Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité éruptive dans le monde

Un séisme de magnitude M 4,8 a été enregistré la partie nord-est de la caldeira du Bárðarbunga (Islande), sous la calotte glaciaire du Vatnajökull, le 20 avril 2020 à 3 h 54 ce matin. L’événement a été suivi de plusieurs répliques. Aucune activité volcanique n’a été détectée. Une secousse de magnitude M 4,5 avait déjà été enregistrée dans ce secteur le 5 janvier de cette année.
L’activité sismique s’est bien calmée ces derniers jours sur  la Péninsule de Reykjanes. La région reste toutefois sous contrôle étroit. On se souvient que l’on a observé récemment une activité sismique intense accompagnée d’une inflation. Les scientifiques islandais pensent que le phénomène a été provoqué par trois intrusions magmatiques sur la Péninsule de Reykjanes. Il semble que deux d’entre elles aient eu lieu à une profondeur de 3 à 4 km, au nord-ouest du Mont Þorbjörn, tandis que la troisième se serait produite à une profondeur de 8 à 13 km, sous le Mont Sýrfell plus à l’ouest. Le conditionnel est de rigueur car ces intrusions n’ont jamais été vraiment démontrées.
Source : IMO.

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Au Pérou, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Orange sur l’Ubinas et le Sabancaya. L’IGP précise que l’activité éruptive se maintient à un niveau bas sur l’Ubinas et à un niveau modéré sur le Sabancaya où l’on observe toujours quelques phases explosives.

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Comme je l’ai indiqué précédemment, l’activité éruptive reste intense en ce moment sur le Stromboli (Sicile), sans toutefois être exceptionnelle. Dans son dernier bulletin hebdomadaire, le Laboratorio Geofisico Sperimentale fait état de fortes explosions stromboliennes, avec une quinzaine d’événements chaque heure, localisées principalement dans le Cratère NE, tandis qu’un dégazage continu est observé dans la zone cratèrique Centre / Sud-ouest. Les émissions de SO2 et de CO2 restent stables sur des valeurs faibles. On observe parfois des débordements de lave qui génèrent des effondrements sur la Sciara del Fuoco.    .

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L’Etna (Sicile) a connu un bref épisode éruptif le 19 avril 2020 au matin. La webcam thermique a montré un épisode de fontaine de lave et un panache de cendre issu de la zone sommitale du volcan. Dans le même temps, le tremor montrait une hausse soudaine. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge à 07:24 (GMT) et ramenée à l’Orange à 12:26. L’événement avait pour siège le secteur du cratère sud-est, dans la « selle » entre l’ancien et le nouveau cratère SE. L’INGV indique que le panache de cendre s’est élevé à environ 5 km au-dessus du niveau de la mer avant de dériver vers l’est. De petites retombées ont été signalées à Zafferana Etnea.

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L’OVSICORI indique qu’une puissance explosion hydrothermale a été observée sur le Rincon de la Vieja (Costa Rica) le 19 avril 2020 à 10h16 (heure locale). Le nuage de vapeur et de cendre est monté jusqu’à environ 1500 mètres au-dessus du cratère.  L’événement a duré environ une minute. Des telles éruptions hydrothermales se produisent périodiquement sur le Rincon de la Vieja. Elles projettent de l’eau et des sédiments sur les hautes pentes du volcan.

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En raison d’une hausse de la sismicité depuis quelques jours, la couleur de l’alerte aérienne a été portée au Jaune pour le Lokon-Empung (Indonésie). Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est rappelé aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 1,5 km.
Source: CVGHM.

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On observe toujours une belle activité éruptive sur le Semeru (Indonésie) avec la projection de matériaux incandescents au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors du rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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GeoNet indique qu’il n’y a eu aucun survol de White Island (Nouvelle-Zélande) au cours des trois dernières semaines. Les instruments sur l’île révèlent qu’il n’y a pas eu de changements significatifs dans les émissions de SO2, que la sismicité reste faible et que l’activité dans la zone des bouches actives semble ne pas avoir évolué depuis début mars. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Jaune. L’accès de l’île reste interdit aux touristes.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange pour le Klyuchevskoy et le Sheveluch et Jaune pour le Bezymianny. Elle reste Orange pour l’Ebeko dans les Kuriles du Nord
Source: KVERT.

