Nouvelles du Kilauea (Hawaii)

La compagnie Paradise Helicopters a mis en ligne une vidéo du Kilauea réalisée au cours d’un survol du volcan le 22 juin 2017. On observe toujours un beau lac de lave dans la partie ouest du cratère du Pu’uO’o. La lave continue à s’écouler dans le réseau de tunnels, avec quelques sorties en surface au-dessus du pali. Elle entre dans l’océan sur le site de Kamokuna où elle a construit un delta qui avance d’une centaine de mètres dans la mer. Les iamges de la caméra thermique montrent une fracture qui parcourt le delta dans sa largeur. Cette fracture confirme l’instabilité du delta qui peut s’effondrer à tout moment.

La situation reste inchangée au sommet du Kilauea. Le niveau de la lave dans l’Overlook Crater varie en fonction des épisodes d’inflation et de déflation de l’édifice volcanique. Il se trouve actuellement à une trentaine de mètres sous la lèvre du cratère.

Sources : Paradise Helicopters & HVO.

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The Paradise Helicopters company has released a new video of an overflight of Kilauea volcano performed on June 22nd 2017. A nice lava lake can still be seen in the western part of Pu’uO’o Crater. Lava flows are still active throughout the tube system, with breakouts mainly above the pali. Lava is still entering the ocean at Kamokuna. It has built a vast delta that extends 100 metres from the sea cliff.  Thermal images show a hot crack spanning much of the width of the lava delta. This crack suggests sagging and instability at the front of the delta which might collapse into the ocean at any time.

The situation remains unchanged at the summit of Kilauea. The level of lava within the Overlook Crater varies with the inflation and deflation episodes of the edifice. It is currently about 30 metres beneath the crater rim.

Sources : Paradise Helicopters & HVO.

Lac de lave dans le Pu’uO’o (Source: Paradise Helicopters)

Delta de lave de Kamokuna et la fracture (Source: HVO)

Nouvelles du Cleveland et du Bogoslof (Alaska) et du Sabancaya (Pérou)

Les dernières observations du Cleveland montrent que l’activité éruptive marque le pas et il est peu probable qu’elle se poursuive. Les observations satellitaires n’ont pas révélé de nouvelle émission de lave et les instruments n’ont pas détecté de sismicité anormale ou d’infrasons en provenance du volcan depuis une brève explosion le 16 mai 2017. Des émissions de lave dans le cratère sommital ont été observées dans les données satellitaires le 7 juin. Depuis cette date, les températures de surface ont chuté, ce qui laisse supposer que l’émission de lave a fait une pause ou a cessé.
La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à JAUNE.

Le Bogoslof est de nouveau entré en éruption à 16h45 (heure locale) le 26 juin 2017. L’activité est restée soutenue jusqu’à 17h00, puis a diminué avant de retrouver un niveau normal. L’éruption a généré un nuage de cendre qui s’est déplacé vers le nord-est à une altitude estimée à 7 500 mètres au vu des données satellitaires. Compte tenu de l’altitude relativement basse du nuage de cendre et de la courte durée de l’explosion, la couleur de l’alerte aérienne a été maintenue à l’ORANGE et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.

L’activité explosive a repris en tout début de journée le 27 juin. Au vu des images satellitaires, le nuage éruptif a atteint une altitude de 9000 mètres. Le World Wide Lightning Location Network (WWLLN) a détecté des éclairs dan,s le panache. Depuis cet événement, la sismicité a retrouvé un niveau normal, mais la situation reste totalement imprévisible, avec de nouvelles explosions possibles à tout moment. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne esy maintenue au Rouge.

L’activité du Sabancaya a diminué au cours des dernières semaines. Le dernier rapport de l’Institut de Géophysique indique que les explosions se produisent à raison d’environ 15 événements par jour. Les nuages ​​de cendre qui accompagnent les explosions montent généralement à environ 3 500 mètres au-dessus du cratère. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été observée.

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Recent observations of Cleveland volcano suggest that unrest has declined and it is unlikely that eruptive activity is continuing. Satellite observations have yielded no evidence for continuing lava effusion and there have been no detections of anomalous seismicity or infrasound from the volcano since a brief explosion on May 16th 2017. Evidence for lava effusion in the summit crater was observed in satellite data on June 7th, but since then observed surface temperatures have become weaker, suggesting that lava effusion has paused or ended.
The Aviation Colour Code has been lowered to YELLOW.

Bogoslof volcano erupted again at 16:45 (local time) on June 26th. Activity remained elevated until 17:00 (local time) and has since declined to background levels. The eruption produced a volcanic cloud moving northeast with an estimated altitude of 7,500 metres by satellite data. Given the lower altitude of the volcanic cloud and short duration of the explosion, the Aviation Colour Code remained at ORANGE and Volcano Alert Level WATCH.

Explosive eruptive activity resumed early in the morning of June 27th. The eruption produced a volcanic cloud that reached an altitude of 9,000 metres based on satellite data.The World Wide Lightning Location Network (WWLLN) detected lightning strokes associated with the resulting volcanic cloud. Seismicity has since declined to background levels, but Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition.  The Aviation Colour Code remains RED.

