“Urgence climatique” remplace “changement climatique » // “Climate emergency” instead of “climate change”

Le très sérieux et populaire magazine américain Scientific American a annoncé le 12 Avril 2021 qu’il cesserait d’utiliser le terme «changement climatique» dans les articles sur le réchauffement climatique d’origine anthropique et qu’il le remplacerait par «urgence climatique».

Selon le rédacteur en chef du magazine, la presse se doit de faire écho à ce que dit la science. Pour faire valoir son point de vue, il insiste sur le nombre croissant de catastrophes météorologiques qui, selon la plupart des scientifiques, sont causées par le changement climatique: un ouragan en Floride; un barrage qui lâche en Californie parce que les inondations l’ont mis à saturation; une vague de froid soudaine avec des températures record qui ont provoqué des coupures de courant dans tout l’État du Texas, et ainsi de suite. Le rédacteur en chef insiste sur le fait que ce sont des urgences qui nécessitent une action immédiate. «Multipliez ces situations à l’échelle de la planète, et vous avez la plus grande urgence environnementale sur Terre depuis des millénaires: le plus profond changement climatique de tous les temps.»

Le Scientific American n’est pas le seul journal ou magazine à avoir décidé de mettre en évidence ce qu’il considère comme une situation d’urgence nécessitant une action immédiate. Il a rejoint la Columbia Journalism Review, The Nation, The Guardian, Noticias Telemundo, Al Jazeera, Asahi Shimbun au Japon et La Repubblica en Italie qui ont déjà abandonné l’expression « changement climatique. »

Début avril, la NOAA a annoncé qu’en dépit de la pandémie de Covid-19, qui a réduit les voyages et l’activité économique, les niveaux de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère terrestre ont continué d’augmenter, atteignant leur plus haut niveau des 3,6 millions d’années écoulées. La dernière fois que le CO2 a atteint un tel niveau, celui des océans était 23 mètres plus haut qu’aujourd’hui et la température moyenne de la planète était supérieure de 4 degrés Celsius à ce qu’elle est aujourd’hui. Les scientifiques ont averti que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre causée par les activités humaines a déjà provoqué une hausse de 1,1 degré Celsius de la température mondiale et fait fondre rapidement les calottes glaciaires polaires.

Une étude publiée le 9 avril 2021 dans le magazine Science a révélé que l’immense plateforme glaciaire qui s’étale devant la glacier Thwaites en Antarctique est beaucoup plus instable qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Cette instabilité est causée par l’eau plus chaude de l’Océan Austral qui sape la base de la plateforme. A elle seule, la disparition de cette plate-forme glaciaire se traduirait par une élévation globale du niveau de la mer jusqu’à 90 centimètres.

Selon une autre étude menée par des chercheurs de l’Université de Reading (Angleterre), si le réchauffement climatique ne connaît pas un ralentissement digne de ce nom et si la température moyenne de la planète augmente de 4 degrés Celsius, plus d’un tiers de la banquise antarctique risque de disparaître, ce qui se traduira par la submersion de pays et d’États entiers comme la Floride. Le phénomène déclenchera aussi la plus grande migration de l’histoire de l’humanité.

Par ailleurs, le Scientific American et les autres publications insistent sur le fait que l’élévation du niveau de la mer n’est que l’une des nombreuses menaces auxquelles l’humanité sera confrontée si les températures continuent d’augmenter. Si l’on ne réduit pas la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, on observera des vagues de chaleur insupportables, des tempêtes, des incendies de forêt, la suite de la fonte des glaces, de sorte qu’une grande partie de la Terre deviendra inhabitable.

Source: Scientific American.

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The serious and popular American magazine Scientific American announced on April 12th, 2021 that it would stop using the term « climate change » in articles about man-made global warming and replace it with « climate emergency. » .

According to the magazine’s editor, journalism should reflect what science says. To make his point, he pointed to the mounting number of weather-related disasters that most scientists agree stem from climate change: a hurricane in Florida; a dam that burst in California because floods had piled water high up behind it; a sudden, record-setting cold snap that cut power to the entire state of Texas, and so on.  The editor insists that these are emergencies that require immediate action. “Multiply these situations worldwide, and you have the biggest environmental emergency to beset the Earth in millennia: climate change.”

The Scientific American is not alone it its decision to highlight what it sees as an emergency requiring immediate action. It joined the Columbia Journalism Review, The Nation, The Guardian, Noticias Telemundo, Al Jazeera, Japan’s Asahi Shimbun and Italy’s La Repubblica in releasing a statement about the change in language.

In early April, NOAA has announced that despite the pandemic, which curtailed travel and economic activity, carbon dioxide and methane levels in the Earth’s atmosphere continued to rise, reaching their highest levels in the past 3.6 million years. The last time CO2 was at its current level, global sea level was 23 metres higher than it is today and the average global temperature was 4 degrees Celsius hotter.

