Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de volcans à travers le monde:

Comme je l’ai écrit précédemment, un regain d’activité a été observé sur le Poás (Costa Rica), avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Il est fait état de retombées de cendre dans les zones sous le vent. Pour des raisons de sécurité, le parc national a été fermé au public.
Source: OVSICORI.

Depuis le début du mois de janvier, des émissions de cendres ont été observées de façon intermittente, principalement au niveau du Cratère Nord-Est de l’Etna (Sicile) et plus sporadiquement de la Bocca Nuova, ce qui a entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Catane (voir mes précédentes notes sur ce volcan). Les premières analyses de la cendre ont montré qu’elle ne contenait pas de matériaux juvéniles.
Source: INGV.

Selon le VSI, un bref événement explosif a été enregistré sur l’ Anak Krakatau (Indonésie) le 14 février 2019, bien que les conditions météorologiques aient empêché une bonne observation de l’événement. Au cours des jours suivants, des panaches de gaz et de vapeurse sont élevés à une cinquantaine de mètres au-dessus du volcan dont le sommet s’élève maintenant à 155 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) . Il est demandé aux habitants et aux visiteurs de rester en dehors de la zone de danger de rayon de 5 km du cratère. Cependant, il semble que certaines agences de voyages aient organisé des excursions et aient débarquésur le volcan.

Des émissions de vapeur et de gaz sont toujours observées sur le Popocatépetl (Mexique). Une activité strombolienne a parfois lieu dans le cratère, avec des matériaux incandescents éjectés jusqu’à 1,5 km sur les flancs du volcan. Le CENAPRED indique qu’un nouveau dôme de lave de 200 mètres de diamètre s’est formé dans le cratère. Il pourrait être la cause d’explosions beaucoup plus violentes. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

Le Merapi (Indonésie) est toujours très actif. Le BPPTKG a enregistré six coulées pyroclastiques dans la seule matinée du 18 février 2019. Elles ont parcouru une distance maximale d’un kilomètre vers la rivière Gendol. . Les séismes déclenchés par les avalanches ont duré de 12 à 92 secondes.
Le volume du dôme de lave sommital reste relativement stable par rapport aux semaines précédentes, avec un volume de 461 000 mètres cubes et une croissance de 1300 mètres cubes par jour.
Il est demandé aux habitants d’éviter toute activité dans un rayon de trois kilomètres du sommet du Merapi.
Source: Antara News.

La reprise de l’activité éruptive le 19 février 2019 au Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit. Après une baisse de son intensité, le tremor éruptif s’est stabilisé. Aucune déformation significative n’a été observée sur la zone sommitale. Les coulées de lave progressent de manière discontinue. Le front de coulée principal a franchi la rupture de pente des Grandes Pentes.

Source : OVPF.

La situation éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou). On observe actuellement une vingtaine d’explosions par jour. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 3000 mètres de hauteur. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été observée.

Source : INGEMMET, IGP.

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Here is some news from volcanoes around the world.

As I put it before, new activity has been observed at Poás (Costa Rica), with gas and ash plumes rising as high as 1 km, with ashfall in downwind areas. For safety reasons, the National Park was closed to the public.
Source: OVSICORI.

Since the beginning of January ash emissions have intermittently been rising mainly from Mount Etna’s Northeast Crater (NEC) and more sporadically from Bocca Nuova, forcing the temporary closure of Catania Airport (see my previous posts about this volcano). Preliminary assessments of some of the ash deposits showed they contained no juvenile material.
Source: INGV.

According to VSI, a brief explosive event at Anak Krakatau (Indonesia) was recorded on 14 February, 2019 though weather conditions prevented clear views of the event. During the next days, diffuse white plumes rose 50 meres above the summit which now rises 155 metres above sea level. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside of the 5-km radius hazard zone from the crater. However, it seems some travel agencies have organised trips and landed on the volcano.

Steam-and-gas emissions are still observed at Popocatépetl (Mexico). Strombolian activity occasionally occurs within the crater, with incandescent material being ejected as far as 1.5 km onto the flanks. Ashfall has been reported in downwind areas. CENAPRED indicates that a new lava dome about 200 metres in diameter has formed within the crater, which might trigger more violent explosions. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.
Source: CENAPRED.

