L’Argentine protège ses glaciers // Argentina protects its glaciers

La Cour suprême argentine a réaffirmé le 4 juin 2019 la constitutionnalité de la loi pour la protection des glaciers. Cette décision remet en cause 44 projets d’exploitation minière et touche directement les intérêts politiques et économiques du pays. Cette décision de la Cour suprême est un revers pour les géants de l’exploitation aurifère. En effet, la loi pour la protection des glaciers interdit toute exploitation minière dans des espaces protégés. Les sociétés Barrick Gold et Minera Argentina Gold, qui avaient déposé en 2011 une plainte auprès de la Cour fédérale pour rendre inconstitutionnelle cette loi, ont été déboutées.
Il faut savoir que 75 % des 2 % d’eau douce de la planète proviennent des glaciers. En Argentine 8 484 km2 sont concernés par des projets d’exploitation minière détruisant des glaciers. En 2007, à l’initiative de la Ministre argentine de l’Environnement, le gouvernement avait fait voter une loi de protection des espaces glaciers; elle est entrée en vigueur en 2010, devenant ainsi la première loi de ce type au monde. La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur de l’exploitation minière sur le territoire argentin, avait déposé une plainte auprès de la Cour fédérale afin de faire réviser la loi et ainsi poursuivre certaines de ses activités, qui avaient été suspendues. Depuis, même si la loi est restée en vigueur, elle est peu appliquée et les ONG et associations écologistes militent pour en faire respecter les principes.
Cela fait huit ans que les militants écologistes attendent que la justice se prononce sur cette question. Ils espèrent que la loi ne restera pas lettre morte, mais rien n’est moins sûr dans un pays émergent comme l’Argentine, où l’extraction minière est au cœur des intérêts économiques et politiques. Depuis 2010, les multinationales de l’extraction ont tout fait pour freiner l’application de la loi et ont continué leurs activités, notamment dans la mine d’or et d’argent à ciel ouvert de Veladero, dans la province de San Juan. Propriété de Barrick Gold depuis 2005, le site a également connu le plus grand accident minier du pays, en 2015. L’effondrement d’un bloc de glace avait provoqué la fuite d’une solution de cyanure, polluant ainsi cinq cours d’eau. La catastrophe ne s’était pourtant pas soldée par la fermeture du site.
Aujourd’hui, les projets d’exploitation continuent de se multiplier. Sur le papier, les textes prévoient l’obligation d’un inventaire de tous les glaciers argentins. Des études de terrain sont également censées être réalisées avant tout projet et ce dans un délai de 180 jours. Le problème, c’est que cette réglementation est gangrenée par la corruption. Des glaciologues réalisent les études, mais ils travaillent également pour les entreprises. Au final, ils ont imposé une mesure minimale pour qu’un glacier soit considéré comme tel, laissant ainsi une marge de manœuvre aux entreprises pour exploiter une partie de ces glaciers.

Source: Libération.

