Ça s’agite sur le Mont Spurr (Alaska) // Unrest at Mount Spurr (Alaska)

L’USGS vient de m’envoyer un message indiquant que des signes d’activité volcanique sont observés sur le Mont Spurr, un volcan recouvert de glace et de neige situé dans la partie occidentale de Cook Inlet à environ 120 km à l’ouest d’Anchorage.

Source : Alaska Volcano Observatory (AVO)

Les volcanologues pensent que la cause la plus probable de cette activité est une nouvelle arrivée de magma sous le volcan. La durée (10 mois) et la nature de l’activité montrent qu’une éruption est possible. Une hausse de la sismicité à faible profondeur sous le mont Spurr a été observée pour la première fois en avril 2024 et se poursuit actuellement. Le séisme le plus significatif avait une magnitude de M2,9 le 2 janvier 2025. Le site le plus probable d’une éruption sera la bouche éruptive de Crater Peak, qui s’est manifestée en 1992 et 1953. Il est moins probable qu’une éruption se produise au sommet du Mont Spurr.

Vue du Mont Spurr (Crédit photo: AVO)

Les éruptions passées de Crater Peak étaient souvent explosives ; Des nuages ​​de cendres et des retombées de grande ampleur peuvent être observées en cas d’éruption. Il convient de noter (voir ma note précédente sur ce volcan) qu’au début de l’été 2024, un petit lac est apparu dans le cratère au sommet du Spurr, ce qui confirme la hausse de température observée sur le volcan. Le lac s’est formé lentement, accompagné de petits effondrements et de la fonte de la glace à l’intérieur du cratère. Le lac est partiellement recouvert de glace et reste de couleur bleu-vert. On observe des fumerolles dans la zone sommitale.

Source: AVO

Si une éruption doit se produire, l’USGS s’attend à voir une hausse de l’activité sismique, des émissions de gaz et de la température de surface, ainsi que des déformations de la surface. De tels événements peuvent se produire quelques jours à quelques semaines avant une éruption, mais l’USGS explique que ce n’est pas certain et qu’une éruption peut ne pas se produire. [NDLR : Cela montre, une fois encore, que nous ne savons pas vraiment prévoir les éruptions volcaniques. ]
Les seules éruptions historiques connues du mont Spurr se sont produites en 1953 et 1992 à partir de la bouche sur le flanc du Crater Peak, à 3,5 km au sud du sommet. Ces éruptions furent brèves, explosives et produisirent des colonnes de cendres qui s’élevèrent jusqu’à 20 km au-dessus du niveau de la mer ; elles entraînèrent de légères retombées de cendres dans le centre-sud de l’Alaska. La dernière éruption sommitale du mont Spurr remonte à plus de 5 000 ans.

Source: USGS.

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USGS has just sent me a message indicating that volcanic unrest continues at Mount Spurr (Alaska), an ice- and snow-covered volcano located on the west side of Cook Inlet approximately 120 km west of Anchorage.

Local volcanologists say that the most likely cause is new magma beneath the volcano. The duration (10 months) and nature of the unrest suggest that an eruption is possible. An increase in the number of shallow earthquakes underneath Mount Spurr was first observed in April 2024 and continues. The largest of these earthquakes had a magnitude M2.9 on January 2nd, 2025. The most likely site of an eruption will be the Crater Peak vent, which erupted in 1992 and 1953. It is less likely that an eruption will occur from Spurr summit, which last erupted several thousand years ago. Past Crater Peak eruptions were often explosive ; far-traveled ash clouds and ashfall can be expected if an eruption occurs. It should be noted (see my previous post about this volcano) that in early summer 2024, a small lake appeared in the crater at Spurr summit consistent with a modest increase in heat flow. The lake has grown slowly, accompanied by small collapses and melting of ice inside the crater. The lake is partially covered by ice and remains blue-green in color. Active steaming from summit area fumaroles continues.

USGS expects to see additional seismic activity, gas emissions, and surface heating, as well as changes to surface deformation prior to an eruption, if one were to occur. Such events may provide days to a few weeks of warning before an eruption, but USGS says that is not certain.

