Si une éruption se produisait sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)… // Should an eruption start on the Reykjanes Peninsula (Iceland)…

Comme je l’ai écrit précédemment, je me pose un certain nombre de questions devant la situation sur la Péninsule de Reykjanes. La sismicité est intense avec des essaims à répétition depuis le 21 janvier 2020. Cette sismicité s’accompagne d’une inflation qui atteint une dizaine de centimètres. Habituellement, ces paramètres sont le signe d’une intrusion magmatique et indiquent qu’une éruption va se produire à brève échéance. Or, pour le moment, la lave n’est pas apparue à la surface.
Si une éruption devait se produire, ce serait sans aucun doute le début de sérieuses perturbations pour la partie sud-ouest de l’Islande où se trouve la Péninsule de Reykjanes. En se penchant sur le passé volcanique de la région, les scientifiques islandais ont découvert que la dernière période d’activité volcanique sur la Péninsule a commencé au 10ème siècle et s’est poursuivie jusqu’au 13ème. Contrairement à la plupart des volcans islandais qui ont tendance à se réveiller pendant quelques mois ou quelques années puis à se rendormir, lorsque cette région entre en éruption, elle semble rester active pendant 300 ans, avec des épisodes éruptifs irréguliers qui peuvent durer plusieurs décennies. De longues fissures peuvent s’ouvrir et atteindre 8 km de longueur et donner naissance à des fontaines de lave, mais généralement sans grandes quantités de cendre et sans activité explosive.
Si une telle activité devait se mettre en route sur la Péninsule de Reykjanes, elle pourrait perturber les activités économiques pendant plusieurs siècles. Il ne faut pas oublier que le site où la sismicité et l’inflation sont enregistrées actuellement se trouve à proximité de la ville de Grindavík et du Blue Lagoon qui est un important pôle touristique en Islande. De plus, ce site n’est qu’à 15 kilomètres de l’aéroport international de Keflavik. Si une telle série d’éruptions se produisait aujourd’hui, on estime que les pistes de l’aéroport seraient recouvertes de 2 centimètres de cendre, ce qui interromprait temporairement tous les vols.
Les archives géologiques montrent que la région recèle cinq systèmes volcaniques, qui semblent s’activer de manière coordonnée environ tous les 1000 ans, même si la notion de cycle n’a jamais été clairement prouvée en volcanologie.
Les documents historiques révèlent que les émissions de lave les plus récentes se sont produites entre 1210 et 1240 et ont couvert environ 50 kilomètres carrés. Au moins six éruptions distinctes se sont produites, chacune durant des semaines ou des mois. Elles ont été entrecoupées de périodes calmes avec parfois 12 ans sans activité. Les particules de cendre ont été transportées par le vent sur des dizaines de kilomètres. Des sources écrites signalent des problèmes pour le bétail dans la région.
Selon l’Icelandic Met Office, le pire des scénarios serait que des coulées de lave se dirigent vers la ville de Grindavík. Il existe également d’autres infrastructures importantes dans la région, notamment une centrale géothermique. L’approvisionnement en eau chaude et froide pourrait être menacé, ainsi que les routes, en particulier la route entre Reykjavík et l’aéroport de Keflavík.
Les autorités ont averti la population locale que le risque d’éruption ne devait pas être exclu dans la Péninsule de Reykjanes. En conséquence, les Islandais doivent être vigilants. Dans la mesure où les éruptions devraient être de faible ampleur et espacées dans le temps, elles seront plus faciles à gérer que les volumineuses émissions de lave comme l’éruption du Laki de 1783.

Source: Adapté d’un article de The Guardian.

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As I put it before, I am a little puzzled by the situation on the Reykjanes Peninsula. Seismicity has been intense with repetitive earthquake swarms since January 21st, 2020. This seismicity has been accompanied by an inflation that is now reaching about 10 centimetres. Usually, such parameters are an indication of a magma intrusion and that an eruption will occur in the short term. However, for the moment, no lava has emerged to the surface.