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Here is some news of eruptive activity around the world

An M 4.8 earthquake was recorded in the northeast part of the Bárðarbunga caldera (Iceland), under the Vatnajökull ice cap, on April 20th, 2020 at 3:54 am. The event was followed by several aftershocks. No volcanic activity was detected. An M 4.5 earthquake had already been recorded in this area on January 5th of this year.
Seismic activity has decreased in recent days on the Reykjanes Peninsula. However, the region is still closely monitored. One should not forget that an intense seismic activity was recorded recently, accompanied by inflation. Icelandic scientists believe the phenomenon was caused by three magmatic intrusions on the Reykjanes Peninsula. Two of them seem to have taken place at a depth of 3 to 4 km, north-west of Mount Þorbjörn, while the third one probably occurred at a depth of 8 to 13 km, under Mount Sýrfell, further west. The conditional is essential because these intrusions have never been really demonstrated.
Source: IMO.

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In Peru, the volcanic alert level is kept at Orange on both Ubinas and Sabancaya. IGP specifies eruptive activity is at a low level on Ubinas and moderate on Sabancaya where there are still some explosive episodes.

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As I put it before, eruptive activity remains intense on Stromboli (Sicily), even if it is not exceptional. In its last weekly bulletin, the Laboratorio Geofisico Sperimentale reports strong strombolian explosions, with around fifteen events per hour, located mainly in the NE Crater, while continuous degassing is observed in the Central / Southwest crater area . SO2 and CO2 emissions remain stable at low values. There are sometimes lava overflows which generate block collapses on the Sciara del Fuoco. .

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Mt Etna (Sicily) went through a short eruptive episode on April 19th, 2020 in the morning. The thermal webcam showed an episode of lava fountain and an ash plume rising from the summit area of ​​the volcano. At the same time, the tremor showed a sudden increase. The aviation color code was raised to Red at 07:24 (GMT) and was lowered to Orange at 12:26. The event was located in the Southeast crater area, in the « saddle » between the old and the new SE crater. INGV reported that the ash plume rose approximately 5 km above sea level before drifting east. Minor ashfall was reported in Zafferana Etnea.

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OVSICORI informs us that a strong hydrothermal explosion took place at Rincon de la Vieja (Costa Rica) at 10:16 (local time) on April 19th, 2020. A steam and ash plume rose about 1500 m above the crater. The eruption lasted approximately 1 minute.

Hydrothermal explosions periodically occur at the volcano  They usually eject water and sediment onto the upper flanks of the volcano.

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Because of an increased number of volcanic earthquakes over a few days the Aviation Color Code was raised to Yellow for Lokon-Empung (Indonesia). The volcano Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Residents and tourists are reminded not to approach the crater within a radius of 1.5 km.

Source: CVGHM.

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Eruptive activity is still observed on Semeru (Indonesia) with incandescent material ejected above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside the 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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GeoNet indicates that there have been no overflights of White Island (New Zealand) during the past three weeks. The instruments on the island reveal there were no significant changes in SO2 emissions, that seismicity remains low, and that the active vents area appear unchanged since early March. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remains at Yellow. Tourist visits to the island are prohibited.

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In Kamchatka the Aviation Color Code is Orange for Klyuchevskoy and Sheveluch and Yellow for Bezymianny. It is Orange for Ebeko in the Northern Kuriles

Source: KVERT.

