Séismes et répliques // Earthquakes and aftershocks

Nous ne savons pas prévoir les séismes, mais nous savons qu’ils sont généralement suivis de répliques, souvent moins puissantes que le séisme principal. Ainsi, dans les 10 jours qui ont suivi le séisme de magnitude M 5,0 près de Pāhala (Hawaii) le 14 octobre 2022, il y a eu six répliques de magnitude M 3,0 et plus, et une centaine de répliques de magnitude M 2,0 et plus à moins de 10 km de l’épicentre. Bien que la plupart des répliques soient moins violentes que la secousse principale, elles peuvent toujours causer des dégâts et des victimes. De plus, leur ressenti par la population peut être source d’angoisse. Les statistiques montrent que 5 % des séismes sont suivis d’un nouvel événement plus important. Dans ce cas, les premiers séismes sont dits ‘précurseurs’ et l’événement le plus puissant devient le séisme principal.
Pour aider la population à faire face aux répliques, l’USGS publie des prévisions incluant le jour, la semaine, le mois et l’année suivants. Sont indiqués :
– le nombre prévu de répliques pouvant être ressenties (M 3.0 et M 4.0 ou plus)
– la probabilité de répliques suffisamment puissantes pour potentiellement causer des dégâts (M 5.0 et plus)
– la probabilité de futurs séismes modérés (M 6.0) à importants (M 7.0).
Ces prévisions sont automatiquement diffusées aux Etats Unis après la plupart des séismes de M 5,0 et plus. Les premières prévisions sont émises 20 minutes après le séisme principal et elles sont mises à jour 74 fois au cours de la première année. Les prévisions sont mises à jour régulièrement car la fréquence des répliques varie avec le temps. Cette fréquence diminue généralement, même si elle augmente parfois temporairement après une réplique plus importante. En conséquence, les prévisions sont mises à jour pour rester en phase avec l’évolution de la fréquence des répliques. Les mises à jour intègrent également des informations sur le comportement de chaque séquence de répliques.
En plus de fournir les informations essentielles sur un séisme et ses répliques, l’USGS rappelle aux personnes concernées la conduite à tenir en cas de séisme : « s’accroupir, se protéger et se tenir à quelque chose » (« Drop, Cover and Hold on »). De plus, si les gens ressentent un puissant séisme alors qu’ils sont à la plage ou dans une zone basse, ils doivent immédiatement se déplacer vers un point haut en raison du risque de tsunami.
Les prévisions prennent en compte trois propriétés statistiques bien connues des séquences de répliques : 1) les répliques les plus importantes produisent d’autres répliques, 2) les répliques plus petites sont plus fréquentes que les plus importantes et 3) le nombre de répliques diminue à peu près proportionnellement au temps écoulé depuis la secousse principale. Les prévisions initiales utilisent des paramètres pour la région concernée ou des régions géologiques similaires dans le monde. Par exemple, à Hawaii, les prévisions initiales utilisent des observations de volcans océaniques semblables dans le monde. Le HVO met ensuite ces paramètres à jour en observant le comportement spécifique de chaque séquence de répliques.
A Hawaii, les séismes sont difficiles à analyser car les séquences sismique d’origine volcanique générées par les mouvements du magma ou les éruptions sont beaucoup plus compliquées et ne répondent pas forcément aux trois propriétés de réplique simples décrites ci-dessus.
Pour en savoir plus sur les prévisions de répliques de l’USGS, il suffit de cliquer sur ce lien : https://earthquake.usgs.gov/data/oaf/
Source : USGS/HVO.

———————————————–

We don’t know how to predict earthquakes, but we do know that they are always followed by additional – usually less powerful – earthquakes, called aftershocks. For instance, in the 10 days after the M 5.0 earthquake near Pāhala (Hawaii) on October 14th, 2022, there were 6 aftershocks with magnitude M 3.0 and greater, and over 100 M 2.0 and greater aftershocks within 10 km of the epicenter. While most aftershocks are smaller than the mainshock, they can still be damaging or deadly and feeling many smaller earthquakes can cause emotional distress. However, 5% of earthquakes are followed by a larger earthquake, in which case the earlier earthquakes are referred to as foreshocks and the new largest one becomes the mainshock.

To help people deal with aftershocks, the USGS issues aftershock forecasts for the next day, week, month, and year that provide:

-The expected number of aftershocks that may be felt (M 3.0 and M 4.0 or greater)

-The probability of aftershocks large enough to potentially do damage (M 5.0 and greater)

-The probability of future moderate (M 6.0) to large (M 7.0) earthquakes.

