L’éruption du Kilauea (Hawaii) en 1952

Dans l’un de ses Volcano Watch, l’USGS / HVO revient sur l’éruption du Kilauea en 1952. Elle pourrait avoir des points communs avec la prochaine éruption du volcan après la pause actuelle qui fait suite à l’événement de 2018.
Le 27 juin 1952, une éruption a commencé au sommet du Kilauea, mettant fin à une période de repos de près de 18 ans. Pendant près de deux décennies de calme après l’éruption sommitale de 1934, on a observé plusieurs périodes d’activité sismique intense et de déformation au niveau du sommet. Cependant, aucun de ces événements n’a entraîné d’éruption.
Au début du mois d’avril 1952, une série de séismes a été enregistrée le long de l’East Rift Zone du Kilauea et sous le sommet. Les séismes, accompagnés d’une inflation sommitale, ont persisté en mai et juin.
En fin de soirée le 27 juin, une éruption a commencé au sommet, avec une forte incandescence et des grondements en provenance du cratère de l’Halema’uma’u ..
Quelques minutes après le début de l’éruption, une fontaine de lave a jailli dans la partie sud-ouest du cratère et s’est élevée à près de 250 mètres au-dessus de la lèvre. La fontaine a rapidement décliné et la lave s’est accumulée le long d’une fissure qui parcourait tout le plancher de l’Halema’uma’u.
Le HVO explique que le lac de lave ainsi formé avait à sa surface des plaques de croûte refroidie espacées par des fissures qui permettaient de voir la lave ci-dessous, un peu comme sur le petit lac de lave qui est apparu de 2008 à 2018 dans l’« Overlook Crater» de l’Halema’uma’u. Le jaillissement de la lave donnait naissance à des vagues à la surface du lac. On pouvait voir parfois des tourbillons à la surface du lac ; ils projetaient des morceaux de croûte, parfois d’un mètre de diamètre, à plusieurs mètres de hauteur. Ce même phénomène a été observé en 2018 sur le chenal de lave issu de la Fracture n°8.
Après les premières heures de l’éruption, les fontaines de lave ont commencé à se calmer. Après un peu plus de quatre heures d’éruption, seul le quart nord-est de la fissure était actif et on pensait que l’éruption allait peut-être se terminer. Peu de temps après, cependant, la partie sud-ouest de la fissure s’est réactivée avec de petits bouillonnements de lave. A ce moment-là, on estime que le cratère de l’Halema’uma’u contenait un lac de lave d’environ 15 mètres de profondeur.
Le 11 juillet, la partie active de la fissure avait fortement diminué. Deux fontaines ont continué à être actives et ont édifié un grand cône à l’intérieur du lac de lave. Des ouvertures dans les flancs du cône permettaient à la lave de se répandre et d’alimenter le lac dont la surface était maintenant considérablement réduite.
À la fin du mois d’août, la majeure partie de la lave produite par l’éruption était contenue dans le grand cône à l’intérieur duquel deux bouches actives construisaient de plus petits cônes de projection. Entre ces deux cônes de projection, il y avait une petite mare de lave d’une trentaine de mètres de diamètre.
L’éruption a continué de la même manière pendant les mois suivants, avant de se terminer, après 136 jours d’activité, le 10 novembre 1952
Un volume d’environ 60 millions de mètres cubes de lave s’est accumulé dans le cratère de l’Halema’uma’u. Avec l’éruption, le plancher de l’Halema’uma’u s’est élevé de 230 mètres à 140 mètres sous la lèvre du cratère. À titre de comparaison, le plancher du cratère avant l’effondrement sommital de 2018 se trouvait à environ 80 mètres sous la lèvre.
Source: USGS / HVO.

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In one of its Volcano Watch, the USGS / HVO describes the 1952 eruption of Kilauea which might have similarities with the volcano’s next eruption after the current pause that followed the 2018 event.

On June 27th, 1952, an eruption started at the summit of Kilauea, ending a period of quiescence that had lasted nearly 18 years.

During the nearly two decades of quiet following a summit eruption in 1934, there were several periods of increased earthquake activity and deformation beneath the summit. However, none of these phases of unrest resulted in an eruption.

Early in April 1952, a series of earthquakes began along Kilauea’s East Rift Zone and beneath the summit. The earthquakes, accompanied by summit inflation, persisted through May and June.

