Le temps des catastrophes // Future disasters

Le magazine Newsweek a récemment mis en garde les Américains contre les «Big One» susceptibles de se produire dans la partie Pacifique des Etats Unis.

La première catastrophe aurait pour cause la plaque océanique Juan de Fuca  qui, dans un processus de subduction, essaye de se frayer un passage sous la plaque nord-américaine, ce qui a déjà provoqué un séisme de magnitude M 9,0 en 1700. Un tel événement est censé se produire tous les 500 ans environ. Bien que l’on ne sache pas exactement quelles seront les conséquences d’un tel séisme, les chercheurs de l’Université de Washington ont récemment présenté 50 scénarios possibles.
Le séisme en question, baptisé le « Really Big One », aura lieu là où les plaques Juan de Fuca et d’Amérique du Nord se rencontrent le long de la zone de subduction de Cascadia, juste au nord de la ligne de faille de San Andreas. Le séisme affecterait les habitants de la côte, dans les Etats de Washington, de l’Oregon, de la Colombie-Britannique et du nord de la Californie. Un article du New York Times indiquait que le séisme et le tsunami qu’il provoquerait pourraient affecter 7 millions de personnes.
L’équipe scientifique de l’Université de Washington a présenté les scénarios optimistes et pessimistes d’un séisme de M 9,0 sur la zone de subduction de Cascadia lors de la réunion annuelle de la Geological Society of America le 24 octobre 2017. Leurs 50 simulations utilisent différentes associations de facteurs, comme l’épicentre, l’impact du séisme à l’intérieur des terres et les endroits, le long de la faille, où les secousses seraient les plus fortes. Ils ont effectué leurs simulations sur des superordinateurs.
Certaines prévisions mentionnées dans le rapport indiquent que le séisme serait moins sévère à Seattle si l’épicentre se trouvait sous la partie nord-ouest de l’Etat de Washington, bien que les sédiments sur lesquels a été construite la ville de Seattle accentueraient davantage les secousses que dans des zones de montagnes. Le séisme à Seattle pourrait durer jusqu’à 100 secondes. Les simulations prévoient également que les zones côtières seraient les plus touchées.
Les scientifiques indiquent que le ‘Really Big One’ se produira probablement dans le court terme, mais le magazine Newsweek a tenu a rassurer ses lecteurs et conclut son article en affirmant qu’il n’y a pas de quoi paniquer. En effet, les simulations ne sont qu’une partie d’un vaste projet collaboratif connu sous le nom de projet M9. Mis en place par l’Université de Washington, il vise à développer des moyens de mieux prévoir un séisme afin de donner à la population le temps de se mettre en sécurité.

Source: Wikipedia

La faille la plus célèbre d’Amérique, la faille de San Andreas, est connue pour provoquer des séismes fréquents. Le problème c’est qu’une partie du système de failles, la zone de San Jacinto Fault, dans l’arrière-pays californien, est restée étonnamment calme ces 200 dernières années. De récentes mesures ont détecté de petites secousses profondes sous le système de failles, ce qui laisse supposer qu’il n’est pas aussi calme qu’on le pensait et pourrait déclencher un puissant séisme dans un avenir proche.
La zone de la faille San Jacinto dans le sud de la Californie ne se trouve pas réellement en limite de plaque ; elle sert plutôt de point de libération de contraintes entre la plaque nord-américaine et la plaque Pacifique qui frottent l’une contre l’autre au niveau de la faille de San Andreas. Une partie de la zone de faille de San Jacinto, connue sous le nom d’Anza Gap, est au centre de la dernière étude. Les secousses tectoniques détectées sous l’Anza Gap sont le résultat d’un mouvement lent de la plaque qui provoque des tremblements de terre lents de 13 à 25 km sous la surface de la Terre. L’étude a révélé que, à tout moment, le glissement au niveau de l’Anza Gap est susceptible de s’accélérer sans prévenir. La découverte est importante car c’est la première fois que des preuves de séismes tectoniques spontanés ont été découvertes dans cette partie de la ligne de faille.
Comme indiqué précédemment, le problème est – bien que le sud de la Californie soit connu pour ses séismes fréquents – que l’Anza Gap est resté relativement calme pendant les 200 dernières années. La question est de savoir s’il a libéré l’énergie qui continue de s’accumuler suite au frottement de la plaque nord-américaine contre la plaque Pacifique. C’est la raison pour laquelle de nombreux scientifiques craignent que cette zone soit prête à déclencher un puissant séisme qui provoquerait des dégâts.
Ici encore, le magazine Newsweek tient à rassurer ses lecteurs. Selon le nouveau rapport, les découvertes récentes ne doivent pas inquiéter la population dans l’immédiat. Elles devraient permettre aux géologues de mieux prévoir les séismes dans la région. Certes, nous ne pouvons pas empêcher l’activité sismique, mais une bonne préparation peut réduire son impact sur les populations.
Source: Newsweek.