The only known historical eruptions from Mount Spurr occurred in 1953 and 1992 from the Crater Peak flank vent located 3.5 km south of the peak’s summit. These eruptions were brief, explosive, and produced columns of ash that rose up to 20 km above sea level and deposited minor ashfall in south-central Alaska. The last known eruption from the summit of Mount Spurr was more than 5,000 years ago.

Source: USGS.

Les glaciers à Châtellerault (Vienne) le 6 février 2025 !

Je présenterai le jeudi 6 février 2025 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université du Temps Libre de CHÂTELLERAULT (Vienne).

Elle aura lieu à 16h30 dans la Grande salle de la Gornière.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » écrit conjointement avec Jacques Drouin.

Glacier Sawyer en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Les glaciers à Brive-la-Gaillarde le 24 janvier 2025 !

Je présenterai le vendredi 24 janvier 2025 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université de tous les Âges et du Temps Libre de BRIVE (Corrèze).

Elle aura lieu à 14h45 au Cinéma REX, 3 Boulevard Kœnig.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » écrit conjointement avec Jacques Drouin.

Glacier Columbia (Alaska) – Photo: C. Grandpey

Verdissement et rebond isostatique en Antarctique // Greening and isostatic rebound in Antarctica

La nouvelle n’est pas vraiment une surprise. Avec le réchauffement climatique, l’Antarctique verdit à un rythme effréné. C’est ce que confirme une étude récente réalisée pa des scientifiques britanniques et publiée dans la revue Nature Geoscience. Elle montre que la couverture végétale sur la Péninsule Antarctique a plus que décuplé au cours des quatre dernières décennies. La surface occupée par la végétation sur la péninsule est passée de 28 kilomètres carrés en 1986 à près de 370 kilomètres carrés en 2021.
L’étude rappelle que « l’Antarctique a connu des hausses de température importantes au cours des 60 dernières années, avec un niveau de réchauffement plus élevé en Antarctique occidental et sur la Péninsule Antarctique et beaucoup plus rapide que le réchauffement global de la planète ».
Les températures sur la péninsule ont augmenté de plus de 2,7°C depuis 1950, une hausse bien plus importante que celle observée ailleurs dans le monde. Les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents dans la région.
L’étude explique que le verdissement de l’Antarctique va se poursuivre, avec le risque d’arrivée d’espèces non indigènes et invasives, souvent introduites par des touristes, des scientifiques ou d’autres visiteurs du continent.
La nouvelle étude a utilisé des images satellites pour prouver qu’une tendance au verdissement à travers la péninsule Antarctique se produit et s’intensifie.
Source : USA Today via Yahoo News.

Image satellite de Robert Island montrant le développement de la végétation sur la Péninsule Antarctique

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Parallèlement au verdissement, les glaciers et les calottes glaciaires fondent et de nombreux scientifiques se demandent si le rebond isostatique pourrait contribuer à déclencher une activité volcanique. Une nouvelle étude révèle que le réchauffement climatique pourrait accélérer le volcanisme en Antarctique Une ‘étude identique a été réalisée en Islande il y a quelques années, mais nous ne disposons pas de suffisamment de recul géologique pour confirmer cette hypothèse.
En étudiant l’interaction entre le volcanisme et la glaciation au cours des 150 000 dernières années, des scientifiques américains et allemands ont déterminé que le rebond isostatique pourrait augmenter la fréquence et l’intensité de l’activité volcanique dans le système de rift antarctique occidental (West Antarctic Rift System – WARS). Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems.
L’une des zones volcaniques les plus actives au monde, la région de WARS abrite plus de 130 volcans, dont beaucoup sont situés le long de la côte ouest de l’Antarctique. Si certains de ces volcans, comme le mont Erebus, sont visibles, beaucoup d’autres se cachent sous une épaisse couche de glace, une couche qui s’amincit et recule lentement.
Les auteurs de l’étude ont analysé la « dynamique interne » du système d’alimentation magmatique dans la région en concevant un modèle de chambre magmatique thermomécanique et en simulant diverses baisses de pression causées par la déglaciation. L’étude a également examiné comment ce changement de pression faisait augmener la taille de la chambre magmatique tout en impactant l’émission des substances volatiles. Après avoir effectué plus de 4 000 simulations, ils ont découvert que plus la chambre magmatique était grande, plus elle était impactée par le retrait des glaciers qui la surmontent.
Pour tester leurs conclusions, les chercheurs ont également exploré l’impact de la déglaciation dans les Andes, qui s’est produite il y a environ 18 000 à 35 000 ans. Ils ont trouvé des preuves d’une augmentation du volcanisme pendant la déglaciation au cours du dernier maximum glaciaire.
On peut lire dans l’étude que « à mesure que la glace fond, la réduction de poids sur le volcan permet au magma de se dilater et d’exercer une pression sur la roche environnante, ce qui peut faciliter les éruptions. La réduction de poids due à la fonte de la glace au-dessus permet également à l’eau dissoute et au dioxyde de carbone de former des bulles de gaz, ce qui provoque une accumulation de pression dans la chambre magmatique et peut éventuellement déclencher une éruption. »
Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.