Late in the evening on June 27th, an eruption started at the summit, with a loud roaring and bright glow emanating from Halema‘uma‘u Crater..

Within minutes of the eruption onset, a lava fountain erupted on the southwestern edge of the Halema‘uma‘u Crater floor, nearly 250 metres higher than the crater rim. The fountain quickly waned and lava pooled along a fissure that crossed the entire floor of Halema’uma’u crater.

HVO explains that the lava lake had plates of cooled crust on its surface separated by cracks that provided views of the incandescent molten lava below,  much like the smaller 2008 to 2018 lava lake within the Halema‘uma‘u “Overlook crater.” The fountaining lava created waves over the surface of the lake. Observers also noted seeing occasional whirlwinds on the lake surface that threw pieces of crust, up to a metre across, several metres into the air. This same phenomenon was observed in 2018 over the fissure 8 lava channel.

After the initial hours of the eruption, the lava fountains began to subside. After a little more than four hours, only the northeastern quarter of the fissure was active, and observers thought that the eruption could be ending. Shortly after, however, the southwestern end of the fissure reactivated with low bubbling fountains, and by that time Halema‘uma‘u Crater was estimated to have been filled with a lake of lava approximately 15 metres deep.

By July 11th, the active length of the fissure had shortened to approximately 120 metres. Two main fountains persisted and began to build a large cinder and spatter cone within the lava lake. Gaps within the cone wall allowed lava to spill out and feed the surrounding lava lake, whose surface had been considerably reduced.

By the end of August, most of the erupted lava was contained within the large cone, where two active vents were building smaller spatter cones. Between the two spatter cones, there was a small lava pond that had an average diameter of about 30 metres.

The eruption continued in the same way for the next few months until it ended after 136 days on November 10th, 1952

A volume of about 60,000,000 cubic metres of erupted lava was confined within Halema‘uma‘u Crater. The eruption raised the floor of Halema’uma’u Crater from 230 metres to 140 metres below the rim. For comparison, the Halema‘uma‘u Crater floor prior to the 2018 summit collapse was approximately 80 metres below the rim.

Source: USGS / HVO.

Vue du cratère de l’Halemaumau le 26 juin 1952, veille du début de l’éruption (photo du haut), et de ce même cratère (photo du bas) quatre semaines plus tard. Comme indiqué dans la description de l’éruption, le plancher s’est élevé de 230 mètres à 140 mètres sous la lèvre du cratère.  (Crédit photo: National Park Service).

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : une éruption à court terme ? // A short-term eruption ?

7h30 (heure métropole) : L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise indique que depuis 07h20 heure locale, une crise sismique est enregistrée sur les instruments. Cette crise sismique s’accompagne de déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures. En conséquence, l’accès du public à la partie haute de l’Enclos, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier reste interdit.

Dans son bulletin pour l’ensemble du mois de juin, l’OVPF indiquait que la sismicité sous le volcan au cours de la première quinzaine de juin 2020 était restée faible. Cependant, à partir du 16 juin, une augmentation de l’activité sismique a été enregistrée avec une moyenne de 5 séismes volcano-tectoniques superficiels par jour et un maximum de 11 événements le 24 juin sous la zone sommitale.

De plus, en juin 2020, les réseaux de mesure de déformation ont enregistré une reprise de l’inflation de l’édifice aux alentours du 16 juin. Ainsi, entre le 16 et le 30 juin, on a enregistré une élongation d’environ 2,5 cm de la zone sommitale et une élongation d’environ 3,3 cm de la base du cône terminal.

Est-ce à dire que la prochaine éruption se produira vers le sommet ? Seul le volcan a la réponse…

Source : OVPF.

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13h30 (heure métropole) : Comme à son habitude, le Piton de la Fournaise joue avec les nerfs de l’OVPF. La crise sismique qui avait débuté ce matin 7h20 (heure locale)  a pris fin vers 8h00 (heure locale). L’Observatoire précise que cet épisode s’est accompagné de déformations de surface qui sont restées extrêmement faibles et limitées au sommet du volcan. Il semblerait donc que le magma ait arrêté  – ou fait une pause – son ascension vers la surface. Il faut donc rester vigilant car une éruption à moyenne échéance ne peut être exclue.