Should an eruption occur, it might be the start of major disturbances for the southwest part of Iceland where the Reykjanes Peninsula is located. Looking back into the past, local scientists have discovered that the last period of volcanic activity on the Peninsula began in the 10th century and continued until the 13th. Unlike typical Icelandic volcanoes, which tend to wake for a few years and then calm down, when this region starts erupting, it appears to be active over 300 years, producing irregular eruptive episodes that can last a few decades. Long fissures extend up to 8km, producing lava fountains, usually without large amounts of ash or explosive activity.

If a similar period activity started on the Reykjanes Peninsula, it could cause disruption for centuries to come. One should bear in mind that the places where the current seismicity and inflation are recorded is situated close to the town of Grindavík and the popular Blue Lagoon tourist attraction. Moreover, it is only15 kilometres from Iceland’s international airport in Keflavik. If such a series of eruptions occurred today, it is estimated that runways at Keflavík airport could be coated in 2 centimetres of ash, temporarily halting all flights.

Geological evidence shows the area is fed by five volcanic systems, which seem to come to life in a coordinated way roughly every 1,000 years, even though the notion of cycle has never been clearly proved in volcanology..

Historic records tell us that the most recent emissions of lava occurred between 1210 and 1240 and covered about 50 square kilometres of land. At least six separate eruptions occurred, each lasting weeks to months, interspersed with gaps of up to 12 years with no activity. Volcanic rock and ash particles were carried tens of kilometres by the wind and written sources report problems for livestock in the area.

According to the Icelandic Met Office, the worst-case scenario would be if lava flowed towards the town of Grindavík. There is also other important infrastructure in the vicinity including a geothermal power plant. Hot and cold water supply might be at risk, along with roads, including the road between Reykjavík and Keflavík airport.

Local authorities have warned the local population that the risk of an eruption should not be excluded on the Reykjanes Peninsula. As a consequence, Icelanders will be keeping a close eye on the peninsula. Because the eruptions are likely to be relatively small and occasional they will be easier to cope with than massive and sudden emissions of lava like the 1783 Laki eruption.

Source : Adapted from an article in The Guardian.

Centrale géothermique de Svartsengi et Lagon Bleu (Photos: C. Grandpey)

L’intrusion magmatique sous la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The magma intrusion beneath the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la géologie savent que l’Islande se trouve dans une zone d’accrétion, autrement dit sur un point de l’écorce terrestre où les plaques tectoniques Eurasiatique et Américaine s’écartent l’une de l’autre à raison de quelques centimètres chaque année. Cette situation géologique particulière induit une sismicité relativement élevée, mais les derniers événements observés sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, interpellent les scientifiques. Ils se demandent quelle peut être la cause de l’activité sismique intense et ils se posent une foule de question. Est-elle d’origine purement tectonique ? Pourquoi observe-t-on un soulèvement du sol ? S’agit-il d’une intrusion, magmatique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éruption ? Comme il n’y a ni morts, ni dégâts matériels majeurs, les médias ne s’intéressent pas à l’Islande en ce moment. L’épidémie de COVID-19 a accaparé tous les regards. Pourtant, la situation sur la Péninsule de Reykjanes est fort intéressante.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises ces dernières semaines, la sismicité est toujours intense dans la Péninsule de Reykjanes. Plus de 6 000 événements ont été enregistrés depuis le début de l’année 2020. J’ai indiqué que, selon l’Icelandic Met Office (IMO), il s’agit de l’activité la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Cette sismicité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes.
Outre l’activité sismique intense, les mesures GPS confirment qu’une intrusion magmatique a eu lieu dans la partie ouest de la Péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell, entre la mi-février et la première semaine de mars. Une modélisation situe l’intrusion à une profondeur de 8 à 13 km, probablement dans la partie inférieure de la croûte terrestre, à une plus grande profondeur que les deux intrusions magmatiques observées au niveau du Mt Thorbjörn.
Lors du premier épisode d’inflation en janvier-février, la déformation atteignait environ 3 à 4 mm par jour avec un soulèvement total de 6 cm pendant toute la période.
Dans l’épisode d’inflation actuel, la déformation semble beaucoup plus lente. Elle a atteint environ 7 à 8 cm depuis la fin janvier.
Le Conseil consultatif scientifique – Scientific Advisory Board (SAB) – islandais estime que l’explication la plus probable de l’inflation est une intrusion magmatique au cours de laquelle le magma force le passage horizontalement. Cette intrusion provoque une forte sismicité dans la zone au nord de Grindavík. Une modélisation montre que des fractures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte, à 1 ou 2 km de profondeur, en raison des contraintes générées par l’intrusion proprement dite. Cette situation est susceptible de générer de nouveaux épisodes de sismicité dans la région.
Le 28 mars 2020, un essaim sismique a été enregistré à Eldey, ce qui prouve que l’activité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes qui se trouvent en limite dee plaques tectoniques mentionnées précédemment. Il convient de noter que les systèmes volcaniques d’Eldey, Reykjanes, Svartsengi et Krýsuvík se trouvent à cheval sur ces limites de plaques. Le SAB estime qu’il est essentiel de surveiller l’activité en cours dans la Péninsule de Reykjanes dans son ensemble et non par secteur, et de comparer cette activité avec des événements plus anciens dans la région. On pourra ainsi essayer de comprendre la cause des phénomènes actuels et tenter de prévoir l’évolution possible de la situation.
Sources: OMI, SAB, The Watchers.