Mount Merapi (Indonesia) is still quite active,. The Geological Disaster Research and Technology Development Center (BPPTKG) recorded six pyroclastic flows in the sole morning of February 18th, 2019. They travelled a maximum distance of one kilometre towards the River Gendol. Earthquakes triggered by the avalanches had durations ranging from 12 to 92 seconds. The volume of the summit lava dome was still relatively stable as compared with the data taken a week before when its volume reached 461,000 cubic metres, with a growth rate of 1,300 cubic metres per day. Residents are urged to avoid all activities within a three-kilometre radius from Mount Merapi`s peak.
Source: Antara News.

The resumption of eruptive activity on February 19th, 2019 at Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues. After a drop in intensity, the eruptive tremor has stabilized. No significant deformation has been observed in the summit area. Lava flows progress in a discontinuous way. The main lava front has crossed the slope break of the Great Slopes.
Source: OVPF.

The eruptive situation is stable on Sabancaya (Peru). There are currently about twenty explosions per day. They generate ash plumes that rise up to 3000 metres above the crater. No significant deformation of the volcanic edifice has been observed.
Source: INGEMMET, IGP.

Situation éruptive du Sabancaya (Source: INGEMMET, IGP)

 

 

La migration du Pôle Nord Magnétique // The migration of the North Magnetic Pole

Ce qui suit n’a rien à voir avec les volcans, la fonte des glaciers et le changement climatique, mais l’événement mérite d’être mentionné: le Pôle Nord Magnétique de la Terre est en train de migrer rapidement vers la Sibérie, ce qui – pour la première fois – oblige les scientifiques à mettre à jour le Modèle Magnétique Mondial (MMM) plus tôt que prévu. La version la plus récente du modèle a été publiée en 2015 et devait durer jusqu’en 2020. Plusieurs articles sur ce sujet ont été diffusés dans la presse scientifique. J’ai choisi de résumer l’un d’entre eux publié sur l’excellent site web The Watchers.

Le Nord magnétique est différent du Nord géographique qui lui est fixe. Le Nord magnétique est l’endroit de la surface de la terre où les lignes du champ magnétique sont verticales. Pour comprendre pourquoi le Nord magnétique ne bouge pas, il faut prendre en compte la structure de la Terre qui – il est bon de le rappeler – est constituée de la lithosphère, du manteau puis du noyau. Ce noyau est essentiellement constitué d’un alliage de fer et de nickel, c’est un excellent conducteur électrique. Le refroidissement continu de la Terre génère des courants de convection au sein de cet immense océan métal liquide. Cette circulation de matière génère des courants électriques qui entretiennent la dynamo terrestre. Ce système dynamique a des propriétés qui varient au cours du temps, parmi elles, la position du pôle Nord magnétique.

Les modèles de champs magnétiques de référence sont utilisés dans un vaste champ d’applications comme la navigation aérienne et maritime, et sont inclus dans des milliards d’appareils électroniques portables. Étant donné que le champ magnétique principal change lentement au fil du temps, ces modèles sont régulièrement mis à jour, généralement tous les cinq ans.
C’est la première fois depuis que le champ magnétique est étudié par l’intermédiaire de données satellitaires en orbite terrestre basse que des absences de linéarité dans les variations de champ conduisent à un tel écart aussi tôt dans le cycle.
Une manifestation remarquable de la variation du Pôle Nord Magnétique est sa migration vers la Russie qui a lieu à le vitesse particulièrement élevée d’environ 50 km par an depuis le début du 21ème siècle. En revanche, la dérive du Pôle Sud Magnétique est très lente – moins de 10 km par an – et n’a pas beaucoup évolué au cours des dernières décennies.
Certains scientifiques pensent que cette migration rapide annonce une inversion géomagnétique sur Terre. Le champ magnétique varie en permanence. Le nord magnétique est instable, et au bout de quelques centaines de milliers d’années la polarité s’inverse, de sorte qu’une boussole pointe vers le sud et non plus vers le nord.
Etant donné que les pôles magnétiques se déplacent dans le temps, les minéraux solidifiés forment des «bandes» sur le plancher océanique et fournissent un enregistrement de l’histoire du champ magnétique terrestre. Une carte produite par la constellation de satellites Swarm a donné aux scientifiques une vision globale des bandes magnétiques associées à la tectonique des plaques au niveau des dorsales médio-océaniques. Ces bandes magnétiques témoignent des inversions des pôles et l’analyse des empreintes magnétiques du fond des océans permet de reconstituer les modifications du champ magnétique dans le passé. Elles aident également à étudier les mouvements des plaques tectoniques.
Il y a eu 183 inversions du champ magnétique au cours des 83 derniers millions d’années. La dernière inversion stable, l’inversion Brunhes – Matuyama, s’est produite il y a 780 000 ans et s’est probablement effectuée très rapidement, le temps d’une vie humaine. Un tel événement pourrait doter la Terre d’un champ magnétique considérablement réduit pendant une période inconnue, ce qui exposerait notre monde aux effets dangereux du soleil. Si cela se produisait dans le monde actuel où l’énergie électrique est omniprésente et où les communications à l’échelle mondiale sont interconnectées, un champ magnétique réduit pourrait coûter des milliards de dollars.
Certains géologues affirment que l’inversion du champ magnétique terrestre est en retard et qu’elle aurait déjà dû avoir lieu, et que nous sommes entrés dans une inversion en ce moment même car le champ magnétique s’est affaibli au cours des 150 dernières années ou plus. D’autres géologues pensent que les inversions magnétiques sont liées aux extinctions de masse. Cependant, il n’existe aucune preuve réelle permettant de confirmer ou d’infirmer une telle hypothèse.
Source: The Watchers.