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Newsweek recently warned Americans against ‘Big Ones” to come in the near future in the Pacific part of the U.S..

The last time the Juan de Fuca oceanic plate jolted under the North American plate, unleashing an M 9.0 earthquake, was in 1700. With the event scheduled to happen once every 500 years or so, the magazine thinks we are due for another any day now. Although it is not clear what will happen when this mega quake does hit, researchers at the University of Washington recently presented 50 possible scenarios of how the event might unfold.

The predicted earthquake, dubbed the “Really Big One,” will take place where the Juan de Fuca and North American plates meet along Cascadia subduction zone, just north of the San Andreas fault line. The earthquake would affect those living in coastal Washington, Oregon, British Columbia and Northern California, and a 2015 New Yorker article predicted the quake and its subsequent tsunami could affect 7 million people.

The team presented both best- and worst-case scenarios of a potential M 9.0 earthquake on the Cascadia subduction zone at the Geological Society of America’s annual meeting on October 24th 2017. Their 50 simulations use different factor combinations, such as where the epicenter may be, how far inland the earthquake would travel, and where along the fault the shaking would be the strongest. They were run on supercomputers.

Some of the report’s predictions include that the quake will be less severe in Seattle if the epicentre were beneath the tip of northwest Washington, although the sediment grounds in Seattle would cause it to shake more than areas on hard rocky mountaintops. Shaking in Seattle could last as long as 100 seconds. The simulations also predict that coastal areas would be hit the hardest.

Although all science suggests that the Really Big One will occur, and that this will likely be sooner than later, Newsweek reassures its readers and concludes by saying there really isn’t a need for panic. These simulations are just one part of a huge collaborative project known as the M9 Project. Created at the University of Washington, this project aims to develop ways to better predict an earthquake as soon as possible to give people ample time to seek safety.

America’s most famous fault line, the San Andreas Fault, is known for its frequent earthquakes, but one part of the system, the San Jacinto Fault zone in inland Southern California, has been surprisingly quiet for the last 200 years. Now, new research has detected small tremors deep under the fault system, suggesting it is not as calm as we once thought and may be ready to release a massive earthquake sometime soon.

The San Jacinto Fault zone in southern California is not actually a plate boundary but rather serves as the stress release point between the North American plate and the Pacific Plate as they grind together at the San Andreas Fault. An area of the San Jacinto Fault zone, known as the Anza Gap, is the main focus of the recent study. The tectonic tremors detected underneath the Anza Gap are the result of slow plate movement resulting in slow earthquakes anywhere from 13 to 25 km beneath the Earth’s surface. The new research has revealed that at any given time the Anza Gap is spontaneously slipping at a far greater rate than researchers previously believed. The finding is significant because it’s the first time evidence of spontaneous tectonic tremors have been uncovered in this part of the fault line.

The problem is, although southern California is known for its frequent earthquakes, the Anza Gap has been relatively quiet for the past 200 years. Such a period of tectonic peacefulness raises the question of how the Anza Gap has been releasing the stress it continues to accumulate from both the North American plate and the Pacific Plate. For that reason, many experts suspect that this area is ripe to produce a damaging earthquake.

