Le lac de lave du Mont Michael (Ile Saunders) // Mt Michael’s lava lake on Saunders Island

Dans une note publiée le 17 août 2019, j’indiquais qu’un nouveau lac de lave avait été détecté par des satellites dans le cratère du Mont Michael, un stratovolcan actif coiffé d’un glacier sur l’île Saunders, l’une des île Sandwich du Sud, un arc volcanique dans l’Atlantique sud. Le volcan se trouve à environ 2 500 km environ à l’est d’Ushuaia (Argentine) localité située à proximité de la pointe méridionale de l’Amérique du Sud.
Ce volcan insulaire se trouve à l’écart des voies maritimes et aériennes et il est souvent caché par de gros nuages. On aperçoit un panache de vapeur émanant du cratère sommital sur les images satellites et les rares images obtenues lors de survols effectués par le British Antarctic Survey. Ce panache est le signe d’une zone chaude au niveau du cratère, mais on ignore tout de l’activité de ce volcan.
Dans les anciens journaux de bord de navires, il est fait état de nuages de cendre en 1819 et une éruption a pu se produire vers la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Toutefois, les rapports d’activité du Mt Michael ont été très rares avant l’arrivée des satellites.
Dans les années 1990, l’image à la résolution grossière proposée par un satellite révélait une anomalie thermique susceptible d’être causée par un lac de lave temporaire, mais on n’en avait aucune certitude

Avec l’amélioration des satellites et la réduction de la taille des pixels sur les photos, on a obtenu une résolution d’image plus élevée et il est désormais possible de détecter de petites zones de forte chaleur, comme celles produites par les lacs de lave. Ainsi, grâce à la puissance des satellites et le nombre croissant d’observations, la présence d’un lac de lave sur le Mont Michael ne fait plus de doute.
Des chercheurs britanniques ont passé à la loupe plusieurs décennies d’images fournies par les satellites Landsat, Sentinel et ASTER. Elles confirment des températures persistantes supérieures à environ 1000°C, compatibles avec la présence de lave dans le cratère sommital du Mont Michael. De plus, la longévité des anomalies thermiques au cours des trois décennies d’observation laisse supposer que l’on a bien affaire à un lac de lave qui vient s’ajouter aux autres lacs de lave connus sur la Terre, même si très peu sont actifs en ce moment.
Le lac de lave au sommet du Mont Michael mesure environ 110 mètres de diamètre et couvre une superficie d’environ 10 000 mètres carrés. À titre de comparaison, le lac de lave dans Halema’uma’u avant sa disparition en mai 2018 avait un diamètre d’environ 300 mètres et couvrait un peu plus de 40 500 mètres carrés.
Source: USGS.

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In a post released on August 17th, 2019, I indicated that a new lava lake had been detected by satellites in the crater of Mount Michael, an active and exceedingly remote glacier-clad stratovolcano on Saunders Island in the South Sandwich Islands, a volcanic arc in the South Atlantic Ocean. The volcano is about 2,500 kilometres roughly east of Ushuaia, Argentina, near the southern tip of South America.

This island volcano is well-off the path of mariners and aircraft and is often obscured by heavy clouds. A vapour plume emanating from the crater at its summit is commonly visible in satellite images and rare fly-overs by the British Antarctic Survey. This plume and a generally hot area coincident with its summit crater have long suggested high heat flow at the summit, but little is known about the full extent of the volcano’s activity.

Looking back in history at ship logs, ash clouds were reported in 1819, and a lava eruption may have occurred near the end of the 19th and beginning of the 20th centuries. Overall, due to the island’s location, records of activity until the age of satellites are scant.

In the 1990s, a coarse-resolution satellite thermal anomaly further indicated a source of high heat that could have been a temporary lava lake, but it was not conclusive.

As satellites have become more sophisticated and the pixel size smaller – resulting in higher image resolution – finding small areas of high heat flux like a lava lake has become easier. And so, using the power of satellites and the increasing number of observations, the question of a lava lake at Mount Michael appears to be resolved.

British researchers looked at decades worth of imagery of this volcano from three different satellites: Landsat, Sentinel and ASTER. They were able to confirm persistent temperatures greater than about 1000°C, consistent with a pool of lava at the surface within the summit crater. They further argue that the longevity of satellite thermal anomalies and plumes over the three decades of observation suggests a long-lived lava lake. With this confirmation, it adds to the inventory of known persistent lava lakes on Earth, although very few are active at the moment.

The Mount Michael summit lava lake is about 110 metres wide covering an area of about 10,000 square metres. As a comparison, the lava lake within Halema‘uma‘u prior to its draining in May of 2018 was about 300 metres across covering just over 40,500 square metres.

Source: USGS.

