Plus de détails sur l’éruption du Bogoslof (Iles Aléoutiennes) // More details about the Bogoslof eruption (Aleutians)

drapeau-francais20 heures: La sismicité restait élevée jeudi sur le Bogoslof après les deux éruptions mentionnées précédemment. À partir de données satellitaires, les scientifiques de l’AVO ont pu localiser approximativement le site de l’éruption qui se trouve sous l’eau, près de la côte E de Bogoslof Island, ou peut-être à l’endroit où se trouvait le rivage autrefois. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, l’île a été façonnée par des explosions précédentes, et la dernière éruption ne fait pas exception.
Les retombées de cendre ont donné naissance une nouvelle terre tandis qu’une partie de l’île près de la bouche active a été détruite au cours de l’une des éruptions. Il semble que la dernière éruption ait émis surtout de la cendre. S’il y a émission de lave par la suite, celle-là se cantonnera probablement autour de la bouche active. L’île possède déjà des structures en forme de dôme érigées par la lave lors d’éruptions antérieures, la plus récente ayant eu lieu en juillet 1992.
L’AVO a publié une carte satellite montrant un panache de dioxyde de soufre (SO2) qui se dirigeait vers le nord de Bogoslof mercredi juste après 11 heures. Un météorologue d’Anchorage a indiqué que des pilotes avaient fait état d’un panache SO2 à l’est de Bethel jeudi en début de journée. Le premier avion volait à une altitude de 11 100 mètres à environ 100 km au nord-est de Bethel à 7h06, tandis que le second volait à 9 600 m à environ 160 km à l’est de Bethel à 7h52. Les deux pilotes ont senti une forte odeur de soufre, mais ils n’ont pas observé de cendre.

Source : Alaska Dispatch News.

22 heures: Dernière minute: L’AVO vient de m’informer qu’un nouvel épisode éruptif venait d’avoir lieu sur le Bogoslof vers 9h30 (heure locale).

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drapeau-anglais20:00: Bogoslof volcano was still showing continuous seismic activity Thursday after the two eruptions that were previously mentioned. From satellite data, AVO staff determined an approximate location of the volcano’s vent, which was underwater near Bogoslof Island’s eastern shoreline, or where the shoreline used to be. As can be seen on the map below, the island has been shaped by previous blasts, and the most recent eruption is no exception.

Ashfall has accumulated above sea level and created new land while a portion of the island near the vent was blown out during one of the eruptions. It appears the latest eruption has been mostly ash fallout. If lava surfaces it will likely be around the location of the vent. The island already features dome-shaped landmarks formed by lava during previous eruptions, the most recent having been in July 1992.

The observatory released a satellite-based map showing a plume of sulphur dioxide (SO2) being carried north from Bogoslof just after 11 p.m. Wednesday. An Anchorage meteorologist said the pilots of two jets reported encountering the SO2 plume east of Bethel early Thursday. The first jet was at an altitude of 11,100 metres about 100 km northeast of Bethel at 7:06 a.m., and the second was at 9,600 m about 160 km east at 7:52 a.m. All they reported was a strong sulphur smell but no ash.

Source : Alaska Dispatch News.

22:00: Last minute: AVO has just informed me that another explosive eruption occurred at Bogoslof this morning at about 09:30 (local time).

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Source: USGS

0°C au Pôle Nord ! // 32°F at North Pole !

drapeau-francaisUne balise météorologique située à environ 140 km au sud du pôle Nord a enregistré une température de 0°C jeudi en début de matinée. Les données fournies par cette balise montrent que la température de l’air a augmenté de plus de 22 degrés Celsius au cours des deux derniers jours alors qu’elle était déjà supérieure à la normale. L’Arctique pris dans son ensemble au nord du 80ème parallèle a connu une hausse de température de près de 17 degrés Celsius.
L’énorme flux de chaleur qui a envahi la région a fait fondre la glace de mer à une époque où elle se régénère habituellement. Près de l’archipel François Joseph à l’est du Svalbard, les images satellites montraient mercredi qu’une vaste surface de glace étaient en train de disparaître. Les données du National Snow and Ice Data Center indiquent que l’Arctique a perdu environ 148 000 kilomètres carrés de glace au cours de la journée de jeudi, soit environ la taille de l’Etat du Michigan.
Tandis que les températures augmentent anormalement dans l’Arctique, l’air froid qui envahit habituellement la région a migré vers le sud et atteint la Sibérie où la température a chuté d’environ 33 degrés Celsius en dessous de la normale, avec la température de l’air qui avoisine -50° C.
Une analyse de l’agence Climate Central a révélé qu’une montée en chaleur comparable à celle du mois de novembre «aurait été extrêmement improbable il y a un siècle,» avant que les gaz à effet de serre dans l’atmosphère aient atteint leur niveau actuel. « Si rien n’est fait pour ralentir le changement climatique, lorsque le réchauffement aura atteint 2 degrés Celsius, des événements comme celui de cet hiver deviendront fréquents au pôle Nord. »
Source: The Washington Post

