La fonte de la calotte glaciaire Cook (Iles Kerguelen) // The melting of the Cook Ice Cap (Kerguelen Islands)

Les îles Kerguelen, jadis surnommées « îles de la Désolation », forment un archipel français au sud de l’Océan Indien. Elles constituent l’un des cinq districts des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).

L’île principale, la Grande Terre, qui couvre plus de 90 % de la surface, est la troisième plus grande île française, après la Nouvelle-Calédonie et la Corse.

Ces îles sont d’origine volcanique et culminent à 1 850 m, au Mont Ross. La région occidentale est surmontée par la calotte glaciaire Cook, d’une superficie plus grande que l’Aletsh (Suisse), le plus grand glacier d’Europe continentale. D’une superficie de 500 km2 en 1963, la calotte Cook a perdu 22% de sa surface en 40 ans, avec des pertes d’épaisseur très rapides de près d’1,5 m par an.

Cette fonte de la calotte Cook a été au centre d’une conférence donnée le .18 septembre 2018 dans le cadre des Grands Séminaires de l’Observatoire Midi-Pyrénée. Des chercheurs spécialistes de l’hémisphère sud ont confirmé qu’au cours des dernières décennies, la calotte a connu des pertes de masse record à l’échelle globale.

Malgré le réchauffement de l’atmosphère au milieu de l’Océan Indien Sud, les chercheurs ont expliqué que le retrait glaciaire est principalement dû à une diminution drastique des précipitations au cours des 50 dernières années. Paradoxalement, ce changement climatique est d’origine anthropique et résulte à la fois de l’augmentation des gaz à effet de serre et du creusement du trou dans la couche d’ozone stratosphérique au dessus de l’Antarctique.

Ces changements ont provoqué des variations dans les conditions de circulation des dépressions gérées par le mode annulaire austral, Southern Annular Mode ou SAM qui s’est déplacé vers le sud, de sorte que les perturbations passent moins fréquemment au dessus de l’archipel des Kerguelen. Malgré la simplicité géographique des lieux et des modes de circulation atmosphérique dans cette région isolée, les chercheurs ont montré que la modélisation du changement climatique et de ses impacts sur la calotte Cook est complexe. Ils ont rappelé qu’il est primordial d’observer les projections d’évolution des glaciers avec précaution, à Kerguelen comme ailleurs.

L’étude des données géomorphologiques et paléoclimatiques a permis de retracer 46 000 ans d’histoire des principales avancées de la calotte Cook et de les replacer dans un contexte de changement climatique hémisphérique. Cela a montré que le contrôle de l’aridité sur la perte de masse de la calotte est certainement récent.

Les grandes avancées historiques du glacier ont plutôt été contrôlées par des refroidissements océaniques régionaux, ce qui pousse les chercheurs à poser plusieurs questions : La machine climatique dans l’Océan Indien est-elle déréglée? S’agit-il simplement d’un problème d’échelle? La question reste ouverte mais le recul futur de la calotte Cook, par contre, paraît clair et irréversible.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez assister à la conférence :

https://www.youtube.com/watch?v=kJYd5oo-J_A&feature=share

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The Kerguelen Islands, once dubbed « Desolation Islands », form a French archipelago south of the Indian Ocean. They constitute one of the five districts of the French Southern and Antarctic Lands (TAAF).
The main island, Grande Terre, which covers more than 90% of the surface, is the third largest French island, after New Caledonia and Corsica.
These islands are of volcanic origin and culminate at 1,850 m at Mount Ross. The western region is surmounted by the Cook Ice Cap, larger in area than Aletsh (Switzerland), the largest glacier in continental Europe. With an area of ​​500 km2 in 1963, the Cook

