L’activité volcanique dans le monde // Volcanic activity around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Comme je l’ai écrit précédemment, le Poás (Costa Rica) a connu un épisode éruptif mineur qui a débuté le 7 février 2019. Cet événement a conduit à la fermeture du parc national. Une odeur de SO2 a été signalée dans les zones sous le vent. L’incandescence dans le cratère a commencé à être visible le 11 février. Des nuages de cendre sont montés jusqu’à 200 mètres au-dessus du cratère avant de s’étirer vers le sud-ouest.
Source: OVSICORI.

Le 8 février 2019, la lave du Karangetang (Indonésie) continuait d’avancer sur 3,5 km dans la ravine de la rivière Malebuhe sur le flanc nord-ouest du volcan, avant d’atteindre l’océan. Des levées se sont édifiées en bordure de coulée et canalisent la lave. Des avalanches se produisent en bordure de coulée et génèrent des panaches marron et gris. Un delta de lave s’est formé dans l’océan et génère un volumineux panache de vapeur. La coulée de lave présente une largeur d’environ 160 mètres au moment où elle coupe une route située à 210 mètres de la côte où elle mesure environ 140 mètres de large. La sismicité est restée élevée. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 2,5 km autour des cratères N et S et de ne pas pénétrer à moins de 3 km à l’ONO et 4 km au NO.
Source: PVMBG.

On observe de l’incandescence dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Le 7 février 2019, une explosion a généré un panache qui s’est élevé à 1,3 km au-dessus du cratère et a éjecté des matériaux à environ 1,5 km de ce dernier. Des explosions de moindre intensité ont été enregistrées les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).
Source: JMA.

Comme je l’ai déjà indiqué, plusieurs émissions de cendre ont été observées sur l’Etna (Italie), pour la plupart à partir du Cratère NE. On a observé des retombées à Nicolosi et Pedara. L’aéroport de Catane n’a pas été fermé mais est maintenu en niveau de pré-alerte
Source: INGV.

Au cours de la deuxième semaine de février, des explosions stromboliennes ont été observées dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). Elles ont éjecté des matériaux jusqu’à 25 mètres au-dessus du cratère. Plusieurs coulées de lave parcouraient entre 10 à 250 mètres le long des flancs nord-ouest et est du volcan. De petites avalanches de matériaux ont également été observées sur les fronts des coulées de lave.
Sorce: INSIVUMEH.

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou), avec une moyenne de 26 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. Il est demandé à la population de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

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Here are a few pieces of news about volcanic activity around the world.

As I put it previously, Poás Volcano (Costa Rica) went through a minor eruptive episode which started on February 7th, 2019. The event led to the closure of the National Park. An SO2 odour was reported in downwind areas. Incandescence in the crater began to be visible on February 11th. Ash emissions rose 200 metres above the crater and drifted SW.

Source: OVSICORI.

On February 8th, 2019, lava from Karangetang (Indonesia) continued to advance over 3.5 km down the Malebuhe River drainage on the NW flank of the volcano and reached the ocean. Levees had formed at the margins, channeling the lava. Avalanches from the edges of the flow generated brown and gray plumes. A lava delta was building out into the ocean and generating a dense steam plume. The lava flow was about 160 metres wide where it crossed a road 210 metres from the coast, and about 140 metres wide at the coast. Seismicity remained high. The Alert Level remained at 3 (on a scale of 1-4), and residents were warned to remain outside the 2.5-km exclusion zone around the N and S craters, and not enter within 3 km WNW and 4 km NW.

Source: PVMBG.

Incandescence can be seen in the Minamidake crater of Sakurajima (Japan). On February 7th, 2019, an explosion generated a plume that rose 1.3 km above the crater rim and ejected material about 1.5 km from the crater. More minor explosive events were recorded in the following days. The Alert Level remains at 3 (on a 1-5 scale).

Source: Japan Meteorological Agency.

As I put it before, several ash emissions have been observed on Mt Etna (Italy), mostly originating from the NE Crater. as the ash fell in Nicolosi and Pedara. Catania airport was not closed, but maintained in a pre-alert level

Source : INGV.

During the second week of February, strombolian explosions were observed at Pacaya’s Mackenney Crater (Guatemala). They ejected material as high as 25 metres above the crater. Multiple lava flows travelled 10-250 metres down the NW and E flanks. Minor avalanches of material also occurred at the lava-flow fronts.

Sorce : INSIVUMEH.

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru), with an average of 26 explosions per day. Gas and ash plumes are rising up to3 km above the crater. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source : INGEMMET, IGP.

Le 14 février sur le coup de midi, le Cratère NE de l’Etna émettait encore des panaches de cendre.

La lave du Karangetang arrive dans la mer (Source: PVMBG)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion / Reunion Island)

Dans son dernier bulletin du 13 février 2019, l’OVPF indique que depuis la fin du mois de janvier 2019, on observe une inflation de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise. Cela signifie que l’on assiste à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel. Cette reprise de l’inflation s’accompagne d’une augmentation des concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes). Les concentrations en CO2 en champ proche dans le secteur du Gîte du Volcan sont également en augmentation depuis décembre 2018. Ces concentrations en CO2 correspondent également à une remontée profonde de magma vers le réservoir superficiel.

