Chaleur du noyau terrestre et fonte de l’Arctique // Earth’s core heat and Arctic melting

L’accumulation de gaz à effet de serre reste la cause principale de la fonte de la banquise et des glaciers dans le monde. A côté de cette théorie aujourd’hui largement acceptée par le monde scientifique, certains chercheurs expliquent que la fonte accélérée des glaces en Arctique serait amplifiée par d’autres phénomènes.

Ces scientifiques ont découvert la présence sous le Groenland d’un panache mantellique issu des profondeurs de notre planète. Ce panache aurait pour effet de faire fondre la glace par en dessous. Leur travail a été publié dans le Journal of Geophysical Research.

Il existe de nombreuses preuves de l’activité géothermique dans l’Arctique. Il suffit de se tourner vers l’Islande pour s’en rendre compte. La source de chaleur dans ce pays est  due à la présence d’un point chaud venant se juxtaposer à un phénomène tectonique d’accrétion. Ce point chaud conditionne également l’activité volcanique. On sait que les volcans constituent généralement le point de sortie des panaches mantelliques.

Pas très loin de l’Islande, l’archipel norvégien du Svalbard est considéré comme une zone géothermique où un flux de chaleur élevé réchauffe les eaux souterraines.

Toutefois, le rôle joué par la chaleur souterraine dans la fonte de la glace arctique a été très peu exploré jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui, les chercheurs de l’université japonaise de Tohoku pensent que ces différentes sources de chaleur dans l’Arctique ont une origine commune : le panache du Groenland. Ils ont observé que le panache provient de la limite entre le noyau et le manteau terrestres, jusqu’à la zone de transition du manteau sous le Groenland. (La zone de transition du manteau se situe entre 410 et 660 kilomètres de profondeur). Les chercheurs ont remarqué que le panache du Groenland présente deux autres branches dans le manteau inférieur qui alimentent d’autres panaches dans la région. Cela fournit notamment de la chaleur à l’Islande et Jan Mayen, mais aussi à la zone géothermique du Svalbard.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs japonais se sont appuyés sur la vitesse de déplacement des ondes sismiques entre la croûte et l’intégralité du manteau sous ces régions. La tomographie sismique est une technologie semblable au scanner utilisé sur l’homme dans les hôpitaux. Elle permet de créer des modèles en trois dimensions qui révèlent la structure à grande échelle du manteau terrestre.

Les chercheurs japonais ont  installé des sismographes sur la calotte glaciaire du Groenland dans le cadre du réseau de surveillance de la calotte glaciaire du Groenland (Greenland Ice Sheet Monitoring Network). Mis en place en 2009, ce projet réunit des chercheurs de 11 pays.

Source : Regard sur l’Arctique.

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The accumulation of greenhouse gases remains the main cause of the melting of sea ice and glaciers around the world. Alongside this theory, which is now widely accepted by the scientific world, some researchers explain that the accelerated melting of ice in the Arctic is amplified by other phenomena.

These scientists have discovered the presence under Greenland of a mantle plume from the depths of our planet. This plume may melt the ice from below. Their work has been published in the Journal of Geophysical Research.

There is ample evidence of geothermal activity in the Arctic. One just needs to look to Iceland to realize this. The heat source in this country is due to the presence of a hot spot juxtaposed with a tectonic accretion phenomenon. This hot spot also conditions volcanic activity. We know that volcanoes generally constitute the exit point for mantle plumes.

Not far from Iceland, the Norwegian archipelago of Svalbard is considered a geothermal area where a high heat flux heats the groundwater. However, the role of subterranean heat in melting Arctic ice has been little explored to date.

Today, researchers at Tohoku University (Japan) believe that these different heat sources in the Arctic have a common origin: the Greenland plume. They observed that the plume originates from the boundary between the Earth’s core and mantle, to the mantle transition zone below Greenland. (The mantle transition zone is between 410 and 660 kilometres deep). The researchers noted that the Greenland plume has two other branches in the lower mantle that feed other plumes in the region. This notably provides heat to Iceland and Jan Mayen, but also to the Svalbard geothermal area.

In their study, the Japanese researchers relied on the velocity of seismic waves between the crust and the entire mantle beneath these regions. Seismic tomography is similar to the scanner technology used on humans in hospitals. It enables the creation of three-dimensional models that reveal the large-scale structure of the Earth’s mantle.

Japanese researchers have installed seismographs on the Greenland ice sheet as part of the Greenland Ice Sheet Monitoring Network. Set up in 2009, this project brings together researchers from 11 countries.