These forecasts are automatically issued after most M 5.0 and larger earthquakes in the United States. The first forecast is issued 20 minutes after the mainshock and they are updated 74 more times during the first year. Forecasts are updated regularly because the rate of aftershocks changes with time, generally decreasing, although sometimes temporarily increasing after a larger aftershock. Therefore, the forecasts are updated to keep current with the changing aftershock rate. The updates also incorporate information about the behavior of each aftershock sequence.

In addition to providing basic information about an earthquake and its aftershocks, the USGS reminds everyone to “Drop, Cover, and Hold On” during an earthquake. Moreover, if people feel a strong earthquake while at the beach or in a low-lying area, they should immediately move to higher ground because of the risk of a tsunami.

The aftershock forecasts combine three well-studied statistical properties of aftershock sequences: larger mainshocks produce more aftershocks, smaller aftershocks are more common than larger ones, and the rate of aftershocks declines about in proportion to the time that has passed since the mainshock. The initial forecasts use parameters for that region or similar geologic regions around the world. For instance, in Hawaii the initial forecasts use observations from similar oceanic volcanoes around the world. Those parameters are then updated as HVO geologists observe the specific behavior of each aftershock sequence.

Earthquakes in Hawaii are difficult to analyse because volcanic earthquake sequences driven by changes in magma movement or eruptions are far more complicated than can be described by the three simple aftershock properties described above.

To learn more about the USGS aftershock forecasts, people can click on this link : https://earthquake.usgs.gov/data/oaf/

Source: USGS / HVO.

Graphique montrant la séquence sismique enregistrée à Pāhala en octobre 2022. La secousse principale de magnitude M 5,0 est représentée en bleu, tandis que les répliques apparaissent en jaune et rouge (couleur en fonction de leur heure d’occurrence). [Source: USGS.]

Le Mauna Loa (Hawaii) affole les médias ! // Mauna Loa (Hawaii) panics the media !

Le niveau d’alerte du Mauna Loa n’a pas changé et reste au Jaune (surveillance conseillée). Cependant, certains titres dans la presse américaine ces derniers temps sont beaucoup plus alarmistes. Par exemple, on peut lire sur le One American News Network (OAN) : « Le Mauna est sur le point d’entrer en éruption à Hawaii. » On peut lire aussi « Le Mauna Loa envoie des signaux d’avertissement à Hawaii » et « On a mis en garde les habitants de la Grande Ile d’Hawaii contre un possible désastre de lave alors que gronde le plus grand volcan actif du monde. »
Confronté à tous ces titres alarmistes, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a dû se fendre d’une mise au point et expliquer qu’il n’avait émis aucune alerte récente concernant le Mauna Loa :
« Le Mauna Loa n’est pas en éruption en ce moment et les dernières informations publiées par l’Observatoire des volcans d’Hawaii et l’USGS qui surveillent le Mauna Loa ne doivent pas inciter les voyageurs à modifier leurs projets de voyage vers l’île d’Hawaii ou l’une des îles hawaïennes en ce moment. »
Ce qui est vraiment regrettable et même honteux, c’est que beaucoup d’articles de presse présentent des photos qui ne sont pas celles du Mauna Loa ! Ils montrent des photos du Kilauea au cours de l’éruption de 2018 ou d’éruptions précédentes comme celle du Pu’u’O’o.