Here again, Newsweek reassures its readers. According to the new report, the recent findings are not cause for imminent concern, but rather may help geologists better predict earthquakes in the future. While we cannot prevent seismic activity, preparation can reduce its dramatic toll.

Source: Newsweek.

Dans la Faille de San Andreas! (Photo: C. Grandpey)

Pluie, neige et leur impact sur la Faille de San Andreas // The impact of rain and snow on the San Andreas Fault

Selon deux chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley, les séismes le long de la faille de San Andreas sont influencés par les pluies et chutes de neige de l’hiver. La découverte est importante car elle permet de mieux comprendre ce qui provoque les séismes et à quel moment ils sont plus susceptibles de se produire. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Science.
Les deux scientifiques travaillent sur l’ « impact saisonnier » sur les systèmes de failles On entend par impact saisonnier la façon dont la neige et la pluie pèsent sur le sol  pendant les mois d’hiver, ce qui le fait se comprimer. Quand la sécheresse revient, le poids se retire et le sol rebondit en quelque sorte. Selon les scientifiques, ce processus modifie le stress exercé sur la structure tectonique de l’État de Californie, en poussant et tirant sur les lignes de failles, y compris la Faille de San Andreas.
La Faille de San Andreas se trouve à la limite tectonique entre les plaques Pacifique et nord-américaine, et s’étire sur 1280 km à travers la Californie. En septembre 2016, on a enregistré un essaim d’environ 200 petits événements dans le secteur de la Salton Sea, juste au sud de la Faille. Cela a fait naître les craintes qu’un séisme de plus grande ampleur puisse avoir lieu dans le court terme. La zone de faille où l’essaim s’est produit n’a pas bougé depuis plus de 300 ans. Comme de puissants séismes se produisent normalement le long de la faille tous les 150 à 200 ans, les scientifiques pensent qu’un «Big One» est en retard.
Dans leur dernière étude, les deux chercheurs ont mesuré le mouvement vertical le long des lignes de faille en Californie pour observer les changements résultant de l’impact saisonnier. Ils ont pris en compte neuf années de données GPS sur la déformation verticale pour identifier les modifications de contraintes qui produisent de petits séismes le long des lignes de failles. A partir de ces résultats, ils ont calculé le délai de contrainte saisonnier pour chaque faille afin de calculer un cycle de contrainte moyen. Les résultats montrent que la faille de San Andreas connaît une hausse de petits séismes à la fin de l’été et au début de l’automne, alors que les failles situées le long de la bordure orientale de la Sierra Nevada enregistrent plus de séismes à la fin du printemps et au début de l’été. Les scientifiques précisent que cela ne signifie pas forcément qu’il y a une «saison sismique», mais que l’« impact saisonnier » joue un rôle. Même si la neige et les précipitations annuelles n’augmentent que légèrement le risque sismique, leur découverte fournit de nouvelles informations sur la façon dont les failles se rompent et pourquoi elles se rompent, ainsi que les contraintes qui sont mises en jeu.
L’étude ne prend pas directement en compte les séismes majeurs, mais les chercheurs ont examiné des événements historiques de magnitude supérieure à M 5.5 jusqu’en 1781. Ils ont constaté une légère augmentation de la sismicité lorsque l’impact saisonnier est plus élevé. L’étude ne prend pas en compte, et ne donne donc pas d’explications, sur l’essaim sismique enregistré sur la faille de San Andreas en septembre 2016.
Au début de l’année 2017, les scientifiques de l’Université de Stanford ont déclaré que la Californie connaîtrait à l’avenir plus d’inondations hivernales et de sécheresses estivales en raison du changement climatique. Les auteurs de l’étude disent qu’ils ne savent pas si des conditions météorologiques plus extrêmes entraîneront davantage de séismes dans les années à venir car ils n’ont pas exploré les tendances sur le long terme.
Les scientifiques prévoient maintenant d’affiner leur modèle d’impact saisonnier pour mieux comprendre «ce qui déclenche les séismes». Ils vont continuer d’examiner l’impact saisonnier et les cycles sismiques en Alaska. Dans cet Etat, il y a davantage de précipitations tout au long de l’année, ce qui entraîne un impact saisonnier plus important. En explorant un environnement tectonique différent avec différents modèles d’impact, ils espèrent mieux comprendre la fréquence des séismes en fonction des variations de contraintes saisonnières.
Adapté d’un article paru dans Newsweek.

