Le Nyiragongo après l’éruption // Nyiragongo Volcano after the eruption

Outre Manche, The Guardian est un peu l’équivalent de notre Paris Match : le poids des mots, le choc des photos ! C’est dans cet esprit que le journal britannique a publié une intéressante galerie de photos du Nyiragongo, dans le sillage de l’éruption du 22 mai 2021. Une équipe de scientifiques de l’Observatoire de Goma, accompagnée de rangers armés pour des raisons de sécurité, a escaladé le volcan pour aller observer le cratère. Les photos ne montrent pas le fond du cratère, mais il semble évident que le lac de lave a disparu, suite à sa vidange de la fin mai. L’auteur de l’article nous indique que « le cratère émet une sorte de grondement basse fréquence ponctué d’explosions. De nuit, on observe des restes de lave incandescente au fond du cratère. »

https://www.theguardian.com/world/gallery/2021/jun/15/taking-the-pulse-of-dr-congos-nyiragongo-volcano-in-pictures

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Across the Channel, The Guardian is a bit like our Paris Match: the weight of words, the shock of photos! It was with this state of mind that the British newspaper published an interesting photo gallery of Nyiragongo, in the wake of the eruption of May 22nd, 2021. A team of scientists from the Goma Observatory accompanied by armed rangers for seacurity reasons, climbed the volcano to observe the crater. The photos do not show the bottom of the crater, but it seems obvious that the lava lake has disappeared, following its drainage in late May. The author of the article tells us that « the crater emits a sort of low-frequency growl punctuated by explosions. At night, residues of glowing lava can be seenat the bottom. »

https://www.theguardian.com/world/gallery/2021/jun/15/taking-the-pulse-of-dr-congos-nyiragongo-volcano-in-pictures

Il faudra attendre probablement plusieurs mois avant que le rougeoiement du lac de lave illumine à nouveau le ciel au-dessus du cratère du Nyiragongo (Crédit photo: Wikipedia)

Un séisme pourrait-il déclencher une éruption sur le Mauna Loa (Hawaii) ? // Could an earthquake trigger an eruption on Mauna Loa (Hawaii)) ?

La relation entre les séismes et les éruptions volcaniques n’a jamais été clairement établie. Lors de ma conférence « Volcans et Risques volcaniques », j’explique que la sismicité est forcément présente lors d’une éruption car il se produit une fracturation des roches lors de l’ascension du magma. L’apparition du tremor éruptif est généralement le signe qu’une éruption est sur le point de commencer et que la lave va percer la surface.

Cependant, lorsqu’un séisme important est enregistré à proximité d’un volcan, cela ne signifie pas forcément que ce volcan va entrer en éruption. Le mont Fuji en est un bon exemple. Après le puissant séisme de Tohoku le 11 mars 2011, on craignait que le mont Fuji entre en éruption. Les volcanologues pensaient que l’événement avait probablement augmenté les contraintes sur le volcan. Certains scientifiques français sont allés jusqu’à dire que le mont Fuji était «dans un état critique». En fait, aucune éruption n’a jamais eu lieu.

Une nouvelle étude* menée par des scientifiques de l’Université de Miami met en lumière les aléas liés au Mauna Loa (Hawaï) et explique qu’un puissant séisme pourrait déclencher une éruption. Les chercheurs ont étudié les mouvements du sol mesurés au travers des données satellitaires du radar interférométrique à synthèse d’ouverture (InSAR) et des stations GPS. Ils ont ainsi obtenu un modèle précis de l’endroit où a eu lieu l’intrusion magmatique et de la façon dont le magma a évolué au fil du temps, ainsi que de l’endroit où les failles se sont déplacées sous les flancs du volcan, sans toutefois générer de séismes.

On peut lire dans l’étude qu’un séisme de magnitude 6 ou plus soulagerait les contraintes liées à l’afflux de magma le long d’une faille subhorizontale sous le flanc ouest du volcan. Ce séisme pourrait déclencher une éruption. On remarquera l’utilisation permanente du conditionnel !