Bien sûr, de tels titres peuvent inquiéter la population, en particulier s’ils donnent l’impression qu’une éruption est imminente ou en cours. Ce n’est pas nouveau. Les médias ont toujours exagéré les événements qu’ils décrivent pour attirer l’attention du public, accroître les ventes des journaux, et donc gagner de l’argent.
Cela fait près de 40 ans que le Mauna Loa est entré en éruption pour la dernière fois et on observe une hausse d’activité depuis septembre 2021. Comme je l’ai déjà écrit, l’activité sismique sous le sommet et la caldeira a augmenté fin septembre, avec jusqu’à 100 événements par jour. Cette activité est probablement causée par un nouvel apport de magma dans le réservoir sommital du volcan. Les instruments GPS au sommet et sur les flancs continuent également d’enregistrer une inflation significative depuis la mi-septembre. Cependant, aucune déformation de surface n’a été observée au cours de la semaine écoulée.
En raison de cette hausse d’activité, le HVO a décidé de communiquer des informations de manière quotidienne et non plus hebdomadaire. Le niveau d’alerte volcanique n’a pas changé depuis 2019 et l’Observatoire ne voit aucun signe d’éruption imminente. Le niveau d’alerte ne changera pas tant que l’Observatoire ne saura pas avec certitude que le Mauna Loa va entrer en éruption.
Heureusement, la plupart des 33 dernières éruptions du Mauna Loa sont restées confinées à la région de la caldeira. Cependant, lorsque la lave sort en d’autres endroits, elle peut couler rapidement sur les pentes abruptes du volcan. Il peut s’écouler relativement peu de temps entre le moment où le HVO enregistre les signes indiquant qu’une éruption est imminente et le moment où cette éruption se déclenche. C’est pourquoi les personnes qui vivent sur les flancs du volcan doivent être préparées et pourquoi la Protection Civile organise des réunions publiques en partenariat avec le HVO. Cela s’appelle la prévention.
Les changements intervenus dans la diffusion des messages du HVO et les réunions publiques sont peut-être la raison de toute l’attention médiatique entourant le Mauna Loa ces derniers temps.
Source : USGS / HVO.

——————————————–

The alert level for Mauna Loa has not changed ad remains at Yellow, or Advisory. However, some recent headlines from media around the United States are sending a more ominous message. For instance, one can read on the One American News Network (OAN) : « Mauna volcano close to erupting in Hawaii. » Other headlines include « Mauna Loa volcano sets off warning signals in Hawaii » and « Residents of Hawaii Big Island warned of potential ‘lava disaster’ as world’s largest active volcano rumbles. »

Confronted with all these alarming headlines, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) had to explain that it issued no recent warnings regarding Mauna Loa :

Mauna Loa volcano is not erupting at this time and recent news of the U.S. Geological Survey Hawaiian Volcano Observatory monitoring Mauna Loa is no reason for travelers to alter their travel plans to Hawai‘i Island or any of the Hawaiian Islands at this time.”

What is really a pîty and even a shame is that a lot of articles are featuring photos not even of Mauna Loa volcano! They are showing photos of Kilauea, either from the 2018 eruption or previous eruptions such as the one at Pu‘u ‘O‘o. Of course, this can cause alarm, especially depending on the headline, making it seem like an eruption is impending or ongoing. This not a new situation. The media have always exaggerated the events they describe to draw public attention and make money.

It’s been nearly 40 years since the volcano last erupted and it has been in a period of heightened unrest since September 2021. As I put it before, seismic activity below the volcano’s summit and caldera spiked in late September, with instruments recording as many as 100 quakes a day at certain points. The unrest is likely caused by renewed input of magma into Mauna Loa’s summit reservoir system. GPS instruments at the summit and on the volcano’s flanks also continue to measure inflation at rates elevated since mid-September. However, no significant surface deformation has been seen in the past week.

Because of that heightened unrest, HVO changed its messaging from weekly to daily updates. The volcano’s alert level hasn’t changed from Advisory since 2019 and the observatory sees no signs of an imminent eruption. The alert level won’t change until the observatory knows with certainty Mauna Loa will erupt.

Fortunately, most of Mauna Loa’s past 33 eruptions were confined to the caldera region. However, when lava does break out in other locations, it can flow rapidly down the volcano’s steep slopes. It could be a relatively short amount of time between when HVO sees signs that an eruption might occur and then when that eruption occurs, That is why people living on the volcano need to be prepared and why Civil Defense has been organising community meetings in partnership with HVO.

The change in messaging and community meetings may be the reason for all the media attention surrounding Mauna Loa lately.

Source : USGS / HVO.

Mauna Loa : caldeira sommitale et flanc sud-ouest (Photos: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Le nouveau cône de la dernière éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) va s’appeler Piton Tikal. C’est ce que viennent d’indiquer la Cité du Volcan, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise et le Parc National de La Réunion. La dernière éruption du volcan a eu lieu du 19 septembre au 5 octobre 2022.

L’appellation de Piton Tikal renvoie aux contes et légendes de La Réunion associés à Gran Mèr Kal. Dans ces différentes « zistwar » il est parfois fait référence à son fils, sous le nom de Ti Kala ou Tikal ». Le nouveau cône volcanique s’étant construit à proximité du Piton Kala Pélé, avec une forme relativement identique, c’est tout naturellement que ce nom est apparu.

