Cumbre Vieja (La Palma): nouvelles de l’éruption // News of the eruption

10 heures : L’éruption du Cumbre Vieja entre dans sa sixième semaine, avec de nouvelles coulées de lave et une activité qui, loin de cesser, s’intensifie.

L’IGN indique que plus de 80 séismes ont été enregistrés aujourd’hui 25 octobre entre minuit et 7h00, avec une magnitude maximale de M 3,5. Les épicentres restent concentrés dans le secteur de Fuencaliente et Villa de Mazo.

Selon les dernières données Copernicus, la surface couverte par la lave et le nombre d’édifices détruits ou endommagés restent stables.

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11 heures : Ce lundi vers 9h25 (heure locale) le cône principal du volcan partiellement effondré et a libéré une importante quantité de lave, comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous. La lave s’est dirigée vers le sud, à travers des zones encore épargnées, comme le quartier d’El Corazoncillo et le cimetière de Las Manchas, dans la municipalité de Los Llanos de Aridane.
Le Cabildo de La Palma a fermé l’accès aux zones évacuées via la route de Fuencaliente en raison du risque de glissements de terrain. En conséquences, les personnes évacuées ne peuvent plus récupérer leurs bien à Corazoncillo, Jedey et San Nicolás. De plus, l’opération d’irrigation et de coupe de fruits à El Remo, Charco Verde et Puerto Naos est interrompue. .
En revanche, les habitants récemment évacués des quartiers de Las Martelas, Cuesta Zapata, Marina Alta, Marina Baja et La Condesa pourront retirer des affaires personnelles. Pour accéder aux zones évacuées, les personnes doivent présenter leur pièce d’identité et un document prouvant que leur propriété se trouve dans cette zone, comme un contrat de location ou des factures.

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17 heures : L’Institut volcanologique des îles Canaries (Involcan) a signalé l’ouverture d’une nouvelle bouche sur le flanc du Cumbre Vieja. Il est montré par les images d’une vidéo enregistrée vers 15 heures (heure locale). Les images montrent un débordement impressionnant avec une coulée de lave relativement fluide qui se divise en plusieurs branches.

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20 heures : Selon les dernières données Copernicus obtenues dans l’après-midi du25 octobre 2021, la lave du Cumbre Vieja a recouvert 906,3 hectares, dont 5,1 au cours des dernières 24 heures quand les émissions de lave se sont intensifiées. Le nombre de bâtiments détruits est actuellement de 2 162, soit 16 de plus que le décompte précédent. 124 autres structures ont été endommagées.
Par ailleurs, 66,2 kilomètres de routes ont été détruits, et 3,4 autres kilomètres ont été partiellement endommagés.

Pour le moment, les coulées de lave émisses par les nouvelles bouches ne causent pas de dégâts car elles recouvrent essentiellement d’anciennes coulées qui avaient atteint la mer en formant un delta.

Sources: IGN, Pevolca.

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10:00 am : The eruption of Cumbre Vieja is entering its sixth week, with new lava flows and intensifying activity.
IGN indicates that more than 80 earthquakes were recorded today, October 25th, 2021 between midnight and 7:00 a.m., with a maximum magnitude of M 3.5. The epicenters remain concentrated in the area of Fuencaliente and Villa de Mazo.
According to the latest Copernicus data, the area covered by lava and the number of buildings destroyed or damaged remain stable.

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11:00 am :This Monday around 9.25 a.m. (local time) the main cone of the volcano partially collapsed and released a significant amount of lava, as can be seen in the video above. The lava moved south, through areas still not impacted, such as the neighborhood of El Corazoncillo and the cemetery of Las Manchas, in the municipality of Los Llanos de Aridane.
The Cabildo de La Palma has closed access to the evacuated areas via the road to Fuencaliente due to the risk of landslides. As a result, evacuees can no longer recover their property in Corazoncillo, Jedey and San Nicolás. In addition, the irrigation and fruit cutting operation in El Remo, Charco Verde and Puerto Naos is interrupted. .
However, residents recently evacuated from the neighborhoods of Las Martelas, Cuesta Zapata, Marina Alta, Marina Baja and La Condesa will be able to collect personal belongings. To access evacuated areas, people must present their ID and a document proving that their property is in that area, such as a rental agreement or invoices.

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5:00 p.m : The Volcanological Institute of the Canary Islands (Involcan) has reported the opening of a new vent on the flank of Cumbre Vieja. One can see it in a video recorded around 3 p.m. local time. The images show an impressive overflow with a relatively fluid lava flow that splits into several branches. See video above.