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On 4 June 2019, the Argentinean Supreme Court reaffirmed the constitutionality of the law for the protection of glaciers. This decision calls into question 44 mining projects and directly affects the political and economic interests of the country. This decision of the Supreme Court is a setback for the gold mining giants. Indeed, the law for the protection of glaciers prohibits all mining in protected areas. The Barrick Gold and Minera Argentina Gold companies, which filed a complaint in 2011 with the Federal Court to make the law unconstitutional, were dismissed.
You should know that 75% of the 2% of fresh water on the planet comes from glaciers. In Argentina 8 484 square kilometres are affected by mining projects destroying glaciers. In 2007, at the initiative of the Argentine Minister of the Environment, the government had passed a law protecting glacial spaces; it came into force in 2010, becoming the first law of its kind in the world. The Canadian company Barrick Gold, a major player in mining in Argentina, had filed a complaint with the Federal Court to have the law reviewed and to continue some of its activities, which had been suspended. Since then, even though the law has remained in force, it has not been applied enough and environmental NGOs and associations are campaigning to uphold its principles.
For eight years environmental activists have been waiting for justice to rule on this issue. They hope that the law will not remain a dead letter, but nothing is less certain in an emerging country like Argentina, where mining is at the heart of economic and political interests. Since 2010, multinational extractive companies have done everything to curb law enforcement and have continued to operate, including in the Veladero open-pit gold and silver mine in the province of San Juan. Owned by Barrick Gold since 2005, the site also experienced the largest mining accident in the country, in 2015. The collapse of a block of ice caused a solution of cyanide to escape, polluting five rivers . The disaster did not end in the closure of the site.
Today, the projects of exploitation continue to multiply. On paper, the texts provide for the obligation of an inventory of all Argentine glaciers. Field studies are also supposed to be carried out before any project and within 180 days. The problem is that this regulation is riddled with corruption. Glaciologists do the studies, but they also work for the companies. In the end, they imposed a minimum measure for a glacier to be considered as such, leaving a margin of maneuver for companies to exploit some of these glaciers.

Source: Liberation.

Le Perito Moreno est l’un des glaciers les plus populaires en Argentine. Comme ses homologues à travers le monde, il subit les effets du réchauffement climatique. (Crédit photo: Wikipedia)

Le Cratère Sud-Est de l’Etna entre les années 1970 et les années 2000 // Mt Etna’s South-East Crater between the 1970s and the 2000s

Le Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna est mon préféré, peut-être parce qu’il se trouve près de la Torre del Filosofo où j’ai connu des moments extraordinaires avec les guides et parce que je l’ai vu grandir. Le CSE est apparu au cours des derniers moments de l’éruption de 1971 qui avait débuté le 5 avril de cette même année. Des fractures éruptives se sont ouvertes dans la partie supérieure ouest et nord-ouest de la Valle del Bove. Des coulées de lave s’en sont échappées et ont détruit des forêts, des vergers et des bâtiments. Elles se sont approchées dangereusement du village de Fornazzo.
Alors que la lave coulait des bouches les plus basses, à l’extérieur de la bordure septentrionale de la Valle del Bove, la naissance du Cratère Sud-Est a commencé à la mi-mai 1971 sous la forme d’un puits de dégazage d’où s’échappaient de la vapeur et de la cendre, à la base sud-est du cône principal. Selon Boris Behncke, ce puits de dégazage jouait un rôle de soupape pour le système de fractures qui se propageait vers le nord-est, à travers la Valle del Bove. Dans le même temps, la lave dégazée sortait des bouches qui s’étaient ouvertes plus en aval. Ce puits est resté inactif pendant sept ans après la fin de l’éruption de 1971. Il s’est réveillé en 1978 et a alors pris le nom de Cratère Sud-Est où se déroule depuis cette époque la majeure partie de l’activité éruptive de l’Etna.
Après l’éruption de 1971, l’activité du jeune Cratère SE s’est calmée, ainsi que celle des fractures éruptives en aval. Vers 1978, on a observé une série d’éruptions dans le cratère et au niveau de fractures radiales qui en partaient, en direction de divers secteurs de la Valle del Bove.

Pendant vingt mois, entre novembre 1996 et juillet 1998, une légère activité strombolienne a édifié un petit cône à l’intérieur du cratère formé par l’activité du CSE au début de 1990 et par le remplissage progressif du cratère de 1990. J’ai eu la chance de pouvoir observer – admirer devrais-je dire – cette activité. Le regretté Antonio Nicoloso m’avait conseillé de pénétrer à l’intérieur du cratère et de visiter une petite grotte qui s’était ouverte dans l’un des flancs du cratère. Ce fut un moment magique parce que des morceaux de soufre me tombaient dessus chaque fois que le cône explosait…
À la fin de l’année 1998, le cône avait une taille respectable car il avait grossi à une vitesse impressionnante au cours des six semaines précédentes. Il se dressait à environ 3230 m d’altitude, soit 50 mètres de plus qu’en juillet 1997. La croissance du cône a continué sans relâche au début de 1999
Au début de 1999, une dizaine d’épisodes éruptifs ont provoqué une croissance considérable du cône, tant latéralement que verticalement. Les nouveaux blocs qui avaient été éjectés en janvier 1990 entre le cône SE et le cône principal du sommet étaient désormais ensevelis sous de nouveaux matériaux et il n’était plus possible de regarder à l’intérieur du cratère au sommet du cône.
Source: Les volcans d’Italie: le berceau de la volcanologie.

