La cendre du Katmai (Alaska) // The ash of Katmai (Alaska)

drapeau-francaisDes scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory vont se rendre sur l’Ile Kodiak afin d’installer des appareils destinés à mesurer la cendre volcanique produite par l’éruption du volcan Novarupta en 1912. L’éruption fut la plus puissante du 20ème siècle. Elle a donné naissance à  une zone désertique de 110 kilomètres carrés, la Vallée des 10 000 Fumées qui fait aujourd’hui partie du Parc National du Katmai, sur la péninsule de l’Alaska. Plus d’un siècle après l’éruption, la cendre volcanique constitue toujours un réel danger. En effet, une couche de cendre atteignant parfois 18 mètres d’épaisseur demeure dans certaines vallées du Katmai et cette cendre peut être emportée par le vent vers Kodiak quand la région n’est pas recouverte de neige. Cela crée un danger pour les avions et parfois pour la population. Les fortes rafales de vent soulèvent de volumineux panaches de cendre qui sont détectés par les satellites depuis l’espace et peuvent être confondus avec une nouvelle éruption volcanique. Si la cendre atteint 6.000 mètres d’altitude, elle devient une menace réelle pour les vols transcontinentaux. La cendre du Katmai est généralement observée entre 1500 et 3300 mètres, ce qui peut causer des problèmes aux pare-brise et aux moteurs des petits aéronefs.
L’Observatoire va installer des instruments de mesure de particules sur deux sites pour recueillir des échantillons de cendre et évaluer la quantité de cendre dans l’air ambiant..
Source: AVO.

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drapeau anglaisThe Alaska Volcano Observatory is sending scientists to Kodiak Island to set up equipment that can monitor volcanic ash from the Novarupta-Katmai eruption in 1912. The eruption was the largest in the 20th Century and created a 110-square-kilometre desert known as the Valley of 10,000 Smokes in what is now Katmai National Park on the Alaska Peninsula. More than a century later, ash from the event is still creating a hazard. Indeed, ash up to 18 metres deep remains in some valleys in Katmai and can be kicked up and blown toward Kodiak when it’s not covered by snow, creating a hazard for aircraft and possibly human health. When strong winds blow, the ash kicks up in such large volumes, it’s detected from space and can be mistaken for a new volcanic eruption. If ash reaches 6,000 metres, it’s considered a major threat to trans-continental aircraft. Ash from Katmai typically has been observed at 1,500 to 3,300 metres, which can cause abrasion issues for the windshields and engines of smaller aircraft.

The Observatory will install particulate measuring instruments at two locations to collect ash samples and assess how much is blown around.

Source: AVO.