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8:00 p.m : According to the latest Copernicus data obtained on the afternoon of October 25th, 2021, lava from Cumbre Vieja covered 906.3 hectares, including 5.1 in the last 24 hours when lava emissions intensified. The number of destroyed structures is currently 2,162, 16 more than the previous count. 124 other structures were damaged.
In addition, 66.2 kilometers of roads were destroyed, and another 3.4 kilometers were partially damaged.
For the moment, the lava flows emitted by the new vents do not cause damage because they mainly cover ancient flows that had reached the sea forming a delta.
Sources: IGN, Pevolca.

L’activité éruptive le 25 octobre 2021 au matin (capture écran webcam)

Pas de risque de « méga-tsunami » à La Palma (Iles Canaries) // No « mega-tsunami » hazard at La Palma (Canary Islands)

Au début de l’éruption du volcan Cumbre Vieja sur l’île canarienne de La Palma, certains scientifiques – en particulier un chercheur anglais – ont affirmé que le volcan pourrait s’effondrer et générer un tsunami qui dévasterait la côte est de l’Amérique du Nord et du Sud. Un article publié dans la série « Volcano Watch » par l’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) examine si une telle approche est concevable
Les éruptions sur l’île de La Palma ressemblent aux éruptions hawaïennes, et ces deux régions de la planète partagent le potentiel d’effondrement de leurs flancs, avec le risque de tsunami. Les archipels canarien et hawaiien sont susceptibles de connaître des glissements de terrain majeurs avec des intervalles de quelques centaines de milliers d’années, une découverte faite pour la première fois dans les années 1960 par Jim Moore, à l’époque responsable du HVO. Selon lui, une partie importante d’une île peut être détruite lors de l’effondrement d’un de ses flancs, avec le déplacement d’énormes quantités d’eau de mer, générant des vagues de tsunami pouvant atteindre localement plus de 100 mètres de hauteur. De cette constatation est née l’idée que l’effondrement d’un volcan – en particulier dans les îles Canaries – pourrait déclencher un «méga-tsunami» à l’échelle de l’océan.
En 2001, une étude a suggéré que l’effondrement de La Palma pourrait générer des vagues de tsunami pouvant atteindre 25 m de haut le long des côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud. Ce scénario a fait la une des médias.
La question est de savoir si des effondrements pouvaient réellement générer ces « méga-tsunami » loin de leurs sources. Les dernières recherches jettent le doute sur cette hypothèse.
Le scénario du «méga-tsunami» aux îles Canaries suppose l’effondrement d’un bloc unique, cohérent et massif qui a atteindrait une vitesse élevée très rapidement. Le problème, c’est que la cartographie des fonds océaniques autour des îles Canaries montre que les effondrements se produisent plutôt de manière progressive. De plus, les géomorphologues ont découvert, via l’analyse de la stabilité des pentes, que le volume d’effondrement potentiel est beaucoup plus réduit que ce qui a été envisagé par l’étude de 2001.
La modélisation des tsunamis a également considérablement progressé depuis 2001. Des études sur les vagues induites par les glissements de terrain montrent qu’elles se déplacent à des vitesses différentes et interagissent davantage sur de longues distances, ce qui conduit à une hauteur de vague moindre loin de la source. Une meilleure connaissance de la bathymétrie océanique, de la topographie insulaire et côtière, ainsi que du transfert d’énergie entre le glissement des blocs d’effondrement et l’eau de mer ont également contribué à une modélisation plus précise.
Ces nouvelles simulations montrent que la hauteur maximale des vagues le long de la côte Est des Amériques à partir d’un effondrement de très grande ampleur à La Palma serait de l’ordre de 1 à 2 mètres. Une telle vague serait certes dangereuse, mais pas plus que celles provoquées par les tempêtes que nous connaissons.
Un manque de preuves géologiques remet également en question l’hypothèse du « méga-tsunami ». En effet, les tsunamis laissent des dépôts de sédiments caractéristiques sur les côtes qu’ils impactent. Or aucun dépôt de ce type n’a été identifié sur les côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud.
De plus, les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares; ils se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité des flancs tels que la hausse de la sismicité et la déformation de la surface du sol. Les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – les dernières ont eu lieu en 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes menées à La Palma indiquent que leur structure est stable. Le volcan devrait donc croître de manière significative avant qu’un effondrement se produise. Il ne semble pas que l’éruption actuelle soit suffisante pour provoquer un tel événement.
Il ne faudrait toutefois pas oublier que les tsunamis d’origine volcanique existent et représentent une menace réelle. Par exemple, l’éruption de 1883 du Krakatau a provoqué un tsunami qui a tué des dizaines de milliers de personnes sur les côtes voisines. En 2018, une éruption de moindre ampleur et l’effondrement de l’Anak Krakatau ont également entraîné un tsunami qui a fait des centaines de morts.
Des tsunamis locaux peuvent également être générés par d’autres processus volcaniques. Sur l’île d’Hawaii, l’effondrement du delta qui se forme quand la lave entre dans l’océan peut provoquer de petits tsunamis qui ont un impact sur les zones adjacentes au delta. Par ailleurs, le glissement le long de la faille sous-jacente au flanc sud du Kilauea a déclenché des séismes de magnitude M7-8, ainsi qu’un tsunami local en 1868 et 1975, avec plusieurs victimes.
Source : USGS, HVO.