Activity at Sabancaya volcano has been declining during the past weeks. IG‘s latest report indicates that explosions occur at a rate of about 15 events per day. Ash clouds associated with the explosions usually rise about 3,500 metres above the crater. No significant deformation of the edifice has been observed.

Source: AVO.

Source: I.G.P.

 

La Nature ne doit pas faire les frais du tourisme de masse // Nature should not be the victim of mass tourism

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, des hordes de touristes ont envahi l’Islande ces dernières années et beaucoup d’entre eux ne respectent pas la Nature fragile de ce pays. Par exemple, les gens ont « écrit » sur une colline à côté de Nesjavallaleið dans le sud de l’Islande. Ils l’ont fait en arrachant la mousse qui ne repoussera pas avant des décennies. Ce type de vandalisme est en hausse ces dernières années, et d’autres mots sont «imprimés» dans la mousse. Les derniers sont «LIFE» et «send nudes» – envoyez des nus. .
Le problème est qu’il existe un effet de groupe chez les gens qui se comportent comme des moutons de Panurge. Si une personne commence à faire quelque chose, d’autres sont tentées de l’imiter. La conduite hors piste, interdite en Islande, en est une preuve. Si une voiture pratique le hors piste en laissant des traces de roues, d’autres touristes pensent pouvoir faire la même chose. En Islande, il va falloir prendre des mesures avant que le vandalisme ne devienne une mode. Beaucoup de gens pensent que tout est permis en Islande. Plusieurs guides ont été choqués par le comportement de nombreuses personnes qui ne respectent pas la Nature. Il y a quelques semaines, un touriste chinois a déféqué à l’extérieur d’une habitation et a trouvé parfaitement normal de laisser le papier toilette sur place. D’autres touristes ont fait de même dans l’espace vert autour d’une école. (15 toilettes viennent d’être installées dans différents sites touristiques du pays, ce qui n’embellira guère le paysage!). Des touristes étrangers ont été vus en train de taguer les murs d’une ferme déserte. Quand on leur a demandé ce qu’ils faisaient, ils ont répondu que c’était de l’art.
On pourrait également mentionner les touristes inconscients qui risquent leur vie en marchant sur les icebergs de Jokulsarlon ou ceux qui se sont fait emporter par des vagues et sont morts sur les plages sur la côte sud de l’Islande.

Le tourisme de masse est louable en soi. Cela montre que de plus en plus de gens ont les moyens financiers de découvrir notre belle planète. En revanche, il y a le revers de la médaille et, contrairement à ce que dit le proverbe, abondance de biens peut parfois nuire !
Adapté d’un article paru dans Iceland Review.

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As I put it several times, hordes of tourists have been invading Iceland in recent years and many of them do not respect the fragile Nature of this country. For instance, people have been “writing” on a hill by Nesjavallaleið in South Iceland. They do this by tearing up the moss, which can easily take decades to grow back. This kind of vandalism has been increasing in recent years, with more words being ‘printed’ in the moss. The last ones are ‘LIFE’ and ‘send nudes’. .

The problem is that there is a strong herd mentality in people. If someone starts doing something, others are tempted to imitate him. Off road driving, which is illegaln is a proof of this. If one car drives on and there are tracks, others believe they can do the same. In Iceland, it is important to do something before vandalism becomes a trend. Many people believe everything is allowed in Iceland. Several tour guides were shocked by the behaviour of many people who don’t respect nature. A few weeks ago, a Chinese tourist was pooping outside and didn’t see anything wrong with leaving the toilet paper. More tourists have done the same on the lawn close to a school.  (15 toilets have just been set up in different tourist sites around the country, which is not positive for the landscape). Foreign tourists were seen spray-painting a deserted farm. When they were asked what they were doing, they said it was art.

One could also mention reckless tourists who risked their lives when stepping on the icebergs in Jokulsarlon or who were swept away by the waves and died on beaches on Iceland’s south coast.

Mass tourism is commendable in itself. It shows that more and more people have the financial means to discover our beautiful planet. On the other hand, there is the other side of the coin and, contrary to what the proverb says, an abundance of goods can sometimes harm!

Adapted from an article in Iceland Review.

La mousse est très belle, mais aussi très fragile , en Islande.

(Photo: C. Grandpey)

 

Lō‘ihi, le plus jeune des volcans hawaiiens // Lō‘ihi, the youngest Hawaiian volcano