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According to two researchers from the University of California, Berkeley, earthquakes along the San Andreas Fault in California are being triggered by winter rain and snowfall. The finding is important as it helps us understand what triggers earthquakes—and when they are more likely to strike. Their findings are published in the journal Science.

The scientists were investigating what impact seasonal loading has on fault systems. Seasonal loading refers to how snow and rain over the winter months acts as a weight, causing the land to depress. However, when it dries up, the weight is removed and the ground rebounds. This process, the scientists found, changes the stress placed on California’s state tectonics, pushing and pulling on the fault lines, including the San Andreas Fault.

The San Andreas Fault forms part of the tectonic boundary between the Pacific and North American Plate, stretching 1280 km through California. In September last year, there was a swarm of around 200 small earthquakes in the Salton Sea, just south of the fault. This raised concerns that a much larger earthquake could soon take place. The region of the fault where the swarm occurred had not ruptured for over 300 years. Large earthquakes normally occur along the fault every 150 to 200 years, so scientists think a “Big One” is overdue.

In the latest study, the two researchers measured vertical movement along the state’s fault lines to track changes resulting from seasonal loading. They used nine years’ worth of GPS data on vertical deformation to identify the stress changes on the fault lines that produce small earthquakes. From this, they calculated the seasonal stress time for each fault location to calculate an average stress cycle. Findings showed that the San Andreas Fault has an increase in small earthquakes in late summer and early fall, while the faults along the eastern edge of the Sierra Nevada see more earthquakes in late spring and early summer. The scientists indicate that this does not mean there is an “earthquake season,” but that seasonal loading plays a role. While the annual snow and rainfall increases the chance of earthquakes by a small amount, their discovery provides new information on how and why faults rupture, including the different stresses involved.

The study does not look at large earthquakes directly, but the researchers did look at historic events bigger than M 5.5 going back to 1781. They found there was a slight increase in earthquakes when seasonal loading was high compared to when it was low. However, the current findings do not explain the swarm of earthquakes at the San Andreas Fault in September 2016 which was not taken into account in the study.

Earlier this year, Stanford University scientists said California will experience more winter flooding and summer droughts in the future as a result of climate change. The authors of the study say it is not clear whether more extreme weather would lead to more earthquakes in the future as they did not explore longer-term trends.

Next, the scientists plan to refine their seasonal loading model to better understand “what makes earthquakes go.” They are continuing to look at seasonal loading and the earthquake cycle in Alaska. In that State there is more precipitation throughout the year that results in larger loads. By exploring a different tectonic environment with different loading patterns, they hope to learn more about the timing of the earthquakes with respect to the seasonal stress changes.

Adapted from an article in Newsweek.

Dans la faille de San Andreas… (Photos: C. Grandpey)

En attendant « The Big One » // Getting ready for « The Big One »

