Les nuages de cendre du Novarupta (Alaska) // Ash clouds from Novarupta (Alasla)

En Alaska, l’éruption de Novarupta a été la plus puissante du 20ème siècle et se classe parmi les plus importantes de l’histoire. L’événement, qui a duré trois jours, a commencé le 6 juin 1912 et a envoyé des cendres jusqu’à 30 000 mètres au-dessus de la région du Katmai, à environ 400 kilomètres au sud-ouest d’Anchorage. On estime que l’éruption a produit 15 kilomètres cubes de matériaux, soit 30 fois plus que le mont St. Helens en 1980. La pierre ponce a recouvert une zone baptisée Vallée des Dix Mille Fumées, avec une couche pouvant atteindre par endroits 180 mètres d’épaisseur.
Bien que l’éruption soit terminée et que Novarupta n’ait montré aucun signe de réveil, la cendre cause toujours des problèmes dans la région. Un bulletin d’alerte a été émis à la mi-novembre, signalant qu’un nuage de cendre se dirigeait vers l’île de Kodiak. L’île a une population d’environ 13000 habitants et abrite une grande base de la garde côtière américaine. Elle est accessible uniquement par avion et par ferry. La pêche est la principale activité.

Les retombées de cendres à Kodiak était dues à de forts vents du nord-ouest qui ont balayé la Vallée des Dix Mille Fumées; ils ont soulevé les nuages de cendre et les ont emportés jusqu’à l’île qui se trouve à 160 kilomètres de distance. Une alerte à destination de l’aviation a été émise. Les scientifiques ont estimé toutefois que le nuage ne dépasserait pas 2 100 mètres d’altitude.
Des vents violents et des conditions sèches et sans neige produisent ces nuages de cendres par intermittence, mais il n’y a pas d’éruption dans la région. L’Alaska Volcano Observatory indique que les sept volcans du Katmai, y compris le Novarupta, restent au niveau d’alerte le plus bas.
Source: Médias américains.

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In Alaska, the Novarupta eruption was the most powerful of the 20th century and ranks among the largest in recorded history. The three-day event began on June 6th, 1912, and sent ash as high as 30,000 meters above the Katmai region, about 400 kilometers southwest of Anchorage. It is estimated that the eruption produced 15 cubic kilometers of material, about 30 times what spewed from Mount St. Helens in 1980.The ash was deposited in the Valley of Ten Thousand Smokes, with layers of pumice as high ass180 meters.

Although the eruption is over and Novarupta has shown no other signs of life, the ash is still causing problems to the region. A warning was issued by mid-November that a cloud of ash was headed toward Kodiak Island. The island has a population of about 13,000 and is home to a large U.S. Coast Guard base. It is accessible only by airplane and ferry boats. The fishing industry is the predominant business on the mountainous island. The ashfall in Kodiak was due to strong northwesterly winds in the Valley of Ten Thousand Smokes; they kicked up the loose volcano ash in the Valley and carried it away as far as the island which is located 160 kilometers away. An aviation alert was issued to aircraft. Scientists estimated the cloud would not go above 2,100 meters.

High winds and dry, snow-free conditions produce these ash clouds intermittently, but there is no eruption. The Alaska Volcano Observatory indicates that all seven of the volcanos in the Katmai area, including Novarupta, remain at the lowest level of green, or normal.

La Vallée des 10 000 Fumées, avec ses falaises de ponce est l’un des endroits les plus extraordinaires que j’ai visités. Sans oublier les ours qui fréquentent la région. Le voyage vers le Katmai est déjà une aventure en soi… (Photos : C. Grandpey)

La cendre du Novarupta (Alaska) // Novarupta’s ash (Alaska)

Le 6 juin 1912, une violente éruption a secoué le Novarupta en Alaska, à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui le Parc National du Katmai. Pendant trois jours, le volcan a vomi 100 fois plus de matériaux que l’éruption du Mont St. Helens, avec des panaches qui sont montés jusqu’à plus 30 kilomètres dans le ciel avant de retomber sur la vallée qui a été enfouie par endroits sous plus de 150 mètres de cendres et de roches volcaniques. Le Mont Katmai s’est effondré pendant l’éruption. Quatre ans plus tard, quand le botaniste Robert Griggs a visité la région, des gaz continuaient à s’échapper de la cendre qui recouvrait la vallée, et il lui a donné le nom de Vallée des 10 000 Fumées.
Aujourd’hui, quelques jours chaque année, le vent rappelle à la population de la région cette impressionnante éruption. Cela se passe le plus souvent à l’automne, lorsque les tempêtes balayent la région, avant l’arrivée de la neige.
La semaine dernière, de forts vents de nord-ouest ont soulevé la cendre de l’éruption du 20ème siècle, affectant la visibilité sur l’Ile Kodiak. Le Service Météorologique a publié un bulletin spécial pour Kodiak, avertissant les habitant que le vent avait soulevé la cendre qui se dirigeait essentiellement vers la partie ouest de l’île.
Aujourd’hui, une éruption semblable à celle du Novarupta affecterait gravement le trafic aérien. Au début du 20ème siècle, quand le Novarupta est entré en éruption, il n’y avait aucun avion dans le ciel; le premier aéronef a volé en Alaska seulement un an après l’éruption. De nos jours, le Pacifique Nord est l’un des couloirs aériens les plus fréquentés au monde, avec plus de 200 vols par jour.
Pour calculer les effets qu’aurait aujourd’hui une éruption du Novarupta sur le trafic aérien, un chercheur américain a utilisé un modèle informatique appelé Puff développé par des scientifiques de l’Université de l’Alaska et affiné par un scientifique de l’Institut de Géophysique. A l’aide de ce modèle, le chercheur a imaginé que le Novarupta émettait de la cendre une fois par semaine pendant cinq ans. Il a constaté que la plupart des aéroports de l’hémisphère Nord fermeraient, mais aussi que la cendre de l’éruption atteindrait probablement l’Australie. Le pire scénario coûterait plus de 300 millions de dollars uniquement en termes de passagers et de vols retardés.
Source: Alaska Dispatch News.