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Mt Etna’s South-East Crater (SEC) is my favourite one, maybe because it is near the Torre del Filosofo where I lived great moments with the guides and because I could see it grow. The SE Crater came to life during the last moments of the 1971 eruption that had begun on April 5th 1971. In that year, eruptive fissures opened across the upper western and northwestern part of the Valle del Bove. Lava flows that destroyed forests, fruit gardens, and isolated buildings and came close to the village of Fornazzo.

While lava was flowing from the lowermost vents, outside the northern rim of Valle del Bove, the birth of the SE Crater began in mid-May 1971 as a degassing pit that appeared on the southeastern base of the main summit cone, erupting steam and ash. According to Boris Behncke, this pit served as a « pressure valve » for the extensive fissure system that propagated from here to the northeast across Valle del Bove, with degassed lava issuing from the lowermost vents. This pit remained inactive for seven years after the end of the 1971 eruption, but in 1978 it reawakened and became known as the Southeast Crater, site of most of Etna’s summit activity since then.

After the 1971 eruption, activity at the newly formed SE Crater and at the lower eruptive fissures subsided. Around 1978, a series of eruptions occurred at the crater and at fissures extending in a radial way from it into various sectors of Valle del Bove.

For twenty months, between November 1996 and July 1998, mild Strombolian activity built a small cone within the crater formed during the early 1990 activity of the SE Crater, and lava issuing from vents on the flanks and at the base of this intracrater cone led to the gradual filling of the 1990 crater. I enjoyed watching this activity. The late Antonio Nicoloso had advised me to step into the crater and visit a small cave that had opened inside one of the flanks of the crater. It was a magical moment because there pieces of sulphur ware falling on me each time the cone exploded.

In late 1998, the cone had grown with striking velocity during the preceding six weeks and was standing at about 3230 m elevation, 50 metres higher than it had been in July 1997. The growth of the cone continued vigorously into early 1999

In early 1999, ten eruptive episodes caused considerable growth of the cone, both laterally and vertically. The huge blocks that had been ejected in January 1990 in the saddle between the SE Cone and the main summit cone were buried by new material, and it was no longer possible to look down into the crater of the growing cone.

Source : Italy’s volcanoes : The cradle of Volcanology.

Vues du Cratère Sud-Est….

…en 1995:

 en 1997…:

…le 1er janvier 2000 !:

(Photos : C. Grandpey)