drapeau-francais« The Big One » est une expression souvent associée à la ville de San Francisco qui s’attend, à plus ou moins long terme, à un séisme majeur provoqué par un caprice de la Faille de San Andreas. Toutefois, le nord-ouest des États-Unis est également sous la menace d’un séisme majeur causé par la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine. Les sismologues affirment qu’une rupture de cette faille qui s’étire sur 1 045 km de longueur depuis le nord de la Californie jusqu’en Colombie-Britannique, suivie d’un tsunami, pourrait se produire de notre vivant. C’est pourquoi les responsables de la Protection Civile sont en train de se préparer pour le pire. Il ne faudrait pas oublier non plus que la subduction a donné naissance à la Chaîne des Cascades avec un bon nombre de volcans actifs comme le Mont St Helens, le Mont Rainier ou le Mont Adams. Nous ne savons pas quel effet un séisme majeur pourrait avoir sur ces volcans
C’est la raison pour laquelle les autorités étatiques et militaires travaillent ensemble pour élaborer des stratégies à mettre en place lorsque le « Big One » se produira. S’il se produisait, on estime que plus de 14 000 personnes mourraient, 30 000 seraient blessées, des milliers d’autres seraient sans-abri. L’économie de la région serait perturbée pendant des années, voire des décennies. Pour faire face à un tel désastre, les planificateurs envisagent un déploiement de personnel et d’équipement civils et militaires d’une ampleur encore jamais vue aux Etats-Unis pour faire face à une catastrophe naturelle. Il y aurait des ballets d’avions-cargos, d’hélicoptères et de navires, ainsi que des dizaines de milliers de soldats, des fonctionnaires, des équipes d’urgence mortuaire, des policiers, des pompiers, des ingénieurs, du personnel médical et d’autres spécialistes.
Depuis 2013, les autorités s’efforcent de mettre en place un plan d’intervention militaire pour l’État de Washington. Le plan d’intervention pour l’Oregon a été baptisé Cascadia Playbook. Le séisme et le tsunami de M 9 qui a dévasté certaines régions du Japon en 2011 a montré ce que le Pacifique Nord-Ouest doit faire pour se préparer à une catastrophe similaire.

Le plan prévoit l’instauration d’un système à plusieurs niveaux susceptible de fournir du personnel, des équipement et des fournitures à la région dévastée:
– De gros avions-cargos atterriraient dans les aéroports ou les bases aériennes capables de les accueillir. Ensuite, des avions plus petits seraient utilisés pour acheminer du personnel et des fournitures dans les aérodromes proches des zones dévastées.
– Les hélicoptères joueraient un rôle crucial, en particulier dans les zones côtières qui seraient probablement inaccessibles par la route en raison de la destruction des ponts et des routes.
– Des navires seraient probablement nécessaires pour permettre la livraison de fournitures d’urgence et aider à l’évacuation des personnes déplacées et des blessés.
– Des installations médicales d’urgence pour soigner les blessés seraient mises en place car les hôpitaux de la côte seraient probablement trop endommagés pour être utilisés. Les hôtels, motels, dortoirs de collèges, centres sportifs, etc. seraient utilisés comme abris temporaires pour les personnes évacuées.
– Des ingénieurs militaires et civils seraient envoyés pour commencer à réparer les infrastructures qui pourraient avoir subi des dégâts. Le pire des scénarios montre que plus de 1000 ponts dans l’Oregon et l’État de Washington s’effondreraient ou seraient tellement endommagés qu’ils seraient inutilisables.
– Le séisme et le tsunami feraient subir de gros dégâts aux infrastructures sur les principaux axes routiers comme la Route 101 ou l’autoroute n°5. Le trafic serait probablement dérouté en raison de grandes fissures dans la chaussée.
– Des systèmes de purification d’eau et des unités de communication d’urgence seraient déployés.
– Seattle, Portland et d’autres zones urbaines pourraient subir des dégâts considérables, tels que l’effondrement d’édifices construits avant que les normes parasismiques soient entrées en vigueur pour faire face à un séisme majeur. Des équipes de recherche et de secours en milieu urbain, spécialement formées, seraient envoyées pour rechercher des survivants dans les décombres des bâtiments détruits.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglais“The Big One” is often connected with San Francisco which expects, sooner or later, a major earthquake caused by the San Andreas Fault. However, north-western U.S. is also under the threat of a major earthquake caused by the subduction of the Juan de Fuca tectonic plate beneath the North American plate. Seismologists say a full rupture of the 1045-km-long offshore fault running from Northern California to British Columbia and an ensuing tsunami could come in our lifetime, and emergency management officials are busy preparing for the worst. We should not forget either that the subduction gave birth to the Cascade Range with quite a good number of active volcanoes, Mt St Helens, Mt Rainier and Mt Adams among other. We do not know what effect a major earthquake might have on these volcanoes
That’s why Federal, state and military officials have been working together to draft plans to be followed when the « Big One » happens. Should it occur, it is estimated that upward of 14,000 people would die, 30,000 would be injured, thousands would be left homeless and the region’s economy would be disrupted for years, if not decades. As a response, what planners envision is a deployment of civilian and military personnel and equipment that would eclipse the response to any natural disaster that has occurred thus far in the U.S. There would be waves of cargo planes, helicopters and ships, as well as tens of thousands of soldiers, emergency officials, mortuary teams, police officers, firefighters, engineers, medical personnel and other specialists.
Since 2013, authorities have been working at setting up a military response plan for Washington state. Oregon’s response plan is called the Cascadia Playbook. The M 9.0 earthquake and tsunami that devastated parts of Japan in 2011 gave greater clarity to what the Pacific Northwest needs to do to improve its readiness for a similar catastrophe.