Source: Réunion la 1ère.

A lire sur mon blog : Gran Mèr Kal, l’âme damnée de la Fournaise.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/12/25/gran-mer-kal-lame-damnee-de-la-fournaise/

 Crédit photo: OVPF

++++++++++

Un vol d’observation de White Island (Nouvelle-Zélande) confirme que les bouches actives à l’arrière du lac de cratère continuent d’émettre un panache de vapeur et de gaz modéré (voir photo ci-dessous). On observe rarement des périodes d’émission de cendres. La température du panache de gaz et de vapeur a été mesurée à 145 ºC, en légère baisse par rapport aux 165 ºC du 5 octobre. Un vol d’observation le 7 octobre avait mesuré un niveau faible d’émissions de SO2 à environ 217 tonnes/jour.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Source : GéoNet.

 Crédit photo: GeoNet

++++++++++

Une activité soutenue se poursuit sur le Bezymianny (Kamtchatka) après le puissant événement explosif des 23 et 24 octobre 2022. On observe une activité fumerolienne intense, ainsi qu’une incandescence au niveau du dôme de lave. Les effondrements du dôme produisent des avalanches incandescentes. Le 26 octobre, un énorme nuage de cendres a incité le KVERT à élever la couleur de l’alerte aérienne à Orange le lendemain.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

++++++++++

Une activité éruptive a encore été observée sur le Cotopaxi (Equateur) au cours des derniers jours. Il est bon de rappeler que l’éruption a commencé par un séisme haute fréquence le 21 octobre 2022, suivi d’un épisode de tremor volcanique jusqu’au 22 octobre. Un nuage de gaz et de cendres s’est élevé à environ 2 km au-dessus du sommet. Le Parque Nacional Cotopaxi a été fermé aux visiteurs en raison des émissions de gaz et de cendres. Rien n’annonçait cette éruption, que ce soit au niveau de l’activité sismique ou des données de déformation fournies par les satellites ou le GPS.
Le 22 octobre, les émissions de SO2 atteignaient 1 580 tonnes par jour à proximité du volcan. L’analyse des échantillons de cendres collectés par les scientifiques de l’IG a révélé qu’environ 22% étaient des matériaux juvéniles, indiquant une composante magmatique de l’éruption.
Le Parque Nacional Cotopaxi a rouvert le 26 octobre. La sismicité montrait des niveaux modérés ce même jour. Les émissions de gaz et de vapeur s’élevaient à 500 m au-dessus du cratère.
Source : Instituto Geofisico.

Episode éruptif sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit sur le Taal (Philippines). Les émissions de SO2 étaient en moyenne de 544 tonnes par jour le 27 octobre 2022. On a observé entre 2 à 16 petits événements phréatomagmatiques entre le 25 et le 29 octobre. Les panaches de cendres s’élèvent parfois jusqu’à 600 m d’altitude. Des séismes d’origine volcanique et des périodes de tremor sont encore enregistrés. Des remontées de gaz et de fluides chauds sont toujours observées dans le lac. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5), et il est rappelé au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source : PHIVOLCS.

Exemple d’éruption phréatomagmatique sur le Taal (Source: PHIVOLCS)

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon) où l’on observe une incandescence nocturne. Deux événements éruptifs et une explosion ont été enregistrés entre le 24 et le 28 octobre 2022. Des panaches de cendres s’élevaient jusqu’à 1,2 km au-dessus du cratère et de gros blocs étaient éjectés jusqu’à 1,3 km de la bouche éruptive. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et il est demandé à la population de rester à au moins 2 km du cratère.
Source : JMA.

Sakurajima et Kagoshima (Crédit photo: Wikipedia)

++++++++++

Le Mauna Loa (Hawaï) montre toujours des signes d’activité. Le réseau sismique détecte chaque jour des séismes de faible magnitude (inférieure à M 3) à 3-5 km sous la caldeira sommitale et à 1-8 km sous la partie supérieure du flanc nord-ouest du volcan. Les données GPS au sommet et sur les flancs montrent une inflation continue, mais les inclinomètres au sommet ne montrent pas de déformation de surface significative. Le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory (surveillance conseillée – niveau 2) et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2).
Source : HVO.
Les articles de presse ont tendance à faire croire qu’une éruption du Mauna Loa se produira à très court terme, mais le HVO affirme qu’un tel événement ne semble pas imminent.

