Nouvelle éruption à court terme en Islande ? // New eruption in the short term in Iceland ?

Alors que l’éruption qui a débuté le 16 mars 2024 se poursuit à Sundhnúksgígaröð, le Met Office islandais prévient qu’une nouvelle éruption pourrait commencer très prochainement dans la même zone. C’était l’un des scénarios imaginés par les volcanologues islandais il y a quelques jours.
L’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes montre qu’une éruption pourrait se produire à tout moment. Les scientifiques pensent qu’elle interviendra plus ou moins dans le même secteur que les éruptions précédentes.
Un soulèvement du sol est de nouveau observé à Svartsengi depuis début avril, signe évident d’une accumulation de magma sous la surface. Le Met Office explique que la hausse a atteint un niveau tel qu’une éruption est désormais possible à tout moment. Cependant, il est peu probable qu’elle se produise ailleurs sur la péninsule. L’éruption pourrait avoir lieu près de Grindavík ou de Svartsengi.

Image webcam de l’éruption le 21 avril 2024 au matin. Les projections sont moins intenses depuis quelques jours dans la bouche active. Pas sûr que le projet d’ouverture du site aux touristes tienne la route si une nouvelle éruption se déclenche…!

——————————————

While the eruption that started on March 16th, 2024 is still going on at Sundhnúksgígaröð, the Icelandic Met Office warns that another eruption might start very soon in the same area. It was one of the scenarios imagned by the Met Office a few days ago.

Seismic activity in Reykjanes is giving every indication that an eruption could occur at any moment. Scientists believe it will go off at roughly the same location as before.

Ground uplift has been again observed at Svartsengi since early April, a typical sign of magma gathering beneath the surface. The Met Office explains that the rising has reached a level where now an eruption is predicted to occur at any moment. However, it is unlikely that it will occur anywhere else but where it already is. As such, it may erupt near Grindavík or Svartsengi.

Contre la pénurie d’eau douce, recours au dessalement de l’eau de mer ! // Against fresh water shortage, just desalinate sea water !

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur les effets que pourrait avoir la fonte des glaciers sur l’alimentation en eau de nombreuses régions du monde. La plus vaste est sans aucun doute le sud-est de l’Asie qui dépend des glaciers himalayens, véritable château d’eau pour la région. Il ne faudrait pas oublier, non plus, l’Amérique du Sud où la vie de nombreuses localités dépend de l’eau fournie par les glaciers andins.

A côté de la fonte des glaciers, le réchauffement climatique provoque des périodes de sécheresse intense dans certains parties du monde et les sources se tarissent. Il faut donc trouver des solutions pour les remplacer. ,

En Espagne, la Catalogne connaît sa pire sécheresse depuis un siècle. Cette situation concerne également le nord de la province, à la frontière des Pyrénées-Orientales. Face au manque de solutions, la région a décidé d’exclure le recours au ravitaillement par bateau, mais compte installer une usine flottante de dessalement d’eau de mer dans le port de Barcelone. Selon le ministre catalan de l’environnement, c’est une solution moins coûteuse que les bateaux, et qui permet une meilleure sécurité d’approvisionnement.

L’usine flottante, installée sur un immense cargo, sera opérationnelle d’ici octobre 2024 et pourra produire 40 000 mètres cubes d’eau chaque jour, soit 6% de la consommation quotidienne de Barcelone.

Le dessalement de l’eau de mer est une solution intéressante en cas de pénurie car il permet d’obtenir de l’eau douce toute l’année, quelle que soit la saison., et de faire face à des situations de crise hydrique sévère. Cette technologie a aussi des applications dans l’industrie et l’agriculture, ne serait-ce que pour l’irrigation des cultures.

Malgré tout, le dessalement de l’eau de mer présente aussi des inconvénients. Parmi ceux-ci, il y a la consommation en énergie particulièrement élevée pour assurer le fonctionnement des équipements. Extraire le sel de l’eau de mer demande beaucoup d’énergie et contribue donc à accroître l’empreinte carbone. Par ailleurs, l’élimination des minéraux et leur rejet dans la mer est néfaste pour l’environnement à cause de la forte teneur en sel et produits chimiques. Il y a un risque de déséquilibre des écosystèmes marins. Et puis, il y a le coût des infrastructures, sans oublier leur maintenance. On entend aussi des critiques concernant l’aspect sanitaire de l’eau ainsi produite. Des produits chimiques sont souvent utilisés pour produire cette eau douce qui présenterait une trop grande quantité de sodium.