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drapeau-anglaisA weather buoy about 140 km south of the North Pole registered a temperature at the melting point of 0°C early Thursday. Data from the buoy show that air temperatures have risen by more than 22 degrees Celsius in the last two days when they hovered near minus 24 Celsius which, even then, was above average. The entire Arctic north of 80 degrees has witnessed a sharp temperature spike of nearly 17 degrees Celsius.

The huge flux of warmth into the region has contributed to the loss of sea ice at a time when the region is usually gaining ice. Near the Franz Joseph Islands east of Svalbard, satellite imagery showed a large mass of ice vanishing over the last day. Data from the National Snow and Ice Data Center indicate the Arctic lost about 148,000 square kilometres of ice in the past day, which is roughly the size of Michigan.

While the Arctic witnesses abnormal temperature rises, the cold air normally positioned there has sloshed southward into Siberia. Temperatures there have crashed to about 33 degrees Celsius below normal, with air temperatures flirting with -50°C.

An analysis from Climate Central found that a warm event of comparable intensity to what occurred in November « would have been extremely unlikely in a climate of a century ago » before greenhouse gases in the atmosphere had grown to current levels. Said one climate scientist: « If nothing is done to slow climate change, by the time global warming reaches 2 degrees Celsius, events like this winter will become common at the North Pole. »

Source : The Washington Post

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Carte montrant l’anomalie thermique sur l’Arctique

 (Source: Climate Change Institute at the University of Maine)

Un jet stream de métal en fusion sous la Russie et l’Amérique du Nord ! // A jet stream of molten metal beneath Russia and North America !

drapeau-francaisUn article publié dans la revue Nature Geoscience nous apprend que les scientifiques ont découvert, en utilisant la dernière technologie de rayons X par satellite, un courant de fer et de nickel liquide qui s’écoule du Canada vers la Russie à quelque 3 000 kilomètres de profondeur. Ce gigantesque jet stream à l’intérieur du noyau terrestre présente une largeur d’environ 420 km et une température de plusieurs milliers de kelvins, presque aussi chaude que le soleil.
C’est la première fois que le jet stream est mis en évidence grâce à la mission Swarm de l’Agence Spatiale Européenne qui dispose d’un trio de satellites qui mesurent et déchiffrent simultanément les signaux magnétiques émis par la Terre.
Pendant des années, les scientifiques ont étudié le noyau en mesurant le champ magnétique de notre planète. Ces observations ont révélé que le fer dans le noyau externe se déplaçait plus rapidement dans l’hémisphère nord, en particulier sous l’Alaska et la Sibérie.
Les dernières données fournies par les satellites Swarm ont révélé que les changements de vitesse sont causés par un jet stream qui se déplace vers l’ouest à plus de 40 kilomètres par an, autrement dit des centaines de milliers de fois plus vite que la vitesse de déplacement des plaques tectoniques à la surface de la Terre. Il est intéressant de noter que ce la vitesse de ce courant a augmenté de manière significative au cours des deux dernières décennies. Depuis 2000, sa vitesse a été multipliée par trois.
Les scientifiques espèrent que la découverte de ce jet stream conduira à une meilleure compréhension de la structure interne de la Terre et du fonctionnement du champ magnétique. En effet, si nous parvenons à comprendre comment est généré le champ magnétique, nous comprendrons comment il évolue avec le temps ; nous saurons donc à quel moment il s’affaiblira et s’inversera.

Source : Presse scientifique américaine.

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drapeau-anglaisAn article published in the journal Nature Geoscience informs us that scientists have discovered a stream of molten iron and nickel running from Canada to Russia some 3,000 kilometres beneath the Earth’s surface using the latest satellite X-ray technology. The immense jet stream within Earth’s molten iron core spans about 420 km in width and runs at a temperature nearly as hot as the sun.

This is the first time the jet stream has been seen clearly, with the help of the European Space Agency’s Swarm mission, which features a trio of satellites that simultaneously measure and decipher magnetic signals coming from Earth.