Image de l’île Saunders et du lac de lave dans le cratère du Mont Michael fournie par le satellite Landsat 8 le 31 janvier 2018. La carte en encart montre la situation géographique de l’île Saunders. (Source: British Antarctic Survey)

Landsat 8 satellite image of Saunders Island and the lava lake within the crater of Mount Michael (image acquired on January 31st, 2018). Inset map shows the location of Saunders Island. (Source: British Antarctic Survey)

Image satellite du nouvel Anak Krakatau (Indonésie) // Satellite image of the new Anak Krakatau (Indonesia)

Jusqu’à présent, les mauvaises conditions météorologiques empêchaient les satellites survolant de Détroit de la Sonde d’observer correctement l’Anak Krakatau après l’effondrement du 22 décembre 2018 qui a déclenché un tsunami meurtrier. En ce début d’année 2019, les satellites Dove et SkySat de la plateforme d’observation Planet permettent enfin d’apprécier l’ampleur de l’effondrement du cône volcanique. Ce qui était autrefois un cratère au sommet de l’édifice s’est complètement éventré pour former une petite baie.
La société Planet en charge de d’observation de la Terre est basée à San Francisco. Elle exploite l’une des plus grandes constellations de satellites au monde. Le satellite Dove est capable d’observer des détails de 3 mètres au sol tandis que SkySat possède une résolution encore plus fine et détecte des détails de 72 centimètres.
La photo ci-dessous a été prise le 1er janvier 2019.

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Up to now, poor weather conditions  prevented satellites from getting good views of Anak Krakatau after the 22 December 2018 collapse that triggered a tsunami. Finally, Planet’s Dove and SkySat platforms allow to appreciate the extent of the volcanic cone’s collapse. What was once a crater at the summit of the edifice has been completely broken open to form a small bay.

Earth observation company Planet, which is based in San Francisco, operates one of the world’s largest satellite constellations.The Dove spacecraft can capture 3-metre details on the ground while SkySat platforms have a high-resolution capability, capturing 72-centimetre details.

The photo below was taken on New Year’s Day.

Etna (Sicile): Approche scientifique de la dernière éruption // Scientific approach of the last eruption

Suite à l’éruption de l’ Etna qui a débuté le 24 décembre 2018 et de l’essaim sismique qui l’a accompagnée, les chercheurs de différents organismes scientifiques italiens ont mesuré les mouvements permanents du sol provoqués par ces derniers événements. Ils ont observé des valeurs maximales de déplacement dépassant 30 cm à l’ouest et 50 cm à l’est sur le sommet de l’Etna, ainsi qu’un déplacement maximal d’environ 13 cm vers l’est et de 16 cm vers l’ouest dans la zone affectée par le séisme de M 4,9.
L’éruption de l’Etna et la sismicité qui l’a accompagnée et l’accompagne encore aujourd’hui sont contrôlées en permanence par l’INGV de Catane et de Rome à l’aide des réseaux sismiques et géodésiques. Dans le cadre des activités de surveillance de l’Etna, effectuées à travers des réseaux gravimétriques et magnétiques, des analyses géochimiques, des caméras thermiques ainsi que des levés sur site, les scientifiques ont également procédé à une analyse préliminaire des données radar satellitaires liées à l’éruption et à l’essaim sismique, informations venant compléter celles fournies par d’autres systèmes de surveillance.
En utilisant des données radar fournies par les satellites Sentinel-1 (S1), du programme européen Copernicus, et de la constellation italienne COSMO-SkyMed (CSK) de l’Agence Spatiale Italienne (ASI) et du ministère de la Défense, une équipe de chercheurs du CNR-Irea et de l’INGV a pu analyser la fracture qui alimentait la coulée de lave provoquée par l’éruption et mesurer avec grande précision les mouvements permanents du sol en utilisant la technique d’Interférométrie SAR Différentielle. Cette technique permet, en comparant les images radar acquises avant et après des événements sismiques, de mesurer, le long de la ligne de visée du capteur, le déplacement du sol survenu dans l’intervalle de temps entre les deux acquisitions, avec une précision de l’ordre du centimètre. De plus, grâce aux passages des satellites sur des orbites différentes (ascendante et descendante), il est possible de reconstruire également la composante horizontale (dans la direction est-ouest) et  verticale du champ de déformation détecté.

Source : La Sicilia, INGV, CNR.

