L’agonie des glaciers islandais // The slow death of Icelandic glaciers

En raison du réchauffement climatique anthropique, les glaciers fondent à une vitesse incroyable en Islande. Une plaque commémorative en lettres d’or a été inaugurée le 18 août 2019 en mémoire du glacier Okjökull qui avait été déclaré mort quelques semaines auparavant. Les glaciologues indiquent maintenant que c’est au tour de la calotte glaciaire du Drangajökull – dans les West Fjords – d’être menacée de disparition dans les 30 prochaines années.
Les auteurs d’une nouvelle étude qui vient d’être publiée dans les Geophysical Research Letters ont utilisé des bactéries et des algues préservées dans les sédiments lacustres pour reconstruire l’évolution des températures au cours des 10 000 dernières années. Il s’agit d’une période de l’histoire de la Terre pendant laquelle les températures étaient comparables à celles prévues pour la fin du siècle. Les chercheurs des universités d’Islande et du Colorado ont ensuite utilisé ces données pour tester les informations et les modèles existants à propos du climat et des glaciers de l’Islande. Ces informations, ainsi que des simulations climatiques régionales, leur ont permis de prévoir la disparition future de la calotte glaciaire de Drangajökull. Ils ont constaté que si les températures continuaient d’augmenter, le glacier pourrait disparaître d’ici 2050.
Le Drangajökull est le glacier le plus septentrional d’Islande et le seul du pays situé à moins de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Contrairement à d’autres calottes glaciaires en Islande, la taille du Drangajökull est restée relativement stable ces dernières années, même si des études antérieures avaient prévu sa disparition au cours des 50 prochaines années. La nouvelle étude fournit des informations supplémentaires permettant de mieux prévoir comment la calotte glaciaire pourrait être affectée par la hausse des températures.
Comprendre l’avenir des glaciers islandais est essentiel pour la sécurité énergétique du pays. En effet, les barrages hydroélectriques sur les rivières alimentées par les glaciers fournissent environ 73% de l’électricité islandaise.
Vous pourrez télécharger l’étude en cliquant sur ce lien
https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019GL085728

Source : Iceland Monitor.

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Because of human-caused global warming, glaciers are melting at an incredible speed in Iceland. A commemorative plaque in gold letters was inaugurated on August 18th, 2019in memeory of Okjökull which had been declared dead a few weeks before. Glaciologists indicate now that the Drangajökull ice cap in the West Fjords of Iceland could disappear in the next 30 years.

The authors of a new study just published in the journal Geophysical Research Letters used bacteria and algae preserved in lake sediments to reconstruct temperature changes over the last 10,000 years, a period in Earth’s history when temperatures were comparable to those expected by the end of the century. The researchers from the universities of Iceland and Colorado then used this temperature reconstruction to test existing information and models of Iceland’s past climate and glaciers. This information, along with regional climate simulations, allowed them to forecast the future disappearance of the Drangajökull ice cap. They found that as temperatures continue to rise, the glacier could vanish by 2050.

Drangajökull is Iceland’s northernmost glacier and the only one in the country located below 1,000 metres above sea level. Unlike other ice caps in Iceland, Drangajökull’s size has remained relatively stable in recent years, despite previous studies having projected the ice cap’s loss within the next 50 years. The new study provides additional information to help project how the ice cap could be affected by rising temperatures.

Understanding the future of Iceland’s glaciers is critical for the country’s energy security, as hydroelectric dams on glacier-fed rivers provide about 73 percent of Iceland’s electricity.

You can download the study by clicking on this link :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019GL085728

Source : Iceland Monitor.

 Localisation du glacier extraite de l’étude mentionnée ci-dessus

Que diable s’est il passé sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? // What on earth happened on the Reykjanes Peninsula (Iceland)?