Le Lō’ihi est le plus jeune des volcans hawaiiens. Il est situé à 39 kilomètres au sud-est de Pāhala dans le district de Ka’ū. Le HVO ne possède pas de stations sismiques à proximité du Lō’ihi ; son activité est contrôlée depuis des stations implantées sur la Grande Ile d’Hawaii depuis plus de 50 ans.
Depuis la fin du mois de février 2017, les sismologues du HVO enregistrent une légère augmentation du nombre d’événements près du Lō’ihi. De janvier 2015 à février 2017, ils ont enregistré, en moyenne, un séisme par mois sur le volcan sous-marin. Depuis cette époque, le nombre de secousses a progressivement augmenté. Au cours du seul mois de juin 2017 (jusqu’au 22 juin), il y a eu 51 séismes dans le secteur du Lō’ihi.
Sans stations sismiques permanentes sur le Lō’ihi – car le sommet du volcan se trouve encore à 960 mètres sous l’eau – il n’est pas possible de localiser les séismes avec autant de précision que sur le Kilauea ou le Mauna Loa. Cependant, les événements de juin 2017 semblent être concentrés entre 9,6 et 11,2 km au-dessous du niveau de la mer et s’étendent depuis la zone sommitale du Lō’ihi jusque vers le sud.
Il est intéressant de noter que les quelque 170 séismes localisés dans le secteur du Lō’ihi entre 2010 et 2016 ont été enregistrés loin de la zone sommitale. Ils se sont produits principalement sous le flanc nord du volcan et sont descendus à des profondeurs relativement importantes. Aucune explication n’a été donnée à ce phénomène.
Dès 1952, les scientifiques du HVO ont interprété des essaims sismiques dans la région du Lō’ihi comme les signes d’un volcanisme actif. L’activité sismique à elle seule ne prouve pas de manière irréfutable que le Lō’ihi est entré en éruption, mais la localisation des derniers séismes directement sous la zone sommitale du volcan laisse supposer des ajustements dans le réservoir magmatique ou l’édifice volcanique.
La plus récente éruption du Lō’ihi s’est produite en 1996. Cette année-là, un essaim sismique significatif a commencé en juillet et s’est rapidement intensifié. Une expédition scientifique a été organisée vers le Lō’ihi dans l’espoir d’observer en direct une éruption sous-marine. Des milliers séismes, dont plus d’une douzaine avec des magnitudes supérieures à M 4,5, ont été enregistrés sous le sommet et le flanc sud du volcan entre juillet et septembre 1996. L’observation et la cartographie de la zone sommitale du Lō’ihi ont montré que, suite à la poussée du magma, une partie importante de la zone sommitale s’était effondrée. Les laves en coussins (« pillow lavas ») et les fragments vitreux recueillis lors des plongées avec un submersible ont également confirmé qu’une éruption avait eu lieu.
Dans la mesure où le sommet du Lō’ihi se trouve encore à une grande profondeur sous la surface de l’océan, l’USGS considère que le volcan ne représente pas une menace. Il n’est donc pas prévu d’installer de nouveaux instruments dans le court terme et sa surveillance restera uniquement sismique.

Source: USGS / HVO.

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Lō‘ihi is the youngest of Hawaiian volcanoes. It is located 39 kilometres southeast of Pāhala in Ka‘ū District. HVO does not have seismic stations near Lō‘ihi, but it has been tracking earthquake activity there from land-based seismic stations for over 50 years.

Since the end of February 2017, HVO seismic analysts have noted a slight increase in the numbers of earthquakes near Lō‘ihi. From January 2015 through February 2017, there was, on average, one Lō‘ihi earthquake per month. Since then, the rate of earthquakes has gradually increased. In June alone (as of June 22nd), there have been 51 located earthquakes in the Lō‘ihi region.

Without permanent seismic stations at Lō‘ihi – because the highest point of the volcano is still 960 metres under water – it is not possible to locate earthquakes there as accurately as at Kilauea or Mauna Loa. However, the June 2017 earthquakes appear to be clustered roughly 9.6 to 11.2 km below sea level and extend from beneath the summit region of Lō‘ihi to the south.

Interestingly, the roughly 170 earthquakes located in the area of Lō‘ihi between 2010 and 2016 occurred away from the summit region. They were primarily beneath the northern flanks of Lō‘ihi, and extended to significantly greater depths below the volcano. The significance of this difference is unclear.

As early as 1952, HVO scientists interpreted occasional earthquake swarms in the Lō‘ihi region as reflecting active volcanism there. In fact, the earthquakes were key to recognizing that the seamount is actually an active volcano.

Earthquake activity alone does not conclusively indicate that Lō‘ihi is erupting. But the locations of recent earthquakes directly beneath the volcano’s summit region plausibly suggest magmatic or volcanic origin, such as adjustments within the magma reservoir or volcanic edifice.

The most recent confirmed eruption of Lō‘ihi occurred in 1996. That year, an energetic earthquake swarm began in July and quickly intensified, motivating a scientific expedition to Lō‘ihi to seize an unprecedented opportunity to possibly observe a submarine eruption. Thousands of earthquakes, including over a dozen with magnitudes greater than M 4.5, were recorded from beneath the summit and south flank of the volcano between July and September 1996. Subsequent viewing and mapping of the Lō‘ihi summit region showed that, consistent with magma movement from beneath the summit area, a significant portion of it had collapsed. Fresh pillow lavas and glassy fragments collected during submersible dives also confirmed the occurrence of an eruption.

Because Lō‘ihi is still so deep beneath the ocean’s surface, the USGS regards Lō‘ihi as a low- to very-low-threat volcano. Thus, there are no immediate plans for additional monitoring instruments and views of Lō‘ihi for the foreseeable future will be strictly seismological.

Source: USGS / HVO.

 Localisation des séismes sur une période de 30 jours se terminant le 22 juin 2017. (Source : USGS)