L’avenir incertain des stations de ski

Il y a quelques jours, on transportait la neige par camions à Gérardmer (Vosges) pour donner l’illusion que la saison de ski n’était pas fichue. En décembre 2019, je signalais que dans la station Montclar Les 2 Vallées (Alpes du Sud), on héliportait – à coups de milliers d’euros – la neige des sommets vers le bas du domaine où le manteau neigeux n’avait pas résisté au redoux. L’enneigement a pourtant été précoce et abondant au début de l’hiver, mais comme souvent ces dernières années, le mercure a ensuite dégringolé dans le thermomètre.

Le changement climatique est plus brutal dans les Alpes qu’ailleurs en France. Selon la revue Arctic, Antarctic, and Alpine Research, depuis la fin du 19ème siècle, on observe une augmentation moyenne des températures de 2°C. La hausse est de 2,8°C en hiver et de 1,5°C en été. De plus, on a observé dans les Alpes suisses entre 1970 et 2015 que la couverture neigeuse a été amputée de 8,9 jours par décennie à une altitude comprise entre 1139 et 2540 mètres.

Alors que commencent les vacances de février, les stations de ski sont exposées à cette fonte de la neige et bon nombre d’entre elles ont déjà fermé leurs portes par manque de poudreuse. Selon les dernières statistiques, 169 stations ont cessé leurs activités depuis 1951. Il y a eu une première volée de fermetures entre 1986 et 1990, à cause d’une succession d’hivers sans neige. Au début, les fermetures ont concerné des domaines skiables équipés de deux ou trois remontées mécaniques, mais depuis les années 2000, des stations mieux équipées ont cessé leurs activités.

Sur les 169 fermetures, 45% ont été causées par le manque d’enneigement. Les autres raisons sont la concurrence économique entre les stations, la mauvaise gestion financière ou les changements de pratiques sociétales. En particulier, la population skieuse française est vieillissante. Par manque d’argent, beaucoup de jeunes n’ont plus les moyens de s’offrir ce luxe. Ils représentaient 20% de la clientèle des stations en 1995, contre 14% aujourd’hui. Selon l’Observatoire des domaines skiables de France, la fréquentation globale des stations stagne depuis 2008.

En France, le pic du nombre de stations en service a été atteint au début des années 1990, avec plus de 500 domaines skiables en activité. C’est alors que le lent déclin s’est amorcé, même si recensait encore 414 stations en 2018, année funeste avec cinq fermetures.

Ce sont logiquement les massifs de moyenne montagne, davantage touchés par le recul de l’enneigement à cause de leur basse altitude, qui enregistrent le plus de fermetures de domaines. Ainsi, dans le Massif Central, le nombre de stations a chuté de 40 en 1985 à 18 en 2019. La situation est la même dans le Jura, les Vosges et à un degré moindre les Pyrénées. Les stations des Alpes en plus haute altitude sont mieux protégées même si elles comptent aussi des victimes. De 350 en 1990, elles sont passées à moins de 300 aujourd’hui. Dans les Alpes du Nord, une station comme Sixt-Fer-à-Cheval n’a pas résisté. On peut aussi citer la station Saint-Honoré 1500, au sud de Grenoble. Malgré ces difficultés, la France se classe au troisième rang mondial en nombre de journées-skieurs par an, derrière les États-Unis et l’Autriche.

Face à l’accentuation du réchauffement climatique, il faudra que les domaines skiables s’adaptent, par exemple en multipliant les canons à neige au bord des pistes, à condition que le réchauffement climatique ne s’accélère pas comme il le fait aujourd’hui.. Cette solution provisoire est fortement critiquée par les écologistes car les réserves collinaires en altitude retiennent une eau qui n’atteindra jamais les vallées.

Les stations de ski de moyenne montagne, comme celle de Villars-de-Lans rachetée par l’ex-basketteur Tony Parker dans le Vercors, seront de plus en plus menacées et les canons à neige seront inopérants pendant des périodes de plus en plus longues. Il faut donc s’attendre à de nouvelles fermetures de stations de ski, avec leur cortège de difficultés car l’économie locale dépend directement ou indirectement des revenus du ski.

Adapté d’un article paru sur le site slate.fr.

En Auvergne, les canons à neige sauvent ce qu’ils peuvent. La météo n’est guère favorable aux chutes de neige dans les prochains jours.