Source: Regard sur l’Arctique.

Une histoire de températures // About temperatures

Comme je l’ai écrit précédemment, une température de 54,4°C (130°F) a été enregistrée à 15h41 le 16 août 2020 dans la Vallée de la Mort. C’est probablement la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre. Cependant, pour que le record soit officiel, il doit être calidé par l’Organisation Météorologique Mondiale.
Un précédent record de 58°C (136,4°F) a été enregistré en 1922 à El Azizia, en Libye, mais il a été invalidé 90 ans plus tard en raison du type de surface sur lequel il avait été enregistré. On dit souvent que Dallol, en Éthiopie, est le lieu le plus chaud de la planète, mais aucune température officielle n’a jamais été publiée.
Selon le National Park Service, la Vallée de la Mort est très chaude en raison de sa «géographie, du manque d’eau et de la chaleur torride.» Il tombe moins de 5 centimètres de pluie chaque année dans la Vallée dont un point se trouve à 85 mètres sous le niveau de la mer. De plus la Vallée est entourée de chaînes de montagnes de tous les côtés. L’air chaud, plus léger, s’élève et est piégé par les chaînes de montagnes environnantes. Il se refroidit et, plus lourd, redescend dans la Vallée où il est comprimé et chauffé par la pression de l’air à une aussi basse altitude.
Plusieurs articles parus dans la presse américains font remarquer que la Vallée de la Mort a peut-être la température de l’air la plus chaude enregistrée sur Terre, mais il existe d’autres points chauds sur Terre. Ainsi, la température des sources chaudes dans le Parc National de Yellowstone peut atteindre plus de 120°C.

Les bouches hydrothermales – les fameux fumeurs noirs – au fond de l’océan crachent des liquides pouvant atteindre des températures supérieures à 400°C. Certains organismes – les extrémophiles – se sont adaptés à ces environnements hostiles.
La température du noyau de la Terre est d’environ 6100°C. Notre planète a un noyau interne en fer solide et un noyau externe en fer liquide. C’est entre ces deux zones que se situe la température à laquelle le fer sous pression fond. Pour la simuler, des scientifiques français ont réussi à reproduire ces conditions physiques en comprimant entre des enclumes en diamant, jusqu’à 200 gigapascals de pression, des échantillons de fer chauffés par un puissant  laser et analysés en temps réel par la diffraction par rayons X. Ils en ont déduit une température de 6000°C ± 500 °C à la limite entre le noyau solide et le noyau liquide de la Terre.

En ce qui concerne le Soleil, son noyau aurait une température d’environ 26 millions de degrés Fahrenheit, soit environ 15 millions de degrés Celsius.
En fait, la température la plus chaude de l’univers a été atteinte à proximité de Genève, en Suisse. Les scientifiques et les ingénieurs du CERN qui travaillent sur le Grand collisionneur de hadrons (LHC) ont déjà obtenu des températures de plusieurs milliards de degrés Celsius. Avec les collisions d’ions plomb, les expériences LHC vont pouvoir étudier un état de la matière qui a existé juste après le Big Bang, à une température atteignant plusieurs milliers de milliards de degrés Celsius !

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As I put it before, a temperature of 130°F (54,4°C) was recorded at 15:41 on August 16th, 2020 in the Death Valley. It was probably the highest temperature ever recorded on Earth. However, to be official, the record needs to be checked by the World Meteorological Organization.

A previous record of 136.4°F (58°C) was recorded in 1922 in El Azizia, Libya, but was disqualified 90 years later as the record could have been off by as much as seven degrees due to the type of surface it was recorded on. Dallol, Ethiopia, has been dubbed as the hottest regularly inhabited place on Earth, but no official temperature has ever been released.

Death Valley is very hot because of its “geography, the lack of water, and blistering heat”, according to the National Park Service. Less than 5 centimetres of rain fall in the valley which dips 85 metres below sea level and is surrounded by mountain ranges on all sides. As a consequence; hot air rises and is trapped by the surrounding mountain ranges. It cools and falls back into the valley, where it is compressed and heated by air pressure found at such low elevations.

According to several articles in the American press, Death Valley may have the hottest recorded air temperature on Earth, but there are other hot spots on Earth. Temperatures in the geothermal pools at Yellowstone National Park, for instance, can spike to over 120°C.

Hydrothermal vents at the bottom of the ocean spit out liquids that can reach temperatures of over 400°C. Some organisms—extremophiles—have adapted to live life in these severe environments.