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At the start of the Cumbre Vieja eruption on the Canary island of La Palma, there was speculation among some scientists – especially an Englidh researcher – that the volcano might collapse, creating a tsunami that would devastate the east coast of North and South America. An article published in the « Volcano Watch » series by the Hawaiian Volcano Observatory » (HVO) examines whether such a scenario is possible or likely.

The eruption style in La Palma is similar to Hawaiian eruptions, and both locations share the potential for flank collapse and tsunami. Both islands tend to experience catastrophic landslides every few hundred thousand years, a discovery first made by HVO Scientist-in-Charge Jim Moore in the early 1960s. A significant portion of an island is removed during collapse and has the potential to displace tremendous amounts of seawater, generating local tsunami waves that are thought to be over 100 meters high. From this understanding grew a notion that collapsing volcanoes — particularly in the Canary Islands — could generate ocean-wide “mega-tsunami.”

In 2001, a research suggested that collapse of La Palma could result in tsunami waves up to 25 m high along the east coasts of North and South America. This scenario made headlines in the media.

But can collapses actually generate these “mega-tsunami” far from their sources? Subsequent research casts doubt on this idea.

The Canary Islands “mega-tsunami” scenario assumed a single, coherent, massive collapse block that reached a high velocity very quickly. Ocean floor mapping surrounding the Canary Islands, however, indicates that collapses instead occur in incremental fashion. In addition, geomorphologists found, via slope stability analysis, that the potential collapse volume is much smaller than was simulated by the 2001 paper.

Tsunami modeling has also advanced considerably since 2001. Studies of landslide-induced waves show that they travel at different speeds and interact more across long distances, leading to smaller wave height far from their sources. Better knowledge of ocean bathymetry, island and coastal topography, and the transfer of energy between slide blocks and water also contributed to more accurate modeling.

These new simulations suggest that the maximum wave height along the east coast of the Americas from a “worst-case scenario” collapse of La Palma would be on the order of 1-2 meters, still hazardous, but similar to common storm surge.

A lack of geologic evidence also calls the “mega-tsunami” hypothesis into question. Tsunamis leave characteristic sediment deposits on the coastlines they impact. But no such deposit has ever been identified on the east coasts of North and South America.

Collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely. The current eruption is unlikely to trigger such an event.

However, one should not forget that tsunamis that are generated by volcanoes are a real process and a significant threat. For example, the 1883 explosive eruption of Krakatau caused a local tsunami that killed tens of thousands on nearby coastlines. In 2018, a smaller eruption and collapse of Anak Krakatau also resulted in a local tsunami that killed hundreds.

Local tsunamis can also be generated by other volcanic processes. On the Island of Hawai‘i, lava delta collapse at lava-ocean entries can cause small tsunamis that impact areas adjacent to the delta. Slip on the fault underlying Kilauea’s south flank, associated with M7–8 earthquakes, caused local tsunami in 1868 and 1975 that took lives.

Source: USGS, HVO.

 

Sommet du Cumbre Vieja avec la caldeira de Taburiente dans le lointain. On aperçoit les anciennes bouches éruptives qui s’alignent le long d’une fracture. Peut-elle provoquer un glissement de terrain et un tsunami? C’est la question que se posent certains scientifiques (Crédit photo: Wikipedia).

Cumbre Vieja (La Palma) : situation le 24 octobre 2021 // Cumbre Vieja (La Palma) : situation on October 24th, 2021

11 heures : L’éruption du Cumbre Vieja continue avec d’importantes émissions de cendre. Malgré cela, l’aéroport de La Palma fonctionne normalement. Les émissions de SO2 restent très élevées, avec plus de 28 000 tonnes par jour.

