2026, l’année des éboulements dans les Alpes

La France adore les records en tous genres : températures extrêmes, nombres de jours de canicules, nombre d’hectares brûlés, nombre de noyés, nombre de morts en EHPAD, etc. Aujourd’hui, c’est le massif du Mont Blanc qui décroche le pompon en matière d’éboulements. L’année 2026 est en effet un record , tant dans la fréquence des éboulements que dans la quantité de roches qui se sont détachées des montagnes. 450 écroulements ont été recensés jusqu’à présent dans le massif du Mont-Blanc, contre 300 en 2022, année du précédent record. C’est à la fois impressionnant et très inquiétant. Il y a 10 ou 20 ans, quelques dizaines d’éboulements seulement étaient enregistrés.

De tels effondrements sont bien sûr dus au réchauffement climatique et aux fortes températures enregistrées sur le massif alpin. Je ne parlerai pas de « large majorité » comme le fait le CNRS, mais de « quasi totalité » pour désigner le nombre d’effondrements causés par la hausse des températures. À plusieurs reprises cet été, l’isotherme 0°C est monté à plus de 5000 mètres d’altitude. Dans de telles conditions, le permafrost de roche qui assure la stabilité des parois dégèle et tout s’écroule.

Le 5 août 2026, un important éboulement a été observé sur la face sud du Cervin, côté italien, générant une impressionnante avalanche de poussière.

Crédit photo : presse régionale

Le 12 août, un événement semblable a été observé sur le versant de l’Aiguille du Midi à Chamonix. Le téléphérique que l’on aperçoit sur les images de l’événement diffusées sur les réseaux sociaux, n’a, heureusement, pas été impacté par l’effondrement.

Les glaciers contribuent eux aussi à ce phénomène. Dans un état normal, ils exercent des pressions stabilisatrices sur leur encaissant, mais lorsqu’ils fondent et perdent de l’épaisseur, les parois se décompriment, ce qui peut causer des éboulements.

Il y a quelques années, en Nouvelle Zélande, les éboulements dans l’encaissant du glacier Fox, l’un des plus imposants du pays, ont entraîné une interdiction des randonnées dans la vallée glaciaire.

La perte rapide d’épaisseur de tels glaciers est visible car la nature n’a pas le temps de reprendre ces droits, comme ci-dessous sur la glacier d’Aletsch en Suisse.

Photos: C. Grandpey

Les scientifiques avertissent que les éboulements vont se poursuivre dans les prochaines semaines et même en automne. En effet, l’énorme quantité de chaleur qui s’est accumulée à l’intérieur de la roche pendant l’été 2026 va continuer à y pénétrer jusqu’en novembre, décembre, voire jusqu’en janvier. Le géomorphologue Ludovic Ravanel explique que les plus gros éboulements auront lieu cet automne, mais ils devraient être moins fréquents.

Il est bien évident que la déstabilisation des parois rocheuses est un risque pour les alpinistes. Plusieurs d’entre eux ont péri dans les Alpes depuis le début de la saison estivale. J’ai signalé plusieurs accidents sur ce blog. Ainsi, le 13 juin, deux alpinistes d’une trentaine d’années ont été emportés sur près de 300 mètres par une chute de pierres sur l’arête Kuffner du Mont Maudit. Le même jour, côté italien du massif, un skieur-alpiniste de 56 ans a trouvé la mort après le déclenchement d’une plaque de neige sur l’éperon de la Brenva, vers 4 100 mètres d’altitude.

J’ai aussi expliqué (voir ma note du 12 août) que les refuges de Tête Rousse et du Goûter avaient été fermés afin de dissuader les alpinistes d’emprunter ces voies d’accès au sommet du Mont Blanc car elles étaient jugées trop dangereuses à cause des éboulements. Ce n’est pas pour rien que le couloir du Goûter a été surnommé le « couloir de la mort ».

Couloir du Goûter (Crédit photo: presse régionale)

Le réchauffement climatique en montagne est également un problème pour les infrastructures, les refuges et les remontées mécaniques. Plusieurs refuges ont été fermés par sécurité ces dernières années.

Comme je l’ai écrit précédemment, plusieurs courses en haute montagne décrites en 1973 par le guide Gaston Rébuffat sont aujourd’hui impossibles.

Problèmes en vue dans les parcs nationaux aux États Unis cet été // Trouble ahead in U.S. National Parks this summer

Si je peux vous donner un conseil d’ami, c’est de ne pas vous rendre dans les parcs nationaux aux États Unis cet été, au risque de vous retrouver confrontés à un sacré bazar.