L’expérience montre que lorsque le magma montre une telle hésitation à atteindre la surface, l’événement éruptif est de faible intensité, un « prout » comme se plaît à le dire un ami réunionnais qui se reconnaîtra…

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7:30 am (Paris time) : The Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise indicates that since 07:20 local time, a seismic crisis has been recorded on the instruments. This seismic crisis is accompanied by rapid deformation. This indicates that magma is leaving the reservoir and is ascending to the surface. An eruption is likely in the next minutes or hours. As a consequence, access to the upper part of the volcano is forbidden.

In its report for the whole month of June, OVPF indicated that seismicity beneath the volcano during the first half of June 2020 had remained low. However, starting on June 16th, an increase in seismic activity was recorded with an average of 5 shallow volcano-tectonic earthquakes per day and a maximum of 11 events on June 24th beneath the summit area.
In addition, in June 2020, deformation measurement networks recorded a resumption of inflation of the volcanic edifice around June 16th. Between June 16th and June 30th, an elongation of about 2.5 cm of the summit area and an elongation of about 3.3 cm of the base of the summit cone were recorded.
Does this mean that the next eruption will occur in the summit area ? Only the volcano knows the answer…

Source : OVPF.

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1:30 pm (Paris time): As usual, the Piton de la Fournaise plays with the nerves of the OVPF. The seismic crisis which started at 7:20 am (local time) ended at about 8:00 am (local time). The Observatory specifies that this episode was accompanied by surface deformations which remained extremely low and affected the summit area of the volcano. It seems that magma has stopped – or taken a pause – its ascent to the surface. One should therefore remain vigilant as a medium-term eruption cannot be excluded.
Experience has shown that when magma takes so much time to reach the surface, the eruptive event has a low intensity, a « fart » as a Reunionese friend – who will recognize himself – likes to say …

Photo : C. Grandpey

Une éruption de l’Asama (Japon) au 12ème siècle a-t-elle provoqué une famine en Europe ? // Did an eruption of Asama (Japan) in the 12th century trigger famine in Europe ?

Dans une note publiée le 27 juin 2020, j’écrivais que le volcan Okmok en Alaska avait peut-être contribué à l’avènement de l’Empire Romain, suite à de mauvaises récoltes, la famine et des maladies qui ont exacerbé l’agitation sociale à cette époque. J’ai également évoqué l’éruption du Laki en Islande qui, de la même manière, a pu contribuer au déclenchement de la Révolution Française de 1789
Un article sur l’excellent site Web The Watchers nous apprend que l’éruption du volcan Asama au Japon en 1108 a probablement provoqué un événement météorologique extrême qui aurait déclenché une grave famine en Europe. C’est la conclusion d’une nouvelle étude basée sur l’analyse des carottes extraites de la glace du Groenland et confirmée par d’autres carottes de glace prélevées en Antarctique.
Lorsqu’une éruption volcanique majeure se produit, des gaz comme le dioxyde de soufre (SO2) sont rejetés en même temps que la cendre dans l’atmosphère, parfois jusque dans la stratosphère. Ces gaz bloquent la lumière du soleil, ce qui peut affecter le climat pendant plusieurs mois. On a observé ce phénomène lors de l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991.
Vers le 12ème siècle, l’Europe a connu des anomalies climatiques, telles que des étés froids consécutifs et des périodes de fortes pluies. On a longtemps pensé que ces événements étaient provoqués par l’éruption de l’Hekla (Islande) en 1104. Les travaux des chercheurs ont été compliqués car les carottes de glace indiquaient la survenue de plusieurs éruptions volcaniques de source inconnue, étroitement espacées, entre 1108 et 1110.

Cependant, les chercheurs ont constaté que l’augmentation des dépôts de sulfates d’origine volcanique se concentrait essentiellement entre 1108 et 1113, ce qui ne correspondait pas à l’éruption de l’Hekla.