Il y a 10 ans, l’Eyjafjallajökull… // Ten years ago, Eyjafjallajökull…

Aujourd’hui, les avions sont cloués au sol à cause de la pandémie de COVID-19. Il y a dix ans à la même époque, ils ne pouvaient pas voler à cause d’une éruption volcanique. Elle s’est produite sous Eyjafjallajökull, un glacier qui recouvre un volcan – l’Eyjafjöl – dans le sud de l’Islande. Avant cela, le 20 mars; 2010, une activité éruptive avait commencé à proximité, dans le Fimmvörðuháls, entre les glaciers Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull. L’éruption sous l’Eyjafjallajökull s’est poursuivie jusqu’au 22 mai et a connu un succès planétaire.
Pendant des jours, tout le trafic aérien en Europe a été réduit à néant, avec des milliers de passagers en perdition. Après l’événement, des promesses ont été faites concernant le contrôle de la cendre dans le ciel afin d’éviter que se reproduise un tel chaos. Plusieurs expériences ont même été réalisées ; certains systèmes ‘renifleurs de cendre’ ont été testés sur certains avions, mais aujourd’hui la situation ne s’est guère améliorée et elle reste plus ou moins au point mort. Si une nouvelle éruption du même type que celle de 2010 se produit en Islande, le problème sera le même pour les compagnies aériennes. Lorsque le mont Agung est entré récemment en éruption sur l’île de Bali (Indonésie), le trafic aérien a été sévèrement perturbé par les nuages ​​de cendre vomis par le volcan. En particulier, de nombreux vols ont été annulés en provenance et à destination de l’Australie.
En 2014, au moment de l’éruption islandaise dans Holuhraun, je voyageais vers l’ouest des États-Unis à bord d’un Boeing de la British Airways et l’avion est passé à proximité des côtes islandaises. Je pouvais voir au loin la couche noirâtre de fumée causée par l’éruption. J’ai demandé au steward si le pilote savait qu’il y avait une éruption en cours en Islande. Quelques minutes plus tard, le pilote (ou copilote?) est venu me voir et m’a demandé ce qui se passait. Il avait vu le nuage sombre au loin mais ne savait pas qu’une éruption avait lieu en Islande. Il m’a également dit qu’il n’y avait pas de système de détection de cendre à bord de son aéronef.
L’activité éruptive de 2010 en Islande a certainement permis aux compagnies aériennes de comprendre comment la cendre volcanique se propage à haute altitude et comment elle affecte le trafic aérien, mais ça s’arrête là!
L’éruption de 2010 a profondément affecté le tourisme en Islande. L’année précédant l’éruption, le pays avait accueilli 500 000 touristes étrangers et, afin d’empêcher un déclin dans ce secteur, un projet baptisé Inspired by Iceland a été mis sur pied. Son objectif était de profiter de l’engouement que l’éruption avait suscité. Fin 2010, 488 000 touristes étrangers avaient voyagé en Islande. Les années qui ont suivi ont vu une explosion importante du tourisme. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a brutalement mis un frein à cette tendance.
Source: Islande Review.

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Today, planes are grounded because of the COVID-19 pandemic. Ten years ago they could not fly because of a volcanic eruption. It began in a crater under the ice cap of Eyjafjallajökull glacier, South Iceland. Prior to that, on March 20th; 2010, an eruption had begun in the nearby Fimmvörðuháls, between Eyjafjallajökull glacier and Mýrdalsjökull glacier. The eruption in Eyjafjallajökull continued until May 22nd, attracting world attention.

For days, all air traffic in Europe was cancelled, affecting passengers worldwide. After the event, promises were made about ash control in the sky in order to avoid a similar air traffic mess in the future. Some experiments were made, some systems were tested on some planes, but today the situation has not much improved. Should a new dirty eruption occur in Iceland, the problem will be the same for air companies. When Mount Agung recently erupted on the island of Bali (Indonesia), air traffic was severely disrupted by the ash clouds spewed by the volcano. In particular, many flights were cancelled to and from Australia.

In 2014, during another Icelandic eruption in Holuhraun, I was travelling to western USA with British Airways and the plane was flying close to Iceland. I could see in the distance a black layer of smoke caused by the eruption. I asked the steward if the pilot knew there was an eruption under way in this country. A few minutes later, the pilot (or co-pilot?) came to see me and asked me what was happening in Iceland. He had seen the dark layer in the distance but had not been warned about the eruption. He also told me that there was no ash detection system on board his plane.

The 2010 eruptive activity in Iceland certainly taught air companies about how volcanic ash spreads at high altitudes and how it impacts air traffic and modern society, but this is all!

The 2010 eruption affected tourism in Iceland in a major way. The year prior to the eruption, the country had received half a million foreign tourists, and in an effort to prevent a decline in that sector, a project called Inspired by Iceland was launched. Its aim was to take advantage of the attention the eruption had created. By the end of 2010, 488,000 foreign tourists had travelled to Iceland. The years that followed saw a major explosion in terms of tourist numbers. Unfortunately, the COVID-19 pandemic has suddenly stopped this tendency.

