Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Vers la fin de l’éruption? // Toward the end of the eruption?

L’éruption débutée le 15 septembre 2018 se poursuit mais on observe aujourd’hui une évolution avec l’apparition de « gas pistoning », autrement dit une émission de bouffées de gaz, au niveau du site éruptif. Ce phénomène marque un changement de régime dans le dégazage de l’éruption, et est généralement observé lorsque la quantité de gaz disponible s’épuise. Il annonce souvent la phase terminale de l’éruption. L’OVPF indique par ailleurs que l’activité se surface marque le pas, avec de rares projections au niveau de la bouche éruptive. Affaire à suivre donc, mais il faudra se méfier car l’OVPF continue d’observer une inflation de l’édifice volcanique. Le Piton a plus d’un tour dans son sac !

Source : OVPF.

Voici quelques nouvelles images de l’éruption que vient de me transmettre Christian Holveck que je remercie chaleureusement.

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The eruption that started on September 15th, 2018 continues but today there has been an evolution with the appearance of « gas pistoning », which means the emission of gas puffs, at the eruptive site. This phenomenon marks a change in the degassing of the eruption, and is generally observed when the quantity of available gas is exhausted. It often announces the terminal phase of the eruption. OVPF also indicates that the surface activity is decreasing, with rare ejections in the eruptive vent. Observations are going on but it will be necessary to be wary because OVPF continues to observe an inflation of the volcanic edifice. The Piton has more than one trick in its bag!
Source: OVPF.
Here are some new pictures of the eruption just transmitted to me by Christian Holveck whom I thank warmly.

Photos: Christian Holveck

Episode éruptif sur le Soputan (Sulawesi / Indonésie)

Selon le Jakarta Post, qui a relayé un message du VSI, le Soputan, dans le nord de Sulawesi, a émis une colonne de cendre de 4 km de hauteur le 3 octobre 2018 au matin, incitant les autorités à relever le niveau d’alerte du volcan à 3, sur une échelle de 4 .

Il est demandé à la population de ne pas entrer dans une zone d’un rayon de 4 à 6,5 km autour du volcan. Les habitants à proximité des rivières près de la montagne ont également été avertis du risque de lahars après les périodes de pluie. La population a également été invitée à utiliser les masques anti-poussière qui ont été distribués pour éviter tout problème respiratoire en cas de retombée de cendre.
Comme les panaches de cendre se dirigent vers l’ouest et le nord-ouest le trafic aérien risque d’être perturbé. L’aéroport international Sam Ratulangi de Manado fonctionne toujours normalement car il est situé au nord-est du Soputan.
Source: The Jakarta Post.

Il est très difficile de dire s’il existe un lien entre l’éruption du Soputan et les puissants séismes (M 6.1 et M 7.5) qui ont frappé l’île des Célèbes le 28 septembre 2018. Le dernier bilan est de 1 374 morts et devrait s’alourdir considérablement lorsque toutes les régions touchées par le séisme et le tsunami auront été explorées.
Le Soputan est situé à environ 600 kilomètres à vol d’oiseau, donc très loin de Palu, la ville la plus touchée par la catastrophe. Le volcan est entré en éruption  le mercredi 3 octobre 2018 à 00h47 (TU)  ou 08h47 (heure locale), avec une colonne de cendre qui est montée à 6,8 km au dessus du niveau de la mer.
Une augmentation de la sismicité sur le Soputan avait été observée depuis la fin du mois d’août 2018, ce qui avait incité les autorités à relever la couleur de l’alerte aérienne de Vert à Jaune.
La dernière éruption du Soputan a eu lieu du 2 janvier au 7 février 2016. Elle avait un VEI de 3. Le volcan est particulièrement actif. D’autres éruptions ont eu lieu en 2015, 2012, 2011, 2008 et 2007.

On ne peut donc pas dire si la dernière a un lien direct avec le tremblement de terre ou si elle fait partie du processus éruptif habituel de ce volcan.