Par la suite, ils ont mis la main sur un document décrivant l’éruption de l’Asama au Japon en 1108. Selon un journal intimel écrit par un noble vivant à la cour impériale japonaise à la fin de la période Heian, l’Asama est entré en éruption le 29 août 1108. On peut lire dans le journal que les rizières et les champs ne pouvaient plus être cultivés car une épaisse couche de cendre les avait recouverts. Les auteurs de l’étude ont conclu que le dépôt de sulfates dans les carottes de glace au Groenland provenait très probablement de l’éruption d’Asama cette année-là.
Référence de l’étude: « Impacts climatiques et sociétaux d’un cluster » oublié « d’éruptions volcaniques en 1108-1110 CE » – Guillet, S. et al. – Rapports scientifiques – https://doi.org/10.1038/s41598-020-63339-3

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In a post released on June 27th, 2020, I wrote that Okmok volcano in Alaska may have helped the rise of the Roman Empire with crop failures, famine and disease that exacerbated social unrest. I also mentioned the Laki eruption in Iceland which, in the same way, may have contributed to triggering the French Revolution of 1789

Reading an article on the excellent website The Watchers, we learn that the eruption of Japan’s Asama volcano in the year 1108 may have led to an extreme weather event that triggered severe famine in Europe. This is the conclusion of a new study is based on the analysis of ice cores extracted from glaciers in Greenland and confirmed by more ice cores from Antarctica.

When a major volcanic eruption occurs, gases like sulfur dioxide (SO2) are being released together with the ash into the atmosphere, sometimes as high as the stratosphere These gases block out the sunlight and may affect the climate for several months. This is what happened with the Pinatubo eruption (Philippines) in 1991.

Around the 12th century, Europe was plagued with climate anomalies, such as consecutive cold summers and torrential rains. These events were previously believed to have been caused by the eruption of Hekla (Iceland) in 1104. The researchers work mas made all the more difficult as the analysis of ice core records points to the occurrence of several closely spaced volcanic eruptions between 1108 and 1110 CE. The sources of these eruptions remain unknown

However, the researchers found that the increased volcanic sulfate deposition took place between 1108 and 1113, which did not correspond with the eruption of Hekla. They later found a document describing the eruption of Japan’s Mount Asama in 1108.

According to a journal written by a court noble in the late Heian Period, Asama erupted on August 29th, 1108. One can read in the diary that rice paddies and fields could not be farmed afterward because a thick layer of ash engulfed the fields.

The authors of the study concluded that the sulfate deposition in the ice cores in Greenland could have been formed by the Asama eruption that year.

Reference of the study : « Climatic and societal impacts of a “forgotten” cluster of volcanic eruptions in 1108-1110 CE » – Guillet, S. et al. – Scientific Reports – https://doi.org/10.1038/s41598-020-63339-3

Vue du volcan Asama (Crédit photo : Wikipedia)

Agitation sismique et volcanique en Islande // Seismic and volcanic unrest in Iceland

Il semble que l’on assiste ces jours-ci à une hausse de l’activité dans la Péninsule de Reykjanes et au niveau du Grimsvötn, mais personne ne peut dire ce qui va se passer dans les prochains jours, les prochaines semaines ou les prochains mois.