S’agissant de la sismicité, depuis le 1er février 2019, 19 séismes volcano-tectoniques superficiels sont enregistrés sous le sommet, ainsi que 3 séismes profonds sous le flanc est.

J’aime beaucoup la conclusion du bulletin de l’OVPF : « Ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption, et peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption. » Autrement dit, tout est possible !

Cela confirme que la prévision éruptive est encore à un niveau très faible, même sur un volcan truffé d’instruments comme le Piton de la Fournaise. A la Réunion, ce n’est pas très grave car il y a de fortes chances pour que la prochaine éruption ait lieu dans l’Enclos, sans menace pour la population. Sur un volcan explosif de la Ceinture de Feu, la prévision prend une autre dimension….

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In its latest update of February 13th, 2019, OVPF indicates that since the end of January 2019, there has been an inflation of the base and the summit of Piton de la Fournaise. This means that there is a pressurization of the shallow magma reservoir. This new inflation is accompanied by an increase in CO2 concentrations in the far-field soil (Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes). Near-field CO2 concentrations in the Gîte du Volcan area have also been increasing since December 2018. These CO2 concentrations also correspond to a deep rise of magma towards the shallow reservoir.
As regards seismicity, since February 1st 2019, 19 shallow volcano-tectonic earthquakes have been recorded under the summit, as well as 3 deep earthquakes under the eastern flank.
I really like the conclusion of the OVPF bulletin: « This process of recharge of the shallow reservoir can last several days to several weeks before the roof of the reservoir breaks open, with an injection of magma towards the surface and the start of an eruption, and can also stop without an eruption in the short term. In other words, everything is possible!
This confirms that eruptive prediction is still at a very low level, even on a volcano equipped with plenty of instruments like Piton de la Fournaise. On Reunion Island, it is not a real problem because the next eruption is likely to take place in the Enclos, without any threat to the population. On an explosive volcano of the Ring of Fire, prediction takes another dimension ….

Crédit photo: Wikipedia.

Le Cap Ferret face à l’érosion littorale

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’érosion littorale provoquée par la hausse du niveau des océans suite au réchauffement climatique se produit au moment des tempêtes et est encore accentuée si ces événements extrêmes ont lieu quand les coefficients des marées sont élevés.

En France, les effets de l’érosion littorale sont parfaitement visibles le long de la côte atlantique. J’ai déjà mentionné la résidence Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde) qui a dû être évacuée car elle était menacée par les assauts de l’océan. A Lacanau (Gironde), des enrochements ont été mis en place pour essayer de freiner les ardeurs des vagues.

Depuis le 15 janvier, la plage de la pointe du Cap Ferret (Gironde), qui fait face à la dune du Pilat, était fermée en raison de l’accélération de l’érosion observée lors des tempêtes d’hiver. Sa réouverture programmée au 30 avril n’aura pas lieu pour des raisons de sécurité.

Le Cap Ferret est une flèche sableuse se situant à l’extrémité sud de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Il sépare l’Océan Atlantique du Bassin d’Arcachon. (voir la carte ci-dessous) Il reçoit chaque année plusieurs milliers de touristes. La pointe du cap a toujours été soumise à une forte érosion. Des travaux de restauration du cordon dunaire ont été entamés dès les années 1980, notamment par la végétalisation des dunes.

Dans un communiqué, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine estime que « l’accélération du phénomène d’érosion de la pointe du Cap Ferret est une réalité que personne ne peut désormais contester ». L’État entend agir pour accélérer en la matière la prise de conscience et minimiser, autant que possible, les conséquences inéluctables.

En conséquence, le 6 février 2019, le préfet a demandé au maire de Lège-Cap-Ferret de mettre en œuvre des décisions extrêmement fortes et lourdes de conséquences suite aux phénomènes d’érosion observés sur le littoral atlantique.

Voici une liste des décisions préfectorales :

– Tout cheminement du public est strictement interdit sur les ouvrages (de protection contre la mer) depuis « chez Hortense » jusqu’à la pointe et il a été demandé au maire de procéder à la fermeture au public des différents accès à ces ouvrages.

– Sous trois mois, la ville de Lège-Cap-Ferret devra intégrer dans son plan communal de sauvegarde, un plan de gestion de crise pour la pointe et la zone des 44 hectares permettant d’anticiper les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages. Ce plan devra notamment prévoir les procédures d’évacuation d’urgence des populations.

– La ville devra également actualiser sous trois mois, sa stratégie de rechargement de la plage et de la dune pour tenir compte de l’accélération de l’érosion dunaire et des départs répétés des sédiments apportés en urgence cet hiver.

– Lège-Cap-Ferret devra produire avant l’automne prochain, l’évaluation environnementale prescrite par l’arrêté préfectoral du 29 décembre 2017 concernant le plan pluriannuel de rechargement.

– Enfin, la ville doit lancer, dans les six mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020, considérant que la lutte active contre l’érosion ne pourra être que temporaire, au vu de l’évolution du site et de sa configuration.

Source: Presse régionale.

A gauche de la carte, la pointe du Cap Ferret s’étirer entre l’Océan Atlantique et le Bassin d’Arcachon (Source: Google Maps)