Les chercheurs ont découvert que de 2014 à 2020, un volume de 0,11 km3 de nouveau magma s’est introduit, en formant une espèce de dyke, sous et au sud de la caldeira sommitale, avec la partie supérieure de ce dyke à une profondeur d’environ 3 km.

L’étude nous rappelle qu’il existe sur le Mauna Loa une relation étroite entre les mouvements des flancs du volcan et les éruptions. L’arrivée de nouveau magma a commencé en 2014 après plus de quatre ans de mouvement vers la mer du flanc Est, ce qui a ouvert un espace dans la zone du rift, de sorte que le magma a pu s’y introduire.

Un séisme entraînerait une libération des gaz, un peu comme quand on agite une bouteille d’eau gazeuse. Cette libération des gaz générerait une pression suffisante pour rompre la couche de roche au-dessus du magma.

Cependant, les chercheurs admettent qu’il existe de nombreuses incertitudes concernant le déclenchement d’une éruption. Bien que les contraintes qui s’exercent le long de la faille soient connues, la magnitude du séisme dépendra de la taille de la zone de faille qui se rompra. De plus, on ne possède pas de données satellitaires pour identifier les mouvements de failles avant 2002.

*Reference : « Southward growth of Mauna Loa’s dike-like magma body driven by topographic stress » – Varugu, B., & Amelung, F. – Scientific Reports.

Source: The Watchers.

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The relationship between earthquakes and volcanic eruptions has never been clearly proved. During my conference “Volcanoes and Volcabic Hazards”, I explain that seismicity is recorded during an eruption because rock fracturing occurs during the ascent of magma and the happening of the eruptive tremor is usually a sign that an eruption is about to start with lava appearing at the surface.

However, when a significant earthquake is recorded near a volcano, this does not mean that this volcano is going to erupt. A good example of this is Mount Fuji. After the Tohoku earthquake on March 11th, 2011, it was feared that Mt Fuji might erupt because the earthquake probably increased the pressure on the volcano. Some Frenc scientists went as far as saying thet Mt Fuji was “in a critical state.” Actually, no eruption ever occurred.

A new study* by scientists from the University of Miami (UM) sheds light on the hazards related to Mauna Loa (Hawaii) and has found that a large earthquake could set off an eruption. The researchers studied ground movements measured by Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) satellite data and GPS stations and got a precise model of where magma intruded and how magma changed over time, as well as where faults moved under the flanks, without generating earthquakes.

We can read in the study that “an earthquake of magnitude-6 or greater would relieve the stress imparted by the influx of magma along a sub-horizontal fault under the western flank of the volcano. This earthquake could trigger an eruption.” We can notice that the conditional is used all along the way!

The researchers found that from 2014 to 2020, a total of 0.11 km3 of new magma intruded into a dike-like magma body under and south of the summit caldera, with the upper edge at a depth of about 3 km.

The study reminds us that at Mauna Loa, flank motion and eruptions are inherently related. The influx of new magma started in 2014 after more than four years of seaward motion of the eastern flank, which opened up space in the rift zone for the magma to intrude.

An earthquake would release gases from the magma comparable to shaking a soda bottle, generating additional pressure and buoyancy, sufficient to break the rock above the magma.

However, the researchers admit there are many uncertainties regarding the eruption. Though the stress that was exerted along the fault is known, the magnitude will depend on the size of the fault patch that will rupture. In addition, there are no satellite data available to identify the movements before 2002.

*Reference : « Southward growth of Mauna Loa’s dike-like magma body driven by topographic stress » – Varugu, B., & Amelung, F. – Scientific Reports.

Source: The Watchers.

Les zones de rift sur le Mauna Loa (Source : USGS)

Risque d’effondrement glaciaire à l’Aiguille du Midi (France) // Risk of glacial collapse at the Aiguille du Midi (France)

Nous ne sommes pas encore en été et des risques d’effondrements de glaciers sont déjà annoncés dans les Alpes.