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Following the eruption of Mt Etna, which began on December 24th, 2018, and the seismic swarm that accompanied it, researchers from different Italian scientific organizations measured the permanent ground movements caused by these recent events. They observed maximum movement values ​​exceeding 30 cm in the western part and 50 cm in the eastern part of the summit area of Mt Etna, as well as a maximum displacement of about 13 cm to the east and 16 cm to the west in the area affected by the M 4.9 earthquake.
The eruption of Mt Etna and the seismicity that accompanied and still accompany it today are constantly monitored by the INGV of Catania and Rome using seismic and geodesic networks. As part of Mt Etna’s monitoring activities, carried out through gravimetric and magnetic networks, geochemical analyses, thermal imaging cameras as well as on-site surveys, the scientists also carried out a preliminary analysis of satellite radar data related to the eruption and the seismic swarm, information supplementing that provided by other surveillance systems.
Using radar data provided by the Sentinel-1 (S1) satellites, the European Copernicus program, and the Italian constellation COSMO-SkyMed (CSK) of the Italian Space Agency (ASI) and the Ministry of Defense, a team researchers from CNR-Irea and INGV were able to analyze the fracture that fed the lava flow caused by the eruption and to measure with great accuracy the permanent movements of the soil using the technique of Differential SAR Interferometry. This technique makes it possible, by comparing the radar images acquired before and after seismic events, to measure, along the line of sight of the sensor, the ground displacement occurring in the time interval between the two acquisitions, with a precision of the order of the centimetre. In addition, thanks to the passage of the satellites in different orbits (ascending and descending), it is possible to reconstruct as well the horizontal component (in the east-west direction) and vertical component of the detected deformation field.
Source: La Sicilia, INGV, CNR.

La coulée de lave née de l’éruption du 24 décembre 2018 vue depuis l’espace (Source: ESA)

La fonte accélérée des glaciers asiatiques // The fast melting of Asian glaciers

Je viens de lire plusieurs articles dans la presse scientifique – dont notre CNRS – qui confirment que les glaciers de l’Asie, en particulier ceux de l’Himalaya sont en train d’accélérer leur fonte. Cela fait longtemps que le phénomène est en cours, comme je l’ai expliqué dans mon dernier livre « Glaciers en péril ».

Dans le chapitre dédié à l’Himalaya, j’ai écrit que les glaciers qui recouvrent les montagnes les plus élevées du monde jouent un rôle essentiel car ils alimentent les fleuves d’Asie, ressources en eau pour plusieurs centaines de millions de personnes. Alors que la planète se réchauffe, il est important de comprendre comment ces glaciers répondent aux variations climatiques, pour mieux anticiper leur contribution future aux ressources en eau.

Trente années d’images satellitaires apportent un nouvel éclairage sur l’évolution de ces glaciers. On s’aperçoit qu’ils ont nettement ralenti au cours des deux dernières décennies. A noter que je n’ai pas eu besoin des satellites, mais de mes seules photos, pour montrer le désastre de la fonte glaciaire en Alaska ! Il est vrai aussi que les glaciers alaskiens sont plus faciles d’accès et que des survols en avion ou des approches en bateau suffisent pour se rendre compte de leur évolution

Les montagnes qui encerclent le plateau tibétain forment collectivement les Hautes Montagnes d’Asie (HMA) et s’étendent de l’Afghanistan à la Chine en passant par l’Inde. C’est le plus grand volume de glace en dehors des régions polaires et ce réservoir permet de réguler les fluctuations du débit des cours d’eau, un rôle qui peut s’avérer crucial en périodes de sécheresse.

Les données satellitaires ont permis de documenter les changements de masse des glaciers des HMA sur les dernières décennies. De 2000 à 2016, la perte totale de masse de ces glaciers a été de 260 gigatonnes. Ce que l’on ne connaissait encore pas, c’est la façon dont les glaciers ajustent leur vitesse d’écoulement en réponse à cet amincissement. Le recul des glaciers dans les décennies à venir dépendra de cet ajustement de leur dynamique.

Grâce à des techniques de corrélation d’images, les glaciologues peuvent suivre automatiquement le déplacement de motifs à la surface des glaciers, tels que les crevasses ou des blocs rocheux. Cela a permis de constater que les écoulements des glaciers himalayens ont en moyenne fortement ralenti, avec des pertes de vitesse atteignant 37% par décennie, là où les glaciers s’amincissent le plus.

Le processus de déplacement des glaciers est bien connu : ils se forment par accumulation de neige en haute altitude, puis s’écoulent sous l’effet de la gravité vers les basses altitudes où ils fondent en raison des températures plus élevées. Le poids de la glace la force à glisser sur le socle rocheux et à se déformer le long des pentes. Lorsque le glacier s’amincit et perd de la masse, le glissement et la déformation de la glace deviennent tous les deux plus difficiles, et le glacier ralentit. Les régions où les glaciers s’amincissent le plus sont celles où ils ralentissent le plus. Dans les rares régions comme le Karakorum ou le Kunlun où les glaciers sont stables ou s’épaississent, les observations montrent que les glaciers ont légèrement accéléré.