The temperature of Earth’s core is about 6100°C. Earth has a solid iron inner core and a liquid iron outer core. The boundary between the two is expected to be the temperature at which pressurized iron melts. To estimate this number, scientists placed a tiny piece of iron between two diamond points, heated up the experiment with a laser and squeezed. To get the precise temperature, they measured how x-rays trained on the spec of iron were diffracted.

As far as the Sun is concerned, its core is said to have a temperature of about 26 million degrees Fahrenheit, or about 15 million degrees Celsius.

Surprisingly, the hottest temperature in the universe can be found outside of Geneva, Switzerland. Scientists and engineers at the CERN’s Large Hadron Collider (LHC) have been smashing atoms together in a slew of incredible experiments. Temperatures inside these chambers have reached several billion degrees Celsius. With the collision of lead ions, LHC experiments will allow to study a state of matter that existed just after the Big Bang, at a temperature reaching several trillions of degrees Celsius!

Badwater, le point le plus bas de la Vallée de la Mort (Photo : C. Grandpey)

Source chaude à Yellowstone (Photo : C. Grandpey)

Explosion solaire (Source : NASA)

La source de la lave des volcans islandais // Where Icelandic volcanoes get their lava from

Depuis plus de deux décennies, les scientifiques travaillent sur la nature des Ultra-Low Velocity Zones (ULVZ), zones à vitesse ultra faible à la frontière entre le noyau et le manteau terrestre et dont le nom s’explique par le déplacement très lent des ondes sismiques qui les traversent. Selon certains chercheurs, une cause de cette vitesse très lente pourrait être leur état de fusion partielle. D’autres pensent que la chute de vitesse peut s’expliquer par le fait que les ULVZ sont constituées d’un type de roche différent et plus dense, peut-être enrichi en fer et chimiquement distinct du reste du manteau.
Des chercheurs de l’Université de Californie qui ont examiné l’une de ces zones à près de 3000 kilomètres sous l’Islande, ont enfin apporté une réponse à cette question. Les ULVZ seraient les racines, à l’état de fusion partielle, des panaches de roches très chaudes qui s’élèvent lentement à travers le manteau pour alimenter les volcans. Cela signifierait que ces zones seraient les marqueurs en profondeur de la base des panaches volcaniques dans le monde.
Pour libérer la chaleur du noyau externe liquide, la roche solide à l’intérieur du manteau terrestre se déplace en lents mouvements convectifs. Les scientifiques ont longtemps pensé que des remontées au niveau de ces courants de convection mantelliques se manifestent sous formes de panaches responsables des points chauds sur Terre. Plus récemment, ils ont commencé à examiner leurs parties supérieures au travers de modèles informatiques très élaborés qui utilisent les ondes des grands séismes pour créer des images tomographiques de l’intérieur de la Terre.
Des études antérieures avaient tenté d’établir des liens entre les ULVZ et les panaches mantelliques sous les îles Hawaii et Samoa. Toutefois, les chercheurs californiens pensent que ce qui se passe sous l’Islande offre une meilleure image. En effet, les ondes sismiques qui passent sous cette région du monde proviennent de différentes directions et peuvent être reçues par des capteurs dans des parties opposés de la planète, contrairement aux îles du Pacifique.
À l’aide d’ondes sismiques captées par tout un ensemble de capteurs aux États-Unis et en Chine, l’équipe scientifique a pu mieux identifier la position et la forme des ULVZ. Il en ressort que la forme est celle d’un cylindre de 800 kilomètres de base et 15 kilomètres de hauteur, plus ou moins directement sous le panache qui alimente les volcans islandais. Ces résultats vont dans le sens du scénario de la fusion partielle, car l’autre option, celle d’une roche chimiquement différente, donnerait probablement une forme plus irrégulière et n’aurait pas nécessairement terminé sa course directement sous un panache.
Cependant, selon certains scientifiques, la nouvelle étude ne doit pas exclure le scénario concernant la roche chimiquement différente. En effet, un spécialiste en géodynamique à l’Université d’État du Michigan a modélisé les lents courants mantelliques et a constaté que, le long de la limite entre le noyau et le manteau, les courants sont latéraux et attirés vers la base des panaches. Ces courants pousseraient, tel un bulldozer, la roche dense et chimiquement distincte vers les panaches et, au fil du temps, ils pourraient finir par lui donner une forme à peu près circulaire.
Les chercheurs affirment que le mystère sera résolu avec l’amélioration des images du manteau inférieur grâce aux nouvelles technologies. Des ordinateurs plus puissants permettront d’utiliser davantage le contenu haute fréquence des ondes sismiques, partie qui est la plus favorable pour mettre en lumière les structures peu profondes comme les ULVZ. Un autre progrès pourrait être réalisé grâce aux capteurs sismiques installés au fond de l’océan. Comme la plupart des capteurs sismiques se trouvent actuellement sur la terre ferme, les deux tiers de la Terre (autrement dit les océans) sont une zone blanche.