Au final, rien ne vaut la bonne eau du Plateau de Millevaches qui, ne l’oublions pas, est celui des mille sources, même si les belles vaches limousines occupent aussi le territoire…

Source : France Info,  NEWater.

Apportant de l’eau à mon moulin, je vous livre in-extenso un commentaire que vient de m’adresser un fidèle visiteur de mon blog:

« Très juste, mais plus que l’empreinte carbone, vous devriez mettre l’accent sur le rejet des saumures en mer.
Les plus grosses usines traitent jusqu’à 400 000 m3 d’eau de mer par jour, ce qui fait un rejet quotidien de 15 tonnes de sel/jour, 50 000 tonnes en 10 ans.
Et donc une destruction totale des ecosystèmes marins dans la zone de rejet.
Ce n’est jamais évoqué et pourtant le développement inévitable de la désalinisation de l’eau de mer sera la cause de véritables catastrophes environnementales ».

Illustration du processus de dessalement de l’eau de mer (Source : sydneydesal.com)

————————————————

I have warned several times on this blog about the effects the melting of glaciers could have on the water supply in many regions of the world. The largest is undoubtedly southeast Asia, which depends on the Himalayan glaciers, a true water tower for the region. We should not forget, either, South America where the life of many communities depends on the water provided by the Andean glaciers.
Alongside the melting of glaciers, global warming is causing periods of intense drought in certain parts of the world and springs are drying up. One sshould therefore find solutions to replace them. ,
In Spain, Catalonia is experiencing its worst drought in a century. This situation also concerns the north of the province, on the border of the Pyrénées-Orientales. Faced with a lack of solutions, the region has decided to exclude the use of resupply by boat, but intends to install a floating seawater desalination plant in the port of Barcelona. According to the Catalan Minister of the Environment, it is a less expensive solution than boats, and which allows for better security of supply.
The floating plant, installed on a huge cargo ship, will be operational by October 2024 and will be able to produce 40,000 cubic meters of water every day, or 6% of Barcelona’s daily consumption.
Desalination of sea water is an interesting solution in the event of a shortage because it makes it possible to obtain fresh water all year round, whatever the season, and to cope with severe water crisis situations. . This technology also has applications in industry and agriculture, if only for crop irrigation.
However, seawater desalination also has disadvantages. Among these, there is the particularly high energy consumption to ensure the operation of the equipment. Extracting salt from seawater requires a lot of energy and therefore increases the carbon footprint. Furthermore, the elimination of minerals and their discharge into the sea is harmful to the environment because of the high content of salt and chemicals. There is a risk of imbalance in marine ecosystems. And then there is the cost of infrastructure, without forgetting their maintenance. We can also hear criticism regarding the health aspect of the water thus produced. Chemical products are often used to produce this fresh water which contains too much sodium.
In the end, nothing beats the good water of the Plateau de Millevaches which, let’s not forget, is that of the thousand springs, even if the nice cows can often be seen in the countryside…
Source: France Info, NEWater.

Où sont passés les avions renifleurs de cendre volcanique ? // Where are the volcanic ash detecting planes ?

En raison de l’éruption du Ruang, l’aéroport Sam Ratulangi de Manado, en Sulawesi du Nord, sera fermé au moins jusqu’au dimanche 21 avril 2024 à 12h00 (heure locale). La prolongation de l’arrêt d’activité a été décrétée pour des raisons de sécurité. Les autorités locales expliquent qu’il serait très dangereux que des cendres volcaniques entrent en contact avec les avions. En conséquence, des dizaines de vols en provenance et à destination de Manado et d’autres aéroports voisins ont dû être annulés en raison de la présence des cendres volcaniques provoquées par l’éruption du Ruang. Actuellement, des panaches de cendres s’élèvent encore du volcan jusqu’à une altitude de 4 500 mètres, ce qui peut potentiellement endommager les moteurs des avions. Afin de minimiser les pertes pour les passagers, les compagnies aériennes rembourseront tous les billets jusqu’à ce que l’aéroport de Manado soit de nouveau opérationnel.
On remarquera que la situation du trafic aérien ne s’est pas améliorée depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, événement qui a cloué au sol les avions qui devaient voler dans l’espace européen. À l’époque, certaines compagnies avaient promis d’installer à bord des appareils des équipements permettant de détecter les cendres dans le ciel, mais aucune mesure n’a vraiment été prise. On se souvient que des sacs de cendres de l’Etna ont été déversés au-dessus du Golfe de Gascogne et que des avions ont traversé ces cendres, mais quelques mois plus tard, lorsque le volcan sicilien est véritablement entré en éruption, aucun avion ne s’est aventuré à l’intérieur des nuages de cendres ! En 2014, alors que je voyageais vers l’Alaska depuis Londres à bord d’un Boeing 767 de la British Airways, j’ai aperçu la fumée noire de l’éruption dans l’Holuhraun au-dessus du nord de l’Islande. J’ai demandé à un steward d’informer le pilote de l’événement. Le pilote est venu me voir et m’a dit qu’il n’avait jamais entendu parler de cette éruption et que, de toute façon, il n’y avait pas de système de détection de cendres à bord de l’avion… Je pense que ce n’est pas demain que les compagnies aériennes accepteront de mettre en danger la vie de milliers de passagers dans un texte contexte éruptif. C’est une sage décision quand on se souvient des catastrophes aériennes évitées de justesse lors des éruptions du Galunggung (Indonésie) en 1982 et du Redoubt (Alaska) en 1989. Ces deux incidents sont indirectement responsables des perturbations causées au trafic aérien au printemps 2010 par l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande. En effet, ils ont largement été évoqués pour justifier le principe de précaution et l’annulation de nombreux vols.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

