Salon du Livre de Sainte-Maure-de-Touraine

Le dimanche 6 avril 2025 je serai présent au Salon du Livre de Sainte-Maure-de-Touraine (Indre-et-Loire) qui se tiendra de 10 heures à 18 heures au Château des Rohan, là même où j’ai présenté ma conférence « Volcans et Risques Volcaniques «  il y a quelques semaines. La municipalité a eu la gentillesse de me convier à ce Salon.

Je présenterai plusieurs ouvrages dont le dernier en date : Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions », écrit conjointement avec Dominique Decobecq.

Au plaisir de vous accueillir.

Fonte des glaciers : le Rhône en péril

Après m’être rendu à son chevet à plusieurs reprises, j’ai alerté sur la fonte du Glacier du Rhône, au cœur du Valais suisse. Je l’ai vu pour la première fois en 1981, époque où la masse de son front se dressait à proximité de la route qui conduit au Col de la Furka, bien connu des cyclotouristes.

Photo: C. Grandpey

Quand je suis retourné en Suisse en 2017, le glacier avait disparu et il fallait suivre un long sentier pour assister à un véritable spectacle de désolation : le glacier avait reculé à une vitesse incroyable, comme le prouvent les panneaux datés le long du sentier.

Photos: C. Grandpey

On se trouve exactement dans la même situation que la Mer de Glace où des panneaux identiques ont été apposés sur l’ancien encaissant du glacier.

Photo: C. Grandpey

 Des grottes de glace ont été creusées dans les deux glaciers. Si celle de la Mer de Glace est encore présentable, celle du Glacier du Rhône est moribonde et sa survie ne tient qu’à un fil.

Photo: C. Grandpey

 Le Glacier du Rhône donne naissance au fleuve éponyme qui sort du petit lac apparu devant le glacier.

Photo: C. Grandpey

Je me suis posé la même question à l’occasion de chaque visite: Qu’adviendra-t-il du fleuve le jour où le glacier ne sera plus mesure de l’alimenter ? La même question se posera pour des affluents, comme l’Arve ou l’Isère, qui sont, eux aussi, alimentés par la fonte des glaciers.

Glacier des sources de l’Isère (Photo: C. Grandpey)

On peut affirmer sans trop se tromper que la fonte du Glacier du Rhône sera source de problèmes dans les prochaines décennies. Le fleuve coule jusqu’au lac Léman, avec comme dernière étape avant la France le barrage du Seujet. C’est ici, en Suisse, que se décide le débit du fleuve côté français. Avec l’eau qui se raréfie, la situation pourrait devenir conflictuelle entre les deux pays. En cas de besoin, la France ne peut demander à la Suisse que 15 cm d’eau du lac. Avec les épisodes de sécheresse à venir, il est probable que cette demande deviendra insuffisante.

Côté français, le Rhône permet de refroidir quatre centrales nucléaires et d’alimenter 18 usines hydroélectriques, comme celle de Pierre-Bénite dans le département du Rhône. La réserve d’eau permet également d’alimenter une ville de 220 000 habitants. Avec la disparition annoncée du glacier source d’ici la fin du siècle, le débit du Rhône devrait baisser de 20% dès 2050. Dans le même temps, les besoins en eau ne cesseront d’augmenter.

J’ai attiré l’attention sur les effets d’une baisse de débit du Rhône sur la Camargue. (Voir, par exemple, mes notes du 10 novembre 2022 et du 220 mars 2025.

Source: Wikipedia

Dans mon dernier article, j’expliquais que « le Rhône constitue depuis longtemps une source de vie pour la Camargue car il apporte l’eau douce des Alpes et atténue la salinité de la région. À mesure que la pluie et les chutes de neige diminuent, il en va de même du débit du fleuve qui a diminué de 30 % au cours des 50 dernières années et la situation ne peut qu’empirer. Les scientifiques ne cessent de répéter que les glaciers qui sont en train de fondre à un rythme incroyablement élevé ont déjà dépassé le point de non-retour. Il est donc quasiment certain que, dans les années à venir, les 40% de débit des rivières qui arrivent en Camargue se réduiront comme peau de chagrin. »

Source: presse nationale avec France Info.

Pourquoi un séisme en Birmanie ? // Why an earthquake in Myanmar ?