Avec Donald Trump à la Maison Blanche, dans ce qui a été appelé le Massacre de la Saint Valentin, quelque 2 000 employés qui venaient d’être récemment embauchés ont été licenciés du jour au lendemain dans le Service des Eaux et Forêts et 1 000 autre emplois ont été supprimés dans le Service des Parcs Nationaux. Cette décision, qui fait partie d’une politique plus large visant à réduire la bureaucratie et les dépenses fédérales, a laissé les fonctionnaires fédéraux perplexes et inquiets quant à l’avenir de la gestion des terres publiques.

Avec la réduction de leurs effectifs, les rangers expliquent que cette réduction du nombre d’employés entraînera inévitablement de longues files d’attente à l’entrée des parcs, des toilettes sales et des conditions de visite potentiellement dangereuses pour les randonneurs et les campeurs pendant la haute saison touristique.
A la suite des manifestations et de la menace d’innombrables poursuites judiciaires, l’administration Trump a rétabli les emplois d’une cinquantaine d’employés du Service des parcs nationaux et embauché près de 3 000 travailleurs saisonniers supplémentaires, mais le compte n’y est pas.
Les avocats et les groupes de défense des droits affirment que ces licenciements à grande échelle sont une erreur et une menace pour la sécurité publique. Un parc du Colorado a d’ores et déjà annoncé sur les réseaux sociaux qu’il fermerait ses portes deux jours par semaine en raison d’un manque de personnel.
Des travailleurs saisonniers sont régulièrement recrutés pendant les mois d’été, quand l’affluence est à son maximum, pour venir en aide à plus de 325 millions de visiteurs qui affluent chaque année dans les 433 parcs, sites historiques et autres attractions du pays. Les réductions de personnel vont laisser des centaines de parcs nationaux – y compris certains des plus connus et des plus fréquentés – en sous-effectif et confrontés à des décisions difficiles concernant les heures d’ouverture, la sécurité publique et la protection des ressources. J’imagine facilement la cohue dans le Parc National de Yellowstone, déjà surfréquenté en temps normal, pour lequel on parlait de quotas de visiteurs ces dernières années. Ces quotas sont déjà en vigueur dans le Parc National des Arches.

Il faut s’attendre à une très longue attente pour visiter Yellowstone cet été ((photo: C. Grandpey)

Le Parc national de Saguaro, à Tucson (Arizona), a annoncé la fermeture de ses deux centres d’accueil le lundi à partir du 24 février. Au Parc national de Yosemite, les responsables ont annoncé qu’ils suspendaient les réservations pour 577 emplacements de camping cet été. Les visiteurs d’autres parcs constatent également des problèmes de personnel, notamment au Parc national du Grand Canyon, où les mesures de la Maison Blanche réduisent considérablement les effectifs des postes d’entrée, ce qui entraîne de longues files de véhicules qui vont s’aggraver avec la saison touristique qui approche.

Jour de fermeture au Visitor Center du Pac de cactus de Saguaro (Photo: C. Grandpey)

Des offres d’emploi à des milliers de travailleurs saisonniers ont été annulées ces derniers jours, et tous ne seront pas réembauchés. Certains employés permanents qui ont été licenciés travaillaient dans les ressources humaines et auraient été impliqués dans l’embauche et la formation des employés saisonniers. Comme l’a dit un ranger : « Les parcs nationaux sont quelque chose que tous les Américains chérissent, et les personnes qui prennent les décisions sont déconnectées de la réalité. » Un discours que j’ai déjà entendu quelque part…

Source : presse outre-atlantique.

Longues files d’attente à prévoir également pour visiter le Grand Canyon (Photo: C. Grandpey)

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Take this piece of advice from me : avoid visiting Amerivcan National Parks this summer ! If you cross the Atlantic, you may be confronted with a huge mess.

With Donlad Trump at the White House, in what has been dubbed the Valentine’s Day Massacre, around 2,000 recently hired employees were fired at the U.S. Forest Service and an additional 1,000 jobs were slashed at the National Park Service. The decision, which is part of a broader push to cut federal bureaucracy and spending, have left federal workers bewildered and worried about the future of public lands. As their ranks diminish, park rangers say fewer employees could mean long entry lines, dirty bathrooms and potentially unsafe conditions for hikers and campers during the busy tourist season.

Following the protests and the threat of countless lawsuits, the Trump administration is restoring jobs forabout 50 National Park Service employees and hiring nearly 3,000 additional seasonal workers, but this won’t be sufficient.