Source: Science Mag.

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For more than 2 decades, scientists have pondered the nature of ultralow-velocity zones (ULVZs). The regions get their name from the way that earthquake waves travel so much more slowly through them. One way to explain that speed drop would be if they were partially molten. Another camp has held that the speed drops can be explained if ULVZs are made of a dense, different type of rock, perhaps enriched with iron, and chemically distinct from the rest of the mantle.

Researchers from the University of California who examined one of these zones nearly 3000 kilometres below Iceland finally have an answer: They may be the partially molten roots of plumes of hot rock that slowly rise through the mantle to feed volcanoes. That would make ULVZs deep signposts that mark the base of the world’s plumes.

To release heat from the liquid outer core, the solid rock in Earth’s mantle moves in slow, convective swirls. Earth scientists have long suspected that upwellings in these mantle convection currents would manifest themselves as the plumes responsible for Earth’s volcanic hot spots. Now they have started to see their upper parts with sophisticated computer models that use the waves from large earthquakes to create CT scan–like tomographic pictures of Earth’s interior.

Previous studies had made tentative connections between ULVZs and the plumes underneath Hawaii and Samoa. But the Californian researchers think the scene underneath Iceland provides a better picture. Indeed, earthquake waves pass underneath the region from different directions and can be picked up by sensors on opposite sides of the world, unlike the Pacific islands.

Using earthquake waves picked up by arrays of sensors in the United States and China, the team better identified the position and shape of the ULVZ. They found its shape was a stubby cylinder 800 kilometres across and 15 kilometres tall, more or less directly under the plume that feeds Iceland’s volcanoes. The team’s results favour the partially molten scenario, since the other option, a chemically distinct rock, would likely have a more irregular shape and would not necessarily wind up sitting directly underneath a plume.

However, the new study might not rule out the chemically distinct rock scenario. A geodynamicist at Michigan State University has modelled the mantle’s slow-motion currents and found that, along the core-mantle boundary, the currents are lateral, drawn toward the bases of plumes. These currents would bulldoze the dense, chemically distinct rock toward the plumes, and, over time, they could pack it into a roughly circular shape.

The researchers say that the debate will get resolved as pictures of the lower mantle improve. More powerful computers will allow to use more of the high-frequency content of earthquake waves, the part that is best at illuminating shallow structures like ULVZs. Another boost could come from ocean-bottom earthquake sensors. With most earthquake sensors sitting on land, two-thirds of Earth (namely the oceans) is a blank spot.

Source : Science Mag.

Schéma montrant la limite entre le noyau externe et le manteau inférieur, ainsi que les ULVZ (Source : Science Direct)

Nouvelle étude du noyau terrestre // New study of the Earth’s core

drapeau-francaisOn peut lire sur le site web Tokyo Tech News que des scientifiques de l’Institut des Sciences de la Terre et de la Vie (ELSI) de l’Institut de Technologie de Tokyo ont fait part, dans la revue Nature du 22 février 2017, de leurs surprenantes découvertes sur le noyau terrestre. L’étude s’attarde sur la source d’énergie qui alimente le champ magnétique terrestre, les facteurs qui régissent le refroidissement du noyau et sa composition chimique, ainsi que les conditions qui existaient pendant la formation de la Terre.

