Le village perdu du Mont Fuji (Japon) // Mount Fuji’s lost village (Japan)

Source de puissance spirituelle et destination touristique majeure, le Mont Fuji est aussi le plus grand volcan actif du Japon. La dernière éruption remonte à 1707, il y a donc plus de trois siècles, mais d’année en année, la probabilité d’un nouvel événement majeur se fait de plus en plus pressante.

Voici la légende du village perdu du Mont Fuji, qui a disparu sous de grandes quantités de cendres lors de l’éruption Hoei qui a commencé le 16 décembre 1707, pendant la période Edo au Japon. Le volcan s’est réveillé  sur son versant sud-est et l’éruption a duré jusqu’en janvier 1708. Des archives indiquent que le village de Subashiri, situé à une dizaine de kilomètres du cratère, a subi les plus gros dégâts. Il abritait le sanctuaire Fujisengen, qui servait de porte d’entrée à un sentier de montagne. Après ces semaines fatidiques de l’hiver 1707, personne n’a osé repasser par le sanctuaire.
Il semble que personne n’ait été tué, mais cela ne veut pas dire que la catastrophe n’a pas bouleversé la vie des habitants. Trente-sept maisons ont été détruites dans un incendie déclenché par les matériaux incandescents projetés par le volcan. Les 39 structures restantes, ensevelies sous une couche de débris atteignant parfois trois mètres de hauteur, se sont effondrées.  .
Les autorités ont décidé de reconstruire le village au-dessus des maisons enfouies sous la cendre, au lieu de les faire disparaître et reconstruire à leur place. Subashiri est ainsi entré dans la légende ; c’est désormais le village détruit par la plus célèbre merveille naturelle du Japon.
En juin 2019, un projet a été lancé pour apporter un éclairage nouveau à la catastrophe de 1707. Les archéologues ont commencé leur travail en essayant de localiser les structures enfouies dans la cendre. À l’aide d’un radar capable de pénétrer dans le sol, ils ont identifié des restes de structures susceptibles d’être des maisons. À une vingtaine de centimètres de profondeur, ils ont découvert une couche de scories de deux mètres d’épaisseur. En creusant un peu plus profondément ils ont atteint une couche de pierre ponce de 15 centimètres d’épaisseur, et ensuite ce qui ressemblait à deux piliers calcinés d’une maison mesurant une dizaine de centimètres de diamètre. Des fragments de possibles murs calcinés et de toits de chaume se trouvaient également à proximité.

Les archéologues ont ensuite examiné les pierres ponces trouvées près des piliers. Leur partie interne était partiellement rougie, probablement en raison de l’oxydation. De toute évidence, ce sont ces pierres qui, chauffées à des centaines de degrés Celsius au moment de l’éruption, ont mis le feu aux maisons de Subashiri.

Depuis 18 ans, les archéologues japonais effectuent chaque année un voyage à Pompéi qui a également été détruite par un volcan. Le Vésuve est entré en éruption en 79 après JC, enterrant la ville de Pompéi et tuant environ 2000 personnes. Le volcan est toujours actif et constitue une menace pour la ville de Naples et sa population d’environ un million d’habitants.  Les Japonais veulent utiliser l’expérience acquise en Italie pour renforcer la capacité du Japon à faire face aux éruptions volcaniques. Une meilleure connaissance des catastrophes du passé peut être très important en matière de prévention.
Un panel gouvernemental pense qu’une éruption du Mont Fuji est moins une question de «si» que de «quand». On sait qu’elle se produira un jour. S’il s’agit d’un événement d’une ampleur semblable à la précédente, les dégâts subis et les perturbations occasionnées seront probablement sérieux. Les routes, les voies ferrées et les aéroports dans et autour de Tokyo seront affectés, jusqu’à 90 kilomètres de l’éruption. La pluie mélangée à la cendre volcanique endommagera certainement le réseau électrique, avec des pannes de courant à grande échelle.
Source: NHK World – Japon.

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 A source of spiritual power as well as a major tourist destination Mount Fuji is also Japan’s largest active volcano. The last eruption was in 1707, more than three centuries ago, but with every passing year, the likelihood of another major event increases.