Source : Iceland Review.

Vue du nuage de cendre islandais en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

Si une éruption se produisait sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)… // Should an eruption start on the Reykjanes Peninsula (Iceland)…

Comme je l’ai écrit précédemment, je me pose un certain nombre de questions devant la situation sur la Péninsule de Reykjanes. La sismicité est intense avec des essaims à répétition depuis le 21 janvier 2020. Cette sismicité s’accompagne d’une inflation qui atteint une dizaine de centimètres. Habituellement, ces paramètres sont le signe d’une intrusion magmatique et indiquent qu’une éruption va se produire à brève échéance. Or, pour le moment, la lave n’est pas apparue à la surface.
Si une éruption devait se produire, ce serait sans aucun doute le début de sérieuses perturbations pour la partie sud-ouest de l’Islande où se trouve la Péninsule de Reykjanes. En se penchant sur le passé volcanique de la région, les scientifiques islandais ont découvert que la dernière période d’activité volcanique sur la Péninsule a commencé au 10ème siècle et s’est poursuivie jusqu’au 13ème. Contrairement à la plupart des volcans islandais qui ont tendance à se réveiller pendant quelques mois ou quelques années puis à se rendormir, lorsque cette région entre en éruption, elle semble rester active pendant 300 ans, avec des épisodes éruptifs irréguliers qui peuvent durer plusieurs décennies. De longues fissures peuvent s’ouvrir et atteindre 8 km de longueur et donner naissance à des fontaines de lave, mais généralement sans grandes quantités de cendre et sans activité explosive.
Si une telle activité devait se mettre en route sur la Péninsule de Reykjanes, elle pourrait perturber les activités économiques pendant plusieurs siècles. Il ne faut pas oublier que le site où la sismicité et l’inflation sont enregistrées actuellement se trouve à proximité de la ville de Grindavík et du Blue Lagoon qui est un important pôle touristique en Islande. De plus, ce site n’est qu’à 15 kilomètres de l’aéroport international de Keflavik. Si une telle série d’éruptions se produisait aujourd’hui, on estime que les pistes de l’aéroport seraient recouvertes de 2 centimètres de cendre, ce qui interromprait temporairement tous les vols.
Les archives géologiques montrent que la région recèle cinq systèmes volcaniques, qui semblent s’activer de manière coordonnée environ tous les 1000 ans, même si la notion de cycle n’a jamais été clairement prouvée en volcanologie.
Les documents historiques révèlent que les émissions de lave les plus récentes se sont produites entre 1210 et 1240 et ont couvert environ 50 kilomètres carrés. Au moins six éruptions distinctes se sont produites, chacune durant des semaines ou des mois. Elles ont été entrecoupées de périodes calmes avec parfois 12 ans sans activité. Les particules de cendre ont été transportées par le vent sur des dizaines de kilomètres. Des sources écrites signalent des problèmes pour le bétail dans la région.
Selon l’Icelandic Met Office, le pire des scénarios serait que des coulées de lave se dirigent vers la ville de Grindavík. Il existe également d’autres infrastructures importantes dans la région, notamment une centrale géothermique. L’approvisionnement en eau chaude et froide pourrait être menacé, ainsi que les routes, en particulier la route entre Reykjavík et l’aéroport de Keflavík.
Les autorités ont averti la population locale que le risque d’éruption ne devait pas être exclu dans la Péninsule de Reykjanes. En conséquence, les Islandais doivent être vigilants. Dans la mesure où les éruptions devraient être de faible ampleur et espacées dans le temps, elles seront plus faciles à gérer que les volumineuses émissions de lave comme l’éruption du Laki de 1783.

Source: Adapté d’un article de The Guardian.

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As I put it before, I am a little puzzled by the situation on the Reykjanes Peninsula. Seismicity has been intense with repetitive earthquake swarms since January 21st, 2020. This seismicity has been accompanied by an inflation that is now reaching about 10 centimetres. Usually, such parameters are an indication of a magma intrusion and that an eruption will occur in the short term. However, for the moment, no lava has emerged to the surface.