Kilauea (Hawaii): Fermetures, brouillard volcanique et arrestations // Closures, vog and arrests

La majeure partie du Parc National des volcans d’Hawaï reste fermée en raison de l’activité volcanique, de la cendre et de la sismicité. On ne sait pas quand le parc rouvrira, ce qui a des répercussions importantes sur le tourisme et sur le commerce local. Les dégâts causés par la cendre et les séismes sont visibles dans tout le Parc. La cendre recouvre les tables de pique-nique, les routes et les terrasses d’observation. La cendre entraîne parfois une mauvaise visibilité sur la Highway 11, ce qui génère des conditions de conduite dangereuses. Des centaines de séismes peu profonds sous le sommet du Kilauea ont endommagé au moins trois bâtiments dans le Parc ; des fractures se sont ouvertes sur les routes du Parc et des conduites d’eau se sont rompues. Le 3 juin, un séisme de M 5,5 a secoué la zone sommitale, provoquant des fractures dans la terrasse d’observation du Jaggar Museum. Au cours du dernier week-end, le HVO a enregistré plus de 500 secousses sur une période de 24 heures.
Un survol la semaine dernière a révélé que l’ancien site d’éruption dans la cratère de l’’Halema’uma’u est obstrué par des roches et d’autres matériaux volcaniques. La superficie de la bouche est passée d’environ 48 000 mètres carrés à plus de 400 000 mètres carrés en mai, à la suite des explosions et des effondrements.

Le vog – acronyme de « volcanic fog », brouillard volcanique – continue de couvrir périodiquement la partie ouest de la Grande Ile. Lorsque le brouillard envahit la région, la qualité de l’air devient malsaine, en particulier pour les personnes fragiles, les personnes âgées, les enfants et les personnes ayant des problèmes respiratoires.
La visibilité à l’aéroport international Ellison Onizuka de Kona peut être réduite à 5 ou 6 kilomètres, mais les vols n’ont pas été perturbés.
En raison de la mauvaise qualité de l’air à Kona et de la situation dans le district de Puna, les navires de croisière comme le Pride of America ont annulé leurs escales à Hilo et à Kona, ce qui affecte sérieusement le commerce local.

Le 2 juin, les agents en charge de la sécurité pour le Département des terres et des ressources naturelles (DLNR) ont verbalisé huit autres personnes qui avaient pénétré dans une zone sinistrée et interdite d’accès. Cela porte à 18 le nombre de verbalissations distribuées au cours de la semaine écoulée à des personnes qui avaient contourné les points de contrôle et étaient entrées dans des zones dangereuses.
La police a également verbalisé dimanche matin plusieurs personnes qui ont été secourues par voie aérienne. Ces personnes ont, elles aussi, été verbalisées pour avoir refusé de quitter une zone sinistrée comme l’obligeait un décret officiel. .
Le refus de respecter une interdiction d’accès à une zone interdite est un délit passible de 30 jours de prison, mais les peines peuvent être plus lourdes si on pénètre dans une zone sinistrée. La police explique que la plupart des personnes arrêtées utilisaient des routes balisées à l’aide de cônes ou carrément barrées, mais qui étaient maintenues ouvertes au cas où les habitants auraient été obligés de partir.
Source: Journaux hawaïens.

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Most of Hawaii Volcanoes National Park remains closed due to increased volcanic activity, resulting ashfall and earthquakes.It is not known when the park will reopen, which has wide reaching impacts on tourism and, by extension, local businesses. Ash and earthquake damage are visible throughout the Park. Layers volcanic ash coat picnic tables, roads and overlooks and ash has caused poor visibility on Highway 11, creating dangerous driving conditions at times. Hundreds of shallow earthquakes beneath the summit of Kilauea have damaged at least three park buildings, fractured park roads and snapped water lines. On June 3rd, an M 5.5 earthquake rattled the summit area, cracking the overlook deck at Jaggar Museum. Over the last weekend, HVO reported more than 500 earthquakes in a 24-hour period.

An overflight last week revealed that the former eruption site within Halema‘uma‘u appears to be plugged with rock and other volcanic debris. The vent expanded from about 48,000 square metres to more than 400,000 square metres in May, following the ongoing explosions and collapses.

Vog – the acronym for volcanic fog – continue to periodically blanket West Hawaii. When the fog invades the region, air quality is considered unhealthy, especially for “sensitive groups,” or the elderly, children and those with breathing problems.

Visibility at Ellison Onizuka Kona International Airport may be reduced to 5 or 6 kilometres, but flight operations were not disrupted.

Because of the poor air quality in Kona and the situation in the Puna District, cruise ships like Pride of America have cancelled their calls in both Hilo and Kona, which severely affects local businesses.