The plans call for using a tiered system for delivering personnel, gear and supplies into the devastated region:
– Large cargo planes would land at airports or air bases capable of handling them, and then progressively smaller aircraft would be used to get personnel and supplies to smaller airfields close to devastated areas.
– Helicopters would play a crucial role, especially in coastal communities, which would likely be unreachable by road because of destroyed bridges and roads.
– Ships would likely be needed to assist with the delivery of emergency supplies and to assist with the evacuation of displaced and injured people.
– Emergency medical facilities to treat the injured would be set up because hospitals on the coast would probably be too damaged to use. Hotels, motels, college dorms, sports arenas, etc. would be used as temporary shelters for evacuees.
– Military and civilian engineers would be sent in to begin repairing an infrastructure that could be shattered. Worst-case scenarios show that more than 1,000 bridges in Oregon and Washington State could either collapse or be so damaged that they are unusable.
– Infrastructure on the main roadways like U.S. Route 101 or Interstate 5 would suffer heavy damage from the quake and from the tsunami. Traffic would likely have to be rerouted because of large cracks in the pavement.
– Transportable water purification systems and emergency communications units would be deployed.
– Seattle, Portland and other urban areas could suffer considerable damage, such as the collapse of structures built before codes were updated to take into account a mega-quake. Specially trained urban search and rescue teams would be sent to look for survivors in the ruins of destroyed buildings.
Source : Alaska Dispatch News.

Rainier avion

Seattle et le Mont Rainier à l’arrière -plan (Crédit photo: Wikipedia)

Le film « San Andreas »: De la science à la fiction // From science to fiction

drapeau francaisLorsque je l’ai vu la bande-annonce de San Andreas, un film sur les écrans en ce moment, j’ai compris d’emblée qu’il ne me plairait pas! D’accord, ce n’est pas un documentaire, mais les effets spéciaux sont tout de même trop poussés pour que le film devienne crédible. Il faut oublier la géologie de la faille de San Andreas si on ne veut pas quitter la salle de cinéma avant la fin.
https://www.youtube.com/watch?v=Bz9e0PGSDeU&feature=player_detailpage