Scientists have been warning that the increased amount of carbon dioxide in the Earth’s atmosphere caused by human activity has already warmed global temperatures by 1.1 degrees Celsius and is fast melting the polar ice caps.

A study published on April 9th, 2021 in Science magazine found that the massive ice shelf stemming from Antarctica’s Thwaites Glacier is even more unstable than previously thought, because of warming water melting the ice that connects it to the land. A collapse of this single ice shelf would translate into a global sea level rise of up to 90 centimetres.

According to another study by researchers at the University of Reading (England), if global warming is not dramatically slowed and global average temperatures do rise by 4 degrees Celsius, over one-third of the entire Antarctic ice shelf will be at risk of collapse, which would lead to the submerging of whole countries and states like Florida, and set off the largest migration in human history.

Moreover, the Scientific American and the other media outlets insist that sea level rise is just one of several threats facing mankind if global temperatures continue to rise. Failure to slash the amount of carbon dioxide in the atmosphere will make the extraordinary heat, storms, wildfires and ice melt of 2020 routine and could render a significant portion of the Earth uninhabitable.

Source: Scientific American.

La Courbe de Keeling montre le très haut niveau de CO2 dans l’atmosphère (Source : NOAA)

Eruption de La Soufrière: ce n’est que le début // La Soufriere eruption : it’s just the beginning

Selon le géologue qui dirige l’équipe de l’UWI sur la Soufrière de Saint-Vincent, il ne faut pas se laisser berner par la pause actuelle de l’activité éruptive. À son avis, l’éruption ne fait que commencer. Le volcan est en éruption depuis une semaine; dire que le calme va revenir dans deux semaines serait une erreur. La quantité d’énergie libérée jusqu’à présent montre que le volcan en a encore beaucoup dans le ventre. De même, la quantité de matériaux émis jusqu’à présent est en réalité très faible. Les éruptions du passé comme celle de 1979 ont rejeté environ 60 millions de mètres cubes de matériaux. Ces éruptions ont commencé moins vigoureusement que l’éruption de 2021 mais elles ont émis plus de matériaux. Le géologue pense que si les scénarios du passé se répètent, La Soufrière détruira des biens et des terres. Même avec des explosions qui affectent juste le nord, l’éruption fera beaucoup de dégâts à travers toute l’île. Il pense qu’à la fin de l’éruption la quantité de matériaux expulsés par le volcan sera plus importante qu’en 1979. L’éruption actuelle ressemble davantage à celle de 1902. L’éruption de 1902 a détruit environ un tiers de l’île, de Georgetown à Chateaubelair. Les zones au nord de cette zone ont été les plus durement touchées; on aurait dit que la zone avait été bombardée. Pour le moment, l’éruption a épargné ces zones; les villages de l’Est sont encore en grande partie intacts, ce ne sera pas nécessairement le cas une fois l’éruption terminée.

Le géologue demande à la population de rester vigilante et de ne pas penser que l’éruption est terminée car elle n’en est encore qu’à ses débuts. Il reconnaît que lui et son équipe ont commis une erreur en affirmant  la veille que l’éruption touchait à sa fin. Il dit: «Même avec un intervalle entre les explosions, les gens ne doivent pas penser qu’ils peuvent se rendre dans le nord de l’île parce que l’intervalle peut changer comme il l’a déjà fait.».

Source: médias d’information locaux.

En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une vidéo montrant l’éruption vue depuis l’espace, avec les panaches de cendre et de SO2, ainsi que les ondes de gravité que j’avais mentionnées précédemment :

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According to the geologist leading the UWI team on St Vincent’s La Soufriere, one should not be lured by the current pause in eruptive activity. In his opinion, the eruption is just starting. The volcano has just erupted for one week; saying it will end in two weeks would be a mistake. The amount of energy it has released until now suggests there is a lot more to come out. The quantity of emitted material is actually very small. Past eruptions like that of 1979 released about 60 million cubic metres of materials, so past eruptions which started less vigorously put out more materials.

The geologist says that if the scenarios of the past repeat themselves, La Soufriere will destroy property and land. Even with just explosions that affect the north, the eruption is going to do a lot of damage to the whole island. He thinks that at the end of the eruption the amount of materials expelled by the volcano will be greater than in 1979. It looks closer in magnitude to the 1902 eruption. The 1902 eruption destroyed about one-third of the island, from Georgetown over to Chateaubelair. Areas north of that area were the most badly affected; the place looked as if it had been bombed. For the moment, the eruption has spared these regions ; the Eastern villages are still largely intact, but he thinks it might not necessarily be the case when the eruption was over.

The geologist warns that people should not pause and think the eruption is over because it is still in its early days yet. He admits he and his team were wrong when they thought the day before that the eruption was coming to an end. He says: “Even with an interval between explosions, people must not think they can go into the areas in the north because the interval may change as it did”.