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Those who are interested in geology know that Iceland is in an accretion zone, a spot of the Earth’s crust where the Eurasian and American tectonic plates move away from one another at the rate of a few centimeters each year. This particular geological situation induces a relatively high seismicity, but the latest events observed on the Reykjanes Peninsula, in the southwest of the country, call out to scientists. They wonder what may be the cause of the intense seismic activity and they ask themselves a lot of questions. Is it of purely tectonic origin? Why do we observe an uplift from the ground? Is this a magma intrusion? Why is there no eruption? As there are no deaths or major material damage, the media is not interested in Iceland at this time. The COVID-19 epidemic has taken everyone’s attention. However, the situation on the Reykjanes Peninsula is very interesting.

As I put it several times before, seismicity is still intense at the Reykjanes Peninsula. More than 6 000 events have been recorded since the beginning of 2020. I have explained that, according to the Icelandic Met Office (IMO), it is the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991. It is affecting all volcanic systems in the Reykjanes Peninsula and Reykjanes Ridge

Beside the intense seismic activity, GPS measurements give evidence of a new magma intrusion west of the Reykjanes Peninsula under Rauðhólar and Sýrfell, from mid-February until the first week of March.  A model places the intrusion at a depth of about 8 – 13 km, which is probably at the bottom of the Earth’s crust, at considerably more depth than the two magma intrusions at Thorbjörn.

During the first inflation episode in January-February, the deformation rate was about 3 – 4 mm per day with a total of 6 cm uplift during the whole period.

In the inflation episode that is ongoing now, the deformation rate looks much slower. In total, it has been about 7 – 8 cm since the end of January.

The Icelandic Scientific Advisory Board (SAB) believes that the most likely explanation of the inflation is a magma intrusion, with magma forcing its way horizontally. The magma intrusion causes a considerable amount of earthquakes in the area north of Grindavík. A model of the ongoing magma intrusion shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1 – 2 km, because of the stress induced by the uplift itself. This might lead to more earthquakes in the area.

On March 28th, 2020, an earthquake swarm occurred in Eldey, indicating that the activity is affecting all volcanic systems in the peninsula and the ridge.The Reykjanes Peninsula and the Reykjanes Ridge are composed of plate boundaries. It should be noted that the Eldey, Reykjanes, Svartsengi and Krýsuvík volcanic systems lie right across the boundaries. The SAB believes that it is extremely important to monitor and investigate the ongoing activity in the Reykjanes Peninsula as a whole, and compare this activity with older events in the area to try to decipher the reasons and identify possible developments.

Sources: IMO, SAB, The Watchers.

L’activité sismique en 2020 sur le Péninsule de Reykjanes (Source: The Watchers)

On observe également plusieurs sites hydrothermaux sur la péninsule (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde :

Des notes spéciales seront dédiées à l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion).