Here is the legend of Mt Fuji’s lost village, said to have disappeared under vast amounts of ash during the last major event. The Hoei eruption began on December 16, 1707, during Japan’s Edo period. It started on the southeastern slope of Mount Fuji, and lasted until January 1708. Ancient records say the village of Subashiri, about 10 kilometres from the crater, was the worst-hit community. It was home to Fujisengen Shrine, which served as the gateway to a mountain trail. After those fateful weeks in winter, nobody dared pass through the Shrine again.

It seems nobody was killed, but iy does not mean the disaster did not take its toll on the lives of the locals. Thirty-seven houses were destroyed in a fire triggered by the incandescent material ejected by the volcano. The remaining 39 structures, covered by a layer of debris as high as three metres, collapsed ro the ground

Authorities decided to rebuild on top, instead of removing what lay beneath. Subashiri became legendary, a village destroyed by Japan’s most famous natural wonder.

In June 2019, a project was launched to shed more light on the disaster.

Archaelogists began their search with a land survey. Using ground-penetrating radar, they located what could be the remains of house-like structures. About 20 centimetres below the surface, they discovered a two-metre-thick layer of scoriae. Digging a little deeper revealed a 15-centimetre-thick layer of pumice stone and next what appeared to be two charred house pillars measuring about 10 centimetres in diameter. Fragments of what were thought to be burnt walls and thatched roofing were also nearby.

The team of archaeologists went on to examine pumice stones found near the pillars. Their inner sides were partly reddened, probably due to oxidation as they fell to the ground. I twas probably these stones, which would have been hundreds of degrees Celsius at the time of the eruption, that charred the houses of Subashiri.

For the past 18 years, the Japanese archaeologists have been taking annual trips to Pompeii, a city also destroyed by another volcano, Mount Vesuvius. It famously erupted in 79 A.D., burying the city of Pompeii and killing about 2,000 people. The volcano is still active, posing a threat to the city of Naples and its population of about one million.

The Japanese want to use the experience they have gained in Italy to boost Japan’s ability to deal with volcanic eruptions. They say that learning more about disasters of the past can be very significant in terms of devising new measures..

A government panel believes an eruption on Mount Fuji is less about « if, » and a lot more about « when. » If it were on a similar scale to the last one, the damage and disruption could be severe. Roads, railways and airports in and around Tokyo would be affected, even as far as 90 kilometres away from the eruption. The panel warns that rain mixed with volcanic ash could damage the power grid, resulting in massive blackouts.

Source : NHK World – Japan.

Source : Wikipedia

Séismes et éruptions volcaniques // Earthquakes and volcanic eruptions

A l’issue de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », les gens me demandent souvent s’il existe un lien entre les séismes et les éruptions volcaniques. Je réponds que dans certaines circonstances, on a cru voir un lien et que, dans d’autres, le lien était loin d’être évident. Cependant, j’insiste sur le fait que la sismicité est présente avant une éruption car le magma provoque une fracturation des roches pendant son ascension et cette fracturation est enregistrée par les sismomètres.
Les séismes d’origine tectonique – provoqués par les mouvements des plaques, en particulier dans les zones de subduction – font partie des phénomènes naturels les plus impressionnants sur Terre. Rien d’étonnant à ce qu’ils soient parfois associés au déclenchement des éruptions volcaniques. Les volcans sont souvent situés dans des régions sismiques comme la célèbre Ceinture de Feu du Pacifique. On y enregistre 90% des séismes et on y rencontre 75% de tous les volcans actifs de la planète. Les éruptions et les tremblements de terre ont souvent lieu à peu près au même moment; Cependant, on ne peut affirmer qu’il existe un lien direct entre un séisme et une éruption qui a eu lieu peu de temps après le premier événement. Le volcan était peut-être déjà sur le point d’entrer en éruption, ou bien il était déjà en éruption depuis longtemps.
Des études récentes laissent supposer qu’il pourrait exister un lien entre les séismes et les éruptions volcaniques dans certaines situations. Par exemple, un article paru en 1993 établit un lien entre un séisme de magnitude M 7,3 en Californie et des manifestations volcaniques et géothermales observées immédiatement après. Une étude publiée en 2012 estime qu’un séisme de magnitude M 8,7 au Japon en 1707 a entraîné la pénétration du magma dans une chambre peu profonde du Mont Fuji et déclenché une puissante explosion du volcan 49 jours plus tard. Le séisme de magnitude M 7,2 survenu le 29 novembre 1975 sur le Kilauea à Hawaii a été rapidement suivi d’une éruption de courte durée.