Quelques remarques sur la vague de chaleur de juin 2019

Alors que la France traverse un épisode de très forte chaleur, la chaîne de radio France Info a invité Sébastien Léas, prévisionniste à Météo France, pour répondre aux questions des internautes. Ces derniers ont demandé si les épisodes caniculaires vont être plus fréquents et si la canicule est liée au réchauffement climatique.
Selon le prévisionniste, les projections font état de périodes de chaleur plus intenses, mais aussi plus étendues dans les années à venir. La saison estivale sera de plus en plus longue. Si on prend l’exemple des trois derniers étés, ces projections se vérifient. En 2016, il y a ainsi eu une canicule très tardive, entre le 23 et 28 août. En 2017, nous avons enregistré la canicule la plus précoce de l’histoire. Et en 2018, nous avons eu un des étés les plus chauds, avec 2003. Ces propos confirment ceux d’autres agences comme la NASA, la NOAA ou encore NCEP-NCAR.
S’agissant du lien entre la canicule actuelle avec les réchauffement climatique, Sébastien Léas explique fort justement que relier tout événement ponctuel au réchauffement climatique serait un raccourci. En revanche, le réchauffement climatique a effectivement un impact sur les canicules, avec des vagues de chaleur plus intenses et plus longues. Ainsi, à la fin du siècle, les températures qu’on a observées pendant la canicule de l’été 2003 pourraient devenir la norme.
Rien ne dit aujourd’hui que nous n’aurons pas un été normal car Météo France n’a pas de projections à si longue échéance. L’épisode de forte chaleur actuel n’est pas forcément annonciateur d’un été qui sera très chaud en continu. En revanche, dans les prévisions saisonnières de la période juin-juillet-août, il y avait des signaux d’un été chaud. C’était déjà le cas en 2018.
Dans la dernière partie de son intervention Sébastien Léas aborde un point très important: la différence entre météorologie et climatologie, deux termes qui sont souvent source de confusion au sein de la population. La météorologie permet de faire des prévisions sur une semaine ou deux, probablement un peu plus dans les années à venir. Les projections à l’horizon 2050 prennent en compte d’autres paramètres et les échelles sont différentes. La climatologie s’intéresse au globe et à des tendances avec des interactions océan-atmosphère qui sont plus profondes et moins sujettes à des variations quotidiennes. On peut ajouter que la canicule observée en France au mois de juin n’aura pas forcément un impact majeur sur la température globale de la planète. Rien ne dit que juin 2019 sera globalement en tête des mois les plus chauds jamais observés.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Au cours de la semaine écoulée, deux éruptions ont secoué le Raikoke (Iles Kouriles) et l’Ubinas (Pérou), respectivement les 21 et 24 juin 2019. Ces événements ont été décrits dans des articles de ce blog.
Il convient de noter que le 23 juin 2019, les panaches de cendre émis par le Raikoke s’élevaient encore à 4,5 km. La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à Orange. Ce même jour, une expédition a remarqué que toute l’île était recouverte de dépôts de cendre atteignant plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur. Dans certaines zones du littoral, les vagues ont interagi avec les dépôts de cendre, provoquant des explosions de vapeur
Source: KVERT.

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Une violente éruption a débuté sur l’Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 25 juin 2019, après une hausse d’activité de plusieurs semaines.Des émissions continues de cendres jusqu’à 6,7 km étaient encore observées le 26 juin. Un premier épisode éruptif a généré un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 12,8 km au dessus du niveau de la mer. Un deuxième panache s’élevant jusqu’à 7,9 km d’altitude a été observé quelques heures plus tard. Les images satellites montraient des émissions de cendre et de gaz jusqu’à environ 16,7 km d’altitude.Le RVO a précisé qu’une coulée pyroclastique descendait le flanc nord de l’Ulawun. Selon une autre source d’information, une colonne de matière incandescente était visible au-dessus du cratère. Les habitants ont également signalé une coulée de lave près du village de Noau et de la vallée d’Eana. Le RVO indique que l’éruption avait cessé entre 18h00 et 19h00.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Des villages proches du volcan ont été évacués
Source: Rabaul Volcano Observatory.

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La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch au Kamchatka où des anomalies thermiques sont détectées.

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Le volume du dôme de lave du Merapi reste inchangé et est estimé à 458 000 mètres cubes. La lave extrudée tombe continue àdévaler les parties supérieures du flanc SE, avec des avalanches de blocs et de cendre dans la ravine de la Gendol River. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1à 4).
Source: CVGHM.