Cette conclusion qui semble intuitive ne faisait pourtant pas, jusqu’à présent, l’unanimité de la communauté scientifique. D’autres facteurs contrôlent l’écoulement des glaciers, comme la lubrification du socle rocheux par l’eau de fonte, ce qui permet au glacier de glisser plus rapidement vers l’aval, accentuant ainsi sa fonte.

Le fait que les glaciers ralentissent signifie que le transport de glace vers les basses altitudes diminue et les glaciers ont tendance à rester plus haut en altitude, où les températures sont plus basses et la fonte réduite. En dépit du fait que les glaciers vont continuer à perdre de la masse avec l’augmentation des températures, cette perte de vitesse devrait permettre aux glaciers de se protéger quelque temps.

NDLR : Il est intéressant ici de comparer les glaciers himalayens à leurs homologues alpins. Tout se joue au niveau de la zone d’accumulation qui s’élève de plus en plus en raison du réchauffement climatique. Elle se situe actuellement à environ 3000 mètres d’altitude. La chaîne himalayenne étant beaucoup plus haute que nos Alpes, avec une bonne quinzaine de sommets culminant à plus de 8000 mètres, il est normal que les glaciers les plus hauts résistent encore au réchauffement de la planète alors que chez nous ils ne peuvent guère grimper au-dessus de 4000 mètres, ce qui explique leur recul rapide.

L’avantage des satellites est de pouvoir observer les régions difficilement accessibles depuis l’espace et sur de longues périodes de temps. La mise à disposition d’images satellite telles que celles fournies par Landsat et ASTER ou les données européennes Sentinel joue un rôle crucial dans cette mission d’observation..

Source : CNRS.

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I have just read several articles in the scientific press – including our CNRS – which confirm that Asian glaciers, especially those of the Himalayas, are accelerating their melting. The phenomenon has been going on for a long time, as I explained in my last book « Glaciers en péril ».
In the chapter dedicated to the Himalayas, I wrote that the glaciers that cover the highest mountains in the world play an essential role because they feed the rivers of Asia which provide water resources for several hundred million people. As the planet heats up, it is important to understand how these glaciers respond to climate variations, to better anticipate their future contribution to water resources.
Thirty years of satellite images shed new light on the evolution of these glaciers. We can see that they have slowed down considerably over the past two decades. Editor’s note: I did not need satellites, but my only photos, to show the disaster of glacial melting in Alaska! It is also true that Alaskan glaciers are easier to access and that overflights by plane or boat approaches are enough to be aware of their evolution.
The mountains that encircle the Tibetan Plateau collectively form the High Mountains of Asia (HMA) and extend from Afghanistan to China via India. This is the largest volume of ice outside polar regions and this reservoir helps regulate fluctuations in river flow, a role that can be crucial in times of drought.
Satellite data have documented the mass changes in HMA glaciers over the last decades. From 2000 to 2016, the total mass loss of these glaciers was 260 gigatonnes. What we did not know yet is how glaciers adjust their flow velocity in response to this thinning. The retreat of glaciers in the coming decades will depend on this adjustment of their dynamics.
Through image correlation techniques, glaciologists can automatically follow the movement of features on the surface of glaciers, such as crevices or boulders. This shows that Himalayan glacier flows have on average slowed sharply, with speed losses reaching 37% per decade, where glaciers are shrinking the most.
The process of glacier flow is well known: they are formed by the accumulation of snow at high altitude, then flow under the effect of gravity to low altitudes where they melt due to higher temperatures. The weight of the ice forces it to slide on the bedrock and to deform along the slopes. As the glacier becomes thinner and loses mass, both ice sliding and deformation become more difficult, and the glacier slows down. The areas where glaciers are getting thinner are those where they slow down the most. In the few areas such as Karakorum or Kunlun where glaciers are stable or thicker, observations show that glaciers have slightly accelerated.
This conclusion, which seems intuitive, did not, however, until now, have the unanimity of the scientific community. Other factors control the flow of glaciers, such as the lubrication of bedrock by meltwater, which allows the glacier to slide more rapidly downslope, thus accentuating its melting.
The fact that glaciers slow down means that ice transport to lower altitudes is decreasing and glaciers tend to stay higher at higher altitudes, where temperatures are lower and melting is reduced. In spite of the fact that glaciers will continue to lose mass with increasing temperatures, this loss of speed should allow glaciers to protect themselves for some time.
Editor’s note: It is interesting here to compare the Himalayan glaciers to their alpine counterparts. The essential part is the area of ​​accumulation that rises more and more because of global warming. It is currently about 3000 meters above sea level. The Himalayan range being much higher than our Alps, with a good fifteen peaks culminating at more than 8000 meters, it is normal that the highest glaciers still resist global warming whereas in Europe they can hardly climb to above 4000 meters, which explains their rapid decline.
The advantage of satellites is to be able to observe regions that are difficult to access from space and over long periods of time. The numerous satellite images, such as those provided by Landsat and ASTER or the European Sentinel data, play a crucial role in this observation mission.
Source: CNRS.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

La Science peut-elle permettre la détection des nuages de cendre volcanique? // Can Science help detect volcanic ash clouds?