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According to the Jakarta Post which relayed a message from the VSI, Mount Soputan in North Sulawesi emitted a 4-kilometre column of ash on October 3rd, 2018 in the morning, prompting authorities to raise the volcano’s alert level to 3, on a scale of 4 levels.

Residents have been advised to refrain from entering the area within a 4- to 6.5-kilometre radius around the volcano. Residents of riverbank settlements near the mountain have also been warned of the potential for lahars following rain periods. Residents have also been advised to use dust masks that have been distributed to avoid any potential respiratory problems in the event of falling ash.

As the ash is drifting to the west and northwest flights are likely to be disrupted. Sam Ratulangi International Airport in Manado is still operating normally, as it is located northeast of the mountain.

Source : The Jakarta Post.  

It is very difficult to say whether there is a link betwen the Soputan eruption and the powerful earthquakes (M 6.1 and M 7.5) that struck Sulawesi on September 28th, 2018 The latest death toll is 1,374 deaths and is likely to become much heavier when all regions affected by the quake and tsunami have been explored.

Mount Soputan is located about 600 km as the crow flies from Palu which was the town the most affected by the disaster. The volcano erupted early Wednesday, October 3rd, 2018, at 00:47 UTC (08:47 local time), producing an ash column up to 6.8 km above sea level.

An increase in the number of seismic events at Mt Soputan had been detected since the end of August 2018, which had incited authorities to raise the Aviation Colour Code from Green to Yellow.

The last eruption of Mt Soputan occurred from January 2nd to February 7th, 2016. It had a VEI of 3. The volcano is quite active. Other eruptions took place in 2015, 2012, 2011, 2008, 2007.

So, it cannot be said whether the latest event had a link with the earthquake or if it was part of the usual eruptive process of this volcano.

Vue du panache éruptif (Crédit photo: BNPB)

Vue du Soputan (Crédit photo: Wikipedia)

 

GIEC : Dernier rapport alarmant sur le climat // IPCC : An alarming report on climate

Selon la version provisoire d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dont la version définitive est prévue le 8 octobre 2018, si les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités humaines gardent leur rythme actuel, le réchauffement terrestre moyen dépassera +1,5°C (par rapport au niveau pré-industriel) d’ici environ 2040.

Si toutes ces émissions cessaient immédiatement, il est probable que le monde resterait sous ce seuil critique de 1,5°C. Pour autant, par un effet de latence, les gaz déjà émis continueraient à eux seuls à avoir des conséquences, notamment en terme d’élévation du niveau des mers.

Le rapport explique que les risques du réchauffement climatique se trouvent réduits à +1,5°C, par rapport à +2°C, qu’il s’agisse du nombre d’événements extrêmes, de vagues de chaleur dans le monde entier, de précipitations diluviennes prévues dans la plupart des régions, de feux de forêts, d’invasions ou d’extinctions d’espèces, de productivité des océans, de rendement agricole global, ou encore de perte plus limitée du permafrost. Pour autant, stopper le mercure à 1,5°C d’ici 2100 pourrait ne pas suffire à stopper la déstabilisation des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, avec la forte hausse du niveau des mers prévue dans les siècles à venir.

Stabiliser le réchauffement à 1,5°C exige d’arriver à une neutralité en émissions de CO2 (issues à 80% de la combustion des énergies fossiles) au milieu du siècle. Autrement dit, cela suppose de ne plus émettre dans l’atmosphère plus que ce que nous sommes capables d’en retirer, mais aussi de réduire les autres GES, notamment le méthane.

Le résumé du rapport provisoire du GIEC recommande aussi que le maximum des émissions mondiales de CO2 soit atteint… en 2020. Cela demandera une transition « rapide et vaste », dans les 10 ou 20 ans à venir, en matière de systèmes énergétiques, urbains, industriels…

La plupart des scénarios étudiés par les experts du GIEC pour rester à +1,5°C, incluent des procédures d’absorption du CO2, par les sols et forêts notamment. En l’état actuel des connaissances, le captage et le stockage de CO2 à très grande échelle n’est pas maîtrisé par les industriels. Le plus sûr reste une réduction très rapide des émissions.