Le noyau terrestre consiste principalement en une énorme boule de métal liquide à 3000 km sous sa surface de la Terre, en dessous du manteau. À une telle profondeur, le noyau et le manteau sont soumis à des pressions et à des températures extrêmement élevées. De plus, les recherches ont montré que le lent déplacement de matière en fusion à très haute température – à raison de plusieurs centimètres par an – provoque un transfert de la chaleur du noyau vers la surface, ce qui a entraîné un refroidissement très progressif du noyau au cours des temps géologiques. Le degré de refroidissement du noyau terrestre depuis sa formation est l’objet de débats intenses parmi les scientifiques.
En 2013, un chercheur japonais a indiqué que le noyau terrestre a peut-être refroidi de 1000°C depuis sa formation il y a 4,5 milliards d’années. Cet important refroidissement serait nécessaire pour maintenir le champ géomagnétique, à moins qu’il existe une autre source d’énergie encore inconnue. Ces résultats ont constitué une grande surprise pour la communauté scientifique qui étudie les profondeurs de notre planète. .
Le refroidissement du noyau et les sources d’énergie nécessaires au champ géomagnétique ne furent pas les seuls obstacles rencontrés par l’équipe de l’Institut de Technologie de Tokyo. Une autre question encore non résolue était l’incertitude quant à la composition chimique du noyau. Selon l’auteur principal de l’étude, le noyau est, certes, principalement composé de fer et de nickel, mais il contient également environ 10% d’alliages légers comme le silicium, l’oxygène, le soufre, le carbone, l’hydrogène et d’autres composés. On pense que de nombreux alliages sont simultanément présents, mais nous ne connaissons pas la proportion de chaque élément.
Dans le cadre des dernières expériences effectuées dans un laboratoire de l’ELSI, les scientifiques ont utilisé des diamants taillés avec précision et en ont soumis de minuscules échantillons aux pressions qui existent au niveau du noyau terrestre. Les très hautes températures qui règnent à l’intérieur de la Terre ont été créées en chauffant les échantillons avec un rayon laser. En effectuant des expériences avec une gamme de compositions d’alliages dans diverses conditions, les chercheurs ont tenté d’identifier le comportement propre à différentes combinaisons d’alliages correspondant à l’environnement qui existe au niveau du noyau terrestre.
Le travail avec les alliages a commencé à donner des résultats intéressants lorsque les scientifiques ont commencé à utiliser plus d’un alliage. Dans les nouvelles expériences, ils ont décidé de combiner deux alliages différents contenant du silicium et de l’oxygène qui, selon eux, ont de très fortes chances d’exister dans le noyau.
Les chercheurs ont été surpris de constater, en examinant les échantillons dans un microscope électronique, que les petites quantités de silicium et d’oxygène présentes dans l’échantillon de départ s’étaient combinées pour former des cristaux de dioxyde de silicium avec la même composition que le quartz minéral que l’on rencontre à la surface de la Terre.
Ce résultat est important pour la compréhension de l’énergie et de l’évolution du noyau. Les calculs des chercheurs ont montré que la cristallisation des cristaux de dioxyde de silicium au niveau du noyau était susceptible de fournir une immense nouvelle source d’énergie pour alimenter le champ magnétique terrestre.
L’équipe scientifique a également exploré les implications de ces résultats pour la formation de la Terre et les conditions du début du système solaire. La cristallisation modifie la composition du noyau en éliminant progressivement le silicium et l’oxygène qui y sont dissous. Finalement, le processus de cristallisation s’arrêtera lorsque le noyau aura épuisé son ancien stock de silicium ou d’oxygène. Même si le silicium est présent, les cristaux de dioxyde de silicium ne peuvent pas se former sans la présence d’un peu d’oxygène. Cela donne des indices sur la concentration initiale d’oxygène et de silicium dans le noyau, parce que seuls quelques rapports silicium / oxygène sont compatibles avec ce modèle.
Sources: Tokyo Tech News & The Watchers.

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drapeau-anglaisThe Tokyo Tech News website informs us that scientists at the Earth-Life Science Institute (ELSI) at the Tokyo Institute of Technology reported in Nature (22 February 2017) their unexpected discoveries about the Earth’s core. The findings include insights into the source of energy driving the Earth’s magnetic field, factors governing the cooling of the core and its chemical composition, and conditions that existed during the formation of the Earth.

The Earth’s core consists mostly of a huge ball of liquid metal lying at 3 000 km beneath its surface, surrounded by the mantle. At such great depths, both the core and mantle are subject to extremely high pressures and temperatures. Furthermore, research indicates that the slow flow of hot buoyant rocks -moving several centimetres per year – carries heat away from the core to the surface, resulting in a very gradual cooling of the core over geological time. However, the degree to which the Earth’s core has cooled since its formation is an area of intense debate amongst Earth scientists.

In 2013, a Japanese researcher reported that the Earth’s core may have cooled by as much as 1000°C since its formation 4.5 billion years ago. This large amount of cooling would be necessary to sustain the geomagnetic field, unless there was another as yet undiscovered source of energy. These results were a major surprise to the deep Earth community.

Core cooling and energy sources for the geomagnetic field were not the only difficult issues faced by the team at the Tokyo Institute of Technology. Another unresolved matter was uncertainty about the chemical composition of the core. According to the lead author of the study, the core is mostly iron and some nickel, but also contains about 10% of light alloys such as silicon, oxygen, sulphur, carbon, hydrogen, and other compounds. We think that many alloys are simultaneously present, but we don’t know the proportion of each element.