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It has nothing to do with volcanoes, glacier melting and climate change, but the event deserves to be mentioned: Earth’s North Magnetic Pole is rapidly migrating toward Siberia, forcing the world’s geomagnetism experts to update the World Magnetic Model (WMM) ahead of schedule for the first time. The most recent version of the model came out in 2015 and was supposed to last until 2020. Several articles have been written in the scientific press about this topic and I chose to sum up one of them released on the excellent website The Watchers.

The magnetic North is different from the geographic North which is fixed. The magnetic North is the place on the surface of the Earth where the magnetic field lines are vertical. To understand why the magnetic north does not move, we must take into account the structure of the Earth which consists of the lithosphere, the mantle and the core. This core is essentially made of an alloy of iron and nickel; it is an excellent electrical conductor. The continuous cooling of the Earth generates convection currents within this huge ocean of liquid metal. This circulation of matter generates electric currents that maintain the terrestrial dynamo. This dynamic system has properties that vary over time, among them, the position of the magnetic North Pole.

Reference geomagnetic field models are used in a wide range of applications, including aircraft and ship navigation, and are embedded in billions of handheld electronic devices. Because the main magnetic field slowly changes over time, these models are regularly updated, typically every five years.

It is the first time since the geomagnetic field has been surveyed by low Earth orbit satellite data that non-linearities in field variations lead to a WMM specification breach so early in the cycle.

A remarkable manifestation of the field variation is the drift of the North Magnetic Pole towards Russia, which has been occurring at the unusually high speed of about 50 km per year since the beginning of the 21st century. On the contrary, the South Magnetic Pole drift is very slow (less than 10 km per year) and has not changed much over the past few decades.

Some scientists believe this rapid migration is one of the signs of Earth’s geomagnetic reversal. The magnetic field is in a permanent state of flux. Magnetic north wanders, and every few hundred thousand years the polarity flips so that a compass will point south instead of north.

Since magnetic poles flip back and forth over time, the solidified minerals form ‘stripes’ on the seafloor and provide a record of Earth’s magnetic history. A map produced by the Swarm constellation of satellites gave scientists an unprecedented global view of the magnetic stripes associated with plate tectonics reflected in the mid-oceanic ridges. These magnetic stripes are evidence of pole reversals and analyzing the magnetic imprints of the ocean floor allows the reconstruction of past core field changes. They also help to investigate tectonic plate motions.

There have been 183 reversals over the last 83 million years. The latest stable reversal, called Brunhes–Matuyama reversal, occurred 780 000 years ago, and may have happened very quickly, within a human lifetime. Such an event might leave Earth with a substantially reduced magnetic field for some unknown period of time, exposing our world to dangerous effects from the Sun. If it occurred in today’s world of ubiquitous electric power and global interconnected communications, a reduced magnetic field could cost us billions of dollars.