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Les données sismiques, infrasonores et satellitaires des deux dernières semaines n’ont montré aucun signe d’activité éruptive sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). Un épais panache de vapeur et un lac de cratère ont été observés sur les images satellites, mais aucun dépôt de cendre récent n’a été détecté. Bien que l’activité sismique reste supérieure à la normale, on ne semble pas se diriger vers une éruption à court terme. C’est pourquoi l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique çà « Advisory » (Surveillance conseillée). L’activité explosive est susceptible de reprendre sans prévenir.

Source: AVO.

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Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité est restée élevée ces derniers jours dans la Péninsule de Reykjanes (Islande). L’IMO explique que c’est la crise sismique la plus intense jamais enregistrée dans cette partie de l’Islande depuis le début de la surveillance numérique en 1991. La sismicité s’est concentrée dans trois secteurs principaux : Eldey, Reykjanes-Svartsengi et Krýsuvík. Une inflation a persisté dans la région du Mt Thorbjorn où elle atteint environ 70 à 80 mm depuis le début du phénomène. Cependant, la récente déformation du sol est inférieure à celle de janvier et février. Il semble que le dernier épisode d’inflation ait été causé par une deuxième intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 4 km, dans une zone à l’ouest du Mt Thorbjorn, proche du lieu où a été détectée l’intrusion au début de l’année.
Source: OMI.

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Le Semeru (Indonésie) reste bien actif. Des matériaux incandescents sont éjectés à une vingtaine de mètres au-dessus du cratère. Des blocs incandescents se détachent des fronts de coulées de lave et dévalent jusqu’à 200-750 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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La lave continue de s’échapper du cratère principal du Karangetang (Indonésie) et parcourt 1,8 km dans trois ravines sur les flancs SO et O du volcan. L’incandescence des deux cratères sommitaux est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Un épisode éruptif sur le Merapi (Indonésie) a été décrit sur ce blog le 27 mars 2020.

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J’ai décrit l’activation du Stromboli (Sicile) dans deux notes publiées les 29 et 31 mars 2020. Au vu des images de la webcam INGV, il semble que l’activité effusive le long de la Sciara del Fuoco soit en déclin, mais de fortes explosions stromboliennes peuvent encore se produire au sommet du volcan.

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L’activité du Yasur (Vanuatu) est soutenue ces jours-ci, avec des émissions de cendres et / ou de gaz. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0-4). La populations et les visiteurs sont priés de se tenir à l’écart de la zone d’exclusion permanente de 395 mètres de rayon.  Source: GeoHazards.

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Here is some news about volcanic activity around the world:

Special posts will be dedicated to the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

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Seismic, infrasound, and satellite data over the past two weeks have shown no signs of eruptive activity at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska). A robust steam plume and a crater lake have been seen in satellite images, but no recent ash deposits. Although seismic activity remains above background level, it does not appear to be increasing towards an eruption in the short-term. Thus, AVO has lowered the aviation colour code to Yellow and the volcano alert level to Advisory. Explosive activity could resume with little or no warning.

Source: AVO.

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As I put it before, seismicity has been elevated in the past days on the Reykjanes Peninsula (Iceland). IMO explains this period of unrest was the largest seismic crisis ever recorded in this part of the country since digital monitoring started in 1991.The seismicity occurred across three main volcanic systems: Eldey, Reykjanes-Svartsengi, and Krýsuvík. Uplift continued to be detected in the Thorbjorn area, totalling about 70-80 mm. However, the deformation rate was lower than in January and February. It looks as if the recent inflation was caused by a second magmatic intrusion at a depth of 3-4 km in an area W of Thorbjorn, close to the intrusion that occurred at the beginning of the year.

Source: IMO.

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Semeru (Indonesia) is quite active. Incandescent material is ejected 20 m above the crater. Incandescent material detaching from lava flow fronts descends 200-750 m from the crater. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside the 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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Lava continues to effuse from Karangetang’s Main Crater (Indonesia) and travels as far as 1.8 km down three drainages on the SW and W flanks. Incandescence from both summit craters is visible at night. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: CVGHM.

