De la laine pour les glaciers suisses

Concentrations de CO2 : 425,13 ppm (5 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans les Alpes, la glace et la neige fondent plus vite que jamais, avec des conséquences désastreuses pour le tourisme et l’économie de toute une région. Pour essayer de freiner la fonte de la glace, j’ai expliqué comment des bâches ont été installées à l’entrée des grottes creusées dans la Mer de Glace (France) et le glacier du Rhône (Suisse) afin de permettre aux visiteurs de pénétrer à l’intérieur d’un glacier. Cependant, cette solution n’est pas viable sur le long terme et, tôt ou tard, les grottes glaciaires seront fermées au public.

Photos: C. Grandpey

De la même manière, d’autres bâches ont été installées à la surface de plusieurs glaciers pour ralentir leur fonte et permettre aux skieurs de pratiquer leur sport.
Depuis des années, des bâches synthétiques sont déployées en été sur les zones de glace et de neige afin de réfléchir la lumière du soleil et de réduire l’absorption de chaleur. Dans une note publiée en juillet 2022, j’expliquais qu’au glacier de Presena, dans le nord de l’Italie, entre le Trentin-Haut-Adige et la Lombardie, quelque 120 000 mètres carrés de bâches blanches avaient été installés pour ralentir la fonte de la glace. Depuis 1993, ce glacier avait en effet perdu plus d’un tiers de son volume. Déployées à plus de 2 700 mètres d’altitude, les bâches sont façonnées à l’aide d’une toile géotextile qui réfléchit la lumière (voir ma note sur l’albédo).

Crédit photo: presse italienne

Cette technologie permet de maintenir une température inférieure à la température ambiante et contribue ainsi à la préservation de la neige. Le projet a débuté en 2008, avec près de 30 000 m² de bâches installées sur la neige.
Le problème est que ces bâches sont généralement en plastique et peuvent libérer des microfibres qui contribuent à la pollution de notre planète. Pour résoudre ce problème, l’organisation environnementale Summit Foundation et l’Université de Lausanne ont imaginé le projet « Keep It Wool », qui utilise la laine à la place du plastique pour ralentir la fonte du glacier de Tsanfleuron dans le massif des Diablerets, en Suisse romande.

Crédit photo: Université de Lausanne

 La chaleur record de 2026 a provoqué la fonte de la neige qui s’était accumulée sur les glaciers pendant l’hiver plusieurs semaines plus tôt que d’habitude. Cette situation a entraîné une accélération de la fonte, responsable de l’aggravation des glissements de terrain, comme celui qui a dévasté le village de Blatten (Suisse) en 2025 et déclenché les inondations catastrophiques au Népal.
Les chercheurs suisses souhaitent mettre au point une alternative biodégradable tout en profitant de la laine suisse dont 40 à 70 % sont jetés chaque année. Ce sont quatre étudiants de ‘Université de Lausanne qui ont eu cette idée et se sont attelés à sa mise en œuvre. En juin 2026, deux prototypes de couvertures en laine, fabriqués par l’entreprise suisse Fisolan, ont été installés sur 200 mètres carrés du glacier de Tsanfleuron.

Durant tout l’été, des chercheurs ont comparé les performances de cette nouvelle texture à celles d’une couverture géotextile classique. Les premiers résultats ont dépassé les attentes. Les mesures effectuées toutes les deux semaines ont montré que les couvertures en laine limitaient la fonte autant que les couvertures synthétiques.
Malgré tout, quelles que soient leurs performances, ces couvertures en laine ne constituent pas une solution au réchauffement climatique, qui doit être combattu à la source par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Source : Médias suisses.

Une réflexion au sujet de « De la laine pour les glaciers suisses »

  1. Bonjour Claude.

    Post toujours aussi intéressant, mais la (les) solution(s) expliquée ne me satisfait pas.

    Que nous le voulions ou non, ces actions sont palliatives, ne font que retarder peu ou prou l’inéductable, et pour quoi ?
    Pour faire plaisir et attirer des touristes qui paieront pour pénétrer dans le coeur d’un glacier ? Pour avoir du volume de clients dans les stations d’altitudes ? Pour privilégier le ski d’été ?
    Et surtout polluer encore plus : fabriquer des bâches en plastique = pollution massive à terme (vous avez souligné les microfibres) ou fabriquer une couverture « biodégradable » en laine de ce que vous voulez (qui polluera massivement AVANT leur installation) et qui se délitera dans le temps !

    Nos glaciers sont appelés à disparaître. « Mes » glaciers des Pyrénées n’existeront plus pour mes descendants.
    Les Oulettes de Gaube sera l’un des derniers.
    J’ai eu la chance et le plaisir (en polluant la planète lors du vol aller/retour) de marcher dans les entrailles du Langjökull il y a quelques années et contempler les glaciers des Andes (souvenirs du Mercédario et de l’Aconcagua).

    Rien d’autre à faire que se souvenir. La géopolitique internationale se fout comme de l’an 40 de l’environnement.
    Le commerce et le pétrole. Rien de plus.

    Je vais aller jeter mes déchets plastiques dans le container ad-hoc qui déborde car pas ramassé à une cadence suffisante.

    Bonne journée, amitiés.
    Frédéric.

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