Les cinéastes d’Hollywood ont pour habitude d’exagérer les effets pour attirer le public et San Andreas n’échappe pas à la règle. La puissance du séisme et les dégâts qu’il cause vont au-delà de la réalité. Comme l’a fait remarquer un sismologue américain, la première chose à garder à l’esprit est que les séismes de magnitude M 9 ne se produisent que le long des zones de subduction, là où les plaques tectoniques entrent en collision et où une plaque glisse sous une autre. Il y a des millions d’années, il y a eu une zone de subduction active sous Los Angeles ou San Francisco, mais ce n’est plus le cas. La faille de San Andreas se trouve à la limite entre la plaque Pacifique et la plaque nord-américaine. C’est une faille géologique dite en décrochement qui marque la rencontre et le coulissement de deux plaques tectoniques. Un séisme le long de cette faille pourrait en théorie atteindre M 8,3 mais, comme il se produirait principalement à l’intérieur des terres, il ne générerait pas un puissant tsunami comme celui que l’on peut voir dans le film.
Le niveau de destruction dépeint dans San Andreas est exagéré. Le gouffre béant qui s’est ouvert dans la région de San Andreas en Californie centrale est une chose totalement impossible. Si la faille pouvait s’ouvrir de cette manière, cela voudrait dire qu’il n’y aurait pas de frottement, et sans frottement n’y aurait pas de séisme.
San Andreas montre un sismologue capable de prédire la catastrophe à venir. C’est le rêve de tout sismologue! Malheureusement, les scientifiques n’ont pas encore trouvé le moyen de prévoir le moment où va se déclencher un séisme. Des signaux magnétiques et électriques sont utilisés ; on étudie même le comportement des animaux, mais sans grand succès. La seule chose que l’on sait, c’est que certaines régions du globe – comme la Californie – sont plus exposées aux séismes que d’autres. De plus, on sait qu’il y a une forte probabilité de déclenchement d’un nouveau séisme juste après une forte secousse. C’est un aspect de la sismologie qui apparaît bien dans San Andreas. Dans le film, un événement de M 7.1 dans le Nevada déclenche un autre de M 9.1 à Los Angeles, qui lui-même déclenche une secousse de M 9.6 à San Francisco. Si l’on reporte ces magnitudes en les mettant en relation avec la véritable possibilité d’un séisme sur la faille de San Andreas, le scénario devient plausible. Dans la journée qui a suivi le tremblement de terre de San Francisco en 1906, des séismes de M 5 à M 6 ont été enregistrés dans l’Imperial Valley, à Santa Monica Bay, dans l’Oregon et le Nevada. A ces distances, on les qualifie de « triggered earthquakes » (en français « séismes déclenchés ») plutôt que de « répliques », mais ils se produisent fréquemment. Les répliques qui continuent à secouer les personnages du film correspondent bien à celles qui font suite à un véritable séisme.
La partie la plus plausible de San Andreas est sa description des émotions ressenties par les personnes qui se trouvent au coeur d’une catastrophe majeure : L’absence de communications provoque un mouvement de panique au sein des familles ; savoir se protéger et protéger ceux qui vous entourent réduit la peur et augmente les chances de survie. Le film montre aussi fidèlement qu’il est très utile de connaître les principes de base des premiers secours, que les tsunamis peuvent être précédés par une phase de retrait de l’océan, que les lignes fixes continuent de fonctionner quand les téléphones cellulaires sont hors service et que le fait d’avoir un « plan B » peut rendre la vie plus facile et plus sûre après un puissant séisme. Pour le reste, vous aurez tout intérêt à faire abstraction de vos connaissances en géologie!

Ce film me rappelle un peu Le Pic de Dante dans lequel beaucoup de scènes étaient de la pure fiction. Le réalisateur avait  rassemblé dans un seul film tous les aspects des éruptions volcaniques. Chaque aspect pris séparément était plausible, mais mettre tous les aspects dans le même panier devenait carrément comique!

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drapeau anglaisWhen I saw the trailer of San Andreas, a film that is on the screens at the moment, I knew I would not like it! Ok, it is not a documentary but it’s going a bit too far in the special effects to become credible. You need to forget the science around the San Andreas Fault if you do not want to leave the film before the end.

https://www.youtube.com/watch?v=Bz9e0PGSDeU&feature=player_detailpage

Hollywood filmmakers usually exaggerate for effect, and this film is no exception. Both the magnitude of the earthquake and the damage it causes are beyond reality. The first thing to know is that M 9 earthquakes only occur along subduction zones, places where tectonic plates collide and where one plate slips under another. Millions of years ago, there used to be an active subduction zone under Los Angeles or San Francisco, but this is no longer the case. The San Andreas Fault forms the tectonic boundary between the Pacific Plate and the North American Plate, and its motion is right-lateral strike-slip. Besides, an earthquake along the fault would reach a maximum of M 8.3. Being mostly on land, it would never produce a big tsunami like the one in the movie.