Je jette quotidiennement un coup d’oeil sur la sismicité dans la Péninsule de Reykjanes et j’ai observé une diminution du nombre et de l’intensité des événements au cours des derniers jours. Le Bureau islandais de météorologie (IMO) confirme ces observations, bien que de petits séismes soient encore enregistrés. L’inflation a également ralenti. Elle a atteint environ 5 cm depuis le 21 janvier 2020, date du début de la crise.
L’IMO pense que l’explication la plus probable de l’inflation et de l’activité sismique est une intrusion magmatique à 3 -5 km de profondeur à l’ouest du Mont Thorbjorn et il se pourrait que cette activité s’arrête sans qu’il y ait une éruption.
À la fin du mois de janvier 2020 (voir ma note du 31 janvier), des spécialistes du Met Office avaient indiqué qu’il n’y avait aucun signe de magma qui se serait accumulé près de la surface dans le secteur de Grindavík. C’était le résultat de mesures de gaz effectuées près du Mont Þorbjörn. En outre, l’analyse d’échantillons d’eau montrait le même résultat. La surveillance de la zone par l’IMO avait en outre révélé que l’inflation près du Mt Þorbjörn avait considérablement ralenti.
En conclusion, il semble bien que personne ne sache exactement ce qui s’est réellement passé sur la Péninsule de Reykjanes au cours des dernières semaines!

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 I have a daily look at seismicity on the Reykjanes Peninsula and I have observed a decrease in the number and intensity of events during the past days. The Icelandivc Mat Office confirms these observations, although small earthquakes are still being detected. The ground uplift has also slowed down. It has about 5 cm since January 21st, 2020 when the crisis started.

IMO thinks that the most likely explanation of the inflation and seismic activity is a magmatic intrusion 3 to 5 km deep just west of Mount Thorbjorn. IMO also believes that this activity will stop without an eruption..

By the end of January, specialists from the Icelandic Met Office had informed that there was no indication of magma having accumulated near the surface of the earth in the vicinity of Grindavík. It was the result of gas measurements done near Þorbjörn mountain. Beside, the analysis of water samples showed the same result. Monitoring of the area by the Icelandic Met Office furthermore revealed that inflation near Þorbjörn mountain had slowed down considerably.

As a conclusion, it seems nobody knows exactly what has really happened in th Reykjanes Peninsula during the past weeks!

Source: IMO

Les fous de Bassan victimes de la sismicité à Reykjanes? // Will the seismicity at Reykjanes affect gannets?

En Islande, Eldey est un îlot rocheux situé à environ 16 km au sud-ouest de la Péninsule de Reykjanes. Il a une superficie d’environ 3 hectares et une hauteur maximale de 77 mètres. D’un point de vue géologique, il est intéressant de constater qu’il se trouve sur la dorsale de Reykjanes qui a connu une forte activité sismique ces dernières semaines.

Les scientifiques islandais viennent de se rendre compte qu’une fracture présente depuis longtemps sur Eldey s’est élargie d’environ 3 cm depuis les dernières mesures effectuées il y a un an.

L’Agence islandaise de l’environnement a sollicité une réunion avec l’Icelandic Met Office et l’Institut islandais d’histoire naturelle pour discuter des mesures à prendre. La fracture se trouve du côté nord-ouest de l’île, face à la Péninsule de Reykjanes.

Eldey est une réserve naturelle. En 2015, lorsque des équipements ont été installés, la fracture mesurait 59,8 cm de large et ne s’était pas agrandie jusqu’en 2019. Le 30 janvier 2020, elle mesurait 62,7 cm.
L’île héberge la plus grande colonie de fous de Bassan d’Islande. Environ 30 000 couples se reproduisent en Islande, dont 16 000 à Eldey. On peut voir les oiseaux sur le site web eldey.is (gannetlive.com), qui propose en direct des images des lieux de nidification.
L’Agence pour l’environnement va examiner la situation de plus près. En effet, si une partie de Eldey tombait dans la mer, des centaines de nids de fous de Bassan disparaîtraient. L’île ne pourra pas être visitée avant octobre 2020, lorsque la saison de nidification sera terminée. L’Agence souhaiterait que l’Icelandic Met Office installe un équipement de mesure automatique sur l’île, afin de pouvoir suivre l’évolution de la fracture.
Source: Iceland Monitor.