La Birmanie – ou Myanmar – vient d’être secouée par un puissant séisme de magnitude de M7,7 sur l’échelle de Richter, dont l’hypocentre a été localisé à seulement 10 km de profondeur, ce qui explique la violence de l’événement. Comme d’habitude, les médias français s’attardent sur les morts et les dégâts, autrement dit tout ce qui est spectaculaire, mais n’informent pas sur la cause du séisme.

La Birmanie se trouve à cheval sur trois plaques tectoniques : 1) la plaque indienne à l’ouest, qui remonte vers l’Himalaya à la vitesse d’environ 6 centimètres par an. 2) Au nord et à l’est du pays, se situe la plaque eurasiatique qui se déplace vers le nord-ouest à une vitesse de 0,6 centimètres par an. 3) En Birmanie, s’étalant vers le sud, se trouve la plaque birmane, qui est en fait un prolongement de la plaque eurasiatique. Elle se déplace vers le nord à une vitesse de 4,6 centimètres par an. Le pays est également traversé par la faille de Sagaing, qui marque la limite entre les plaques indienne et eurasiatique.

Cette situation explique la fréquence des séismes dans cette région du monde. Certaines secousses particulièrement puissantes ont impacté le pays entre 1929 et 1932, avec des séismes de magnitude supérieure à M7.0 sur l’échelle de Richter. Le plus meurtrier a été celui de Bago, le 5 mai 1930. De magnitude 7,3, il a provoqué la mort d’environ 600 personnes,. À noter également le séisme de Sagaing du 16 juillet 1956 ; d’une magnitude de M7.0, il a détruit différentes structures dans plusieurs villes. Plus récemment, une quinzaine de séismes de faible magnitude ont frappé la Birmanie depuis le début de l’année 2018 et aujourd’hui, la Birmanie est secouée par un événement de M7,7.

Depuis la fin de la junte militaire, le pays tente de prévenir les séismes de manière plus efficace. La mise en place de nouvelles lois et organisations s’est accompagnée d’actions plus concrètes. Le respect des normes antisismiques est de plus en plus courant.

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Burma – or Myanmar – has just been rocked by a powerful earthquake measuring M7.7 on the Richter scale , whose hypocenter was located at a depth of only 10 km, which explains the violence of the event. As usual, the French media focused on the deaths and damage, in other words, everything spectacular, but provided no information on the cause of the earthquake.
Burma straddles three tectonic plates: 1) the Indian plate to the west, which is moving toward the Himalayas at a rate of approximately 6 centimeters per year. 2) To the north and east of the country lies the Eurasian plate, which is moving northwest at a rate of 0.6 centimeters per year. 3) In Burma, extending southward, lies the Burmese plate, which is actually an extension of the Eurasian plate. It is moving northward at a rate of 4.6 centimeters per year. The country is also crossed by the Sagaing Fault, which marks the boundary between the Indian and Eurasian plates.
This situation accounts for the frequency of earthquakes in this region of the world. Some powerful tremors impacted the country between 1929 and 1932, with earthquakes greater than M7.0 on the Richter scale. The deadliest was the Bago earthquake on May 5, 1930. Measuring 7.3 on the Richter scale, it caused the deaths of about 600 people. Also notable was the Sagaing earthquake of July 16, 1956; measuring M7.0 on the Richter scale, it destroyed various structures in several cities. More recently, about fifteen low-magnitude earthquakes have struck Myanmar since the beginning of 2018, and today, Myanmar has been shaken by a M7.7 event. Since the end of the military junta, the country has been trying to prevent earthquakes more effectively. The implementation of new laws and organizations has been accompanied by more concrete actions. Compliance with earthquake-resistant standards is becoming increasingly common.

Islande : éruption…ou pas éruption ? // Iceland : will there be an eruption ?

Les volcanologues islandais sont peut-être « très calés » (dixit un chercheur du laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand), mais des articles parus sur le site Iceland Monitor montrent que leurs points de vue divergent quant à la situation sur la péninsule de Reykjanes et à la probabilité d’une éruption.
Le volcanologue Þorvaldur Þórðarson explique qu’il est impossible de prédire si et quand une nouvelle éruption se produira sur la péninsule, car les hypothèses utilisées jusqu’alors pour effectuer des prévisions ne sont plus fiables. La dernière éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a débuté le 20 novembre 2024 et a duré jusqu’au 9 décembre. Cependant, les prévisions concernant la date d’une nouvelle éruption se sont jusqu’à présent révélées inexactes.
Þórðarson a noté que l’inflation, qui montrait une hausse régulière, a considérablement ralenti en mars. « La courbe s’aplatit maintenant. Cela signifie peut-être que la situation est sur le point de se terminer. » Malgré ce ralentissement apparent, le volcanologue souligne que les modèles antérieurs de chronologie des éruptions ne sont plus valables. « Une éruption peut tout aussi bien commencer demain, la semaine prochaine, ou ne pas avoir lieu du tout. »