L’Icelandic Met Office (IMO) indique que l’inflation a repris dans la Péninsule de Reykjanes, près de Grindavík. Il se peut que ce soulèvement du sol soit lié à une intrusion magmatique. L’IMO explique que ce serait le troisième événement de ce type depuis le début de l’année, à l’ouest du Mont Thorbjörn. L’intrusion a commencé vers la mi-mai mais l’activité sismique a commencé à augmenter seulement vers la fin de ce même mois. Quelque 2000 événements ont été détectés depuis cette époque et plusieurs d’entre eux ont été localisés à l’est du Mt Thorbjörn, à quelques kilomètres au nord de Grindavík. La secousse la plus significative s’est produite le samedi 13 juin 2020, avec une magnitude de M 3,5.
Depuis le début de l’activité en janvier 2020, le soulèvement du sol dans la région a atteint environ 12 cm. Entre les périodes d’inflation, une légère déflation a également été observée. Les volcanologues locaux pensent qu’elle est peut-être due au refroidissement du magma de l’intrusion ou à une interaction avec le système hydrothermal. Une modélisation numérique montre que cette troisième intrusion s’est produite pratiquement dans la même zone que les précédentes, à environ 1 km à l’ouest du M Thorbjörn, à une profondeur de 3-4 km, avec une largeur de quelques centaines de mètres et avec une orientation NE-SW sur une longueur d’environ 6 km. On estime que le volume de magma accumulé au cours de cette troisième intrusion est d’environ 1,2 million de mètres cubes. L’activité sismique se produit sur une zone plus grande que l’intrusion proprement dite. Cela serait dû à des variations de contrainte au niveau de la croûte terrestre sur la péninsule.
L’Iceland Geosurvey a effectué des mesures gravimétriques sur la zone de l’intrusion. Les résultats confirment la présence d’une intrusion magmatique en profondeur. De nouvelles mesures seront effectuées au milieu de l’été.
Des mesures hebdomadaires de gaz ont été effectuées sur deux sites proches de la zone d’intrusion mais «leur interprétation n’est pas encore claire. » Aucune modification chimique n’a été détectée dans la centrale géothermique de Svartsengi. Toutefois, les mesures révèlent une perméabilité et une augmentation des écoulements de fluides dans la roche environnante. Ce phénomène est peut-être lié à l’activité sismique, à l’inflation et au soulèvement du sol dans la région, avec l’ouverture de nouvelles fissures et la réactivation d’anciennes.
Comme je l’ai dit précédemment, la zone où la sismicité et le soulèvement du sol sont enregistrés est très complexe car elle comprend à la fois une activité tectonique et volcanique. Ce qui me surprend, c’est l’absence d’émission significative de gaz que l’on observe généralement lors d’une intrusion magmatique. Ce que je ne comprends pas non plus, c’est pourquoi l’intrusion – si intrusion il y a – n’a pas provoqué d’augmentation de température dans les champs fumerolliens de la Péninsule de Reykjanes.

Attendons pour voir ce qui se passera dans les jours et les semaines à venir, en espérant qu’une éruption n’aura pas lieu au cœur de l’été, avec fermeture de l’aéroport de Keflakik, maintenant que les touristes sont à nouveau autorisés à entrer en Islande.

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L’IMO nous informe également que certains signes montent que le Grímsvötn pourrait bientôt entrer en éruption. La dernière s’est produite en 2011. Entre les éruptions, les données de déformation révèlent l’accumulation de nouveau magma en profondeur et l’augmentation de la pression dans le système.
En mai et juin 2020, les scientifiques de l’IMO ont mesuré le SO2 dans la partie sud-ouest de la caldeira du Grimsvötn, près du site des dernières éruptions de 2004 et 2011. C’est la première fois qu’ils mesuraient de tels niveaux de SO2 sur un volcan en Islande en dehors d’une phase éruptive ; la présence de ce gaz indique du magma à faible profondeur. En plus du niveau élevé de SO2, la zone où l’activité géothermale peut être détectée a considérablement augmenté.
Une étude antérieure du Grimsvötn a laissé supposer une corrélation entre les jökulhlaup (inondations glaciaires) et les éruptions de ce volcan. Lorsque la pression augmente dans le système volcanique en raison de l’accumulation de magma, et lorsqu’un grand volume d’eau est stocké dans le lac glaciaire, la chute de pression suite à la vidange du lac lors d’un jökulhlaup  peut faciliter la remontée du magma à la surface et déclencher une éruption. Ce type de scénario a été observé en 2004, mais aussi en 1934 et 1922. [Cette hypothèse de rebond isostatique a été envisagée au niveau de l’Islande dans son ensemble. Certains scientifiques pensent que la fonte des glaciers pourrait alléger leur masse à la surface du sol et ainsi favoriser l’ascension du magma, avec un plus grand nombre d’éruptions sur l’île.]
De nos jours, le niveau de l’eau dans le lac est assez élevé et la pression dans la chambre magmatique en dessous de la caldeira a atteint des valeurs comparables à celles d’avant la dernière éruption. Par conséquent, les volcanologues locaux pensent que la possibilité d’une éruption déclenchée par une inondation glaciaire dans les semaines ou les mois à venir doit être envisagée. Il se peut aussi que ce ne soit pas le cas, et la prochaine inondation glaciaire pourrait ne pas se solder par une éruption. En bref, cela signifie que personne ne peut prédire si et quand une nouvelle éruption se produira!
Source: IMO

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It looks as if activity has been increasing in the Reykjanes peninsula and at Grimsvötn volcano, but nobody can tell what will happen next.

