source: NASA) et vue au sol (Photo: C. Grandpey) du lac Taupo.

Le procès suite à la catastrophe de White Island // The lawsuit after the White Island disaster

White Island est une île volcanique active située dans la partie nord-est de la Bay of Plenty (Baie de l’Abondance) en Nouvelle-Zélande.
Le 9 décembre 2019, le volcan est entré en éruption et a envoyé une déferlante roches, de cendres et de sédiments chauffés à haute température.
Voici une vidéo tournée par l’un des touristes qui se trouvaient sur l’île et qui a survécu à l’éruption :

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

14 Australiens, cinq Américains, deux Néo-Zélandais et un Allemand ont été tués pendant l’éruption. De nombreuses autres personnes ont subi des blessures horribles,. Il a fallu mettre rapidement sur pied une opération médicale à grande échelle. Les victimes ont été prises en charge par des unités de soins pour grands brûlés à travers la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Il y avait 47 touristes sur White Island lorsque l’éruption volcanique s’est produite. L’île appartient aux frères Andrew, James et Peter Buttle, gestionnaires de la compagnie Whakaari Management Limited (WML).
Six parties, dont deux voyagistes et la WML, ont été accusées d’avoir enfreint les règles de santé et de sécurité avant la catastrophe. Selon les procureurs, les touristes n’ont reçu aucune mise en garde de santé et de sécurité avant de débarquer sur White Island. L’un des procureurs a déclaré : « L’activité touristique sur White Island était une entreprise risquée. Elle supposait la visite d’un volcan actif en conduisant les gens au cœur du cratère dans des circonstances où personne ne pouvait prévoir quand une éruption pourrait se produire. Tout le monde sait que le moment de cette éruption ne pouvait être prévu… mais il était prévisible qu’elle puisse survenir à un moment ou un autre. » Le procureur a fait valoir que la société propriétaire du volcan n’avait pas compris le risque.
Six sociétés, dont White Island Tours, qui a transporté par bateau vers le site volcanique 21 des personnes tuées, ont déjà plaidé coupable. Chacune des sociétés jugées encourt une amende maximale équivalente à 840 000 euros. Chacun des propriétaires de l’île encourt une amende maximale de 170 000 euros. .
Suite à la catastrophe, les touristes ne sont plus autorisés à visiter l’île.
Source : médias néo-zélandais.

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White Island is an active volcanic island in New Zealand’s northeastern Bay of Plenty region.

Here is a video shot by one of the personns on the island at the time of the eruption. On December 9th, 2019, the volcano erupted, releasing a high temperature plume of rock and ash in the air.

Here is a video shot by one of the tourists who were on the island and who survived the eruption:

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

In total, 14 Australians, five Americans, two New Zealanders and one German were killed. Many more people suffered horrific injuries, prompting a massive medical operation that saw victims treated in burns units across New Zealand and Australia. There were 47 tourists on White Island when the volcanic eruption happened. The island was owned by the brothers Andrew, James and Peter Buttle under Whakaari Management Limited (WML).

Six parties, including two tour companies and the WML, have been charged with breaching health and safety regulations in the lead-up to the disaster. According to the prosecutors, the tourists received no health and safety warning before they landed on White Island.  One of the prosecutors said : « The business of tourism on White Island was a risky business. It involved tours to an active volcano, taking people to the heart of the crater in circumstances where no one could predict when an eruption might occur. No one is suggesting that the timing of this eruption could have been predicted… but it was foreseeable that it may erupt at some point. » The prosecutor argued that the company that owned the volcano failed to understand the risk.

Six companies, including White Island Tours, which ferried 21 of those killed to the volcanic site by boat, have already pleaded guilty. Each of the companies on trial faces a maximum fine of 840,000 euros. Each of the brothers charged faces a maximum fine of 170,000 euros. .

Following the disaster, tourists are no longer allowed to visit the island.

Source : New Zealand news media.

White Island en janvier 2009 (Photos: C. Grandpey)

Nouvel épisode sismique sur le Taupo (Nouvelle Zélande) // New seismic episode at Taupo Volcano (New Zealand)

Un séisme de magnitude M4.4 a été enregistré sur le Taupo (Nouvelle-Zélande) le 5 mars 2023. L’hypocentre était situé à moins de 10 km de lprofondeur et l’événement a été ressenti principalement le long de la rive du lac. Plus de 20 répliques ont été détectées après la secousse initial.
La sismicité avait diminué depuis novembre 2022, époque où un séisme peu profond de magnitude M5,7 a été enregistré (voir mes notes des 8 et 18 décembre 2022), provoquant un petit tsunami et des dégâts mineurs.
A côté de cette hausse de l’activité sismique, lesparamètres de surveillance du volcan sont restés stables et il n’y a pas eu de changements significatifs par rapport à l’activité observée au cours des derniers mois. C’est pourquoi le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne à Vert. Il convient de noter que le niveau d’alerte volcanique ne correspond pas à une prévision de l’activité future.
La dernière éruption de Taupo a eu lieu en l’an 260, avec un VEI 6.
Source : GeoNet.

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An M4.4 earthquake was recorded at Taupo Volcano (New Zealand) on March 5th, 2023. The hypocenter was located less than 10 km from the surface and the event was felt mostly along the lake shore. More than 20 aftershocks have been detected since the initial event.

Seismicity had been decreasing since November 2022 when a strong and shallow M5.7 earthquakewas recorded (see my posts of December 8th and 18th, 2022), causing a small tsunami and minor local damage.

Despite the increase in earthquake activity, the volcano’s monitoring indicators remained stable, and there were no significant changes compared to the previous months of unrest. Thus, the Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code at Green. It should be noted that the Volcanic Alert Level represents the current level of volcanic activity and unrest, and it is not a forecast of future activity.

The last eruption at Taupo took place in the year 260, with a VEI 6.

Source : GeoNet.

Fractures provoquées par le séisme de novembre 2022 sur les berges du lac Taupo (Source: GeoNet)