Some geologists argue the Earth is overdue for a reversal and might even be entering one now, as the geomagnetic field has been getting weaker over the past 150 years or more. Others suggest that geomagnetic reversals are connected with mass extinctions. However, there is no substantial evidence to either confirm or deny that suggestion.

Source: The Watchers.

Carte montrant l’évolution du Pole Nord Magnétique à travers le temps (Source :Earth Planets Space & National Geophysical Data Center)

Réouverture de sentiers à Hawaii // Reopening of trails in Hawaii

Bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention de se rendre à Hawaii: deux sentiers viennent d’être rouverts dans le Parc National des Volcans après avoir été fermés l’année dernière en raison de la très forte sismicité qui a endommagé des routes, des bâtiments et d’autres infrastructures du Parc.
Un tronçon de 11 kilomètres du sentier du désert de Ka’u, depuisla Highway 11 jusqu’à son intersection avec le sentier de Ka’aha, est maintenant ouvert, de même que le tronçon de 7,5 kilomètres qui conduit au point de vue de Hilina Pali. Le Parc a également réparé et rouvert un tronçon de 1,3 kilomètre du sentier de l’Halema’uma’u qui commence près de Volcano House, jusqu’au plancher de la caldera.
En outre, la route menant au Mauna Loa Lookout est désormais ouverte aux véhicules. Il est rappelé aux conducteurs de respecter toutes les limites de vitesse et de faire attention aux autres automobilistes, piétons et cyclistes.

Malheureusement, il n’y a en ce moment aucune coulée de lave active à Hawaii.
Source: Service des parcs nationaux.

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Good news for those who intend to travel to Hawaii : Two trails have reopened in Hawai‘i Volcanoes National Park after being closed last year due to impacts caused by the elevated seismicity that also damaged roads, buildings and other park infrastructure.

An 11-kilometre section of Ka‘ū Desert Trail from Highway 11 to the Ka‘aha Trail intersection is now open, as is the 7.5-kilometre stretch to the Hilina Pali Overlook. The park also repaired and reopened a 1.3-kilometre portion of Halema‘uma‘u Trail that starts near Volcano House, to the caldera floor.

In addition, the road that leads to the Mauna Loa Lookout is now open to vehicles. Drivers are reminded to follow all speed limits and watch out for other motorists, pedestrians and bicyclists.

Unfortunately, there is currently no active lava flow in Hawaii.

Source : National Park Service.

Vue de la superbe Mauna Loa Road (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

7 heures (heure métropole) : Même si l’OVPF n’a pas encore diffusé de bulletin ce matin, il est probable que l’éruption  – qui a repris après une pause de 19 heures – continue ce matin. Elle se situe au pied du Piton Madoré, site de l’éruption de juin 2001. La reprise d’activité n’est pas vraiment une surprise car la sismicité restait élevée, même si aucune déformation significative n’avait été observée. Comme indiqué précédemment, cela signifie que le magma a emprunté le même chemin que lors de la première phase éruptive pour atteindre la surface.

L’accès à l’Enclos reste bien sûr interdit.

Source : OVPF.

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21 heures (heure métropole): Suite à une reconnaissance aérienne, l’OVPF a indiqué sur son site web qu’une seule fissure éruptive s’est ouverte, et à 6h20 (heure locale) une seule fontaine était active. Le front de coulée se situait à 1300m d’altitude. Le débit de surface estimé à partir des données satellites, reste faible, entre 3 et 7 m3/s. Le tremor éruptif s’est stabilisé à un niveau pas très élevé. La webcam du Piton Cascades montre ce soir que l’éruption continue.

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7:00 am (Paris time): Even though OVPF has not yet released an update this morning, it is likely that the eruption – which resumed after a 19-hour break – continues this morning. It is located at the foot of Piton Madoré, site of the eruption of June 2001. This new start of eruptive activity is not really a surprise because the seismicity remained high, even if no significant deformation had been observed. As previously stated, this means that magma has taken the same path as in the first eruptive phase to reach the surface.
Access to the Enclos is of course forbidden.
Source: OVPF.

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21:00 (Paris time): After an overflight, OVPF indicated on its website that a single fissure has opened on the eruptive site. At 6:20 a.m. (local time) a single lava fountain was active. The lava front was located at 1300 metres above sea level. The lava output, estimated from satellite data, remains quite low, between 3 and 7 cubic metres per second. The eruptive tremor is stable at a rather low level. The webcam at Piton Cascades confirms tonight that the eruption is going on.