En 2010, l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande a déclenché une vague de panique dans le ciel et les nuages ​​de cendre ont paralysé le trafic aérien dans une grande partie de l’Europe. Dans les années qui ont suivi, plusieurs tentatives ont été faites pour essayer de trouver des solutions afin d’éviter que semblable problème se reproduise à l’avenir. Cependant, aucun progrès significatif n’a été réalisé dans ce domaine. Si un autre énorme nuage de cendre devait envahir le ciel européen, il est fort probable que les avions seraient de nouveau cloués au sol.
Un article récemment publié sur le site web Science News explique qu’un nouvel algorithme pourrait «permettre de protéger les avions contre les dangereuses cendres volcaniques». On nous dit qu’il faut cinq à dix minutes à la cendre volcanique pour atteindre une hauteur de 11 kilomètres dans le ciel et se trouver ainsi sur les couloirs des vols  commerciaux, avec un risque certain pour les moteurs des aéronefs.
Les scientifiques ont mis au point un nouvel algorithme permettant d’identifier et de suivre rapidement la trajectoire des nuages ​​de cendre produits par les éruptions. Ils expliquent qu’en utilisant des images satellites, le programme peut mesurer la température, la hauteur et la trajectoire des nuages en l’espace de trois minutes environ.
En suivant les panaches de cendre quasiment en temps réel, les scientifiques peuvent alerter les autorités compétentes et leur conseiller de modifier les bulletins d’alerte concernant les cendres volcaniques ou de modifier les trajectoires de vol des avions se dirigeant vers des éruptions potentiellement dangereuses. La nouvelle technologie pourrait être particulièrement utile pour les volcans qui ne sont pas surveillés dans les régions qui se trouvent loin de tout. Il faut savoir que sur environ 1 500 volcans actifs dans le monde, moins de 10% sont surveillés.
L’algorithme numérise les images prises par les satellites météorologiques américains et japonais en orbite autour de l’équateur et qui enregistrent les images de vastes étendues de la Terre toutes les 30 secondes.
La difficulté consiste à faire la différence entre les types de nuages, par exemple entre les nuages éruptifs et la formation de gros nuages d’orages. Dans ce cas, l’algorithme analyse la «température de luminosité». En effet, lorsque des nuages ​​de cendre surchauffés montent dans le ciel, ils refroidissent rapidement à l’approche de la stratosphère.
Les chercheurs ont mis au point l’algorithme en se basant sur 79 éruptions volcaniques observées dans les données satellitaires de 2002 à 2017. Lorsque l’algorithme a utilisé des données de générations précédentes, il a pu identifier avec précision les nuages ​​de cendre dans environ 55% des cas. À l’aide de données provenant de satellites plus récents, le programme a repéré les nuages ​​dans près de 90% des cas.

Source: Science News.

L’article montre que des progrès ont été accomplis, mais mettre face à face la Science et la Nature peut être dangereux car la Nature n’est pas une science exacte. Je ne voudrais pas être dans un avion confronté aux 10% de nuages ​​de cendre qui n’ont pas été détectés par le programme scientifique décrit dans l’article!
Source: Science News.

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In 2010, the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland sent a wave of panic in the skies and the ash clouds paralysed air traffic in a large part of Europe. In the years that followed, several attempts were made to try and find solutions in order to avoid similar problems in the future. However, no significant progress has been made. Should another huge ash cloud invade the European skies it is highly likely that the planes will be grounded again.

A recent article released on the website Science News explains us that a new algorithm could “help protect planes from damaging volcanic ash.” We are told that it takes five to ten minutes for volcanic ash to shoot 11 kilometres into the sky  and reach altitudes at which commercial jets cruise, and potentially harm their engines.

Scientists have developed a new algorithm that can identify and track explosive ash clouds soon after volcanoes erupt. They explain that by using satellite imagery, the program can measure the temperature, height and trajectory of the expanding clouds within about three minutes.

By tracking the ash plumes in near real time, scientists can alert aviation authorities if there is a need to alter any volcanic ash advisories or change the flight paths of any planes flying toward hazardous eruptions. The new technology could be especially useful for tracking unmonitored volcanoes in remote regions. Out of the roughly 1,500 active volcanoes across the globe, fewer than 10 percent are monitored.

The algorithm works by scanning images taken by U.S. and Japanese weather satellites that zip around the equator, snapping pictures of large swaths of the Earth as frequently as every 30 seconds.