————————————————-

Because of the Mt Ruang eruption the Sam Ratulangi Airport in Manado, North Sulawesi, will be closed at least until Sunday at 12:00 p.m. local time. The extension was made considering safety concerns. Local authorities explain that it would be very dangerous if volcanic ash were attached to the aircraft. As a consequence, dozens of flights from and to Manado and other nearby airports had to be canceled due to the spread of volcanic ash from the eruption of Mount Ruang. Currently, ash clouds are still observed at an altitude of 4,500 meters, which has the potential to damage aircraft engines during flight. To minimize the losses for the passengers, the airlines have refunded all tickets until Manado Airport resumes operations.

It should be noticed that the situation of air traffic has not improved since the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland that brought planes to a standstill in the European airspace. At the time, there were promises by some air companies that equipment would be installed aboard the aircraft to detect ash in the sky, but nothing has really happened since that time. One can remember that bags of ash from Mt Etna were poured above the Bay of Biscay with planes flying across it, but a few months later, when the Sicilian volcano really erupted, no plane ventured inside the ash clouds ! In 2014, while travelling to Alaska on board a British Airways Boeing 767, I could see the dark smoke from the Holuhraun eruption over northern Iceland. I asked a steward to inform the pilot about the vent. The pilot came to me and told me he had never heard about the eruption and that there was no ash detection system aboard the plane… I think air companies are not ready to endanger the lives of thousands of passengers during an eruptive period.  It is a wise decision when we remember the air disasters narrowly avoided during the eruptions of Galunggung (Indonesia) in 1982 and Redoubt (Alaska) in 1989. These two incidents are indirectly responsible for the disruptions caused to air traffic in spring 2010 by the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. Indeed, they have been widely cited to justify the precautionary principle and the cancellation of numerous flights.

Islande : soulèvement du sol à Svartsengi et évolution possible de la situation // Iceland : ground uplift at Svartsengi and possible evolution of the situation

L’éruption qui a débuté le 16 mars 2024 au niveau du cratère Sundhnúkur sur la péninsule de Reykjanes, se poursuit à un rythme constant avec un débit de lave d’un peu plus de 3 mètres cubes par seconde. Depuis le 5 avril, un seul cratère est actif sur la fracture éruptive.
Lorsque l’éruption a commencé en mars, le soulèvement du sol à Svartsengi a considérablement ralenti et s’est presque arrêté. Cela indiquait qu’il existait un équilibre entre l’arrivée de magma dans le réservoir magmatique sous Svartsengi et le débit éruptif au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkur.
Début avril, le soulèvement du sol a recommencé à augmenter à Svartsengi, et le volume de magma qui s’évacue maintenant à Sundhnúkur est identique à celui qui s’accumule dans le réservoir sous Svartsengi. Cela provoque une augmentation de la pression magmatique et donc un soulèvement du sol.