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Photos: C. Grandpey

Panaches mantelliques et points chauds // Mantle plumes and hotspots

drapeau-francaisLes sismologues de l’Université de Californie à Berkeley ont réalisé pour la première fois un scan en trois dimensions de l’intérieur de la Terre qui montre comment les panaches de roche à très haute température en provenance du manteau terrestre sont reliés à des points chauds qui génèrent des chaînes d’îles volcaniques à la surface de la Terre, omme Hawaï, les Samoa et l’Islande. Exemple de tomodensitométrie de l’intérieur de la Terre, l’image a été générée par une simulation informatique à l’aide de superordinateurs au Lawrence Berkeley National Laboratory.
Contrairement à la tomographie médicale qui utilise des rayons X pour examiner le corps humain, les chercheurs ont produit une image des panaches mantelliques en analysant le déplacement des ondes sismiques à l’intérieur de la Terre lors de puissants séismes qui ont secoué la planète au cours des 20 dernières années.
Des tentatives précédentes pour fournir une image des panaches mantelliques avaient montré des poches de roche à haute température qui s’élevaient dans les zones où les panaches avaient été proposés, mais il était difficile de savoir si ces poches étaient connectées aux points chauds volcaniques à la surface ou aux racines des panaches à la frontière entre le noyau et le manteau, à 2900 kilomètres sous la surface de la Terre.
La nouvelle carte haute résolution du manteau ne montre pas seulement ces connexions pour de nombreux points chauds de la planète, mais elle révèle aussi qu’en dessous d’environ 1000 km, les panaches présentent une largeur comprise entre 600 et 1000 kilomètres, ce qui est jusqu’à cinq fois plus que celle estimée jusqu’à maintenant par les géophysiciens. Les panaches ont probablement une température d’au moins 400 ° C supérieure à celle de la roche environnante.
Les connexions entre les panaches provenant de la partie inférieure du manteau et les points chauds volcaniques ne sont pas directes. En effet, les sommets des panaches s’étalent comme le delta d’un fleuve lorsqu’ils rencontrent la roche moins visqueuse du manteau supérieur.
Les nouvelles images montrent également que les bases de ces panaches sont ancrées à la frontière entre le noyau et le manteau où elle forment deux énormes masses de roche à très haute température, avec chacune un diamètre d’environ 5.000 kilomètres, probablement plus denses que les roches environnantes. On estime que ces deux points d’ancrage – l’un sous l’Afrique, l’autre sous l’Océan Pacifique – sont dans ces zones qui existent depuis 250 millions d’années.
L’analyse effectuée par les superordinateurs n’a pas détecté de panaches sous tous les volcans de points chauds, comme le Parc de Yellowstone. Les panaches qui les alimentent sont peut-être trop minces pour être détectés et la technique de modélisation informatique présente encore des limites.

Cette étude a été soutenue par la National Science Foundation et le Conseil Européen de la Recherche.
En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo montrant la simulation par superordinateur des panaches de roche à haute température pendant leur ascension à travers le manteau, avant de former des chaînes d’îles volcaniques.
https://www.youtube.com/watch?v=tCphzt8iaWc&feature=youtu.be

Source: Université de Californie à Berkeley.

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drapeau-anglaisSeismologists of the University of California at Berkeley have produced for the first time a three-dimensional scan of the Earth’s interior that shows how plumes of hot rock rising through the mantle are connected with surface hotspots that generate volcanic island chains like Hawaii, Samoa and Iceland. A computed tomography (or CT scan) of the Earth’s interior, the picture emerged from a supercomputer simulation at the Lawrence Berkeley National Laboratory.

While medical CTs employ X-rays to probe the body, the scientists mapped mantle plumes by analyzing the paths of seismic waves bouncing around Earth’s interior after 273 strong earthquakes that shook the globe over the past 20 years.

Previous attempts to image mantle plumes had detected pockets of hot rock rising in areas where plumes had been proposed, but it was unclear whether they were connected to volcanic hotspots at the surface or to the roots of the plumes at the core/mantle boundary 2,900 kilometres below the surface.

The new, high-resolution map of the mantle not only shows these connections for many hotspots on the planet, but reveals that below about 1,000 kilometres the plumes are between 600 and 1,000 kilometres across, up to five times wider than geophysicists thought. The plumes are likely at least 400°C hotter than surrounding rock.

The connections between the lower-mantle plumes and the volcanic hotspots are not direct because the tops of the plumes spread out like the delta of a river as they merge with the less viscous upper mantle rock.

The new picture also shows that the bases of these plumes are anchored at the core/mantle boundary in two huge blobs of hot rock, each about 5,000 kilometres in diameter, that are likely denser than surrounding rock. It is estimated that those two anchors – directly opposite one another under Africa and the Pacific Ocean – have been in the same spots for 250 million years.

The supercomputer analysis did not detect plumes under all hotspot volcanoes, such as those in Yellowstone National Park. The plumes that feed them may be too thin to be detected given the computational limits of the global modeling technique.

This study was supported by the National Science Foundation and the European Research Council.

By clicking on this link, you will see  a video showing the supercomputer simulation of plumes of hot rock rising through the mantle to form volcanic island chains.

https://www.youtube.com/watch?v=tCphzt8iaWc&feature=youtu.be

Source: University of California at Berkeley.