Cependant, il existe d’autres cas où un séisme majeur n’a pas été suivi d’une éruption. L’un des meilleurs exemples se situe au Japon en 2011. Les scientifiques japonais craignaient que le puissant séisme de Tohoku (magnitude M 9.1) le 11 mars 2011 réveille le Mont Fuji, ce qui ne s’est jamais produit!
A l’heure actuelle, les mécanismes de déclenchement des séismes ne sont pas bien compris, et les documents reliant les tremblements de terre à des éruptions ne s’appuient que sur des spéculations. Il est possible que le timing dans tous les exemples mentionnés ci-dessus soit juste une coïncidence. Les géologues doivent avant tout comprendre le déclenchement des séismes et exclure toute intervention du hasard avant d’établir un lien entre séismes et éruptions.

Parfois, il est fait référence à l’histoire pour montrer la corrélation entre les séismes et les éruptions volcaniques. Un document publié en 2009 a utilisé des données historiques pour montrer qu’il existe une relation entre un séisme de M 8,0 au Chili et un nombre d’éruptions en nette hausse sur certains volcans situés à une distance pouvant aller jusqu’à 500 km. Le problème est que de telles données historiques ne sont pas vraiment fiables. En effet, les grands séismes et les grandes éruptions volcaniques sont des événements relativement peu fréquents, et les scientifiques ne disposent pas d’un recul suffisant. Les archives fiables n’existent que depuis un demi-siècle ou un peu plus, selon les régions.
Dans le passé, les données provenaient de récits de voyages et de journaux de bord assez ambigus. Ainsi, en 1840, Darwin a recueilli des informations fournies par des témoins oculaires et relatives à des modifications mineures survenues sur des volcans chiliens à la suite du puissant séisme de 1836. Au final, en lisant les écrits de Darwin, on ignore si des éruptions ont eu lieu.
Des simulations ont été réalisées en laboratoire en 2016 et 2018 pour tenter de comprendre le comportement du magma dans la chambre magmatique et voir si ce comportement pourrait éventuellement déclencher des séismes. Cependant, aucune corrélation réelle entre les séismes et les éruptions volcaniques n’est ressortie de ces expériences.
Adapté d’un article de 2018 dans le National Geographic.

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During my conference “Volcanoes and volcanic risks”, people often ask me whether there is a link between earthquakes and volcanic eruptions. I answer that on some occasions there appears to be some link and in other circumstances the link is far from clear. However, I insist that seismicity is always linked to an eruption and present before the event as magma causes the fracturing of rocks during its ascent and this fracturing is recorded by the seismometers.

Tectonic earthquakes – caused by the movement of plates, especially in subduction zones – are among the most powerful natural phenomena on the planet. It’s no surprise that they are sometimes suspected of being able to trigger volcanic eruptions. Earth’s volcanoes are often located in seismic parts of the world like the well-known Ring of Fire around the Pacific Ocean. This area hosts 90 percent of the world’s recorded earthquakes and 75 percent of all active volcanoes. Eruptions and earthquakes are often taking place at roughly the same time; however, you can’t automatically assume that there’s a connection between a given quake and a subsequent eruption. The volcano may have already been preparing to erupt, or it is already been erupting for a long time.

Recent studies suggest that a connection could potentially exist between earthquakes and volcanic eruptions in certain situations. For instance, a 1993 paper links an M 7.3 quake in California to volcanic and geothermal rumblings immediately afterward. And a 2012 study reckons that an M 8.7 earthquake in Japan in 1707 forced deeper magma up into a shallow chamber, triggering a huge blast at Mount Fuji 49 days later. There was also the M 7.2 earthquake on Hawaii’s Kilauea volcano on November 29th, 1975, which was quickly followed by a short-lived eruption.