Vue du tremor éruptif (Source: OVPF)

Il fait beau, il fait chaud. Oui mais… // A fine, warm weather…Yes, but….

En ce moment en France les bulletins météo mettent en évidence les températures délirantes du mois de février. En gesticulant comme à leur habitude à la télévision, les présentateurs nous expliquent, sans trop insister et avec un grand sourire, que l’on se situe à plusieurs degrés au-dessus de la normale, mais l’expression « réchauffement climatique » semble faire mal aux lèvres car elle n’est presque jamais mentionnée ! La situation est pourtant inquiétante car la pluviométrie connaît un profond déficit et certaines régions vont avoir soif l’été prochain si le ciel ne se décide pas à ouvrir les vannes.

Alors que tout le monde ou presque se réjouit de ces conditions printanières au cœur du mois de février, la banquise continue de fondre. J’ai expliqué comment la descente et la division du vortex polaire arctique avait entraîné des températures très froides dans le Midwest des Etats-Unis et en Sibérie pendant qu’elles étaient clémentes en Alaska.

En Antarctique, les glaciers Thwaites et de Pine Island, dans la mer d’Amundsen, fondent dans une indifférence quasi générale. L’Antarctique, c’est loin de la France ! Comme le disait fort justement Nicolas Hulot, « tout le monde s’en fiche ! ». Pourtant, si ces énormes étendues de glace venaient à disparaître, le niveau des mers pourrait monter d’environ 3 mètres, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.

Comme je l’ai expliqué  à plusieurs reprises sur ce blog, depuis une vingtaine d’années, le Thwaites et le Pine Island reculent et perdent de la masse, et contribuent déjà à l’élévation du niveau des océans. Aujourd’hui, le niveau de la mer augmente sur tout le globe en moyenne de 3 mm par an : 1 mm est dû à la dilatation thermique des océans et 1 mm est dû à la fonte des glaciers de montagne. Le troisième millimètre est dû aux calottes polaires, avec deux tiers pour le Groenland, un tiers pour l’Antarctique.

La particularité des deux glaciers antarctiques, c’est que leur glace repose sur un substrat rocheux sous le niveau de la mer, ce qui explique leur instabilité. La NASA vient d’ailleurs de découvrir une énorme cavité sous le glacier Thwaites, ce qui ne peut qu’accroître son instabilité. En tant que tel, ces glaciers représentent le point faible de l’Antarctique de l’ouest. Comme je l’ai expliqué précédemment, s’ils fondent, ce sont tous les glaciers de cette région qui prendront le  chemin de la mer, car ils sont interconnectés.  On assistera alors à une élévation du niveau de la mer de l’ordre de 3 mètres.

Certains scientifiques se demandent si le réchauffement climatique est totalement responsable de cette situation très inquiétante, mais la probabilité est très forte. Encore plus grave, on sait que les glaciers Thwaites et Pine Island ont des points de bascule qui se trouvent à des températures situées entre 1,5 et 2 degrés au-dessus de la température avant la période pré industrielle. Or nous sommes déjà environ un degré au-dessus de ce seuil. On s’attend à ce que le phénomène de fonte de la glace devienne irréversible si on dépasse ces points de bascule durablement.

Si un tel événement se produit, il entraînera des modifications drastiques à l’échelle planétaire. Il est bien évident que si le niveau de la mer augmente de 3 mètres, cela aura un impact sur toutes les côtes du monde, les infrastructures les plus vulnérables comme les ports, et les grandes villes comme New York…  Mais il fait beau, il fait chaud ; tout va bien !