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 A crevice on Eldey (Iceland) – a rock island about 16 km southwest of the Reykjanes Peninsula – has widened by about 3 cm since it was last measured a year ago. Eldey – which covers about 3 hectares and is 77 metres high – is located on the Reykjanes ridge, which saw a great deal of seismic activity in recent weeks.

The Environment Agency of Iceland, which has no explanation why this has occurred, has requested a meeting with the Icelandic Met Office and the Icelandic Institute of Natural History, to discuss what measures need to be taken in response to the news.

The crevice is on the northwest side of the island, the side that faces the peninsula. The island is a nature reserve. In 2015, when equipment was installed to measure the crevice at its centre, it was 59.8 cm-wide and had not widened until 2019. On January 30th, 2020, it measured 62.7 cm.

The island is by far the largest gannet colony in Iceland and among the largest ones in the Atlantic. About 30,000 pairs of gannets breed in Iceland, 16,000 of them on Eldey. The birds can be seen the website eldey.is (gannetlive.com), which streams live from the gannet nesting grounds on the island.

The Environment Agency is going to look into the situation more closely. Should part of the rock tumble into the sea, hundreds of gannet nests will disappear.The island cannot be visited for further measurements until October 2020, when the nesting season is over. The Agency would like the Icelandic Met Office to install automatic measuring equipment on the island, so that new developments can be monitored.

Source: Iceland Monitor.

Vue de Eldey (Crédit photo: Wikipedia)

Fous de Bassan sur l’île Rouzic, l’une des Sept-Iles en Bretagne (Photos: C. Grandpey)

Ça tremble et ça gonfle sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and uplifting on Reykjanes Peninsula (Iceland)

L’activité sismique se poursuit aux environs de Grindavík, sur la Péninsule de Reykjanes, comme le montre la carte de l’IMO ci-dessous.
Depuis le 21 janvier 2020, plus de 1 000 événements sismiques ont été enregistrés dans la région, dont 700 le week-end dernier. La plupart se situent sur une ligne SO / NE à environ 2 km au nord-est de Grindavík.
La plus forte secousse s’est produite le 31 janvier au soir, avec une magnitude de M 4,3. Deux autres secousses d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrés le 2 février.
Les dernières données GPS montrent que l’inflation à l’ouest du Mt Þorbjörn continue. Elle atteint désormais plus de 4 cm depuis le 20 janvier. Les scientifiques de l’IMO pensent qu’avec l’inflation en cours, il faut s’attendre à la poursuite de l’activité sismique. Selon le Bureau, l’explication la plus probable de l’inflation et de la sismicité est une intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 9 km, juste à l’ouest du Mt Þorbjörn. Il y a de fortes chances pour que l’activité sismique cesse sans que l’on observe une éruption.
Source: Icelandic Met Office.

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Seismic activity continues in the vicinity of Grindavík, on the Reykjanes peninsula, as can be seen on the IMO map below.

Since January 21st, 2020, over 1,000 earthquakes have been detected in the area, 700 of which occurred over last weekend. Most of them are located in a SW/NE line around 2 km northeast of Grindavík.

The largest earthquake occurred on January 31st in the evening, with a magnitude of M 4.3. Two other quakes with a magnitude above M 3.0 hit on February 2nd.

The latest GPS data show that the uplift west of Þorbjörn is still ongoing. It now amounts to more than 4 cm since January 20th. IMO scientists think that with the ongoing uplift more seismic activity is to be expected. According to the Office, the most likely explanation of the uplift and earthquake activity is that there is a magma intrusion at a depth of 3-9 km, just west of Mount Þorbjörn. Most likely, this activity will stop without any volcanism.

Source: Icelandic Met Office.

Source: IMO