Sommet du Mauna Loa (Crédit photo: HVO)

++++++++++

Dernière minute :

L’Instituto Geofisico (IG) de l’Équateur indique qu’une puissante éruption a commencé sur le Sangay vers 11h40 (UTC) le 4 novembre 2022. Un panache de cendres et de gaz s’est élevé jusqu’à 11,6 km au-dessus du niveau de la mer. Des coulées pyroclastiques ont été observées sur le flanc sud-est du volcan. Des retombées de cendres sont attendues principalement dans la province de Chimborazo.
Un niveau d’activité élevé avait été signalé sur le Sangay du 18 au 25 octobre 2022. Des anomalies thermiques quasi quotidiennes étaient identifiées sur les images satellites.

Source: IG.

L’éruption du 4 novembre vue depuis l’espace (Source: NOAA)

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

——————————————–

Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The new cone built by the last eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) will be called Piton Tikal. This is what the Cité du Volcan, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise and the Réunion National Park have just indicated. The last eruption of the volcano took place from September 19th to October 5th, 2022.
The name of Piton Tikal refers to the tales and legends of Reunion Island associated with Gran Mèr Kal. In these different « zistwar », reference is sometimes made to her son, under the name of Ti Kala or Tikal ». The new volcanic cone was built close to Piton Kala Pélé, with a relatively identical shape; this is why the name was chosen.
Source: Réunion la 1ère.

++++++++++

An observation flight of White Island (New Zealand) confirms that active vents behind the crater lake are continuing to emit a moderate steam and gas plume (see photo below). Periods of ash emission are rarely observed. The temperature of the gas and steam plume was measured at 145 ºC, down slightly from 165 ºC on October 5th. A gas observation flight on October 7th had measured a low discharge rate of SO2 at about 217 tonnes/day.

The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Colour Code is kept at Yellow,.

Source: GeoNet.

++++++++++

Sustained activity continues at Bezymianny (Kamchatka) after the strong explosive event of October 23rd – 24th, 2022. Intense fumarolic activity can be seen, as well as incandescence at the lava dome. Collapses from the dome produce avalanches of hot material. On October 26th, a huge ash cloud prompted KVERT to raise the Aviation Color Code to Orange the next day.

Source: KVERT.

++++++++++

Eruptive activity was still observed at Cotopaxi (Ecuador) during the past days. The eruption began with a high-frequency earthquake recorded on October 21st, 2022 and was followed by an episode of volcanic tremor until October 22nd. A gas-and-ash cloud rose about 2 km above the summit. Parque Nacional Cotopaxi was closed to visitors due to the emissions. There had been no notable precursory activity including anomalous seismic activity and deformation detected in satellite or GPS data to annouce the eruption.
On October 22nd, SO2 emissions reached 1,580 tons per day close to the volcano. Analysis of ash samples collected by IG scientists revealed that about 22 percent was juvenile material, indicating a magmatic component to the eruption.
Parque Nacional Cotopaxi reopened on October 26th. Seismicity was at moderate levels that same day. Gas-and-steam emissions were rising 500 m above the crater.
Source: Instituto Geofisico.

++++++++++

Eruptive activity continues at Taal (Philippines). SO2 emissions averaged 544 tonnes per day on October 27th, 2022. There were 2-16 daily small phreatomagmatic bursts between October 25th and 29th. Ash plumes sometimes rise as high as 600 m a.s.l. Volcanic earthquakes and periods of volcanic tremor are still recorded. Upwelling gasses and hot fluids ca still be seen in the lake. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and the public is reminded that the entire Taal Volcano Island was a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source: PHIVOLCS

++++++++++

Eruptive activity continues at Sakurajima‘s Minamidake Crater (Japan), with nighttime crater incandescence. Two eruptive events and one explosion were recorded between October 24th and 28th, 2022. Volcanic plumes rose as high as 1.2 km above the crater rim and large blocks were ejected as far as 1.3 km from the vent. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from the crater.

Source: JMA.

++++++++++

Mauna Loa (Hawaii) is still showing signs of unrest. The seismic network detects daily small-magnitude (below M 3) earthquakes 3-5 km beneath the summit caldera and 1-8 km beneath the upper NW flank of the volcano. Data from GPS instruments at the summit and flanks show continuing inflation, though data from tiltmeters at the summit do not show significant surface deformation. The Volcano Alert Level remains at Advisory (Level 2) and the Aviation Color Code remains at Yellow (Level 2).

Source: HVO.

