Des nouvelles du volcan sous-marin de Mayotte // Some news of Mayotte’s submarine volcano

Une activité sismique affecte l’île de Mayotte depuis le début du mois de mai 2018. Depuis le mois de juillet  2018, l’activité sismique a diminué mais une sismicité persiste, avec des événements parfois ressentis par la population. Les données fournies par les stations GPS installées sur l’île de Mayotte indiquent toujours depuis le mois de juillet 2018 un déplacement d’ensemble vers l’est (d’environ 20 cm depuis juillet 2018) et une subsidence d’environ 7-15 cm selon les sites au cours de cette même période.

Une première campagne de mesures océanographiques (MAYOBS 1) à bord du Marion Dufresne du 2 au 18 mai 2019 a permis une découverte majeure avec la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à l’Est de Mayotte. Une deuxième campagne (MAYOBS 2) a été organisée du 11 au 17 juin 2019. Le but de cette nouvelle mission était de poursuivre les acquisitions de données suite aux récentes découvertes de la précédente, en procédant notamment à une nouvelle récupération et au redéploiement des sismomètres de fond de mer, à une nouvelle bathymétrie et à la mesure de la réflectivité sur les zones cartographiées au cours de MAYOBS 1, dans le but de détecter de possibles évolutions des reliefs sous-marins.

L’analyse de données sismiques réalisée à bord confirme une localisation toujours relativement profonde des séismes (entre 25 et 50km de profondeur), avec un essaim principal à environ 10 km à l’est de Petite-Terre. Les levés bathymétriques réalisés au-dessus du nouveau volcan ont montré que sa taille n’avait pas évolué depuis la campagne MAYOBS 1. En outre, au sud de ce volcan, un nouveau relief a été identifié. Cette nouvelle zone d’activité volcanique s’étend sur une surface couvrant 8,71 km², et sa hauteur varie de 25 à 75 mètres. Ce vaste épanchement représente un volume de 0,2 km3, suffisant pour recouvrir une ville de la taille de Paris d’une couche de 2 mètres de matière en fusion. Il ne figurait pas sur les relevés qui avaient été effectués quatre semaines auparavant ; cela implique qu’il soit apparu entre-temps, et cela donne une idée de l’ampleur du phénomène volcanique, qui focalise aujourd’hui l’attention des chercheurs.

Que ce soit sur la zone de l’essaim principal ou du volcan, les nouveaux levés ont confirmé la présence de panaches visibles dans les colonnes d’eau mais n’atteignant pas la surface.

Source : OVPF, IPGP.

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Seismic activity has affected the island of Mayotte since the beginning of May 2018. Since July 2018, this seismic activity has decreased but still persists, with events sometimes felt by the population. The data provided by the GPS stations installed on the island of Mayotte have indicated since July 2018 a total displacement to the east (about 20 cm since July 2018) and a subsidence of about 7-15 cm according to the sites during this same period.
A first campaign of oceanographic measurements (MAYOBS 1) aboard the Marion Dufresne from May 2nd  to 18th, 2019, led to a major discovery with the birth of a new submarine volcano east of Mayotte. A second campaign (MAYOBS 2) was organized from June 11th to 17th, 2019. The purpose of this new mission was to continue the data acquisition following the recent discoveries of the previous one, including the recovery and the redeployment of seismometers on the seabed, a new bathymetry and the measurement of the reflectivity on the areas mapped during MAYOBS 1, in order to detect possible evolutions of the submarine reliefs.
The analysis of seismic data carried on board confirms the relatively deep location of earthquakes (between 25 and 50 km deep), with a main swarm about 10km east of Petite-Terre. The bathymetric surveys carried out above the new volcano have shown that its size has not changed since the MAYOBS 1 campaign. In addition, south of this volcano, a new relief has been identified. This new area of ​​volcanic activity extends over 8.71 km², and its height varies from 25 to 75 metres. This large effusion represents a volume of 0.2 km3, sufficient to cover a city the size of Paris with a layer of 2 metres of molten material. This area was not on the surveys that had been done four weeks ago; this implies that it has appeared in the meantime, and this gives an idea of ​​the magnitude of the volcanic phenomenon, which is now attracting the attention of researchers.
Whether in the area of ​​the main swarm or the volcano, the new surveys confirmed the presence of plumes visible in the water columns but not reaching the surface.
Source: OVPF, IPGP.