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An eruptive episode on Mt Merapi (Indonesia) was described on this blog on March 27th, 2020.

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I described the activity at Stromboli (Sicily) in two posts released on March 29th and 31st. Judging from the INGV webcam images, it seems effusive activity along the Sciara del Fuoco is decreasing, but powerful strombolian events may still occur at the summit of the volcano.

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Activity at Yasur (Vanuatu) is elevated these days, with ash and/or gas emissions. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-4). Residents and visitors are askes to keep out of the 395-m-radius permanent exclusion zone.

Source: GeoHazards.

L’éruption du Piton de la Fournaise le 2 avril 2020

(Crédit photo: SAG/PGHM)

Péninsule de Reykjanes : Pétera ou pétera pas ? // Reykjanes Peninsula : Eruption or no eruption ?

Selon un rapport publié par l’Icelandic Met Office (IMO) le 19 mars 2020, les dernières analyses montrent que l’inflation a recommencé dans le secteur du Mont Thorbjorn sur la péninsule de Reykjanes. Le soulèvement du sol est plus lent qu’en janvier, mais semble se situer au même endroit. Les dernières données montrent que depuis début mars le soulèvement est d’environ 20 mm. La cause la plus probable est une nouvelle accumulation de magma sous la surface.

Dans le même temps, l’essaim sismique continue près de Grindavik, juste au sud du Mont. Thorbjorn. Le 19 mars, l’OMI a enregistré plus de 400 événements dans la région, avec des magnitudes maximales de M 3,3 et M 3,2, à environ 3 km au NO de Grindavik.
Les scientifiques précisent que, bien qu’il y ait des signes montrant que l’inflation a recommencé, cela ne signifie pas que l’on assistera à une accélération des événements dans le secteur du Mt Thorbjorn, ni qu’une éruption va se produire à court terme. Un scientifique de l’IMO a déclaré: « On sait que l’accumulation de magma peut avoir lieu pendant une longue période, des mois, voire des années, sans entraîner une éruption. »
La situation dans la péninsule de Reykjanes confirme que notre capacité à interpréter les signaux géophysiques et à prévoir les éruptions est encore bien faible.
Source: IMO.

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According to a report released by the Icelandic Met Office (IMO) on March 19th, 2020, the latest results of deformation around Mt. Thorbjorn volcano on the Reykjanes peninsula indicate that inflation in the area has started again. The uplift is slower than in January but seems to be in the same location.  The most recent data show that since the beginning of March the uplift is about 20 mm. The most likely explanation for the signal is that inflow of magma started again.

Meanwhile, the earthquake swarm near Grindavik, just south of Mt. Thorbjorn, is continuing. On March 19th, IMO detected over 400 earthquakes in the area, with the strongest reaching M 3.3 and M 3.2, some 3 km NW of Grindavik.

Local scientists indicate that although there are signs that the uplift has started again, it does not mean that the events at Thorbjorn are accelerating, nor that an eruption will begin any time soon. Said an IMO scientist: « It is known that magma accumulation can take place for a long time, months, even years, without resulting in a volcanic eruption. »

The situation on the Reykjanes Peninsula confirms that our ability to interpret geophysical signals and predict an eruption is still quite low.

Source: IMO.

L’image montre la vitesse de déformation moyenne au niveau des stations GPS autour du Mt Thorbjörn et Reykjanesstá depuis le 3 mars 2020. «THOB» au centre de l’image montre l’emplacement de la station au sommet du Mont. Thorbjörn. Les flèches rouges indiquent la vitesse de déplacement vertical et les bleues la vitesse horizontale. La flèche bleue en bas de l’image indique, à titre de référence, une vitesse correspondant à 100 mm / an (soit environ 1 mm par jour). La figure montre que toutes les stations autour du Mt Thorbjörn s’éloignent à partir d’un point commun. On peut voir que le magma se dirige vers le haut et s’accumule dans la croûte supérieure, à environ 4 km de profondeur. (Source : IMO)