Soulèvement du sol à Svartsengi (Source: Met Office)

L’évolution actuelle est différente de celle des éruptions passées. Avec l’éruption actuelle, on a un débit de lave relativement stable au niveau du cratère Sundhnúkur et, en même temps, un soulèvement du sol à Svartsengi. On ne sait donc pas comment va évoluer la situation. Aujourd’hui, on ne peut exclure une montée du magma vers la surface avec une activité éruptive qui s’ajouterait à l’éruption en cours.
Si l’accumulation de magma se poursuit au même rythme, la probabilité d’une autre propagation du magma vers la surface augmentera dans les jours ou semaines à venir, même si l’éruption actuelle continue. Une telle situation n’a jusqu’à présent jamais été observée sur la péninsule de Reykjanes.
Dans son dernier rapport, le Met Office envisage plusieurs scénarios si la propagation du magma vers la surface coïncide avec l’éruption actuelle :
1) Le magma pourrait quitter le réservoir magmatique sous Svartsengi et atteindre la chaîne de cratères de Sundhnúkur, comme cela s’est produit au cours des six dernières éruptions.
2) Suite à l’arrivée d’un nouveau magma, de nouvelles fractures éruptives pourraient s’ouvrir dans la zone située entre Stóra-Skógfell et Hagafell et le cratère éruptif actuel pourrait s’agrandir en raison d’une augmentation soudaine du débit de lave.
3) Il est également possible que la propagation du magma vers la surface ne se produise pas, mais que le débit de l’éruption actuelle commence à augmenter régulièrement jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit atteint entre l’arrivée de magma et le débit éruptif en surface. Cependant, si l’arrivée de magma en surface entraîne l’ouverture d’une nouvelle fracture éruptive ailleurs que dans la zone située entre Stóra-Skógfell et Hagafell, un tel scénario s’accompagnera très probablement d’une sismicité intense et d’une déformation beaucoup plus visible que lors des éruptions précédentes.
Source : Met Office.

Jusqu’à présent, l’accès au site de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes était interdit, mais la situation pourrait bientôt changer. L’Office islandais du tourisme a mis en place un groupe de travail chargé de faire le nécessaire pour ceux qui souhaiteraient assister à l’éruption.
L’idée est d’ouvrir une zone près de Svartsengi avec accès par la Grindavíkurvegur du côté est. Des discussions sont en cours avec les propriétaires fonciers et, si elles aboutissent, le groupe de travail prévoit de créer un parking payant pour les visiteurs. C’est une bonne idée, mais l’éruption est beaucoup moins intense qu’il y a quelques semaines.

Source : Iceland Review.

Vue de l’éruption le 19 avril 2024 (image webcam)

———————————————–

The eruption that started on March 16th, 2024 at the Sundhnúkur crater row on the Reykjanes Peninsula is going on at a steady rate with a lava flow just over 3 cubic meters per second. Since April 5th, only one crater has erupted.

When the eruption started in March, ground uplift at Svartsengi slowed down considerably and almost stopped. This indicated an equilibrium between magma inflow into the magma reservoir beneath Svartsengi, and to the surface at the Sundhnúkur crater row.

At the beginning of April, ground uplift began to increase again at Svartsengi, and a similar volume of magma is now being erupted at Sundhnúkur as is accumulated in the reservoir beneath Svartsengi, causing increased magma pressure, and thus ground uplift.

The current development is different from the past eruptions. With the current one, there is a relatively stable lava flow at Sundhnúkur crater row and, at the same time,ground uplift in Svartsengi. Therefore, there is more uncertainty now than before about the possible development of the event. Today, one cannot exclude a magma propagation to the surface during the ongoing eruption.

If magma accumulation continues at a similar rate, the likelihood of another magma propagation increases in the coming days or weeks, even though an eruption is still ongoing. This kind of situation has thus far not been seen before in the area.

In its latest report, the Met Office predicts deveral robable scenarios if magma propagation coincides with the current eruption:

  1. Magma might propagate from the magma reservoir beneath Svartsengi to the Sundhnúkur crater row, as has happened in the last six times.
  2. Following the magma propagation, new eruptive fissures could open in the area between Stóra-Skógfell and Hagafell and the current eruptive crater could be enlarged due to a sudden increase of lava flow.
  3. It is also possible that magma propagation will not occur, but that the flow of the current eruption will begin to increase steadily until a new equilibrium between the inflow of magma from below and flow to the surface from the crater is reached. However, if magma propagation results in a new eruptive fissure opening elsewhere than in the area between Stóra-Skógfell and Hagafell, such a scenario would very likely be accompanied by intense seismicity and deformation with considerably more notice than previous eruptions.

Source : Met Office.

Up to now, access to the eruption site on the Reykjanes Peninsula was prohibited, but the situation might change soon. The Icelandic Tourist Board leads a workgroup that has the task of preparing facilities for those who want to view the volcanic eruption.

The idea is to open an area near Svartsengi with access through Grindavíkurvegur road on the eastern side. Contracts are underway with land owners and if they are completed, the workgroup plans to make a parking space for those who want to witness the eruption. Visitors will be charged for access to the parking space. This is a good idea, but the eruption is far less intense than a few weekks ago.

Source : Iceland Review.