However, there are other examples showing that a major earthquake has not been followed by an eruption. One of the best example was in Japan in 19 when Japanese scientists feared the powerful M 9.1 Tohoku earthquake on March 11th, 2011 might wake up Mount Fuji, which it never did!

The triggering mechanisms for earthquakes are not well understood, and papers linking quakes to later eruptions can really only speculate. It is quite possible that the timing in all these examples was just a coincidence. Geologists must understand the specific triggering and rule out chance before a connection can be definitively made.

Sometimes, reference is made to history to show the correlation between earthquakes and volcanic eruptions. A 2009 paper used historical data to show that that M 8.0 quakes in Chile are associated with significantly elevated eruption rates in certain volcanoes as far as 500 kilometres away. The problem is that these sorts of historical data are not really reliable. Indeed, major earthquakes and large volcanic eruptions are both relatively infrequent events, and scientists have only been reliably keeping these records for the last half century or more, depending on the region.

Many data points in the past come from fairly ambiguous news reports and journal entries. For instance, in 1840, Darwin gathered eyewitness information on some minor changes at Chilean volcanoes following the powerful quake there in 1836. However, it is unclear if any eruptions took place.

Simulations were performed in laboratory in 2016 and 2018 to try and understand magma behaves within the chamber and how this behaviour might eventually trigger earthquakes. However, no real correlation between earthquakes and volcanic eruptions came out of these experiments.

Adapted from a 2018 article in the National Geographic.

La Ceinture de Feu du pacifique, une zone sismique et volcanique très active (Source: Wikipedia)

Le Mont Fuji, un volcan sous surveillance (Crédit photo: Wikipedia)

Exercices d’évacuation au Japon // Evacuation drills in Japan

Quelque 2000 d’habitants de six localités au pied du Mont Fuji ont participé à un exercice d’évacuation le 20 août dernier dans le cadre de la simulation d’une éruption du célèbre volcan japonais. C’était le premier du genre dans la région.
Le Mont Fuji (3 776 m) est le plus haut sommet du Japon. Il est entré en éruption pour la dernière fois en 1707, avec des panaches de cendre qui ont atteint la ville de Tokyo. Les localités impliquées dans l’exercice se trouvent à la base nord de la montagne. Pour évaluer l’ampleur des bouchons que ne manquerait pas de provoquer une évacuation de masse, près de 600 participants se sont dirigés à bord de leurs véhicules vers une zone d’évacuation prévue à une trentaine de kilomètres.
L’évacuation avait été décidée car une coulée pyroclastique était censée s’approcher du centre-ville, avec une alerte volcanique de niveau 5 décrétée à 7 heures du matin par l’Agence Météorologique Japonaise. Cela signifiait que les habitants devaient quitter immédiatement leur domicile.
Les autorités ont utilisé le réseau de haut-parleurs publics pour avertir les habitants qu’une catastrophe imminente allait se produire. Alors que la plupart partaient à bord de leurs voitures, ceux qui jouaient le rôle de personnes âgées étaient installés dans des camions de la Protection Civile et des bus privés pour atteindre le site d’évacuation.
Dans le cas où il faudrait évacuer les 100 000 habitants des zones menacées, les principaux problèmes à gérer seraient les embouteillages et le mouvement de panique qu’un tel événement ne manquerait pas de déclencher. Les files de voitures s’étiraient sur 3 km au plus fort de l’évacuation. L’un des participants a déclaré qu’il lui avait fallu trois fois plus de temps que la normale pour atteindre le site d’évacuation ; le trajet s’effectue généralement en 30 minutes en voiture. Selon lui, « si le Mont Fuji était  réellement entré en éruption, les embouteillages auraient été bien pires ».
Source: The Asahi Shimbun.

A noter que des exercices réguliers d’évacuation se déroulent à Kagoshima (Japon) en vue d’une éruption majeure du Sakurajima. Les étrangers ne sont pas oubliés car les messages d’évacuation sont diffusés par des haut-parleurs en japonais, anglais, coréen et chinois.