The challenge is to tell the difference between different types of clouds. To distinguish the eruption of volcanic ash clouds and the formation of large thunderstorms, for example, the algorithm analyzes the “brightness temperature”. Indeed, as superheated ash clouds surge into the sky, they cool quickly as they near the stratosphere.

The researchers trained the algorithm on 79 volcanic eruptions seen in satellite data from 2002 to 2017. When the algorithm used data from earlier satellite generations, it accurately identified ash clouds about 55 percent of the time. Using data from newer satellites, the program spotted the clouds in nearly 90 percent of cases.

Source : Science News.

The article shows us that progress is being made, but confronting Science with Nature can be dangerous as Nature is by no means an exact science. I would not like to be in a plane confronted with the 10 percent of ash clouds that were not spotted by the scientific program described in the article!

Nuage de cendre produit par l’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

Les aérosols atmosphériques vus par la NASA // Atmospheric aerosols seen by NASA

Les vagues de chaleur, les ouragans et autres phénomènes météorologiques extrêmes sont la face visible du changement climatique, mais ils n’en sont pas les seuls signes. Une nouvelle image virtuelle diffusée par la NASA montre un autre problème causé indirectement par le réchauffement climatique: les particules et gouttelettes en suspension dans l’air. Sur l’image qui montre la situation le 23 août 2018, ces «aérosols» proviennent de la poussière, des cendres volcaniques et d’autres sources. Ils sont particulièrement denses cette année en raison des incendies en Californie, en Colombie-Britannique et dans le sud de l’Afrique.
La NASA indique que les aérosols présentés sur l’image ne sont « pas une représentation directe des données satellitaires ». Pour créer la carte, les scientifiques ont réuni les données du modèle GEOS FP [Goddard Earth Observing System Forward Processing] avec d’autres données et images satellitaires. Les particules de carbone noir sont indiquées en rouge, les aérosols de sel de mer soulevés par les tempêtes sont en bleu, tandis que la poussière est représentée en violet.
Les chercheurs ont également superposé les données de lumière nocturne fournies par le Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS), radiomètre à imagerie infrarouge visible installé sur le satellite Suomi NPP, ce qui permet de voir les villes et les villages. Les couleurs et les lumières se mélangent pour former une image en forme de tourbillon à la fois fascinante et inquiétante.
La NASA remarque que « certains événements qui apparaissent que l’image virtuelle posaient de sérieux problèmes au sol ». En effet, les cyclones tropicaux Soulik et Cimaron étaient sur le point de frapper la Corée du Sud et le Japon, tandis que Hawaii se préparait à affronter les pluies diluviennes et les inondations provoquées par l’ouragan Lane. La fumée provenait en grande partie de la Californie et de la Colombie-Britannique. Au plus fort des incendies en Colombie-Britannique, l’indice de la qualité de l’air à Prince George dépassait tous les niveaux et il faisait nuit noire alors que l’on était le matin.
Les scientifiques expliquent que les ouragans, les cyclones, les vagues de chaleur extrême et les incendies de forêt sont tous exacerbés par le réchauffement climatique. Jusqu’à présent en 2018, 118 records de chaleur ont été enregistrés à travers le monde. Les incendies de forêt ont dévasté l’Amérique du Nord, mais aussi la Grèce et d’autres régions. Tout cela crée un cycle permanent qui s’auto-entretient. Les températures plus élevées de l’Arctique libèrent le CO2 du pergélisol, des glaciers et des lacs, tandis que les aérosols provenant des feux de forêt renforcent l’effet de serre et font monter les températures.
Source: NASA.

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Heatwaves, hurricanes and other extreme weather are the visible face of climate change, but they are not the only signs. A grim new visualization from NASA shows another problem caused indirectly by global warming: airborne particles and droplets. These « aerosols, » shown on a single day on August 23rd, 2018, come from dust, volcanic ash and other sources. They are particularly brutal this year because of fires in California, British Columbia and the southern part of Africa.

NASA notes that the aerosols shown are « not a direct representation of satellite data. » To create the map, scientists married data from the Goddard Earth Observing System Forward Processing (GEOS FP) model with other satellite data and images. Black carbon particles are shown in red, sea spray salt aerosol lofted by storms are blue, while dust is shown in purple.

Researchers also superimposed night light data from the Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) on the Suomi NPP satellite showing towns and cities. The colours and lights mix to form a swirl-like image that is at once dazzling and alarming.

NASA notes that « some of the events that appear in the visualization were causing pretty serious problems on the ground. » Namely, tropical cyclones Soulik and Cimaron were about to hit South Korea and Japan, while Hawaii braced for floods and rains caused by Hurricane Lane taht eventually became a tropical storm. The smoke came largely from California and Canada’s British Columbia. At the peak of the BC fires, the air quality index in Prince George was literally off the charts, and it looked like nighttime when it was actually morning.