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Le Popocatepetl continue à émettre des panaches de vapeur et de gaz avec parfois de la cendre. Les explosions peuvent éjecter des matériaux incandescents à quelques centaines de mètres sur les flancs du volcan. De faibles retombées de cendre ont été signalées dans les zones sous le vent. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

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Comme cela se produit de temps à autre, une forte explosion a été enregistrée sur le Stromboli (Sicile) le 26 juin 2019 à 23h03 (TU). Les caméras de surveillance ont montré des retombées de matériaux incandescents sur la Sciara del Fuoco et sur la terrasse cratérique. Certains blocs sont retombés au-delà de cette dernière. Le signal sismique associé à cet événement a duré environ 4 minutes. Aucune nouvelle explosion majeure n’a été enregistrée.
Source: INGV.

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Les personnes qui vont visiter l’Anak Krakatau (Indonésie) doivent se méfier des explosions phréatomagmatiques qui peuvent se produire à tout moment, comme celle observée à 9h09 (heure locale) le 25 juin 2019 (voir la vidéo ci-dessous). De telles explosions se produisent suite à une interaction soudaine entre le magma ou des fluides à haute température avec de l’eau. La vidéo montre des cypressoïdes de cendre et de vapeur d’eau, typiques des éruptions surtseyennes.

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During the past week, two significant eruptions occurred at Raikoke (Kuril Islands) and Ubinas (Peru) on June 21st and June 24th, 2019, respectively. They were described in posts on this blog.
It should be noted that on June 23rd, ash plumes emitted by Raikoke were still rising to 4.5 km. The aviation colour code was lowered to Orange. That same day, an expedition noted that the entire island was mantled with ash deposits up to several dozen centimetres thick. In some areas along the shoreline waves interacted with the deposits, causing steam explosions
Source: KVERT.

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A significant eruption started at Ulawun (Papua New Guinea) on June 25th, 2019, after a few weeks of increased activity. Continuous ash emissions up to 6.7 km were still observed on June 26th. A first eruptive episode was reported with an ash plume rising up to 12.8 km above sea level. A second plume rising up to 7.9 km a.s.l. was observed a few hours later. Satellite imagery indicated volcanic emissions up to approximately 16.7 km. RVO stated that a pyroclastic flow descended the N flank of Ulawun. According to another source, a column of incandescent material was rising from the crater. Residents also reported a lava flow near Noau village and Eana Valley. RVO indicated that the eruption ceased between 18:00 and 19:00.
The Aviation Color Code was raised to Red. Nearby villages were evacuated
Source: Rabaul Volcano Observatory.

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The aviation colour code remains at Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch in Kamchatka where thermal anomalies are detected.

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The volume of Merapi‘s lava dome remains unchanged and is estimated at 458,000 cubic metres. Extruded lava still falls on the upper parts of the SE-flank, with block-and-ash avalanches down the Gendol drainage. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).
Source: CVGHM.

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Steam-and-gas emissions, with occasional amounts of ash are still emitted by Popocatepetl; Explosions may eject incandescent material a few hundred metres onto the flanks of the volcano. Minor ashfallhas been reported in downwind areas. The alert level remains at Yellow, Phase Two.
Source: CENAPRED.

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As it happens from time to time, a violent explosion was recorded at Stromboli (Sicily) at 23:03 UTC on June 25th, 2019. The surveillance cameras showed pyroclastic material falling onto the Sciara del Fuoco and inside the crater terrace with blocks beyond its edge. The seismic signal associated with the event lasted about 4 minutes. No other major explosive event was later observed.
Source: INGV.

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Visitors to Anak Krakatau (Indonesia) should be aware that violent phreatomagmatic eruptions may occur at any moment, like the one that took place at 9:09 (local time) on June 25th, 2019 (see video below). Phreatomagmatic explosions are caused by the sudden interaction of hot magma or fluids in the conduit with water. The video shows cypressoids of ash and steam, typical os surtseyan eruptions.

Le Mont Blanc transpire lui aussi!