Enforcement officers of the Department of Land and Natural Resources (DLNR) cited an additional eight people on June 2nd for loitering in a disaster area. That brings to 18 the number of citations issued during the past week to people for bypassing checkpoints and entering dangerous areas.

The police also issued citations on Sunday morning to several people who were being rescued by air. They also were cited for loitering and refusing to vacate a disaster area.

Citations for loitering are petty misdemeanours punishable by 30 days in jail, but the penalties can be greater for loitering in a disaster area. Officers say many of those cited are using back roads that have been coned or barricaded, but need to remain open in case local residents need to evacuate.

Source: Hawaiian newspapers.

La superbe vue de l’Overlook Crater depuis la terrasse du Jaggar Museum n’est plus qu’un lointain souvenir (Photo: C. Grandpey)

Les effets du “shutdown” sur les Parcs Nationaux à Hawaii // The effects of the U.S. government shutdown on Hawaiian National Parks

Comme cela s’est déjà produit en 2013, le Congrès n’est pas parvenu à voter le budget  des Etats-Unis et les administrations américaines se retrouvent partiellement fermées car le gouvernement est dans l’incapacité de les payer. C’est le fameux « shutdown » qui entraîne la mise au chômage technique des fonctionnaires qui ne sont pas essentiels, et la paralysie des agences fédérales.

Le « shutdown » entraîne la fermeture de la plus grande partie du Parc National des Volcans d’Hawaï pour des raisons de sécurité publique. La porte-parole du Parc a déclaré que «l’activité volcanique représente un risque important pour la sécurité des visiteurs en l’absence du personnel du National Park Service.» Ainsi, sont fermées au public : la totalité du sommet du Kilauea, la Crater Rim Drive, la Chain of Craters Road et la coulée de lave active à l’intérieur des limites du Parc. Les zones qui restent ouvertes sont: la route 11 (Highway 11) à travers le Parc et la Mauna Loa Road jusqu’à Kipukapuaulu, la Kipukapuaulu Trail, la zone des Tree Molds. La Kau Desert Trail est ouverte jusqu’aux Footprints. Les restrictions d’accès peuvent changer sans préavis. Les permis de randonnée dans l’arrière-pays ne seront pas délivrés et le camping de nuit est interdit. Les clients de la Volcano House et du Kilauea Military Camp doivent partir avant lundi matin. La galerie du Volcano Art Centre est fermée.
À Maui, le Parc National de l’Haleakala a fermé tous ses centres d’accueil et ses toilettes, mais les sentiers restent ouverts pendant le « shutdown ». La partie sommitale du Parc sera fermée tous les jours de 3h à 7h et restera ouverte le reste du temps. Cependant, les toilettes et autres installations au sommet seront fermées. Les visiteurs qui ont des permis de camping pour les cabines à l’intérieur du Parc pourront demander un remboursement lorsque le « shutdown » sera terminé.
Source: Journaux hawaïens.

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As already happened in 2013, the Congress failed to vote the US budget and the US administrations are now partially closed because the government is unable to pay them. This is the famous « shutdown » that results in the furlough of non-essential civil servants, and federal agencies are paralyzed.

The federal government’s shutdown has caused most of Hawaii Volcanoes National Park to close for public safety. The Park spokeswoman said that “the hazards associated with the active volcano pose a significant risk to the safety of visitors in the absence of National Park Service staff.” Closed are the entire summit area of Kilauea, Crater Rim Drive, Chain of Craters Road and the active lava flow within the park boundary. Areas that remain open are: Highway 11 through the park and Mauna Loa Road to Kipukapuaulu, along with Kipukapuaulu Trail and the tree molds. Kau Desert Trail is open to the Footprints exhibit shelter. Access may change without notice, and there are no NPS-provided services. Backcountry permits will not be issued and overnight camping is prohibited.

Guests at Volcano House and Kilauea Military Camp must leave by Monday morning, and the Volcano Art Center Gallery is closed.

On Maui, Haleakala National Park closed all its visitor centers and restrooms, but is keeping its trails open during the government shutdown. The park’s summit district will be closed from 3 to 7 a.m. daily and remain open at other times. The restrooms and other summit facilities, however, will be closed. Those with camping permits for the backcountry cabins should make other plans and seek a refund after the government reopens.

Source : Hawaiian newspapers.

Les sentiers de l’Haleakala restent ouverts mais le Visitor Center est fermé (Photo: C. Grandpey)