The level of destruction portrayed in the film is exaggerated. The gaping chasm we see rupturing the San Andreas area in central California is completely impossible. If the fault could open up like that, there would be no friction, and without friction there would be no earthquake.

San Andreas shows a seismologist predicting the coming disaster. This is a seismologist’s dream! Unfortunately, we have yet to find any way to foresee the time of a particular earthquake. Magnetic and electric signals, even animal behaviour have been studied without much success. The only thing we know is that some areas of the globe – like California – are more prone to earthquakes than others. The only time we know an earthquake becomes more likely is right after another one because of earthquake triggering. This is an important piece of seismology the film gets right. In San Andreas, a M 7.1 event in Nevada triggers a M 9.1 in Los Angeles that triggers a M 9.6 in San Francisco. If you adjust the magnitudes to what’s possible on the real San Andreas Fault, the triggering pattern is actually plausible. In the day after the 1906 earthquake that devastated San Francisco, M 5 to 6 earthquakes ruptured through Imperial Valley, Santa Monica Bay, Oregon and Nevada. At those distances, we call them “triggered earthquakes” instead of “aftershocks,” but they are common. The aftershocks that continue to rattle the characters in the movie are representative of what indeed could follow a real event.

The most plausible part of San Andreas is its depiction of the emotions people experience during a major disaster. The loss of communication brings fear to families, while the knowledge of how to protect yourself and those around you reduces that fear and boosts the chances of survival. The film also aptly shows that knowing the fundamentals of first aid, that tsunamis can be preceded by a draw-down of the ocean, that landlines work when cell phones are out and that having a “plan B” all can make life easier and safer after a big earthquake. For the rest, just forget geology!

This film reminds me of Dante’s Peak in which many scenes were pure fiction. The director had brought together in a single film all the aspects of volcanic eruptions. Each aspect was plausible, but putting all aspects in one basket was downright comical!

Voici quelques vues de la plaine de Carrizo et de la faille de San Andreas:

Here are some views of the Carrizo Plain and the San Andreas Fault:

SA 01

Vue de la Tremblor Range qui borde la plaine de Carrizo au nord-est

SA 02

De profondes fractures déchirent la plaine de Carrizo

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Soda Lake, au centre de la plaine de Carrizo

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Faille de San Andreas à Wallace Creek

SA 05

Dans la faille de San Andreas…

(Photos:  C.  Grandpey)

Volcano: un mauvais film catastrophe!

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une émission de vulgarisation scientifique sur du cinéma catastrophe dans laquelle mon ami Jacques-Marie Bardintzeff commente le film Volcano où Tommy Lee Jones affronte un volcan en train de naître en plein Los Angeles.
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=275
Je connais bien Jacques-Marie et son analyse du film reflète toute sa gentillesse. J’ai déjà eu l’occasion de commenter le film et je me suis montré beaucoup plus critique. Pour moi, Volcano ne vaut pas grand-chose dans la mesure où il repose dès le départ sur une impossibilité, au moins à l’heure actuelle : la naissance d’un volcan au cœur de Los Angeles. Comme le fait remarquer Jacques-Marie, le véritable danger dans cette partie des Etats-Unis est avant tout sismique. La faille de San Andreas bouge en permanence et un tremblement de terre majeur (le célèbre Big One) causera un jour ou l’autre de très gros dégâts dans de grandes agglomérations comme Los Angeles, San Diego ou San Francisco. Si certains passages du film sont acceptables en mettant en évidence les risques volcaniques, il faut bien reconnaître que les coulées de lave nées des ordinateurs font sourire ceux qui les ont côtoyées dans la réalité !

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog un petit album photo consacré à la faille de San Andreas.