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On June 6th 1912, a violent eruption shook Mt Novarupta in Alaska, in what is now Katmai National Park and Preserve. For three days, the volcano spewed 100 times more material than the Mount St. Helens eruption, shooting plumes 30 kilometres into the air and burying the valley downwind in over 150 metres of ash and volcanic rock. Mount Katmai collapsed during the explosion. Four years later, when botanist Robert Griggs visited the region, steam still poured from vents across the valley, prompting the crew to name it the Valley of 10,000 Smokes.

Today, a few times every year, the wind reminds the population of the region of that impressive eruption. It is most commonly seen in fall, when storms are passing through the area, and before snow has settled.

Last week, strong northwestern winds kicked up ash from the 20th century eruption, impacting visibility on Alaska’s Kodiak Island. The National Weather Service issued a special weather statement for Kodiak, letting locals know that loose ash had been stirred up, particularly toward the west side of the island.

Today, an eruption similar to Novarupta’s would severely affect air traffic. In the early 20th century, when Novarupta erupted, there were no planes in the air; the first plane didn’t fly in Alaska until one year after the eruption. Now, the North Pacific is one of the busiest air corridors in the world, with more than 200 flights a day.

To calculate the effects of a modern-day Novarupta on today’s air travel, a U.S. researcher used a computer model called Puff developed by University of Alaska scientists and refined by a scientist at the Geophysical Institute. The researcher used the model to spew ash from Novarupta’s vent once a week for five years and discovered that most airports in the Northern Hemisphere would close, but ash would also likely reach Australia. The worse case scenario would cost in excess of 300 million dollars just in terms of passengers and delayed flights.

Source: Alaska Dispatch News.

Falaises de cendre dans la Vallée des 10 000 Fumées (Photos: C. Grandpey)

La cendre du Katmai (Alaska) // The ash of Katmai (Alaska)

drapeau-francaisDes scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory vont se rendre sur l’Ile Kodiak afin d’installer des appareils destinés à mesurer la cendre volcanique produite par l’éruption du volcan Novarupta en 1912. L’éruption fut la plus puissante du 20ème siècle. Elle a donné naissance à  une zone désertique de 110 kilomètres carrés, la Vallée des 10 000 Fumées qui fait aujourd’hui partie du Parc National du Katmai, sur la péninsule de l’Alaska. Plus d’un siècle après l’éruption, la cendre volcanique constitue toujours un réel danger. En effet, une couche de cendre atteignant parfois 18 mètres d’épaisseur demeure dans certaines vallées du Katmai et cette cendre peut être emportée par le vent vers Kodiak quand la région n’est pas recouverte de neige. Cela crée un danger pour les avions et parfois pour la population. Les fortes rafales de vent soulèvent de volumineux panaches de cendre qui sont détectés par les satellites depuis l’espace et peuvent être confondus avec une nouvelle éruption volcanique. Si la cendre atteint 6.000 mètres d’altitude, elle devient une menace réelle pour les vols transcontinentaux. La cendre du Katmai est généralement observée entre 1500 et 3300 mètres, ce qui peut causer des problèmes aux pare-brise et aux moteurs des petits aéronefs.
L’Observatoire va installer des instruments de mesure de particules sur deux sites pour recueillir des échantillons de cendre et évaluer la quantité de cendre dans l’air ambiant..
Source: AVO.

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drapeau anglaisThe Alaska Volcano Observatory is sending scientists to Kodiak Island to set up equipment that can monitor volcanic ash from the Novarupta-Katmai eruption in 1912. The eruption was the largest in the 20th Century and created a 110-square-kilometre desert known as the Valley of 10,000 Smokes in what is now Katmai National Park on the Alaska Peninsula. More than a century later, ash from the event is still creating a hazard. Indeed, ash up to 18 metres deep remains in some valleys in Katmai and can be kicked up and blown toward Kodiak when it’s not covered by snow, creating a hazard for aircraft and possibly human health. When strong winds blow, the ash kicks up in such large volumes, it’s detected from space and can be mistaken for a new volcanic eruption. If ash reaches 6,000 metres, it’s considered a major threat to trans-continental aircraft. Ash from Katmai typically has been observed at 1,500 to 3,300 metres, which can cause abrasion issues for the windshields and engines of smaller aircraft.

The Observatory will install particulate measuring instruments at two locations to collect ash samples and assess how much is blown around.

Source: AVO.

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Photos: C. Grandpey