Nouvel effondrement glaciaire en Alaska // New glacial landslide in Alaska

Comme je l’ai écrit à propos des températures élevées au sommet du Mont-Blanc (France), la fonte de la glace et du permafrost de roche dans les Alpes est susceptible de provoquer des chutes de séracs, des éboulements ou des glissements de terrain. C’est ce qui s’est passé à l’Arête des Cosmiques en août 2018. La plus grande vigilance est demandée aux randonneurs qui s’aventurent en haute montagne.
De tels glissements de terrain, mais de plus grande ampleur, ont été observés en Alaska ces dernières années, notamment à Juneau, Glacier Icy Bay / Tyndall, Glacier Bay / Lamplugh et Sitka. Par exemple, un énorme glissement de terrain a été observé dans le parc national de Glacier Bay en Alaska le 28 juin 2016 (voir ma note à cette date), lorsqu’un pan de montagne de 1200 mètres de hauteur s’est effondré. L’événement a recouvert de débris le glacier Lamplugh sur plusieurs kilomètres.
Plus récemment, un très important glissement de terrain s’est produit sur les flancs du volcan Iliamna le 21 juin 2019. Les matériaux se sont répandus sur une longueur d’environ 6 km et plus de 3 km de largeur. Ils semblent provenir du sommet (voir image ci-dessous).
La dernière éruption connue de l’Iliamna a eu lieu en 1876, avec un VEI 3.
Les causes de ces spectaculaires glissements de terrain ne sont souvent pas claires, mais elles sont probablement liées au réchauffement de la planète ou à l’intensification des eaux de fonte. Les statistiques montrent que ces événements ont surtout lieu pendant les mois les plus chauds. En ce moment, l’Alaska traverse la plus intense vague de chaleur de son histoire.
Source: The Watchers.

Dans le même ordre d’idées, les glaciologues suisses sont inquiets pour le Cervin. En effet les très fortes chaleurs à répétition risquent de faire fondre le permafrost de roche qui assure la stabilité du sommet  Ce dernier est constitué d’un empilement de roches qui tient grâce à ce permafrost. Si le dégel intervient, le risque de chutes de blocs de pierres sera élevé.

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As I put it in my last post about the high temperatures on Mont Blanc (France), the melting of the ice and the rock permafrost in the Alps might trigger icefalls, rockfalls or landslides. This is what happenned at the Arête des Cosmiques in August 2018. Climbers should be very careful.
Similar large-scale landslids have been observed in Alaska in recent years, including Juneau, Icy Bay / Tyndall Glacier, Glacier Bay / Lamplugh, and Sitka, landslides. For instance, a massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016 (see my post at that date), when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. More recently, a very large landslide took place on the flanks of Iliamna volcano on June 21st, 2019.The slide is about 6 km long and appears to be originating near the summit. The debris field is more than 3 kilometres wide.
The last known eruption of this volcano took place in 1876, with a VEI 3.
What triggers giant landslides often isn’t clear but they are likely related to global warming. . Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Alaska is currently going through the most intense heatwave of its history.
Source: The Watchers.

In the same vein, Swiss glaciologists are worried about the Matterhorn. Indeed, the frequent heatwaves may melt the rock permafrost which ensures the stability of the summit. The latter consists of a stack of rocks that holds thanks to this permafrost. If the thaw occurs, the risk of falling stone blocks will be high.

Le glissement de terrain sur l’Iliamna (Crédit photo: USGS)

Vues de l’Iliamna (Photos: C. Grandpey)

Vue de l’effondrement sur le glacier Lamplugh le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom que je salue ici et dont je recommande l’agence basée à Haines)

Le Cervin risque-t-il de se déliter? Vue de la montagne en septembre 2018 (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Suite à la reconnaissance de terrain effectuée le 4 juillet 2019 par les services de  l’OVPF, du BRGM, de l’ONF, du peloton de gendarmerie et de la protection civile, le préfet de La Réunion a décidé de mettre en place la phase de VIGILANCE du niveau d’alerte du Piton de la Fournaise à compter du samedi 6 juillet 2019 à 8h.

Cela signifie que l’accès à la partie haute de l’Enclos reste strictement limité aux deux sentiers balisés suivants :

* sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier Rivals – cratère Caubet

* sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère)

Les sentiers Kapor jusqu’à Piton Kapor et du cratère Caubet au Belvédère sur Château Fort restent interdits d’accès.
Source : OVPF.

Cette décision de Préfet intervient trois semaines après la fin l’éruption éclair du 11-13 juin dans la partie sud-est du volcan, dans une zone très difficile d’accès et loin des sentiers mentionnés ci-dessus. Lors de mon séjour sur l’île j’ai été surpris de voir que l’Enclos restait fermé aussi longtemps alors qu’aucun paramètre n’annonçait une reprise de l’éruption.