Now, in this latest research carried out in a lab at ELSI, the scientists used precision cut diamonds to squeeze tiny dust-sized samples to the same pressures that exist at the Earth’s core. The high temperatures at the interior of the Earth were created by heating the samples with a laser beam. By performing experiments with a range of probable alloy compositions under a variety of conditions, the researchers are trying to identify the unique behaviour of different alloy combinations that match the distinct environment that exists at the Earth’s core.

The search of alloys began to yield useful results when the scientists began mixing more than one alloy. In the new experiments, they decided to combine two different alloys containing silicon and oxygen, which they strongly believed exist in the core.

The researchers were surprised to find that when they examined the samples in an electron microscope, the small amounts of silicon and oxygen in the starting sample had combined together to form silicon dioxide crystals, the same composition as the mineral quartz found at the surface of the Earth.

This result proved important for understanding the energetics and evolution of the core. The researchers’calculations showed that crystallization of silicon dioxide crystals from the core could provide an immense new energy source for powering the Earth’s magnetic field.

The team has also explored the implications of these results for the formation of the Earth and conditions in the early Solar System. Crystallization changes the composition of the core by removing dissolved silicon and oxygen gradually over time. Eventually, the process of crystallization will stop when then core runs out of its ancient inventory of either silicon or oxygen. Even if silicon is present, silicon dioxide crystals can’t be made without also having some oxygen available. This gives clues about the original concentration of oxygen and silicon in the core, because only some silicon/oxygen ratios are compatible with this model.

Source: Tokyo Tech News & The Watchers.

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 Rappel de la structure interne de la Terre (Source: Wikipedia)

Et si le champ magnétique terrestre s’inversait ? // What if the Earth’s magnetic field flipped?

drapeau-francaisTandis que j’observais les aurores boréales en Alaska en septembre dernier, je me disais que les vents solaires jouaient avec le champ magnétique, ce bouclier qui protège notre planète du rayonnement solaire en déviant les particules chargées. Loin d’être constant, ce champ est en constante évolution et l’histoire de la Terre comprend plusieurs centaines d’inversions magnétiques, lorsque les pôles nord et sud ont échangé leurs places. On peut donc se demander ce qui se passerait si une inversion magnétique se produisait de nos jours sur Terre.
Lors d’une inversion, le champ magnétique ne serait pas nul, mais il présenterait une forme plus faible et plus complexe. Il pourrait chuter à 10% de sa force actuelle, avec les pôles magnétiques à l’équateur ou même l’existence simultanée de multiples pôles magnétiques « nord » et « sud ».
Les inversions géomagnétiques se produisent en moyenne quelques fois tous les millions d’années. Cependant, l’intervalle entre les inversions est très variable. La dernière inversion complète, la Brunhes-Matuyama, s’est produite il y a environ 780 000 ans. Une inversion temporaire, baptisée Excursion de Laschamp (par référence au Puy de Laschamp en Auvergne où elle a été découverte), s’est produite il y a environ 41 000 ans. Elle a duré moins de 1000 ans avec un changement réel de polarité d’une durée d’environ 250 ans.
L’altération du champ magnétique pendant une inversion va affaiblir son effet bouclier, ce qui va permettre à un rayonnement plus important d’atteindre la Terre. Si cela se produisait aujourd’hui, l’augmentation des particules chargées atteignant la Terre entraînerait des risques élevés pour les satellites, l’aviation et les infrastructures électriques. Les tempêtes géomagnétiques, provoquées par l’interaction d’éruptions anormalement fortes d’énergie solaire avec notre champ magnétique, nous donnent un avant-goût de ce qui se produirait si le bouclier magnétique venait à s’affaiblir.
En 2003, la tempête magnétique Halloween a causé des pannes ponctuelles dans le réseau électrique suédois ; elle a obligé à modifier la trajectoire de certains vols et elle a perturbé les satellites et les systèmes de communication. Mais cette tempête était mineure à côté d’autres comme l’Evénement de Carrington en 1859 qui a fait apparaître des aurores boréales jusque dans les Caraïbes.
L’impact d’une tempête majeure sur nos systèmes électroniques n’est pas vraiment connu et l’impact direct d’une inversion magnétique sur l’espèce humaine ne peut guère être évalué dans la mesure où l’Homme n’existait pas encore au moment de la dernière inversion complète.
Nous savons que de nombreuses espèces animales comme les oiseaux migrateurs possèdent une certaine forme de réception magnétique qui leur permet de détecter le champ magnétique terrestre. Ils peuvent l’utiliser pour faciliter leur navigation sur de longues distances pendant la migration. On ne sait pas quel impact une inversion pourrait avoir sur ces espèces. Ce qui est sûr, c’est que les premiers êtres humains ont réussi à survivre à l’Excursion de Laschamp et la vie elle-même a survécu aux centaines d’inversions magnétiques complètes mises en évidence par les archives géologiques.
Le champ magnétique terrestre diminue actuellement à raison de 5% par siècle. On pourrait donc en conclure qu’il pourrait s’inverser au cours des 2 000 prochaines années, mais déterminer la date exacte est extrêmement difficile.
Le champ magnétique terrestre a sa source à l’intérieur du noyau externe liquide de notre planète et dans les mouvements du fer en fusion. Comme l’atmosphère et les océans, ses déplacements sont régis par les lois de la physique. Nous devrions donc logiquement être en mesure de prévoir la «météo du noyau» par le suivi de ce mouvement, tout comme nous pouvons prévoir le temps qu’il va faire en observant l’atmosphère et les océans. Une inversion du champ magnétique peut être assimilée à un type particulier de tempête dans le noyau, où la dynamique – et donc le champ magnétique – se déchaînent (au moins pendant une courte période) avant de se stabiliser à nouveau.
Prévoir le comportement du noyau terrestre est difficile car il se cache sous 3000 kilomètres de roches. Nous connaissons la composition du noyau externe et nous savons qu’il est liquide. Un réseau d’observatoires et de satellites en orbite mesure les variations du champ magnétique, ce qui nous donne un aperçu du comportement du noyau liquide.
La découverte récente d’un jet-stream dans le noyau met en évidence les progrès de notre capacité à mesurer et comprendre la dynamique du noyau. Avec des simulations numériques et des expériences en laboratoire pour étudier la dynamique des fluides à l’intérieur de la planète, notre compréhension du champ magnétique terrestre  progresse rapidement. Peut-être pourrons-nous un jour prévoir le comportement du noyau terrestre…
Source: Business Insider.