Source : Local news media.

Source : UWI

Au cœur de la lave du Piton de la Fournaise : nouvelles photos

Alors que le tremor éruptif reste relativement stable, l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit. L’OVPF indique que le front de coulée n’avance pas et se situe toujours dans la partie supérieure des Grandes Pentes. La lave s’écoule désormais sur le plateau en aval du site éruptif, avec la mise en place de tunnels montrant de nombreuses résurgences. Les trois cônes éruptifs sont entièrement clos latéralement et ne laissent échapper la lave que par leur bouche sommitale et par des tunnels. Une fusion entre les deux cônes les plus en aval est en train de s’opérer..

Source : OVPF.

Christian Holveck vient de m’adresse une nouvelle série de photos de l’éruption, prises le 15 avril 2021. Christian nous fait vraiment entrer au cœur de la lave. Il écrit que « cette éruption qui avait débuté de manière classique et assez peu tumultueuse nous réserve des surprises. Ainsi, j’ai vu de superbes débordements et des coulées éclatantes, un vrai bonheur. ».

D’autres images, toujours aussi somptueuses, sont à voir sur son site : http://www.christianholveck.com/

Photos : Christian Holveck

Islande: une éruption très populaire // Iceland : a very popular eruption

Cela fait quatre semaines que l’éruption a commencé dans les vallées Geldingadalir / Meradali. La lave a percé la surface dans la soirée du 9 mars 2021 et rien n’indique que l’éruption a envie de se terminer. Rien n’indique non plus que sa popularité est en baisse. Selon un récent sondage, 50% des Islandais qui ne se sont pas encore rendus sur le site de l’éruption prévoient de le faire bientôt. Selon cette même enquête, 25% des Islandais ont déjà visité le site de l’éruption, contre 16% début avril. Seul un tiers des personnes interrogées ont déclaré que l’éruption ne les intéressait pas. Selon le même sondage, 93% des Islandais suivent la couverture médiatique de l’éruption.

Les émissions de lave sont relativement stables depuis le début de l’éruption, avec de petites fluctuations de temps en temps. La pollution volcanique concerne surtout le site de l’éruption et les nuages de gaz se dissipent rapidement au fur et à mesure que l’on s’éloigne du site éruptif.

Dans une note spéciale, j’ai insisté sur les restrictions mises en place par les autorités islandaises pour entrer dans le pays, avec des tests PCR obligatoires et des périodes de quarantaine. Les visiteurs doivent savoir qu’ils encourent des amendes substantielles s’ils ne respectent pas la réglementation en vigueur. Les amendes vont de 50 000 couronnes (330 euros) à 250 000 couronnes (1 650 euros) selon la gravité des infractions à la quarantaine. Une amende de 50 000 couronnes sera infligée à une personne qui est montée dans une voiture avec quelqu’un qui n’était pas en quarantaine. A côté de cela, trois touristes étrangers qui ont été surpris dans un restaurant en train de manger, de boire et de se vanter d’avoir violé la quarantaine se verront infliger une amende de 250 000 couronnes chacun. Les amendes doivent être payées sur le champ car il serait quasiment impossible de récupérer cet argent une fois que les touristes auraient quitté l’Islande.

Source: https://www.ruv.is/

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It is four weeks since the Geldingadalir/Meradalir volcanic eruption began. Lava pierced the surface on the evening of March 9th, 2021 and there is no sign the eruption is about to come to an end. There is also no sign of people’s interest dwindling. According to a recent survey, 50 percent of people in Iceland who have not yet visited the volcano plan to do so soon.

According to the survey, 25% of the nation has already visited the eruption site, up from 16% at the start of April. Only one third of respondents have no interest in visiting the eruption. According to the same poll, 93 percent of the nation is following media coverage of the eruption.

Lava flow has been relatively stable since the start of the eruption, though small fluctuations can be measured from time to time. Volcanic pollution is most concentrated at the eruption site and dissipates quickly with increased distance.

In a special post, I have insisted on the restrictions set up by Icelandic authorities to enter the country, with compulsory PCR tests and quarantine periods. Visitors should know that they face substantial fines if they don’t respect the regulations. The fines range from 50,000 krónur (330 euros) to 250,000 krónur (1650 euros) according to the severity of quarantine breaches. A 50,000 krónur fine will be given to a person who got into a car with somebody who was not quarantining. Three foreign tourists who were found at a restaurant eating, drinking, and boasting about breaching quarantine will be fined 250,000 krónur each.

The fines must be paid on the spot as it would be difficult or impossible to get foreign visitors to pay fines after they have left Iceland.

Source : https://www.ruv.is/

A ses débuts, l’éruption était très spectaculaire et photogénique