Scientists say that hurricanes, cyclones, extreme heat and wildfires are all exacerbated by global warming. So far this year, 118 all-time heat records have fallen across the globe, and forest fires have devastated not just North America but Greece and other regions. All of that creates a self-perpetuating cycle, as warmer Arctic temperatures release CO2 from permafrost, glaciers and lakes, while aerosols from forest fires enhance the greenhouse effect, boosting temperatures.

Source: NASA.

Source: NASA

De la glace de l’Antarctique à la sécheresse en Europe // From the ice in Antarctica to the drought in Europe

Au fil des mois, les mauvaises nouvelles continuent à arriver sur l’avenir de la planète Terre. Ainsi, le très sérieux National Geographic nous apprend – ou plutôt nous confirme – que la banquise antarctique se fissure à une vitesse jamais égalée

En juillet 2017, la plate-forme glaciaire Larsen C a fini de se fracturer et a libéré l’un des plus grands icebergs de l’histoire. Dénommé A68, l’iceberg s’est complètement désolidariser de Larsen C. Pour les scientifiques, le travail n’a fait que commencer. En effet, la surveillance de l’A68 et des autres icebergs dans la mer de Weddell est crucial pour comprendre les effets du changement climatique sur cette région et le reste du monde.

Le problème, c’est que l’Antarctique entre dans l’hiver avec l’arrivée de la nuit polaire. L’orbite elliptique de la terre étant inclinée, l’Antarctique n’a que deux saisons : l’été et l’hiver. Six mois par an, le continent est donc plongé dans l’obscurité.

Les scientifiques de la NASA ont développé de nouveaux outils pour que leur satellite Landsat 8 puisse continuer de surveiller l’Antarctique quelle que soit la saison. Au lieu de capter la luminosité, le capteur infrarouge thermique (Thermal Infrared Sensor, ou TIRS), est capable de prendre des images mesurant les différences de températures entre l’eau et les différentes couches de glace. Les images infrarouges sont ensuite nuancées en gris ou colorisées pour mettre en avant les différences de température dans la zone surveillée. Quand l’iceberg A68 s’est détaché de la plate-forme Larsen C, les scientifiques n’ont pas été en mesure d’estimer à quel moment précis l’événement s’était produit.

Les températures de l’eau et de la glace changent chaque jour, mais le satellite passe régulièrement au-dessus de la zone, de telle sorte que les moindres changements peuvent être enregistrés. Grâce à cette technologie, les scientifiques de la NASA ont pu observer que depuis leur détachement, l’iceberg A68 et ses voisins se sont déplacés au gré des tempêtes et des courants dans la mer de Weddell. Les images montrent également que de nouvelles fractures sont probablement en train de se former sur la plateforme Larsen C, menaçant sa stabilité.

Source : National Geographic.

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En Europe continentale, ce n’est pas la glace qui est à l’ordre du jour, mais l’ampleur et l’intensité des sécheresses dans les prochaines décennies. Selon une étude récente réalisée par un groupe international de chercheurs, la surface du continent européen concernée par la sécheresse des sols pourrait doubler, dans un scénario de réchauffement global à 3°C par rapport à l’époque préindustrielle. L’intensité et la durée des périodes de sécheresse devraient également s’accentuer. Cela pose la question de l’adaptation des populations et des activités économiques comme l’agriculture face à ce risque grandissant.

Avec le réchauffement du climat, on s’attend à ce que l’évaporation de l’eau contenue dans les sols devienne de plus en plus importante. Bien qu’un épisode isolé de sécheresse ne soit pas forcément imputable au changement climatique, ce dernier va avoir tendance à l’exacerber. Par ailleurs, l’assèchement des sols intensifie le réchauffement de la masse d’air, surtout pendant la période estivale. Cette boucle amplificatrice a pu être mise en évidence durant l’été 2003, par exemple.

Une étude parue le 23 avril 2018 dans la revue Nature Climate Change s’est intéressée à l’évolution de la surface concernée par les sécheresses en Europe ainsi qu’à leur durée dans différents scénarios de changement climatique pour ce siècle. Il en ressort que le réchauffement global induit une intensification et une extension significatives du déficit hydrique sur le continent européen. Cependant, l’impact n’est pas le même selon la saison et la zone du continent considérée. Ainsi, dans le nord de l’Europe, l’humidité des sols augmentera en hiver et au printemps et diminuera en été et en automne. À l’inverse, le sud de l’Europe s’asséchera, peu importe la saison.