Selon Involcan, le cône qui s’est réactivé le 15 octobre et qui jusqu’à présent ne projetait que des matériaux, a commencé à émettre de la lave ce dimanche. Cette nouvelle coulée traverse la région de Las Manchas, l’une des premières à être évacuée depuis le début de l’éruption du 19 septembre.
Depuis samedi, le débit de la coulée qui menaçait La Laguna a ralenti et la lave a progressé d’à peine un mètre en 48 heures. En revanche la coulée a gagné en épaisseur.

Ce dimanche 24 octobre, les autorités de La Palma ont autorisé les personnes évacuées de leur domicile à venirrécupérer leurs affaires, tant que les maisons ne sont pas dans le périmètre de sécurité.

De plus, ces mêmes autorités autorisent l’arrosage et la coupe des fruits dans les fermes d’El Remo, Charco Verde et Puerto Naos, avec rendez-vous préalable avec la communauté d’irrigation.

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17 heures : L’IGN indique ce soir que l’on observe une hausse de la sismicité dans le sud de La Palma, notamment dans les communes de Mazo et Fuencaliente, où plus d’une centaine de secousses ont été enregistrées ce dimanche.
Cette augmentation de la sismicité a été enregistrée surtout dans les zones intermédiaires entre 10 et 15 kilomètres de profondeur, tandis que les plus fortes magnitudes se produisent dans les zones plus profondes, à partir de 20 kilomètres.

De son côté, la nouvelle coulée de lave qui est apparue le samedi 23 octobre dans la partie sud du centre éruptif et s’est réactivée le 24 octobre dans l’après-midi pourrait être ralentie par l’importante quantité de cendres qu’elle rencontre sur son passage et ne pas causer de nouveaux dégâts. Cette coulée, baptisée Coulée 10 par les scientifiques locaux, se dirige vers la zone habitée de Corazoncillo, à Las Manchas, mais la forte densité de matériaux émis par les éruptions précédentes devraient rendre la lave moins fluide et donc ralentir sa course. Par la suite, il se pourrait que cette coulée finisse par rejoindre la Coulée 01 apparue au début de l’éruption et ne cause pas de dégâts.  »
S’agissant de la Coulée 08 qui s’est stabilisée dans le secteur de La Laguna, la situation dépendra de son alimentation en amont. SI cette dernière venait à augmenter, la coulée pourrait reprendre sa marche en avant.
Au total, il existe quatre centres d’émission de lave sur le Cumbre Vieja qui continuent d’alimenter les différents coulées.

Sources: IGN, Involcan, El Pais.

Sismicité à La Palma ces 15 derniers jours (Source: IGN)

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20 heures : Comme on peut le voir sur la petite vidéo ci-dessous, une nouvelle bouche s’est ouverte dans le cône principal du Cumbre Vieja. Il faut maintenant croiser les doigts pour que cette lave ne détruise pas ‘autres maisons.

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11:00 am : The eruption of Cumbre Vieja continues with significant ash emissions. Despite this, La Palma airport is operating normally. SO2 emissions remain very high, with more than 28,000 tonnes per day.

According to Involcan, the cone that reactivated on October 15th and so far only ejected materials, started emitting lava this Sunday. This new flow crosses the region of Las Manchas, one of the first to be evacuated since the beginning of the eruption of September 19th.
Since Saturday, the lava flow that threatened La Laguna has slowed and lava has advanced barely one meter in 48 hours, but it has also become thicker.

This Sunday, October 24th, the authorities of La Palma authorized people who have been evacuated from their homes to come and collect their belongings, as long as the houses are not within the security perimeter.
In addition, these same authorities authorize the watering and cutting of fruit on the farms of El Remo, Charco Verde and Puerto Naos, with prior appointment with the irrigation community.

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5:00 pm : IGN indicates this evening that there is an increase in seismicity in the south area of La Palma, in particular in the municipalities of Mazo and Fuencaliente, where more than a hundred tremors were recorded this Sunday.
This increase in seismicity has been recorded especially in the intermediate zones between 10 and 15 kilometers deep, while the strongest magnitudes occur in the deeper zones, from 20 kilometers deep.
The new lava flow which appeared on Saturday October 23rd in the southern part of the eruptive center and reactivated on October 24th in the afternoon could be slowed down by the large amount of ash it will encounter in its path and not cause further damage. This flow, dubbed Flow 10 by local scientists, is heading towards the inhabited area of ​​Corazoncillo, in Las Manchas, but the high density of materials emitted by previous eruptions should make the lava less fluid and therefore slow down its course. In the end, this flow might end up joining Flow 01 which appeared at the start of the eruption and does not cause any damage.  »
Regarding Flow 08, which has stabilized in the La Laguna area, the situation will depend on its supply. If it were to increase, the flow could resume its advance.
In total, there are four lava emission centers on Cumbre Vieja which continue to feed the various flows.
Sources: IGN, Involcan, El Pais.