The Icelandic Met Office (IMO) indicates that inflation has started again on the Reykjanes peninsula, close to Grindavík. This ground uplift might suggest a magma intrusion. IMO says it would be the third event of this kind since the beginning of this year west of Mt Thorbjörn. The intrusion began around mid May but seismic activity started to increase toward the end of the month. A swarm of about 2000 earthquakes has been detected since then and several events are located east of Thorbjörn, few kilometres North of the town of Grindavík. The largest earthquake of this swarm occurred on Saturday June 13th, 2020 with a magnitude M 3.5.

Since the beginning of the volcanic unrest in January 2020, the total uplift measured in the area has reached about 12 cm. Between the inflation periods, slight deflation has been observed. Local volcanologists think it probably reflects the cooling of the intruded magma or the interaction with the geothermal system. Numerical modelling results show that this third intrusion is occurring roughly in the same area as the previous ones, about 1 km west of M Thorbjörn, at a depth of 3-4 km, with a width of few hundred metres and oriented NE-SW for about 6 km. The estimated volume of magma accumulated during this third intrusion episode is estimated to be 1.2 million cubic metres. The seismic activity is occurring over an area larger than the extension of the intrusion itself and this is probably due to the stress change induced to the crust which affects a wider sector of the peninsula.

Iceland Geosurvey performed micro-gravity measurements along some profiles in late January when the intrusion started near Thorbjörn and they repeated the measurements in late April. The results confirm the presence of intruded magma at depth. Therefore there is a reason to repeat the measurements again and it will be done in mid-summer.

Weekly gas measurements at two sites near the area of the intrusion but their interpretation is still unclear. No chemical changes have been detected at the geothermal power plant in Svartsengi. However, measurements of the geothermal system reveal an increased permeability and increased fluid flow in the surrounding rock, which can be linked to the earthquake activity, inflation and uplift in the area, which triggered the creation of new cracks and opening of older ones.

As I put it before, the area where seismicity and ground uplift are recorded is very complex as it includes both potential tectonic and volcanic activity. What surprises me is the absence of significant amount of gases that are usually produced during magma intrusion. What I also fail to understand is why the intrusion – if there was an intrusion – did not cause any increase in temperature in the fumarolic fields in the Reykjanes Peninsula. We’ll see what happens in the coming days and weeks and hope that an eruption does not take place at the heart of the summer and close Keflakik airport, now that tourists are again allowed to enter Iceland.

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IMO also informs us that  there is evidence that Grímsvötn volcano is getting ready for the next eruption  It has been noticed that Grímsvötn erupts on average each 5-10 years, although the notion of eruptive cycle has never been clearly proved and that “accidents” may happen. The last eruption occurred in 2011. Between eruptions, the deformation data indicate the gradual accumulation of new magma at depth and the increased pressure in the system.

In May and June 2020, IMO scientists measured SO2 in the southwest corner of the Grimsvötn caldera, close to where the last eruptions in 2004 and 2011 took place. They said it was the first time that they measured so much SO2 at a volcano in Iceland that is not in an eruptive phase and its presence is indicative of magma at shallow level. In addition to the high level of SO2, the area where geothermal activity can be detected at the surface of the volcano has notably increased.

A previous study of Grimsvötn has suggested a correlation between jökulhlaup (glacial floods) and eruptions at Grimsvötn. When the pressure in the volcanic system is increased due to magma accumulation and if a large volume of water is stored in the lake, the pressure release following the removal of water during a flood could facilitate the magma rising to the surface and trigger an eruption. This kind of scenario was observed in 2004, but also in 1934 and 1922.

These days, the water level is rather high and the pressure in the magma chamber below the caldera has reached values comparable to those prior to the last eruption. Therefore, local volcanologists think that the possibility of an eruption triggered by a glacial flood, which could occur in the coming weeks or months, has to be considered. However, this may not be the case, and the next glacial flood may not lead to an eruption. In short, this means nobody is able to predict if and when a new eruption will occur!

Source : IMO.

Grindavik et le Mt Thorbjörn (C’édit photo : IMO)

Site fumerollien sur la Péninsule de Reykjanes (Photo : C. Grandpey)

Caldeira du Grímsvötn avec le Grímsfjall et le lac subglaciaire à l’air libre suite à l’éruption de 2011 (Source : NASA)