Des plans d’évacuation sont prévus dans l’éventualité d’une éruption du Vésuve (Italie), mais la Campanie n’est pas le Japon. A ma connaissance, les Italiens ne pratiquent pas d’exercices de simulation d’évacuation. Il y aura un fossé énorme entre la théorie et la pratique. Une évacuation de Naples ou de ses banlieues ne se fera pas sans dommages.

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2,000 or so residents of six municipalities at the base of Mount Fuji evacuated in an August 20th drill to simulate an eruption of Mt Fuji. Officials said it was the first of its kind to be held.

Mount Fuji (3,776 m) is Japan’s highest peak. It last erupted in 1707, showering ash as far away as Tokyo. The municipalities involved in the exercise are located at the northern base of the sacred mountain. To gauge what level of congestion would arise from a mass evacuation, nearly 600 participants drove their private vehicles to a designated evacuation area 25 to 30 kilometres away.

The drill was held under the assumption that a pyroclastic flow was approaching the downtown area, triggering a volcanic alert of level 5 at 7 a.m. by the Japan Meteorological Agency, meaning residents must evacuate immediately.

Officials used the public speaker disaster warning system to « alert » residents to the impending disaster. While most residents drove away in their cars, participants playing the roles of elderly people boarded Self-Defense Forces trucks and private buses to reach the evacuation site.

In the event all 100,000 residents in the areas in question have to be evacuated, a major concern is snarled traffic and panic resulting. Traffic was backed up for about 3 kilometres at one point during the drill. A man who took part said it took three times longer than normal to reach the evacuation site, usually a 30-minute drive. “If Mount Fuji actually erupted, the traffic congestion would be much worse”.

Source: The Asahi Shimbun.

It is well known that regular evacuation drills are held in Kagoshima to prepare for a large-scale eruption of Mount Sakurajima. Foreigners are not forgotten as the evacuation advisory is aired through speakers around the island in Japanese, English, Korean and Chinese.

Evacuation plans have been drawn in the event of an eruption of Vesuvius, but Campania is not Japan. As far as I know, the Italians do not perform evacuation exercises. There will be a huge gap between theory and practice. An evacuation of Naples or its suburbs will not happen without damage.

File de voitures pendant l’évacuation (Source: The Asahi Shimbun)

Vue du Mont Fuji (Crédit photo: Wikipedia)

 

Les tests nucléaires nord-coréens peuvent-il déclencher une éruption du Mt Baekdu? // Can North Korean nuclear tests trigger an eruption of Mt Baekdu?

drapeau-francaisLe sujet réapparaît de temps à autre, un peu comme le monstre du Loch Ness, et aucune preuve réelle n’a jamais été donnée de son existence. La question est de savoir s’il peut y avoir un lien entre les séismes d’origine naturelle ou humaine et l’activité volcanique. Il y a quelques mois, les Japonais s’inquiétaient de l’effet possible du séisme de M 9 – qui a secoué le pays le 11 Mars 2011 – sur le Mont Fuji dont la chambre magmatique aurait pu être déstabilisée par l’événement. Au moment où j’écris ces lignes, rien ne montre que le Mont Fuji est sur le point d’entrer en éruption!
Après le dernier essai nucléaire effectué par la Corée du Nord (le 4ème depuis 2006), une équipe de scientifiques sud-coréens a indiqué que les séismes qui accompagnent inévitablement les tests pourraient déclencher une éruption du Mont Baekdu (2.750 m), une montagne de Corée du Nord située à proximité du site où ils ont lieu. Un professeur de sismologie à l’Université de Séoul a déclaré que les mouvements du sol pouvaient induire des changements de contraintes dynamiques. Cela peut entraîner une surpression dans la chambre magmatique et accélérer l’activité volcanique. Ce fut le principal argument utilisé par des scientifiques japonais à propos du Mount Fuji.
Le Mont Baekdu, un stratovolcan actif, est situé à 116 kilomètres du site nord-coréen d’essais nucléaires. Le professeur pense qu’il est suffisamment proche pour être affecté par un événement sismique de magnitude moyenne ou forte. La dernière éruption a eu lieu en 1903.
En 2011, à la demande de la Corée du Nord, à la suite du séisme et du tsunami dévastateurs au Japon, des scientifiques des deux Corées se sont rencontrés pour parler de l’activité du Mont Baekdu. Cependant, les deux parties n’ont pas réussi à tenir de nouvelles réunions ou mettre en place un travail sur le terrain.
Le Mont Baekdu a une signification importante pour les deux Corées. Pyongyang affirme que c’est le lieu de naissance de son ancien dirigeant, Kim Jong-il, le défunt père de l’actuel dirigeant Kim Jong-un. La montagne est également mentionnée dans l’hymne national de la Corée du Sud.
Source: The Korean Herald.