L’amplitude des changements dépend fortement du scénario étudié. Avec un réchauffement de 3°C par rapport au préindustriel – ce qui est la tendance actuelle – la surface du continent concernée par la sécheresse doublerait, passant d’une moyenne de 13 % sur la période 1971-2000 à 26 % aujourd’hui. Quant à la durée du déficit hydrique, elle serait multipliée par un facteur 2 à 3. Autrement dit, dès que les conditions météorologiques seront favorables à la mise en place d’une sécheresse, celle-ci s’exprimera plus facilement, sera plus étendue et durera plus longtemps. En conséquence, l’extrême de 2003 pourrait devenir deux fois plus fréquent. La zone méditerranéenne serait particulièrement touchée par cette évolution, la surface concernée passant de 28 % à 49 % dans le scénario le plus pessimiste. Au contraire, les portions atlantique, alpine et scandinave du continent seraient les moins affectées.

Ces projections confirment les résultats d’études antérieures. Elles suggèrent un besoin urgent d’adaptation des populations et des activités économiques qui dépendent de la disponibilité en eau, afin de minimiser les impacts socio-économiques et les tensions politiques qui pourraient en découler. Elles mettent également l’accent sur le besoin de limiter le réchauffement global dans le but de réduire la tendance à l’assèchement des sols et ses effets collatéraux sur la biodiversité.

Source: Science Post.

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Over time, bad news continues to arrive on the future of planet Earth. Keeping up with this tendency, the very serious National Geographic tells us – or rather confirms – that the Antarctic ice sheet is cracking at an unprecendented speed
In July 2017, the Larsen C Ice Shelf ended up fracturing and released one of the largest icebergs in history. Called A68, the iceberg completely disassociated itself from Larsen C. For scientists, the work has only just begun. Indeed, monitoring A68 and other icebergs in the Weddell Sea is crucial to understanding the effects of climate change on this region and the rest of the world.
The problem is that Antarctica is entering winter with the arrival of the polar night. The elliptical orbit of the Earth being inclined, Antarctica has only two seasons: summer and winter. Six months a year, the continent is plunged into darkness.
NASA scientists have developed new tools for their Landsat 8 satellite to keep monitoring Antarctica regardless of the season. Instead of capturing the brightness, the Thermal Infrared Sensor (TIRS) is able to take photos by measuring the temperature differences between the water and the different layers of ice. The infrared images are then shaded in gray or colorized to highlight the temperature differences in the area being monitored. When the A68 iceberg broke off from the Larsen C platform, scientists were not able to estimate exactly when the event occurred.
Water and ice temperatures change every day, but the satellite passes regularly over the area, so that the slightest changes can be recorded. Thanks to this technology, NASA scientists have observed that since their detachment, the A68 iceberg and its neighbours have moved with storms and currents in the Weddell Sea. The images also show that new faults are probably forming on the Larsen C ice-shelf, threatening its stability.
Source: National Geographic.

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In continental Europe, it is not ice that is on the agenda, but the scale and intensity of droughts in the coming decades. According to a recent study by an international group of researchers, the area of ​​the European continent affected by soil drought could double, in a global warming scenario at 3°C compared to pre-industrial times. The intensity and duration of drought periods should also increase. This raises the question of the adaptation of populations and economic activities – such as agriculture – to this growing risk.
With global warming, it is expected that the evaporation of water from the soil will become more and more important. Although an isolated episode of drought is not necessarily caused by climate change, it will have a tendency to exacerbate it. On the other hand, the drying of the soil intensifies the warming of the air, especially during the summer period. This amplifying loop could be seen during the summer of 2003, for example.
A study published on April 23rd, 2018 in the journal Nature Climate Change looked at the evolution of the area affected by droughts in Europe and their duration in different scenarios of climate change for this century. It shows that global warming induces a significant intensification and extension of the water deficit on the European continent. However, the impact is not the same depending on the season and the area of ​​the continent which is considered. In northern Europe, soil moisture will increase in winter and spring and decrease in summer and autumn. Conversely, the south of Europe will dry up, regardless of the season.
The amplitude of the changes depends strongly on the studied scenario. With a pre-industrial warming of 3°C – which is the current trend – the area of ​​the continent affected by drought would double from an average of 13% over the period 1971-2000 to 26% today. As for the duration of the water deficit, it would be multiplied by a factor of 2 to 3. In other words, as soon as the weather conditions are favorable to the setting up of a drought, this one will express itself more easily, will be more extensive and will last longer. As a result, the extreme drought of 2003 could become twice as common. The Mediterranean area would be particularly affected by this evolution ans the concerned area would increase from 28% to 49% in the most pessimistic scenario. On the contrary, the Atlantic, Alpine and Scandinavian portions of the continent would be the least affected.
These projections confirm the results of previous studies. They suggest an urgent need for adaptation of populations and economic activities that depend on water availability, in order to minimize the socio-economic impacts and political tensions that may result. They also emphasize the need to limit global warming in order to reduce the tendency of the soil to dry up and its collateral effects on biodiversity.
Source: Science Post.

Vue de la Péninsule antarctique et de la Barrière de Larsen (Source : Wikipedia)