Press reports tend to warn people that an eruption of Mauna Loa will occur in the very short term, but HVO says that an eruption does not seem to be imminent.

++++++++++

Ecuador’s Instituto Geofisico (IG)indicates that a powerful eruption started at Sangay at around 11:40 UTC on November 4th, 2022. An ash and gas plume rose up to 11.6 km above sea level. Pyroclastic flows were observed on the volcano’s southeast flank. Ashfall is expected mainly in the province of Chimborazo.

A high level of activity had been reported at Sangay from October 18th to 25th, 2022. Almost daily thermal anomalies were identified in satellite images.

Source: IG.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

La respiration du Kilauea (Hawaii) // The breathing of Kilauea Volcano (Hawaii)

Un article « Volcano Watch » écrit par les scientifiques du HVO est consacré au comportement de l’éruption du Kilauea à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u. Cette éruption sommitale dure depuis plus d’un an maintenant; elle a commencé le 29 septembre 2021. Elle a été assez régulière dans sa continuité, même si la lave a parfois cessé de s’écouler dans le cratère. À la fin de l’automne et à l’hiver 2021-2022, l’éruption s’est interrompue pendant des périodes allant de quelques heures à quelques jours. Ces pauses se sont généralement produites parallèlement à des événements de déflation-inflation (DI) dans le réservoir magmatique sommital. En regardant les inclinomètres, on avait l’impression que le volcan respirait, un comportement déjà observé dans le passé.
Au fur et à mesure que le sommet se dégonflait (phase de déflation), la surface du lac de lave actif s’abaissait jusqu’à une dizaine de mètres sous la lèvre de l’orifice. À ce stade, la surface du lac se couvrait d’une croûte, à l’exception d’une petite portion qui restait active près de la bouche éruptive à l’ouest. Au cours de chaque pause, on observait également une réduction significative des émissions de SO2, ce qui signifie que peu ou pas de magma remontait dans le conduit d’alimentation de la bouche éruptive.
Lorsque le sommet regonflait (phase d’inflation), la lave réapparaissait et remplissait lentement le lac de lave. Dans le sillage de nombreuses pauses, des débordements du lac ont été observés et la lave a recouvert une grande partie du plancher du cratère environnant. Des émissions de lave en bordure du fond du cratère étaient également fréquentes au moment des reprises de l’éruption. Ces événements ont entraîné un épaississement significatif de la croûte au fond du cratère.
Les scientifiques du HVO tentent de comprendre pourquoi de telles pauses d’activité se produisent épisodiquement. Les pauses étaient associées aux événements de déflation et d’inflation (DI events). Cependant, de nombreux autres événements DI ont été observés avant et après la période de pause de l’éruption au cours de l’automne et de l’hiver derniers. Il serait aussi intéressant de savoir pourquoi certains de ces événements DI ont stoppé l’éruption tandis que d’autres ne provoquaient que des fluctuations mineures de l’activité.
La dernière pause de l’éruption à ce jour s’est produite le 18 mars 2022, et depuis cette date il y a eu une émission de lave relativement continue. Le fond du cratère a également continué à se soulever en raison de la propagation de la lave du lac actif vers les zones sous la croûte. Cette injection de lave fait se soulever le fond du cratère, un peu comme le gonflement d’un matelas pneumatique.
L’activité éruptive au sommet de Kilauea s’est interrompue une nouvelle fois le 20 septembre 2022, lorsqu’un essaim sismique incluant plusieurs dizaines d’événements s’est produit sous l’Halema’uma’u. Dans le même temps, les inclinomètres ont signalé une inflation rapide dans la région sommitale. Les webcams ont montré un affaissement de plusieurs mètres de la partie centrale du plancher du cratère. Au même moment, des émissions de lave se sont produites le long des bordures du fond du cratère. La sismicité et l’épisode d’inflation ont rapidement diminué et ont été suivis du retour d’une activité stable du lac de lave.
Au début, les géologues de l’HVO ont pensé que le conduit d’alimentation de la bouche éruptive avait pu se briser, de sorte que la lave plus dense sous le fond du cratère avait pu s’infiltrer dans le conduit, provoquant son colmatage. Toutefois, les données géophysiques de cet événement analysées au cours des jours suivants ont raconté une histoire très différente. Selon les données InSAR, une zone dans la partie ouest du cratère de l’Halema’uma’u s’est soulevée de quelques centimètres vers le 20 septembre. La modélisation de la sismicité et de la déformation de cette zone par les scientifiques du HVO indique qu’un corps de magma – un sill – s’est probablement introduit horizontalement entre d’anciennes couches de lave sous le cratère.
Le fait que le sommet ait connu une inflation le 20 septembre, mais ne se soit jamais dégonflé avec l’apparition de nouvelles émissions de lave, est cohérent avec l’accumulation de magma quelque part sous terre. L’affaissement du fond du cratère laisse supposer qu’une partie de la lave a peut-être reflué dans le conduit et a alimenté le sill.