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drapeau anglaisThe topic reappears from time to time, a little like the Loch Ness monster, and no real proof has ever been given of its existence. The question is to know whether there can be a link between natural or man-triggered earthquakes and volcanic activity. A few months ago, the Japanese worried about the possible effect of the M 9 earthquake (March 11th 2011) and the possible reaction of Mount Fuji whose magma chamber might have been destabilised by the event. At the moment I’m writing these lines, there is nothing to show that Mount Fuji is about to erupt!
After the last nuclear test performed by North Korea (the 4th one since 2006), a team of South Korean experts warned that the accompanying earthquakes might trigger a volcanic eruption of Mount Baekdu (2,750 m), a North Korean mountain situated close to the test site. A professor of seismology at Seoul’s University said that strong ground motion can induce large dynamic stress changes. This may cause overpressure in the magma chamber of a volcano, thus accelerating volcanic activity. This was the main argument already used by Japanese scientists about Mount Fuji.
Mount Baekdu, an active stratovolcano, is located 116 kilometres away from the North Korean test site. The professor thinks it is close enough to be potentially affected by a moderate-sized or large seismic event. The last eruption occurred in 1903.
In 2011, experts of the two Koreas held talks on potential volcanic activity on Mount Baekdu at the North’s request, following the devastating earthquake and tsunami in Japan. However, the two sides have since failed to hold further talks or conduct an on-site survey of the mountain.
The mountain holds significance for both South and North Korea. Pyongyang claims it as the birthplace of its former leader, Kim Jong-il, the late father of the current leader Kim Jong-un. It is mentioned in the national anthem of South Korea.
Source : The Korean Herald.

 Baekdu

Caldeira sommitale du Mont Baekdu (Crédit photo: Wikipedia)

Exercice d’évacuation en cas d’éruption du Mont Fuji (Japon) // Mount Fuji eruption drill (Japan)

drapeau francaisPrès de 4000 personnes ont participé dimanche dernier à un exercice d’évacuation de grande envergure destiné à tester la réaction de la population à une possible éruption du Mont Fuji, quelques semaines après l’éruption du Mont Ontake qui a tué au moins 56 randonneurs.
Le Mont Fuji (3776 m.), à 100 kilomètres à l’ouest de Tokyo, a connu sa dernière éruption en 1707 mais les géologues l’ont inclus dans la liste des 47 volcans japonais censés entrer en éruption dans le siècle à venir.
Quelques 3900 habitants de 26 villes et villages dans les trois préfectures situées autour du volcan ont pris part à l’exercice. Ainsi, dans la ville de Gotemba, environ 800 personnes ont utilisé leurs propres véhicules et emprunté des routes prévues pour une évacuation car il y a très peu de transports en commun dans la localité. Les personnes âgées ayant besoin de soins ont été transférés par bus. Les pompiers, les policiers et soldats ont recherché les personnes qui ne pourraient pas être évacuées dans les délais.
L’exercice d’évacuation était prévu depuis trois ans mais l’éruption du Mont Ontake a obligé à l’effectuer avec encore plus de sérieux. Les autorités avaient imaginé que l’éruption avait lieu à une altitude d’environ 2000 mètres à 11 heures du matin, avec des nuages de cendre et de gaz montant à 20 km de hauteur, et des coulées de lave en provenance des cratères.
Dans les trois préfectures (Shizuoka, Yamanashi et Kanagawa), 470 000 personnes seraient obligées de quitter leurs habitations en raison de la cendre volcanique si le Mont Fuji connaissait une éruption semblable à celle prévue dans l’exercice. Les importants volumes de lave obligeraient 689 000 personnes à chercher refuge et les coulées couperaient les artères principales du pays, comme les voies ferrées à grande vitesse et les autoroutes le long de la côte Pacifique.
Source: Presse japonaise.