La vague de chaleur actuelle ne se limite pas aux zones de basse altitude. Le 26 juin 2019, le Mont Blanc a enregistré un record, avec une température de 6,8°C vers 13h40 dans la station de Colle Major, une station de l’Arpa (Agence régionale de protection de l’environnement de la Vallée d’Aoste), à 4750m d’altitude. Selon Météo France, il n’a jamais fait aussi chaud au sommet du point culminant de l’Europe depuis le début des relevés. La température de l’air a approché les 7°C pendant environ une heure, avant de repasser sous les 2°C. En septembre 2016, une température de 6,3°C avait été enregistrée à la station de Colle Major.
Ce pic de chaleur aura, bien sûr, des conséquences sur le massif, avec une fonte partielle des glaciers qui sont actuellement exposés à des températures positives/ Es eaux de fonte ruiissellent, ce qui augmente forcément le risques de chutes de séracs. Les alpinistes et autres randonneurs doivent donc être particulièrement vigilants. De plus, cet excès de chaleur aura un effet sur le permafrost de roche qui solidarise les blocs des parois. Des effondrements ne sont pas exclus, comme celui qui a emporté une portion de l’Arête des Cosmiques, à proximité de l’Aiguille du Midi, le 22 août 2018.
Source: Presse locale et nationale.

La fonte des glaciers de l’Himalaya // Glaciers are melting in the Himalayas

Ce n’est pas un scoop mais un nouveau rappel d’une situation inquiétante. Un rapport qui vient d’être publié fin juin 2019 dans la revue Science Advances indique qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya a perdu un quart de sa glace qui fond deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Selon les auteurs du rapport, ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique devrait s’aggraver.et aura un impact direct et dangereux sur les populations voisines de la chaîne montagneuse.
En 40 ans, les températures dans la région ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000t. Au milieu de la dernière période glaciaire, la température annuelle moyenne était de 3 degrés Celsius plus froide.
L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les images de satellites espions américains, de meilleure qualité, ont notamment été d’une aide précieuse. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne montagneuse. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations. Pour le moment, la fonte provoque ce type de dégâts, mais à terme les scientifiques prévoient une diminution progressive et constante de la masse des glaciers. Cela signifie qu’à long terme la région subira des périodes de sécheresses au fur et à mesure que le réservoir glaciaire s’épuisera.
Partout dans le monde, les scientifiques alertent sur la fonte des glaces. Une des régions les plus touchées est l’Arctique. Le 18 juin 2019, une fonte inhabituelle au Groenland a de nouveau été enregistrée : La calotte glaciaire a perdu 2 milliards de tonnes de glace en deux jours seulement.
Il est donc urgent d’agir. On parle beaucoup d’écologie et d’environnement en France en ce moment, mais je pense que l’on a trop souvent tendance a confondre environnement et réchauffement climatique, même si les deux choses sont parfois liées. Ce n’est pas en réduisant les pesticides, herbicides et autres matières toxiques que l’i=on fera face au réchauffement climatique. Les mesures à prendre concernent les émissions polluantes, celles qui contiennent, entre autres, du CO2. Bien sûr, cela suppose de s’attaquer à des pans entiers de l’économie: usines, transports routiers, etc Les lobbies pétroliers, industriels, de transporteurs, etc.veillent et aucun gouvernement n’a – et n’aura – le courage de les affronter. Les décisions efficaces ne sont pas pour demain. Les glaciers peuvent continuer à fondre…
Source: LCI.