For years, scientists monitored the Earth’s core by measuring the planet’s magnetic field. From that, research scientists knew that iron in the outer core was moving faster in the northern hemisphere, in particular under Alaska and Siberia.

The latest data from the Swarm satellites has revealed the changes in speed are being caused by a jet stream moving west at more than 40 kilometres per year – hundreds of thousands of times faster than the speed of Earth’s moving tectonic plates. Interestingly, the stream has picked up speed significantly over the last two decades. Since 2000 alone, the river has tripled in speed.

It is hoped that the discovery will lead to further understanding of the Earth’s inner structure and shed some light on exactly what generates the planet’s magnetic field. Indeed, if we can understand how the field is generated, we understand how it changes over time and whether and when it will weaken and reverse.

Source : American scientific press.

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Vue de la structure interne de la Terre (Source : Wikipedia)

La presse britannique réveille les Champs Phlégréens ! // The British press wakes up the Phlegrean Fields !

drapeau-francaisDepuis quelques jours, des articles fleurissent dans la presse britannique, annonçant que le volcan des Champs Phlégréens – près de Naples – montre des signes de réveil. Par exemple, le titre de The Week était « Le grand frère du Vésuve commence à se réveiller ».
En fait, en lisant les articles, on se rend compte qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer. D’accord, le volcan est actif et les scientifiques ont prévenu qu’une éruption pourrait se produire tôt ou tard, mais l’activité ne s’est pas vraiment intensifiée au cours des dernières semaines. Dans les articles, on relève abondance de «pourrait», «probable» et d’autres termes montrant que nous ne savons rien sur le comportement futur des Champs Phlégréens. Les journaux font référence à une nouvelle étude selon laquelle «la pression créée par la montée du magma pourrait atteindre un point critique». On nous rappelle qu’en 2012, les autorités italiennes ont fait passer le niveau d’alerte du vert au jaune, avec un suivi scientifique plus intense. Les articles font l’amalgame avec le Vésuve « qui a détruit Pompéi et les villes environnantes il y a plus de 2000 ans ». On nous dit qu’ »une éruption des Champs Phlégréens pourrait être bien pire. » Il est fait référence à l’éruption qui a eu lieu il y a 39 000 ans, « quand une explosion a expulsé des centaines de kilomètres de lave et de roche dans l’air [ce qui ne veut strictement rien dire !], ce qui peut avoir contribué à la disparition du continent des derniers Néandertaliens. » On nous apprend aussi que le volcan a tellement effrayé les Romains qu’ils considéraient le Lac Averne – à quelques kilomètres des Champs Phlégréens – comme l’entrée des Enfers.

Après avoir lu les articles, on se rend compte qu’ils n’ont aucune valeur scientifique. Ils entrent dans la sphère du sensationnalisme qui anime beaucoup de journaux outre-Manche. Il ne fait guère de doute que les Champs Phlégréens sont une menace pour les 500 000 habitants qui vivent à proximité mais, pour le moment, ces articles alarmistes restent sans fondement.

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drapeau-anglaisStarting a few days ago, articles have appeared in the British newspapers saying that the Campi Flegrei volcano near Naples was showing signs of reawakening. For instance, The Week’s headline was “Vesuvius’s big brother is starting to wake”.

Actually, when reading the articles, one realises that no such event is happening. Ok, the volcano is active and scientists have warned that an eruption might happen sooner or later, but activity has not increased during the past weeks. Along the lines, there is an abundance of “could”, “likely” and other terms showing we do not know anything about the future behaviour of the Phlegrean Fields. The newspapers refer to a new study that says “pressure created by rising magma could be reaching a critical point.” We are reminded that in 2012, Italian authorities raised the threat level from green to yellow, with more scientific monitoring. A mixture is made with Mt Vesuvius “which destroyed Pompeii and its surrounding cities more than 2,000 years ago”. We are told “an eruption by the Phlegraean Fields could be far worse.” Reference is made to the eruption that occurred 39,000 years ago, “when a blast expelled hundreds of miles of lava and rock into the air, which may have contributed to the demise of the continent’s last Neanderthals”. During the Roman times, the system so awed the Romans that they referred to its Lake Avernus crater as the mouth of Hades.

After reading the articles, one realise their aim is by no means scientific. It should be included in the sphere of sensationalism that animates too many newspapers over the Channel. Undoubtedly, the Phlegrean Fields remain a threat to the 500,000 people who live around them but, for the time being, any kind of panic would be useless.

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Champs Phlégréens avec l’observatoire Friedlander, aujourd’hui écroulé.

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Lago di Averno: l’Enfer n’est pas loin…

(Photos: C. Grandpey)