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drapeau anglaisNearly 4,000 people took part last Sunday in a mass evacuation drill to test responses to a possible eruption of Mount Fuji, weeks after nearby Mount Ontake erupted and killed at least 56 hikers.

Mount Fuji (3,776 m.), 100 kilometres west of Tokyo, last erupted in 1707 but geologists have included it as one of 47 volcanoes in the country believed to be at risk of eruption in the coming century.

Some 3,900 residents in 26 cities, towns and villages in three prefectures around the volcano took part in the drill. In the city of Gotemba, about 800 people used their own cars to evacuate along designated routes because public transportation is scarce there. Elderly people in need of care were moved by bus. Firefighters, police and troops searched for people who could not evacuate in time.

The Fuji drill had been planned for three years but, because of the Ontake eruption, it was conducted in a serious atmosphere. It was based on the scenario that an eruption occurred at a height of about 2,000 metres at 11 am with ash and smoke soaring 20 kilometres and lava flowing from craters.

In the three prefectures (Shizuoka, Yamanashi and Kanagawa),  470,000 people would be forced to evacuate due to volcanic ash in the event that Mount Fuji erupted on a scale similar to that envisaged in the exercise. Large amounts of lava would require 689,000 people to seek refuge and cut off the nation’s major arteries, such as a high-speed railway and an expressway, along the Pacific seaboard.

Source : Japanese newspapers.

Fuji-blog

(Crédit photo:  Wikipedia)

Quand les médias se déchaînent… // When the media go wild…

drapeau francaisAprès l’« état critique » du Mont Fuji, le site The Free Republic nous indique qu’« Il se pourrait que le Mont Rainier soit sur le point de connaître une éruption monstrueuse », tandis que l’on peut lire sur le site The Epoch Times qu’ « Une éruption du super volcan de Yellowstone pourrait recouvrir la moitié de l’Amérique du Nord de  six pieds (1,80 mètres) de cendre et autres débris ».

Heureusement, dans ces deux derniers cas, les auteurs utilisent le mot « could », autrement dit « pourrait », dont le sens conditionnel modère largement le reste du titre des articles.

Que ce soit pour le Mont Fuji, le Mont Rainier ou Yellowstone, aucun scientifique n’est en mesure de dire aujourd’hui quel sera le comportement de ces volcans, que ce soit dans un proche avenir ou dans un avenir plus lointain. La seule chose dont nous sommes certains, c’est que ces trois volcans sont susceptibles d’entrer en éruption. Leur histoire éruptive est là pour démontrer qu’ils ne dorment que d’un œil.

Je ne tiens pas les scientifiques pour responsables des propos exagérés tenus par les journalistes dont on connaît le côté nécrophage. Ils se régalent d’ailleurs en ce moment avec le nombre impressionnants de morts dans l’actualité, que ce soit à la suite de catastrophes aériennes ou de faits de guerre dans la bande de Gaza.

Faire du sensationnalisme a toujours été l’un des buts recherchés par la presse. Cela aide à vendre journaux et magazines. C’est pourquoi je recommande aux scientifiques d’être très vigilants quand ils livrent des informations aux médias. Ils doivent veiller à ce que ces informations ne soient pas déformées ou exagérées. Personnellement, au retour de mes campagnes d’observations ou lors de la publication de  mes ouvrages, j’ai toujours demandé aux journalistes de me communiquer la teneur de leurs articles avant leur diffusion.