S’agissant de l’activité actuelle, la lave continue d’être émise par une bouche dans la partie ouest de l’Halema’uma’u. Les émissions de SO2 restent élevées et atteignent environ 1 800 tonnes par jour. La sismicité est élevée mais stable, avec la persistance d’un tremor volcanique. Les inclinomètres au sommet montrent de temps en temps des épisodes déflation/inflation (DI).
Source : USGS/HVO.

 ——————————————–

A « Volcano Watch » article written HVO scientists is dedicated to the behaviour of the eruption within Kilauea’s Halema’uma’u Crater. This summit eruption has lasted for more than one year now, as it started on September 29th, 2021. It has been quite continuous, although there have been numerous occasions when lava was no longer flowing within the crater.

During the late autumn and winter of 2021–2022, the eruption paused for periods lasting from hours to days. These pauses typically occurred in conjunction with deflation-inflation (DI) events in the summit magma reservoir, as revealed by the tiltmeters in the region. This gave the impression the volcano was breathing, a behaviour already observed in the past.

As the summit deflated the surface of the active lava lake would drop, eventually settling about 10 meters below the rim of the surrounding levees. At this point the lava would crust over, except for a small active pond near the western eruptive vent. During each pause there was also a substantial reduction in SO2 emissions, suggesting that little to no magma was rising in the shallow conduit below the eruptive vent.

When the summit reinflated to a critical point, lava would flow from this pond and slowly refill the lava lake. Surges of lava followed many of the pauses and often caused overflows from the lake onto large sections of the surrounding crater floor. Breakouts of lava from around the circumference of the crater floor were also common during eruption restarts. These events were responsible for significantly thickening the crust making up the crater floor.

HVO scientists are trying to understand why such pauses in activity episodically occur. Lately, the pauses were clearly associated with DI events. However, many other DI events occurred both before and after the period of pauses last autumn and winter. It remains curious why some of these DI events shut down the eruption while others cause only minor fluctuations in activity.

The last pause to date occurred on March 18th, 2022, and since then there has been a relatively continuous lava effusion. The crater floor has also continued to rise due to lava spreading from the active lake to areas beneath the crust. This “endogenous” injection of lava lifts the crater floor, like the inflation of an air mattress.

The eruptive activity at Kilauea summit was disrupted one more time on September 20th, 2022, when a swarm of several dozen earthquakes occurred below Halemaʻumaʻu. Simultaneously, tiltmeters measured rapid inflation in the summit region. Webcams recorded the higher central part of the crater floor dropping by several meters. At the same time breakouts occurred along the lower margins of the crater floor. The earthquakes and inflationary tilt soon decreased, followed by the return of steady activity within the lava lake.

Initial observations suggested that the conduit to the eruptive vent may have experienced a structural failure, allowing dense lava below the crater floor to infiltrate the conduit, causing it to clog. Geophysical data from this event and the following days tell a very different story. InSAR data from satellites show that an area around the west side of Halemaʻumaʻu Crater uplifted by a couple centimeters around September 20th. Modeling of the seismicity and deformation by HVO scientists indicates that a horizontal body of magma – a sill – may have been intruded between old layers of lava below the crater.

The fact that the summit inflated on September 20th, but never deflated in association with the new lava breakouts, is consistent with the accumulation of magma somewhere below ground. The drop of the crater floor suggests that some lava may have drained back down the conduit to form part of the sill as well.

As far as the current activity is concerned, lava continues to erupt from the western vent within Halemaʻumaʻu Crater. SO2 emissions remain elevated at about 1,800 tonnes per day. Seismicity is elevated but stable, with ongoing volcanic tremor. Summit tiltmeters occasionally show deflation-inflation (DI) events.

Source: USGS / HVO.

Vue du cratère de l’Halema’uma’u le 12 octobre 2022 avec, dans la partie centrale de l’image, le lac de lave actif (Crédit photo: HVO)