Capture écran webcam ce dimanche matin

Le Cumbre Vieja en fin d’après-midi

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As can be seen in the short video above, a new vz=ent has opened in the main cone of Cumbre Vieja. Let’s hope that this lava does not destroy more houses.

Climat mondial : retour de La Niña !

Quand je parle du réchauffement climatique au cours de ma conférence « Glaciers en péril » (voir colonne de gauche de ce blog), j’insiste sur l’importance d’un double phénomène dans le Pacifique oriental, au niveau de la zone équatoriale: El Niño et La Niña. Alors que El Niño crée un effet de réchauffement global, La Nina est une anomalie froide des eaux de surface de cet océan. Cette anomalie est si vaste qu’elle peut impacter le climat planétaire. L’épisode actuel avait débuté à l’automne 2020. Par la suite, après une période neutre, sans anomalie cet été, la NOAA vient d’indiquer que le retour de la Nina a lieu cet automne et se poursuivra pendant l’hiver.

Les eaux de surface des océans connaissent des phases chaudes et froides. Lorsque ces variations de températures s’étendent sur des milliers de kilomètres, elles affectent le sens des courants marins et modifient également la circulation atmosphérique. Ces variations cycliques ont de lourdes conséquences sur le climat mondial, dont certains effets peuvent se répercuter jusqu’en Europe.

Des eaux plus froides sont propices à la formation de hautes pressions tandis que les eaux plus chaudes génèrent la formation de dépressions. Ces centres d’action mettent en mouvement des vents d’orientations différentes qui vont modifier le jet stream en haute altitude, ce qui va ensuite jouer sur le climat planétaire. Ainsi, l’Australie connaît davantage de pluies pendant La Niña avec des risques d’inondation, tout comme l’Asie du sud-est et certaines îles du Pacifique. A l’opposé, certaines zones de l’Amérique du Sud risquent de connaître la sécheresse, ainsi que le sud des États-Unis et une partie de l’Amérique Centrale. En outre, en modifiant les vents de haute altitude, La Niña favorise la formation d’ouragans dans l’océan Atlantique et les minimise dans le Pacifique. Enfin, en période de La Niña, le jet stream se met à onduler ce qui a pour conséquence de faire descendre de l’air froid sur l’Amérique du Nord,. Ce même principe des descentes d’air froid est également susceptible de se produire sur l’Europe de l’Ouest lors des années La Niña.

L’arrivée de La Niña à l’automne 2020 fut accompagnée d’une baisse rapide, mais modeste des températures planétaires, qui se sont ensuite stabilisées pendant les mois de l’hiver boréal. Cela n’a pas empêché de connaître un été parmi les trois plus chauds dans l’hémisphère nord, tandis que l’hiver austral a connu des anomalies froides assez marquées, particulièrement en Antarctique. Pour les autres parties du globe, comme l’Europe, les effets sont nettement amoindris et parfois même encore mal connus. La relation de cause à effet avec l’Europe est moins nette pour plusieurs raisons. D’une part, le continent est situé en bout de course du fait de son éloignement géographique. Il n’y a donc pas d’impact véritablement défini des phénomènes La Niña et El Niño sur le climat de la France. D’autre part, d’autres paramètres climatiques interfèrent tels que les vents au-dessus de l’Afrique intertropicale par exemple. Il est cependant admis que La Niña est plutôt propice à des hivers froids en Europe, ce qui a été constaté dans les années 2010 par exemple.

En conclusion, on retiendra que La Nina est de retour pour cet automne et pour l’hiver dans l’Océan Pacifique, ce qui peut modifier régionalement le climat. On sait que ce phénomène refroidit la planète, mais que, dans le contexte du réchauffement climatique, ces refroidissements sont atténués. Ainsi, il est probable que cette année 2021 ne sera pas aussi chaude que les dernières qui viennent de s’écouler, tout en restant a priori parmi les 6 plus chaudes jamais enregistrées.

Source: Météo France.

 

La Niña dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique début octobre 2021 (Source: NASA)