En revanche – et c’est heureux ! – le GIEC ne retient pas l’option, très « incertaine », des techniques de manipulation du rayonnement solaire, par exemple via l’envoi d’aérosols dans la stratosphère pour refroidir le climat.

Source : Presse internationale.

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According to the draft report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), the final version of which is scheduled for October 8th, 2018, if the greenhouse gas (GHG) emissions generated by human activities keep their current pace, the average global warming will exceed + 1.5°C (compared to the pre-industrial level) by 2040 or so.
If all these emissions stopped immediately, it is likely that the world would remain below this critical threshold of 1.5°C. However, by a latency effect, the gases already emitted would continue to have consequences, especially in terms of rising sea levels.
The report explains that the risks of global warming would be reduced at + 1.5°C, compared to + 2°C, considering the number of extreme events, heat waves around the world, predicted rainfall in most areas, forest fires, invasions or extinctions of species, ocean productivity, overall agricultural yield, or more limited loss of permafrost. However, stopping temperatures at 1.5°C by 2100 may not be enough to stop the destabilization of the Antarctic and Greenland icecaps, with the surge in sea levels predicted in the coming centuries.
Stabilizing global warming at 1.5°C requires achieving CO2 emissions neutrality (80% of fossil fuel combustion) by mid-century. In other words, it means no longer emitting into the atmosphere more than we are able to extract, but also reducing other GHGs, including methane.
The summary of the IPCC draft report also recommends that the maximum of global CO2 emissions be reached … by 2020. This will require a « rapid and broad » transition, in the next 10 or 20 years, in energy systems, urban, industrial …
Most of the scenarios studied by the IPCC experts to stay at + 1.5°C, include CO2 absorption procedures, especially for soils and forests. In the current state of knowledge, capture and storage of CO2 on a large scale is not controlled by industry. The safest solution is a very fast reduction of emissions.
On the other hand – and it’s a good thing! – the IPCC report does not retain the very « uncertain » option of solar radiation manipulation techniques, for example via the sending of aerosols into the stratosphere to cool the climate.
Source: International Press.

L’Arctique continue de fondre… (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion // Reunion Island)

L’éruption débutée le 15 septembre 2018 se poursuit. L’intensité du tremor reste relativement stable. L’OVPF fait état d’ « une subtile reprise de l’inflation de l’édifice. » Il semblerait donc que l’on ait la présence d’une source de pression à l’aplomb du volcan ; ce paramètre sera à suivre ces prochains jours.
Les débits en surface estimés à partir des données satellites sont compris entre 1 et 4 m3/s, mais l’activité éruptive se déroule désormais principalement en tunnels, de sorte que la  détection d’anomalies thermiques est de plus en plus difficile et les valeurs de débit sont probablement sous-estimées.

Source : OVPF

A noter que la Cité du Volcan et l’OVPF organisent une conférence de presse le 3 octobre prochain à 11 heures  afin de présenter un premier bilan sur l’éruption en cours. Cette conférence est ouverte à la presse et au grand public.

Les photos et vidéos de l’éruption sont nombreuses sur la toile. Voici une vidéo réalisée par l’ami Thierry Sluys entre le 15 et le 18 septembre 2018 :

https://youtu.be/DZSF0qyqIGg

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The eruption that started on September 15th, 2018 continues. The intensity of the tremor is quite stable. OVPF reports « a subtle inflation of the volcanic edifice. It seems that there is the presence of a source of pressure directly beneath the volcano; this parameter will be observed in the next few days.
The lava output at the surface flows, estimated from the satellite data, is between 1 and 4 cubic metres per second, but eruptive activity is now mainly in tunnels, so that the detection of thermal anomalies is increasingly difficult and the output values are probably underestimated.
Source: OVPF
There are numerous photos and videos of the eruption on the web. Here is a video shot by Thierry Sluys between September 15th and 18th, 2018:
https://youtu.be/DZSF0qyqIGg

Crédit photo: Christian Holveck