Quelques jours avant Þorvaldur Þórðarson, Páll Einarsson, professeur émérite de géophysique à l’Université d’Islande, avait proposé une approche différente de la situation sur la péninsule de Reykjanes. Selon lui, l’inflation continue et les séismes fréquents montrent qu’une nouvelle éruption pourrait être imminente. « L’inflation se poursuit, et les séismes se produisent en conséquence. » Tout porterait donc à croire qu’une intrusion magmatique se produira sous peu. Einarsson a ajouté que la plupart des paramètres montre que la huitième éruption à Sundhnúkagígar est imminente.
Bien que le moment précis de l’éruption reste incertain, le scientifique souligne que rien ne permet de prédire quand elle se produira. « La situation montre qu’elle pourrait se déclencher à tout moment, mais elle pourrait aussi être retardée. »
Depuis l’éruption de décembre 2023, l’intervalle entre les éruptions est de plus en plus long. Selon lui, ce retard est susceptible de provoquer une éruption plus puissante que les précédentes.
Il explique que divers scénarios sont possibles après la prochaine éruption, notamment un déplacement du flux magmatique vers d’autres zones de la péninsule de Reykjanes.

À la lecture des avis des deux scientifiques, on peut conclure que la meilleure chose à faire est d’attendre et voir. La Nature décidera de ce qui se passera. Il pourrait y avoir une éruption… ou pas d’éruption. En écrivant ceci, je ne dénigre pas les deux volcanologues islandais (comme le chercheur de Clermont m’en a accusé) qui font de leur mieux. Je confirme simplement ce que j’ai déjà écrit à plusieurs reprises : « Nous ne sommes pas capables de prévoir les éruptions volcaniques.»
Source : Iceland Monitor.

La lave coulera-t-elle à nouveau sur la péninsule de Reykjanes?

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Icelandic volcanologists may be highly qualified (so told me a researcher at the Magma et Volcans Lab in Clermont Ferrand), but in Iceland they hold different points of view about the situation on the Reykjanes Peninsula and the likemihood of an eruption.

Volcanologist Þorvaldur Þórðarson cautions that it is impossible to predict if or when another eruption will occur on the peninsula, as the assumptions previously used to forecast eruptions are no longer reliable. The last eruption in the Sundhnúkagígar crater row began on November 20, 2024, and lasted until December 9. However, predictions about the timing of a new eruption have so far proven inaccurate.

Þórðarson has noted that inflation, which had been steadily increasing, has slowed considerably in March. “The curve is now flattening. Maybe that means this is just about to end.” Despite the apparent slowdown, the volcanologist emphasizes that previous models for eruption timing are no longer valid. “An eruption could just as easily begin tomorrow, next week, or not at all.

A few days before Þorvaldur Þórðarson, Páll Einarsson, professor emeritus of geophysics at the University of Iceland, held a different approach to the situation on the Reykjanes Peninsula. In his opinion, the ongoing inflation and frequent earthquakes on the Reykjanes Peninsula suggest that a new eruption may be imminent. « The inflation continues, and earthquakes are occurring correspondingly. Everything points to a magma run before too long. » Einarsson added that most indicators suggest that the eighth eruption in the Sundhnúkagígar crater row is about to occur. T

While the precise timing of the eruption remains unclear, the scientist emphasizes that there are no definitive signs to predict when it will occur. « The situation suggests that it could erupt at any time, but it could also be delayed. »

Since the December 2023 eruption, the period between eruptions has been longer than ever before. Einarsson does not rule out the possibility that this delay could result in a more powerful eruption than those preceding it.

Einarsson explained that various scenarios are possible after the next eruption, one of which is that the magma flow could shift to other areas on the Reykjanes Peninsula.

Reading the opinions of the two scientists, we can conclude that the thing to do is to wait and see. Nature will decide what will happen. There may be an eruption…or no eruption. Writing this, I am not denigrating the two Icelandic volcanologists (as the Clermont researcher accused me of doing) . I’m just confirming what I wrote severakl times before : We are not yet able to predict eruptions.

Source : Iceland Monitor.