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drapeau-anglaisWhile I was watching the northern lights – or aurora borealis – in Alaska in last September, I said to myself that the solar winds were playing with the magnetic field that protects our planet from harmful solar radiation by deflecting charged particles away. Far from being constant, this field is continuously changing and the Earth’s history includes several hundred global magnetic reversals, when north and south magnetic poles swap places. So we may wonder how a magnetic reversal would affect life on Earth.

During a reversal, the magnetic field won’t be zero, but will assume a weaker and more complex form. It may fall to 10% of the present-day strength and have magnetic poles at the equator or even the simultaneous existence of multiple « north » and « south » magnetic poles.

Geomagnetic reversals occur a few times every million years on average. However, the interval between reversals is very irregular. The last full reversal, the Brunhes-Matuyama, occurred around 780,000 years ago. A temporary reversal, the Laschamp event, occurred around 41,000 years ago. It lasted less than 1,000 years with the actual change of polarity lasting around 250 years.

The alteration in the magnetic field during a reversal will weaken its shielding effect, allowing heightened levels of radiation on and above the Earth’s surface. If this happened today, the increase in charged particles reaching the Earth would result in high risks for satellites, aviation, and ground-based electrical infrastructure. Geomagnetic storms, driven by the interaction of anomalously large eruptions of solar energy with our magnetic field, give us a foretaste of what we can expect with a weakened magnetic shield.

In 2003, the Halloween storm caused local electricity-grid blackouts in Sweden, required the rerouting of flights, and disrupted satellites and communication systems. But this storm was minor in comparison with other storms of the recent past, such as the 1859 Carrington event, which caused aurorae as far south as the Caribbean.

The impact of a major storm on today’s electronic infrastructure is not fully known and the direct impact of a reversal on our species cannot definitively be predicted as humans did not exist at the time of the last full reversal.

We know that many animal species like migratory birds have some form of magnetoreception that enables them to sense the Earth’s magnetic field. They may use this to assist in long-distance navigation during migration. But it is unclear what impact a reversal might have on such species. What is clear is that early humans did manage to live through the Laschamp event and life itself has survived the hundreds of full reversals evidenced in the geologic record.

The Earth’s magnetic field is currently decreasing at a rate of 5% per century. This has led to suggestions that the field might reverse within the next 2,000 years. But pinning down an exact date would be difficult.