Should an eruption occur, it might be the start of major disturbances for the southwest part of Iceland where the Reykjanes Peninsula is located. Looking back into the past, local scientists have discovered that the last period of volcanic activity on the Peninsula began in the 10th century and continued until the 13th. Unlike typical Icelandic volcanoes, which tend to wake for a few years and then calm down, when this region starts erupting, it appears to be active over 300 years, producing irregular eruptive episodes that can last a few decades. Long fissures extend up to 8km, producing lava fountains, usually without large amounts of ash or explosive activity.

If a similar period activity started on the Reykjanes Peninsula, it could cause disruption for centuries to come. One should bear in mind that the places where the current seismicity and inflation are recorded is situated close to the town of Grindavík and the popular Blue Lagoon tourist attraction. Moreover, it is only15 kilometres from Iceland’s international airport in Keflavik. If such a series of eruptions occurred today, it is estimated that runways at Keflavík airport could be coated in 2 centimetres of ash, temporarily halting all flights.

Geological evidence shows the area is fed by five volcanic systems, which seem to come to life in a coordinated way roughly every 1,000 years, even though the notion of cycle has never been clearly proved in volcanology..

Historic records tell us that the most recent emissions of lava occurred between 1210 and 1240 and covered about 50 square kilometres of land. At least six separate eruptions occurred, each lasting weeks to months, interspersed with gaps of up to 12 years with no activity. Volcanic rock and ash particles were carried tens of kilometres by the wind and written sources report problems for livestock in the area.

According to the Icelandic Met Office, the worst-case scenario would be if lava flowed towards the town of Grindavík. There is also other important infrastructure in the vicinity including a geothermal power plant. Hot and cold water supply might be at risk, along with roads, including the road between Reykjavík and Keflavík airport.

Local authorities have warned the local population that the risk of an eruption should not be excluded on the Reykjanes Peninsula. As a consequence, Icelanders will be keeping a close eye on the peninsula. Because the eruptions are likely to be relatively small and occasional they will be easier to cope with than massive and sudden emissions of lava like the 1783 Laki eruption.

Source : Adapted from an article in The Guardian.

Centrale géothermique de Svartsengi et Lagon Bleu (Photos: C. Grandpey)

L’intrusion magmatique sous la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The magma intrusion beneath the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la géologie savent que l’Islande se trouve dans une zone d’accrétion, autrement dit sur un point de l’écorce terrestre où les plaques tectoniques Eurasiatique et Américaine s’écartent l’une de l’autre à raison de quelques centimètres chaque année. Cette situation géologique particulière induit une sismicité relativement élevée, mais les derniers événements observés sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, interpellent les scientifiques. Ils se demandent quelle peut être la cause de l’activité sismique intense et ils se posent une foule de question. Est-elle d’origine purement tectonique ? Pourquoi observe-t-on un soulèvement du sol ? S’agit-il d’une intrusion, magmatique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éruption ? Comme il n’y a ni morts, ni dégâts matériels majeurs, les médias ne s’intéressent pas à l’Islande en ce moment. L’épidémie de COVID-19 a accaparé tous les regards. Pourtant, la situation sur la Péninsule de Reykjanes est fort intéressante.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises ces dernières semaines, la sismicité est toujours intense dans la Péninsule de Reykjanes. Plus de 6 000 événements ont été enregistrés depuis le début de l’année 2020. J’ai indiqué que, selon l’Icelandic Met Office (IMO), il s’agit de l’activité la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Cette sismicité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes.
Outre l’activité sismique intense, les mesures GPS confirment qu’une intrusion magmatique a eu lieu dans la partie ouest de la Péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell, entre la mi-février et la première semaine de mars. Une modélisation situe l’intrusion à une profondeur de 8 à 13 km, probablement dans la partie inférieure de la croûte terrestre, à une plus grande profondeur que les deux intrusions magmatiques observées au niveau du Mt Thorbjörn.
Lors du premier épisode d’inflation en janvier-février, la déformation atteignait environ 3 à 4 mm par jour avec un soulèvement total de 6 cm pendant toute la période.
Dans l’épisode d’inflation actuel, la déformation semble beaucoup plus lente. Elle a atteint environ 7 à 8 cm depuis la fin janvier.
Le Conseil consultatif scientifique – Scientific Advisory Board (SAB) – islandais estime que l’explication la plus probable de l’inflation est une intrusion magmatique au cours de laquelle le magma force le passage horizontalement. Cette intrusion provoque une forte sismicité dans la zone au nord de Grindavík. Une modélisation montre que des fractures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte, à 1 ou 2 km de profondeur, en raison des contraintes générées par l’intrusion proprement dite. Cette situation est susceptible de générer de nouveaux épisodes de sismicité dans la région.
Le 28 mars 2020, un essaim sismique a été enregistré à Eldey, ce qui prouve que l’activité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes qui se trouvent en limite dee plaques tectoniques mentionnées précédemment. Il convient de noter que les systèmes volcaniques d’Eldey, Reykjanes, Svartsengi et Krýsuvík se trouvent à cheval sur ces limites de plaques. Le SAB estime qu’il est essentiel de surveiller l’activité en cours dans la Péninsule de Reykjanes dans son ensemble et non par secteur, et de comparer cette activité avec des événements plus anciens dans la région. On pourra ainsi essayer de comprendre la cause des phénomènes actuels et tenter de prévoir l’évolution possible de la situation.
Sources: OMI, SAB, The Watchers.