Vue globale des points chauds dans le monde (Source : Université de Californie à Berkeley)

Nouvelles du Kilauea (Hawaii) et du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisDans son dernier bulletin, l’OVPF indique que « la tendance observée ces derniers jours se maintient » sur le Piton de la Fournaise: Le trémor éruptif reste toujours élevé mais cette situation est probablement due à une modification du conduit d’alimentation qui a tendance à se rétrécir. Les mesures de gaz et de débit confirment cette hypothèse puisque les valeurs observées restent constantes voire légèrement en baisse.
Sur le terrain, le cône éruptif se ferme de plus en plus. A l’intérieur le lac de lave s’est séparé en deux unités distinctes. Les fontaines sont moins hautes que les jours précédents. Les écoulements des laves se font toujours à la sortie du tunnel située environ 50 mètres en dessous de l’évent.

Le HVO a publié une image satellite des coulées de lave qui confirme que l’activité est plutôt faible sur le Kilauea, avec quelques sorties de lave jusqu’à 7,5 km au NE du Pu’uO’o. L’image a été capturée le 2 septembre. Les couleurs sont fausses. Les pixels rouge vif représentent les zones de températures très élevées et montrent les coulées actives. Les zones blanches sont des nuages.
Au sommet du volcan Kilauea, le niveau du lac de lave fluctue mais reste à une soixantaine de mètres sous le plancher du cratère de l’Halema’uma’u.
Source: HVO.

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drapeau-anglaisIn its latest update, OVPF indicates that « the situation observed in recent days continues » at the Piton de la Fournaise: The eruptive tremor remains high but this is probably due to a change in the supply conduits that tend to get narrower. Gas and output measurements confirm this hypothesis since the observed values remain constant or slightly decreasing.
On the field, the eruptive cone closes more and more. Inside, the lava lake is separated into two separate units. Fountains are less high than in previous days. Lava is still flowing out of a tunnel  about 50 meters downslope of the vent.

HVO has released a satellite image of the lava flows which confirms that activity is rather low at Kilauea volcano, with a few breakouts as far as 7.5 km NE of Pu’uO’o. The image was captured on September 2nd. It is a false-colour image in which bright red pixels depict areas of very high temperatures and show active lava. White areas are clouds.

At the summit of Kilauea volcano, the lava lake level fluctuates but remained at about 60 metres below the floor of Halema’uma’u Crater.

Source: HVO.

Source: HVO / USGS.

Belles photos de l’Islande // Nice photos of Iceland

drapeau-francaisSi vous aimez l’Islande et les belles photos, je vous invite à visiter le site du photographe néerlandais Paul Oostveen. Vous pourrez admirer trois galeries de clichés consacrés à la côte, à l’intérieur du pays et aux rivières. Ils ont été réalisés depuis un hélicoptère ou un drone Phantom. Ces derniers ont été pris en juillet 2015 dans l’ouest et le nord de l’Islande.

http://luchtbeeld.nl/luchtbeeld/galleries/iceland/

Les drones sont de plus en plus utilisés pour la photo aérienne. Il est toutefois utile de rappeler que leur utilisation est soumise à des règles très strictes définies par la Direction de l’Aviation Civile. Le Journal de l’Ile de la Réunion a eu la bonne idée de le rappeler à l’occasion d’un survol photographique de l’éruption avec un drone  il y a quelques jours.

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drapeau-anglaisIf you like Iceland and nice photos, I invite you to visit the website of Dutch photographer Paul Oostveen. You will admire three galleries devoted to the coast, the land and the rivers. They were shot from a helicopter or a Phantom drone. The latter were taken in July 2015 in western and northern Iceland.
http://luchtbeeld.nl/luchtbeeld/galleries/iceland/

UAVs are increasingly used for aerial photography. However, it is worth remembering that their use is subject to strict rules defined by the Civil Aviation. The Journal de l’Ile de la Réunion had the good idea to remind it when a photo overflight of the eruption was performed with a drone a few days ago.