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At the moment in France the weather bulletins focus on the incredible temperatures of the month of February. While gesticulating as usual on TV, presenters explain, without insisting too much and with a broad smile, that we are several degrees above normal, but the expression « global warming » seems to hurt the lips because it is never mentioned! The situation is nevertheless worrying because there is a lack of rain and some regions will be thirsty next summer if the sky does not decide to open the floodgates.
While almost everyone is delighted with these spring conditions in the heart of February, the ice sheet continues to melt. I explained how the descent and division of the Arctic polar vortex caused very cold temperatures in the Midwestern United States and Siberia while they were mild in Alaska.
In Antarctica, the Thwaites and Pine Island glaciers in the Amundsen Sea are melting with almost universal indifference. Antarctica is far from France! As Nicolas Hulot rightly said, « everyone does not care! » However, if these huge ice sheets disappeared, the sea level could rise by about 3 metres, with dramatic consequences easy to imagine.
As I have explained several times on this blog, the Thwaites and the Pine Island have been receding and losing mass for twenty years or so, and already contribute to the rise of the level of the oceans. Today, the sea level is increasing around the globe at an average of 3 mm per year: 1 mm is due to the thermal expansion of the oceans and 1 mm is due to the melting of mountain glaciers. The third millimetre is due to the melting of polar ice caps, with two-thirds for Greenland, one-third for Antarctica.
The peculiarity of the two Antarctic glaciers is that their ice rests on the bedrock below sea level, which explains their instability. NASA has just discovered a huge cavity under the Thwaites glacier, which can only increase its instability. As such, these glaciers represent the weak point of West Antarctica. As I explained before, if they melt, all the glaciers of this region will take the path to the sea, because they are interconnected. We will then witness a rise in sea level by about 3 metres.
Some scientists wonder whether global warming is totally responsible for this very disturbing situation, but the probability is very high. Even more worrying, the Thwaites and Pine Island glaciers are known to have tipping points at temperatures between 1.5 and 2 degrees above the pre-industrial temperatures. At the moment, we are already about a degree above this threshold. It is expected that the ice melting phenomenon will become irreversible if these tipping points are durably exceeded.
If such an event occurs, it will result in drastic global changes. It is obvious that if the sea level increases by 3 metres, it will have an impact on all the coasts of the world, the most vulnerable infrastructures as the ports, and the big cities like New York … But the weather is nice and warm. Everything is fine !

Source: British Antarctic Survey

Eruption du Bromo (Indonésie)

Le Bromo est entré en éruption le lundi 18 février à 6 heures du matin et a émis une colonne de cendre d’environ 600 mètres de hauteur.

Le niveau d’alerte est actuellement à 2 mais les autorités pensent l’augmenter pour la sécurité des visiteurs qui ne doivent pas s’approcher à moins de 1 km du cratère. Il est toutefois possible d’admirer le volcan et le panorama depuis les collines voisines.

Source : The Jakarta Post.

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Mount Bromo erupted on Monday, February 18th, 2019 at about 6:00 a.m. with a 600-metre-high ash column.

The alert level for the volcano has been at 2. Local authorities say they are currently preparing to increase the alert level and security for Mt. Bromo. Visitors are currently prohibited from being within a 1-kilometre radius from the crater, but can watch the volcano from nearby hills.

Source: The Jakarta Post.

Bouche éruptive au fond du Bromo (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Reprise de l’éruption! // New start of the eruption!

17h30 (heure métropole) : Suite à la reprise de l’activité sismique sous le flanc est du volcan à 15 heures (heure locale), le tremor volcanique est réapparu vers 17h00. D’abord très faible, son intensité a progressivement augmenté jusque vers 17h50, avec apparition d’un dégazage en contre bas de l’éruption du 18 février dernier. A noter qu’aucune déformation n’a été enregistrée lors de cette phase d’injection magmatique vers la surface, signe que le dyke ayant alimenté cette ou ces nouvelles fissures est le même que celui qui a alimenté l’éruption précédente.

Source : OVPF.

Cette éruption va-t-elle durer ? Rien n’est moins ûr. En effet, la pression permettant au magma d’effectuer son ascension dans les conduits magmatiques ne semble pas très forte et la sortie de lave ne semble pas très intense sur les images de la webcam du Piton Cascades.

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17:30 (Paris time): Following the resumption of seismic activity under the eastern flank of the volcano at 15:00 (local time), the volcanic tremor reappeared around 17:00. At first very low, its intensity gradually increased until about 5:50 pm, with the appearance of a degassing just below the site of the eruption of February 18th. No deformation was recorded during this phase of magma injection to the surface; this is the sign that the dyke that fed this or these new fissures is the same one that fed the previous eruption.
Source: OVPF.
Will this eruption last? Not so sure. Indeed, the pressure allowing the magma to ascend in the feeding conducts does not seem very strong and the lava output does not seem very intense as seen on the images of the Piton Cascades webcam.