The Earth’s magnetic field is generated within the liquid core of our planet and the movements of molten iron. Like the atmosphere and oceans, the way in which it moves is governed by the laws of physics. We should therefore be able to predict the « weather of the core » by tracking this movement, just like we can predict real weather by looking at the atmosphere and ocean. A reversal can then be likened to a particular type of storm in the core, where the dynamics — and magnetic field — go haywire (at least for a short while), before settling down again.

However, predicting the Earth’s core is difficult, principally because it is buried beneath 3,000 km of rock. We know the major composition of the material inside the core and that it is liquid. A global network of ground-based observatories and orbiting satellites also measure how the magnetic field is changing, which gives us insight into how the liquid core is moving.

The recent discovery of a jet-stream within the core highlights our increasing ability to measure and infer the dynamics of the core. Coupled with numerical simulations and laboratory experiments to study the fluid dynamics of the planet’s interior, our understanding is developing at a rapid rate. The prospect of being able to forecast the Earth’s core is perhaps not too far out of reach.

Source : Business Insider.

champ-magnetique

Aurore boréale près de Juneau (Alaska) en septembre 2016.

(Photo: C. Grandpey)

 

Un jet stream de métal en fusion sous la Russie et l’Amérique du Nord ! // A jet stream of molten metal beneath Russia and North America !

drapeau-francaisUn article publié dans la revue Nature Geoscience nous apprend que les scientifiques ont découvert, en utilisant la dernière technologie de rayons X par satellite, un courant de fer et de nickel liquide qui s’écoule du Canada vers la Russie à quelque 3 000 kilomètres de profondeur. Ce gigantesque jet stream à l’intérieur du noyau terrestre présente une largeur d’environ 420 km et une température de plusieurs milliers de kelvins, presque aussi chaude que le soleil.
C’est la première fois que le jet stream est mis en évidence grâce à la mission Swarm de l’Agence Spatiale Européenne qui dispose d’un trio de satellites qui mesurent et déchiffrent simultanément les signaux magnétiques émis par la Terre.
Pendant des années, les scientifiques ont étudié le noyau en mesurant le champ magnétique de notre planète. Ces observations ont révélé que le fer dans le noyau externe se déplaçait plus rapidement dans l’hémisphère nord, en particulier sous l’Alaska et la Sibérie.
Les dernières données fournies par les satellites Swarm ont révélé que les changements de vitesse sont causés par un jet stream qui se déplace vers l’ouest à plus de 40 kilomètres par an, autrement dit des centaines de milliers de fois plus vite que la vitesse de déplacement des plaques tectoniques à la surface de la Terre. Il est intéressant de noter que ce la vitesse de ce courant a augmenté de manière significative au cours des deux dernières décennies. Depuis 2000, sa vitesse a été multipliée par trois.
Les scientifiques espèrent que la découverte de ce jet stream conduira à une meilleure compréhension de la structure interne de la Terre et du fonctionnement du champ magnétique. En effet, si nous parvenons à comprendre comment est généré le champ magnétique, nous comprendrons comment il évolue avec le temps ; nous saurons donc à quel moment il s’affaiblira et s’inversera.

Source : Presse scientifique américaine.

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drapeau-anglaisAn article published in the journal Nature Geoscience informs us that scientists have discovered a stream of molten iron and nickel running from Canada to Russia some 3,000 kilometres beneath the Earth’s surface using the latest satellite X-ray technology. The immense jet stream within Earth’s molten iron core spans about 420 km in width and runs at a temperature nearly as hot as the sun.

This is the first time the jet stream has been seen clearly, with the help of the European Space Agency’s Swarm mission, which features a trio of satellites that simultaneously measure and decipher magnetic signals coming from Earth.

For years, scientists monitored the Earth’s core by measuring the planet’s magnetic field. From that, research scientists knew that iron in the outer core was moving faster in the northern hemisphere, in particular under Alaska and Siberia.

The latest data from the Swarm satellites has revealed the changes in speed are being caused by a jet stream moving west at more than 40 kilometres per year – hundreds of thousands of times faster than the speed of Earth’s moving tectonic plates. Interestingly, the stream has picked up speed significantly over the last two decades. Since 2000 alone, the river has tripled in speed.

It is hoped that the discovery will lead to further understanding of the Earth’s inner structure and shed some light on exactly what generates the planet’s magnetic field. Indeed, if we can understand how the field is generated, we understand how it changes over time and whether and when it will weaken and reverse.

Source : American scientific press.

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Vue de la structure interne de la Terre (Source : Wikipedia)