En revanche, la décision de la Préfecture intervient alors que l’on observe une certaine  reprise de la sismicité sur le volcan et de l’inflation de l’édifice volcanique. Dans son dernier bulletin, l’OVPF indique que « l’activité volcano-tectonique sommitale qui avait fortement chuté suite à l’éruption du 11-13 juin, semble repartir depuis le 21 juin et 10 séismes sommitaux ont été détectés le 30 juin. » S’agissant de la déformation, l’OVPF écrit que la pressurisation du réservoir magmatique qui a conduit à l’éruption du 11-13 juin « n’a vidangé que très partiellement ce réservoir. Ainsi, dès la fin de l’éruption, l’inflation du volcan a repris. »

La mise en place de la phase VIGILANCE n’est probablement que provisoire….

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Following a survey carried out on July 4th, 2019 by the services of OVPF,  BRGM, ONF, the gendarmerie and the civil defence, the prefect of Reunion has decided to set up the alert level VIGILANCE (= WATCH) for Piton de la Fournaise starting Saturday, July 6th, 2019 at 8 am.
This means that access to the upper part of the Enclos is strictly limited to the following two marked trails:
* Pas de Bellecombe trail – Formica Léo – Rivals trail – Caubet Crater
* Pas de Bellecombe trail – Formica Léo – Dolomieu Crater trail (access from the north of the crater)
Access to the Kapor trails to Piton Kapor and Caubet Crater Belvedere on Château Fort is still forbidden.
Source: OVPF.

This Prefect’s decision comes three weeks after the end of the flash eruption of 11-13 June in the south-eastern part of the volcano, in an area very difficult to access and far from the above mentioned trails. During my stay on the island I was surprised to see that the Enclos remained closed for so long while no parameter announced a resumption of the eruption.

On the other hand, the decision of the Prefecture intervenes at a time when one observes a certain increase in seismicity and the inflation of the volcanic edifice. In its latest update, OVPF indicates that « the volcano-tectonic activity that had fallen sharply following the eruption of June 11th-13th, has been starting again since June 21st and 10 earthquakes were detected on June 30th. With regard to deformation, OVPF writes that the pressurization of the magma reservoir that led to the 11th-13th June eruption « only partially emptied this reservoir. Thus, the inflation of the volcano has resumed at the end of the eruption. »

The VIGILANCE phase of the alert level may be temporary ….

Cône sommital de la Fournaise et Formica Léo (Photo: C. Grandpey)

 

Coup de chaud en Alaska (suite) // Heatwave in Alaska (continued)

Comme prévu, des records de chaleur viennent d’être battus en Alaska et ce n’est probablement pas terminé car les hautes pressions devraient se maintenir au-dessus de cet état pendant encore plusieurs jours.

Le 4 juillet 2019 à 17 heures, l’aéroport international d’Anchorage a officiellement atteint 90 degrés Fahrenheit, soit 32,2 °C pour la première fois » depuis que des relevés y sont effectués. Le précédent record en Alaska avait été établi le 14 juin 1969, avec 85 degrés Fahrenheit, soit 29,4 °C. Cela signifie que les normales saisonnières sont dépassées de 14 °C

Selon les météorologues, la température maximale moyenne pour un 4 juillet à Anchorage est de 18,3 °C. Plusieurs autres records historiques ont été battus dans différents sites du sud de l’Alaska.

L’Alaska est particulièrement sensible au réchauffement climatique et avait déjà battu des records de douceur au printemps, surtout dans la zone arctique.

Source: Presse alaskienne.

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As expected, heat records have just been broken in Alaska and this is probably not over because high pressures are expected to remain above this State for several more days.
On July 4th, 2019 at 5 pm, Anchorage International Airport officially reached 90 degrees Fahrenheit, or 32.2 degrees Celsius for the first time since surveys were conducted there. The previous record in Alaska was set on June 14th, 1969, at 85 degrees Fahrenheit, or 29.4 degrees Celsius This means that the seasonal norms are exceeded by 14 degrees Celsius
According to meteorologists, the average maximum temperature for July 4th in Anchorage is 18.3 ° C. Several other historical records have been broken at various sites in southern Alaska.
Alaska is particularly sensitive to global warming and had already broken records in the spring, especially in the Arctic.
Source: Alaskan press.

Avec une telle chaleur, j’imagine la souffrance des glaciers! (Photo: C. Grandpey)