Sommet de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

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The piece of news does not really come as a surprise. With global warming, Antarctica is « greening » at a dramatic rate. It was confirmed by a recent study by British scientists, published in the journal Nature Geoscience, which showed that vegetation cover across the Antarctic Peninsula has increased more than tenfold over the last four decades. Greening on the Antarctic Peninsula increased from 28 square kilometers in 1986 to nearly 370 square kilometers in 2021.

The study reminds us that « Antarctica has experienced significant increases in temperature over the past 60 years, with rates of warming highest in the West Antarctic and Antarctic Peninsula regions and occurring much faster than global average warming. »

Temperatures on the peninsula have risen by more than 2.7°C since 1950, a much bigger increase than seen elsewhere in the world, with extreme heat events becoming increasingly frequent in the region.

The research suggests the of greening in Antarctica will continue to increase, with the risk of non-native and invasive species arriving, possibly carried by tourists, scientists or other visitors to the continent.

The new research used satellite images to determine that a greening trend across the Antarctic Peninsula is occuring and increasing.

Source : USA Today via Yahoo News.

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Together with the greening, glaciers and icecaps are melting and many scientists wonder whether the isostatic rebound might trigger volcanic activity. A new study suggests that global warming could accelerate volcanism in Antarctica This kind of study aw made in Iceland a few years ago, but w’ell need more geological observations to confirm this hypothesis.

Studying the interplay between volcanism and glaciation over the past 150 thousand years, scientists from the U.S. and Germany determined that the isostatic rebound could increase the frequency and intensity of volcanoes in the West Antarctic Rift System (WARS). The results of the study were published in the journal Geochemistry, Geophysics, Geosystems.

One of the most volcanically active areas of the world, WARS is home to more than an estimated 130 volcanoes, many of which are located along Antarctica’s western coast. While some of these volcanoes, such as Mount Erebus, are visible, many more are hidden away beneath a deep sheet of ice, a sheet that is slowly thinning and retreating.

The authors of the study analyzed the“internal dynamics” of the magma plumbing system in the region by designing a thermomechanical magma chamber model and simulated various pressure decreases caused by deglaciation. The study also investigated how this change in pressure increased the size of the magma chamber while also impacting the expulsion of volatiles. After running more than 4,000 simulations, they found that the larger the magma chamber, the more impacted it was by retreating glaciers overhead.

To test their findings, the researchers also explored the impact of deglaciation in the Andes Mountains, which occurred around 18,000 to 35,000 years ago. They found evidence of increased volcanism during deglaciation during the Last Glacial Maximum.

One can read in the study that “as the ice melts away, the reduced weight on the volcano allows the magma to expand, applying pressure upon the surrounding rock that may facilitate eruptions. The reduced weight from the melting ice above also allows dissolved water and carbon dioxide to form gas bubbles, which causes pressure to build up in the magma chamber and may eventually trigger an eruption.”

Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.