 Ice Cap lost 22% of its surface area in 40 years, with very rapid loss of thickness of nearly 1.5 m per year.
This melting of the ice cap was at the centre of a conference given on September 18th, 2018 as part of the Great Seminars of the Midi-Pyrénée Observatory. Southern hemisphere researchers confirmed that in recent decades, the Cook Ice Cap has experienced record losses globally.
Despite the warming of the atmosphere in the middle of the South Indian Ocean, the researchers explained that the glacial retreat is mainly due to a drastic decrease in rainfall over the last 50 years. Paradoxically, this climate change is anthropogenic and results from both the increase in greenhouse gases and the opening of the hole in the stratospheric ozone layer above Antarctica.
These changes have caused variations in the circulation conditions of the Southern Annular Mode or SAM, which has moved southwards, so that rainfall and snnowfall are less frequent over the Kerguelen Archipelago. Despite the geographic simplicity of atmospheric circulation patterns in this isolated region, researchers have shown that modeling climate change and its impacts on Cook’s cap is complex. They recalled that it is essential to observe the glacier evolution projections with caution, in Kerguelen as elsewhere.
The study of geomorphological and palaeoclimatic data allowed to trace 46,000 years of history of the main advances of the Cook Ice Cap and to place them in a context of hemispheric climate change. This has shown that the control of aridity on the loss of mass of the cap is certainly recent.
The great historical advances of the glacier have been rather controlled by regional oceanic cooling, which pushes the researchers to ask several questions: Is the climate machine in the Indian Ocean deregulated? Is it simply a problem of scale? The question remains open but the future decline of the Cook Ice Cap seems obvious and irreversible.
By clicking on this link, you will be able to join the conference:
https://www.youtube.com/watch?v=kJYd5oo-J_A&feature=share

Vue satellite de la calotte glaciaire Cook en 2005 (Source: NASA)

Kick’em Jenny (Mer des Caraïbes // Caribbean Sea)

À l’issue de la conférence que j’ai faite au CDST de Saint-Pierre (Martinique) à la mi-août 2018, des personnes m’ont demandé si j’avais des nouvelles du volcan sous-marin Kick’em Jenny au large de la Grenade. À l’époque, J’ai indiqué à ces personnes qu’à ma connaissance, aucun événement significatif ne s’était produit à Kick’em Jenny depuis le mois de mars 2018 où on avait enregistré une augmentation de l’activité sismique, en particulier pendant la nuit du 11 au 12 mars, et le niveau d’alerte était passé du Jaune à l’Orange. La navigation avait été interdite dans un rayon de 5 kilomètres autour du volcan. Les scientifiques indiquaient qu’il n’y avait aucun risque de tsunami. Depuis le 22 mars 2018, toutefois, une baisse de l’activité volcanique avait été constatée et le niveau d’alerte avait donc été ramené à la couleur Jaune.

Au vu d’un article sur le site Web The Watchers, il semble que les choses soient à nouveau en train de changer. Le centre de recherche sismique de l’Université des Indes Occidentales (UWI) a détecté « des niveaux élevés de sismicité » sur le volcan sous-marin. L’activité sismique a débuté le 30 septembre 2018 avec trois événements de magnitude M 3,5, M 3,5 et M 3,3.
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, ce qui signifie que l’on doit continuer à respecter une zone d’exclusion de 1,5 km autour du volcan sous-marin.
Comme je l’ai indiqué en août, la dernière éruption connue de Kick’em Jenny a eu lieu le 29 mars 2017. Le volcan est situé à 8 km de la côte nord de la Grenade. Il s’élève à 1 300 mètres au-dessus du plancher océanique. De nombreuses éruptions historiques, principalement révélées par des signaux acoustiques, se sont produites à Kick’em Jenny depuis 1939, année où un nuage éruptif a jailli jusqu’à 275 mètres au-dessus de la surface de la mer.
Sources: The Watchers, UWI, Smithsonian Institution.

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In the wake of the conference I delivered at the CDST of Saint Pierre (Martinique) by mid-August 2018, some persons asked me if I had some news of Grenada’s Kick’em Jenny submarine volcano. I told these people that to my knowledge, no significant event had occurred at Kick’em Jenny since March 2018. At that time, there had been an increase in seismic activity, particularly during the night of March 11th to 12th, and the alert level had been raised from Yellow to Orange. Ships were not allowed within 5 kilometres of the volcano. Scientists said there was no risk of a tsunami. Since March 22nd, 2018, however, a decline in volcanic activity had been observed and the alert level had been lowered to Yellow.

Reading a report in the website The Watchers, it seems things are again changing. The University of the West Indies (UWI) Seismic Research Center has detected “high levels of seismicity” at the submarine volcano. Seismic activity began on September 30th, 2018, with three events with magnitudes M 3.5, M 3.5 and M 3.3 respectively.

The alert level is kept at Yellow, which means that the exclusion zone of 1.5 km around the submarine volcano must continue to be observed

As I indicated in August, the last known eruption of Kick’em Jenny took place on March 29th, 2017. The volcano is located 8 km off the north coast of Grenada. It rises 1 300 metres above the sea floor. Numerous historical eruptions, mostly documented by acoustic signals, have occurred at Kick ’em Jenny since 1939, when an eruption cloud rose 275 metres above the sea surface.

Sources :  The Watchers, UWI, Smithsonian Institution.