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drapeau anglaisAfter the « critical state » of Mount Fuji, we can read on the Free Republic website that “Mount Rainier could be on the Brink of a monstrous eruption” while The Epoch Times affirms that “A Yellowstone supervolcano eruption could cover half of North America in six feet of ash and debris”.

Fortunately, in the last two cases, the authors use the word « could » whose conditional meaning largely moderates the rest of the titles.
Whether it be for Mount Fuji, Mount Rainier or Yellowstone, no scientist is able today to say what the behaviour of these volcanoes will be, whether in the near future or in the more distant future. The only thing we know for certain is that these three volcanoes are likely to erupt. Their eruptive history proves that they are just slumbering.
I do not hold scientists responsible for the exaggerated articles written by journalists whose love for death is well known. By the way, they are currently feasting with the impressive number of deaths in the news, whether in plane crashes or acts of war in the Gaza Strip.
Sensationalism has always been one of the goals sought by the press. This helps to sell newspapers and magazines. This is why I recommend scientists to be very careful when they provide information to the media. They must ensure that such information is not distorted or exaggerated. Personally, when coming back from observation campaignes or when my books were published, I always asked reporters to give me the contents of their articles prior to release.

Mont-Fuji-blog

 Rainier-sommet

Norris-Geyser-Basin

Le Fuji, le Rainier et Yellowstone: des proies faciles pour la presse à sensation !

Mont Fuji (Japon) // Mount Fuji (Japan)

   Depuis le terrible séisme qui a détruit Fukushima, plusieurs articles de presse ont été publiés à propos d’une possible éruption du Mont Fuiji dont l’édifice a pu être déstabilisé par la sismicité. Dans un article diffusé ces jours-ci par le Japan Times, on peut lire que, d’après une récente estimation, une éruption du Mont Fuji pourrait entraîner l’évacuation de 567 000 personnes.
Cette estimation fait partie d’un plan d’évacuation mis au point par le gouvernement préfectoral de Shizuoka qui indique par ailleurs que plus de 130 000 personnes issues de quelque 50 000 foyers devraient être relogées si la lave atteignait des quartiers résidentiels de la ville de Fuji, située au sud du volcan qui culmine à 3776 mètres.
En fonction du nombre et de l’emplacement des bouches éruptives, d’autres zones plus éloignées du volcan pourraient être évacuées elles aussi. Le plan s’appuie sur une carte à risques élaborée par le gouvernement central au moment de la dernière éruption du mont Fuji en 1707.
Dans ce plan d’évacuation, 10 zones ont été prévues au pied du volcan en fonction de la trajectoire possible des coulées de lave. Le plan définit les zones d’évacuation selon quatre niveaux.
Le gouvernement préfectoral de Yamanashi est en train de préparer un plan d’évacuation identique.
Ces différents plans seront finalisés lors d’un forum de consultation réunissant les préfectures de Shizuoka, Yamanashi et Kanagawa, ainsi que le gouvernement central. Des exercices d’évacuation conjoints seront également menés dans les trois préfectures.

 

   Since the terrible earthquake that destroyed Fukushima, several press articles have been published about a potential eruption of Mount Fuji whose edifice might have been made unstable by the seismicity. In a recent article in the Japan Times, one can read that an eruption of Mount Fuji could force some 567,000 people to evacuate their homes, according to a new estimate.
The projection is part of an evacuation plan crafted by the Shizuoka Prefectural Government that also says more than 130,000 people, comprising some 50,000 households, would have to relocate if lava were to reach residential districts in the city of Fuji, which lies just south of the 3,776-metre mountain.
Depending on the number and locations of vents, evacuation from wider areas could be needed. The plan is based on a hazard map prepared by the central government based on Fuji’s last eruption, in 1707.
Under the evacuation plan, 10 zones have been designated at the foot of the mountain based on the expected direction of lava flows. The plan specifies evacuation zones in four grades.
The Yamanashi Prefectural Government is preparing a similar evacuation plan.
Plans will be finalized at a consultation forum involving Shizuoka, Yamanashi and Kanagawa prefectures and the central government. Joint evacuation drills in the three prefectures will also be conducted.

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Le Mont Fuji  (Crédit photo:  Wikipedia)