Lawmakers and advocacy groups have criticized the widespread layoffs as unnecessary and a threat to public safety. A Colorado park announced on social media that it will close two days a week due to “lack of staffing.”

Seasonal workers are routinely added during warm-weather months to serve more than 325 million visitors who descend on the nation’s 433 parks, historic sites and other attractions yearly. Park advocates say the permanent staff cuts will leave hundreds of national parks — including some of the most well-known and most heavily visited sites — understaffed and facing tough decisions about operating hours, public safety and resource protection. I can easily imagine the crush in Yellowstone National Park, where there has been talk of visitor quotas in recent years. Similar quotas have already been enforced in Arches National Park. Saguaro National Park in Tucson (Arizona) announced that it was closing its two visitors centers on Mondays starting February 24th. At Yosemite National Park, officials announced they are halting reservations for 577 camping spots this summer. Visitors to other parks are also noting staffing problems, including at Grand Canyon National Park, where the White House measures cut deeply into the employees who staff the entrance stations, leading to long lines of vehicles that will get much worse with the coling tourist season. .

Job offers to thousands of seasonal workers were rescinded in recent days, and not all of them will be rehired. Some permanent employees who were laid off were in human resources and would have been involved in hiring and training seasonal employees. Said one ranger :“National parks are something that all Americans cherish, and the people making the decisions are disconnected from that reality.” These are words I’ve heard somewhere before…

Source: overseas press.

Conséquences des incendies à Los Angeles // Consequences of the wildfires in Los Angeles

Les conséquences des incendies qui ont ravagé Los Angeles continuent d’affecter la région. D’innombrables structures ont été détruites, le bilan humain est toujours en hausse et de nombreuses personnes qui ont tout perdu tentent de survivre à la catastrophe.
Les récentes pluies torrentielles qui se sont abattues sur le sud de la Californie ont certes aidé les pompiers dans leurs efforts pour éteindre les dernières braises, mais elles ont également entraîné des eaux de ruissellement toxiques dans l’océan. Les services sanitaires du comté de Los Angeles ont émis un bulletin d’alerte :
« En raison des pluies récentes et de la présence de plus en plus grande de débris d’incendie le long des eaux océaniques, il a été décidé de fermer ces eaux océaniques entre Las Flores State Beach et Santa Monica State Beach. Les eaux de ruissellement, les débris d’incendie et les polluants dans l’eau et sur le sable peuvent contenir des produits chimiques toxiques ou cancérigènes. […]
La fermeture restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Les utilisateurs de la plage sont priés d’éviter tout contact avec l’eau et le sable. »
Comme le savent la plupart des surfeurs, surfer après une pluie peut entraîner de sévères problèmes sanitaires. Si l’on ajoute à cela les produits chimiques utilisés pour lutter contre l’incendie et les débris laissés par les incendies, on obtient un cocktail toxique.

Source : presse californienne.

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The fallout from the devastating fires in Los Angeles continue in the region with untold structures lost, a still rising death toll, and scores of people attempting to outlive the disaster

The recent hravy rainfall across Southern California helped firefighters in their efforts to extinguish the lingering embers, but also funneled toxic runoff into the ocean. The County of Los Angeles Department of Public Health issued an advisory:

“Due to recent rainfall and the increase in fire debris along these ocean waters, an Ocean Water Closure has been declared for Las Flores State Beach to Santa Monica State Beach. Fire debris runoff and pollutants in the water and on the sand may contain toxic or carcinogenic chemicals. […]

The closure will remain in effect until further notice. Beach users are cautioned to avoid water and sand contact.”

As most surfers know, surfing after a rain can lead to some nasty infections. But when you add in the chemicals used to fight the fire, and the debris from the wreckage, that’s one toxic cocktail.

Source : Californian news media.

Nouvelle éruption du Ruang (Indonésie) et hausse de la sismicité sur le Kilauea (Hawaii) // New eruption of Ruang (Indonesia) and increase in seismicity at Kilauea (Hawaii)