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This is not a scoop but a new reminder of a worrying situation. A report published in late June 2019 in the journal Science Advances indicates that in forty years, the Himalayan chain has lost a quarter of its ice; it is melting twice as fast as over the period 1975-2000. According to the report’s authors, this alarming phenomenon linked to global warming is expected to worsen and will have a direct and dangerous impact on the neighbouring populations of the mountain range.
In 40 years, temperatures in the region have increased by one degree Celsius compared to those recorded between 1975 and 2000t. In the middle of the last ice age, the average annual temperature was 3 degrees Celsius colder.
The research team that drafted the report analyzed forty years of satellite observations from India, China and Bhutan. The images of American spy satellites, of better quality, have been particularly helpful. The scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.
This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences on the local populations, distributed on both sides of the 2000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydropower or drinking water. The situation is exactly the same as in Peru where the population depends directly on glacial water.
As I point out during my conference « Glaciers en peril » conference, when the ice melts, it forms large glacial lakes often held by fragile moraines that threaten to break up causing huge floods. For the moment, the melting causes this type of damage, but in the long term the scientists foresee a progressive and constant diminution of the mass of the glaciers. This means that in the long term the region will experience periods of drought as the ice reservoir runs out.
Scientists around the world are alerting about ice melting. One of the most affected areas is the Arctic. On June 18th, 2019, an unusual melting in Greenland was recorded again: The ice sheet lost 2 billion tonnes of ice in just two days.
It is therefore urgent to act. There is a lot of talk about ecology and the environment in France right now, but I think that we too often tend to confuse environment and global warming, even if the two things are sometimes linked. It is not by reducing pesticides, herbicides and other toxic materials that we will face global warming. The measures to be taken concern polluting emissions, those containing, among others, CO2. Of course, this means tackling whole areas of the economy: factories, road transport, etc. Oil, industrial, transport, and other lobbies are controlling the situation and no government has, and will have, the courage to confront them. Effective decisions are not for tomorrow. Glaciers can continue to melt …
Source: LCI.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

L’éruption du Raikoke vue depuis l’espace // The Raikoke eruption seen from space

Comme je l’ai indiqué précédemment, le Raikoke a connu un bref, mais violent, épisode éruptif le 22 juin 2019. Le volcan, dont le cratère mesure 700 mètres de diamètre, occupe une île de 2 km de diiamètre dans l’archipel des des Iles Kouriles (Russie), entre l’extrémité d’Hokkaido au Japon et de la péninsule russe de Kamtchatka. Les précédentes éruptions du Railoke remontent à 1778 et 1924. La dernière éruption s’est terminée dès le 23 juin.
L’impressionnante colonne de cendre était visible depuis l’espace et a été photographiée par les satellites de la Nasa, de l’ESA, et par les astronautes depuis la Station spatiale internationale (ISS). La colonne éruptive s’est élevée au-dessus des nuages jusqu’à 13 ou 17 km d’altitude selon les sources, jusqu’à la stratosphère où elle a formé une sorte de parapluie, comme l’avait fait le Sarichev il y a une dizaine d’années. C’est la zone où la densité du panache de cendre équivaut à la densité de l’air ambiant. La cendre a ensuite dérivé vers l’est au-dessus de la mer de Béring. En plus de la cendre, le Raikoke a émis un important panache de SO2
Les VAAC de Tokyo et d’Anchorage sont restés très vigilants le temps de l’éruption et ont adressé des mises en garde aux pilotes susceptibles de survoler la région affectée par l’éruption.
Source: NASA.

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As I put it before, Raikoke had a brief, but violent, eruptive episode on June 22nd, 2019. The volcano, whose crater is 700 metres in diameter, occupies an island 2 km in diameter in the archipelago of the Kuril Islands (Russia), between the tip of Hokkaido in Japan and the Kamchatka Peninsula in Russia. The previous Railoke eruptions date back to 1778 and 1924. The last eruption ended on June 23rd.
The impressive ash column was visible from space and was photographed by NASA, ESA satellites, and astronauts from the International Space Station (ISS). The eruptive column rose above the clouds up to 13 or 17 km altitude depending on the sources, to the stratosphere where it formed a kind of umbrella, as did Sarichev ten years ago. This is the area where the density of ash plume is equivalent to the density of the ambient air. The ash then drifted east over the Bering Sea. In addition to ash, the Raikoke emitted a significant SO2 plume
VAACs in Tokyo and Anchorage remained very vigilant during the eruption and issued warnings to pilots who could fly over the area affected by the eruption.
Source: NASA.

Source: NASA

Eruption du Sarychev le 12 juin 2009 (Crédit photo: NASA)