D’après la Chamoniarde, Société de prévention et de secours en Montagne de Chamonix, la chute de 10.000 à 20.000 mètres cubes de glace est imminente sur la face nord de l’Aiguille du Midi, depuis le front du principal glacier suspendu, entre le Frendo et le Mallory. Le Mallory est déconseillé et l’accès du Frendo est exposé.
Pour accéder au refuge des Grands Mulets, il est préférable de privilégier la traversée du bas (le sentier à l’aval du glacier des Pèlerins) et éviter d’évoluer en pied de pente de l’Aiguille.

Source : La Chamoniarde.

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We are not yet in summer and the risks of glacier collapses are already announced in the Alps. According to the Chamoniarde, Society for prevention and relief in the mountains of Chamonix, the fall of 10,000 to 20,000 cubic metres of ice is imminent on the north face of the Aiguille du Midi, from the front of the main suspended glacier, between the Frendo and the Mallory. The Mallory is not recommended and access to the Frendo is exposed.

To access the Grands Mulets refuge, it is advisable to take the lower crossing (the path downslope of the Pèlerins glacier) and avoid going down the slope of the Aiguille.

Source: La Chamoniarde.

Image du glacier suspendu (Crédit photo : La Chamoniarde)

 

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

La lave coule maintenant dans la vallée de Nátthagi et a recouvert le sentier A qui menait au point de vue sur l’éruption. Le sentier B reste ouvert, mais il est plus long et plus difficile que l’était le sentier A. En revanche, on peut voir la lave avancer dans la vallée de Nátthagi qui est facile d’accès, mais qui ne permet pas de voir le cratère actif. La police craint que certaines personnes qui vont emprunter le sentier B rencontrent des difficultés, se blessent et doivent appeler les secours d’urgence. Pour éviter une telle situation, un nouveau sentier C est en projet le long de Langihryggur.

Selon les dernières informations fournies par l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, le débit éruptif est constant depuis environ six semaines, avec 12 mètres cubes par seconde. Le volume total de lave émise est estimé à environ 60 millions de mètres cubes. Le champ de lave couvre plus de trois kilomètres carrés.

Des travaux sont en cours pour essayer de détourner la lave de la Geldingadalir et s’assurer qu’elle continue de s’écouler dans Nátthagi sans déborder dans Nátthagakriki. Si elle entrait dans la vallée de Nátthagakriki, la lave pourrait suivre plusieurs directions différentes et assez imprévisibles. Une digue de quatre mètres de hauteur est en cours d’édification mais il n’est pas sûr qu’elle pourra arrêter la lave. La précédente initiative plus en amont dans la vallée de Nátthagi n’a pas été couronnée de succès. Les autorités reconnaissent que ce n’est qu’un moyen de gagner du temps. Le but est d’empêcher la lave de s’écouler dans Nátthagakriki, vers le sud ou en direction de la centrale géothermique.

Source : www.ruv.is

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Lava is now running into Nátthagi and covering the main hiking trail A leading to the viewpoint of the eruption. Hiking trail B is open, though it is a longer and more challenging hike, and people have also been allowed to view the advancing lava in Nátthagi, which is an easy walk, but does not have a view of the crater. The police are worried that the more challenging hike on trail B will see the number of emergency calls go up, and plans are being prepared for a new trail C, along Langihryggur.

According to the latest data from the Earth Sciences Institute at the University of Iceland, lava has been flowing at a steady rate of 12 cubic metres per second for roughly six weeks, for a running total of some 60 million cubic metres so far. The lava field covers more than three square kilometres. 

Work is being done to try and divert the lava from Geldingadalir and make sure it continues flowing into Nátthagi and does not run over into Nátthagakriki. From Nátthagakriki, the lava could flow in several different, and less predictable, directions.

A four-metre diversion barrier is being built but it is not sure it will be efficient to stop the lava. The previous similar wall at the top of Nátthagi did not prove successful. Officials admit it is just a means to save time. The goal is to prevent lava from flowing into Nátthagakriki, to the south or in the direction of the geothermal plant.

Source: www.ruv.is

 

Après quelques journées plus calmes, la lave s’écoule à nouveau en abondance…