Une nouvelle puissante éruption a débuté sur le Ruang (Îles Sangihe / Indonésie) dans la soirée du 29 avril 2024, avec une colonne de cendres qui s’est élevée à environ 19,2 km d’altitude. Les autorités ont relevé le niveau d’alerte à 4 (le maximum) et la couleur de l’alerte aérienne au Rouge. Cette éruption survient seulement 2 semaines après un événement similaire le 16 avril.
L’éruption s’est caractérisée par une impressionnante émission de lave incandescente. Elle a été rendue encore plus spectaculaire par la présence d’éclairs dans le panache de cendres.
Parallèlement, une importante pluie de pierres et de graviers a été observée sur une zone plus vaste que lors de la précédente éruption du 16 avril. La situation s’est ensuite stabilisée.
Pour des raisons de sécurité, le réseau électrique de l’île de Tagulandang a été désactivé. En outre, la mauvaise qualité des signaux de télécommunications a posé des problèmes à la coordination des communications sur le terrain, compliquant ainsi la prise de mesures efficaces.
L’aéroport Sam Ratulangi de Manado restera fermé au moins jusqu’à midi le 1er mai.
Il est fortement conseillé aux habitants proches du Ruang, y compris les touristes, de rester vigilants et d’éviter d’entrer dans les zones situées dans un rayon de 6 km autour du cratère actif. Il est également recommandé à ces personnes de porter des masques pour se protéger des cendres volcaniques. Pour les habitants de l’île de Tagulandang située dans ce rayon de 6 km, une évacuation immédiate s’impose, avec déplacement vers des zones plus sûres.
Source : PVMBG, Darwin VAAC, médias d’information internationaux.

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Le Kīlauea (Grande Île d’Hawaï) n’est pas en éruption mais une hausse significative de la sismicité (environ 360 séismes superficiels au cours des dernières 24 heures, avec des magnitudes M 1,0 – M 3,0) a incité le Parc National des Volcans d’Hawaï à fermer certaines zones qui pourraient mettre les visiteurs et le personnel en danger si le volcan entre en éruption. Les fermetures concernent également la Chain of Craters Road à partir de l’intersection de Crater Rim Drive.
Selon le HVO, il n’est pas possible à l’heure actuelle de savoir si cette augmentation de l’activité sismique entraînera une éruption dans un avenir proche ou si elle restera confinée sous terre. Cependant, le nombre croissant d’essaims sismiques conduit à penser qu’une éruption dans la région sommitale du Kīlauea ou sous l’Upper East Rift Zone est une possibilité.
La hausse de la sismicité n’a pas eu d’impact sur le trafic routier ou sur les infrastructures au sommet du volcan. De nombreuses zones populaires du Parc restent ouvertes. Les visiteurs sont toutefois invités à planifier à consulter le site web du parc pour connaître les fermetures éventuelles ou les alertes de danger.
Source : Parc national des volcans d’Hawaii.

Hausse de la sismicité mais pas d’éruption pour le moment sur le Kilauea (Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u

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Another powerful eruption started at Ruang volcano (Sangihe Islands / Indonesia) in the evening of April 29th, 2024, with an ash column that rose to about 19.2 km above sea level. Authorities raised the Alert Level to 4 (the maximum) and the Aviation Color Code to Red. This powerful eruption comes just 2 weeks after a similar eruption on April 16th.

The eruption was characterized by the impressive emission of incandescent lava. This dramatic display was further enhanced by the presence of volcanic lightning in the ash plume.

Concurrently, a significant shower of stones and gravel was observed over a broader area than during the previous eruption on April 16th. The situation later stabilized.

For safety reasons, the electricity network on Tagulandang Island has been deactivated. Additionally, the weakening of telecommunications signals posed challenges for effective coordination and communication in the field, complicating response efforts.

Manado’s Sam Ratulangi airport was closed at least until noon on May 1st.

Residents near Volcano Ruang, including tourists and visitors, are strongly advised to stay vigilant and avoid entering areas within a 6 km radius from the center of the active crater. They are also encouraged to wear masks to shield themselves from volcanic ash. For the inhabitants of Tagulandang Island located within this 6 km radius, immediate evacuation is imperative. They should relocate to safer areas to ensure their safety.

Source : PVMBG, Darwin VAAC, international news media.

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Kīlauea (Hawaii Big Island) is not erupting but a significant increase in seismicity (about 360 shallow earthquakes in the last 24 hours, with magnitudes M 1.0 – M 3.0) has prompted Hawaiʻi Volcanoes National Park to close some areas that could put visitors and staff at risk if the volcano erupts. Closures also concern the Chain of Craters Road from the intersection at Crater Rim Drive.

According to HVO, it is not possible at this time to know if this increase in activity will lead to an eruption in the near future or simply remain confined below ground. However, the gradual strengthening of seismic swarms suggests that an eruption in the summit region of Kīlauea or beneath the upper East Rift Zone is one potential outcome.

The increased seismicity has not impacted traffic safety or infrastructure projects at the summit. Many popular areas in the park remain open. Park visitors are urged to plan ahead and check the park website for any closure or hazard alerts.

Source : Hawaiʻi Volcanoes National Park.