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Those who are interested in geology know that Iceland is in an accretion zone, a spot of the Earth’s crust where the Eurasian and American tectonic plates move away from one another at the rate of a few centimeters each year. This particular geological situation induces a relatively high seismicity, but the latest events observed on the Reykjanes Peninsula, in the southwest of the country, call out to scientists. They wonder what may be the cause of the intense seismic activity and they ask themselves a lot of questions. Is it of purely tectonic origin? Why do we observe an uplift from the ground? Is this a magma intrusion? Why is there no eruption? As there are no deaths or major material damage, the media is not interested in Iceland at this time. The COVID-19 epidemic has taken everyone’s attention. However, the situation on the Reykjanes Peninsula is very interesting.

As I put it several times before, seismicity is still intense at the Reykjanes Peninsula. More than 6 000 events have been recorded since the beginning of 2020. I have explained that, according to the Icelandic Met Office (IMO), it is the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991. It is affecting all volcanic systems in the Reykjanes Peninsula and Reykjanes Ridge

Beside the intense seismic activity, GPS measurements give evidence of a new magma intrusion west of the Reykjanes Peninsula under Rauðhólar and Sýrfell, from mid-February until the first week of March.  A model places the intrusion at a depth of about 8 – 13 km, which is probably at the bottom of the Earth’s crust, at considerably more depth than the two magma intrusions at Thorbjörn.

During the first inflation episode in January-February, the deformation rate was about 3 – 4 mm per day with a total of 6 cm uplift during the whole period.

In the inflation episode that is ongoing now, the deformation rate looks much slower. In total, it has been about 7 – 8 cm since the end of January.

The Icelandic Scientific Advisory Board (SAB) believes that the most likely explanation of the inflation is a magma intrusion, with magma forcing its way horizontally. The magma intrusion causes a considerable amount of earthquakes in the area north of Grindavík. A model of the ongoing magma intrusion shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1 – 2 km, because of the stress induced by the uplift itself. This might lead to more earthquakes in the area.

On March 28th, 2020, an earthquake swarm occurred in Eldey, indicating that the activity is affecting all volcanic systems in the peninsula and the ridge.The Reykjanes Peninsula and the Reykjanes Ridge are composed of plate boundaries. It should be noted that the Eldey, Reykjanes, Svartsengi and Krýsuvík volcanic systems lie right across the boundaries. The SAB believes that it is extremely important to monitor and investigate the ongoing activity in the Reykjanes Peninsula as a whole, and compare this activity with older events in the area to try to decipher the reasons and identify possible developments.

Sources: IMO, SAB, The Watchers.

L’activité sismique en 2020 sur le Péninsule de Reykjanes (Source: The Watchers)

On observe également plusieurs sites hydrothermaux sur la péninsule (Photo: C. Grandpey)