Le point sur la situation à Hawaii // Latest news from Hawaii

drapeau francaisLa tempête tropicale Ana ne devrait pas causer de gros dégâts sur la Grande Ile d’Hawaii qui ne devrait subir que de fortes pluies (jusqu’à 30 centimètres d’eau par endroits) et peut-être des inondations jusqu’à 18 heures dimanche.
Dans le même temps, les travaux se poursuivent sur ​​la Chain of Craters Road au cas où la lave du Kilauea viendrait à couper la Highway 130. La lave n’a pas avancé de manière significative au cours des derniers jours et le front de coulée – qui s’est immobilisé – reste à 1,4 km de Apa’a Street. Cependant, le HVO indique que la coulée du 27 juin reste active. Des sorties de lave sont observées à la surface et sur les bords de la coulée jusqu’à 2 km en amont, de sorte que la coulée continue à s’élargir. L’alimentation au niveau du Pu’u ‘O’o reste relativement réduite, ce qui correspond aux données fournies par les inclinomètres. Comme la vitesse de progression de la lave n’est plus que de  25 mètres par jour en moyenne, le HVO ne fait plus de projections sur la date possible d’arrivée à Paoha.

Il est intéressant de noter que la coulée du 27 juin a ralenti et a même cessé d’avancer au moment où la tempête tropicale Ana se rapprochait de la Grande Ile. On peut se demander si la baisse de la pression atmosphérique qui accompagne inévitablement une tempête tropicale ou un ouragan a eu un effet sur son alimentation au niveau du Pu’uo’o. Il faudra voir si le front de coulée recommence à avancer la semaine prochaine, une fois que la tempête se sera éloignée de l’archipel. Quand l’ouragan Iselle a frappé Hawaii en septembre, une forte déflation a été observée sur le Pu’uO’o, mais la coulée de lave du 27 juin a continué d’avancer et de brûler la forêt au nord du volcan.
Il y a quelques années, j’ai réalisé une étude sur le lien possible entre la pression atmosphérique et l’activité éruptive (voir le résumé dans la colonne de gauche de ce blog). Haroun Tazieff m’avait alors dit que si un tel lien existait, il ne pouvait être observé que sur des ‘petits’ volcans comme le Stromboli. Toutefois, lorsque de fortes baisses de pression atmosphérique se produisent (principalement pendant les ouragans ou tempêtes tropicales), je pense que les ‘gros’ volcans comme le Kilauea peuvent eux aussi en subir les effets.

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drapeau anglaisTropical storm Ana should not cause damage to Hawaii Big Island which should only suffer heavy rains up to 30 centimetres and possible flooding until 6 p.m. Sunday.

Work continues on Chain of Craters Road which is being built in preparation for lava coming from the Kilauea and threatening to cut Highway 130. Lava has not made any significant progress during the past days and the lava front – which has stalled – remains 1.4 km upslope from Apa’a Street. However, HVO indicates that the June 27th flow remains active. Breakouts are observed on the surface and margins of the flow as far as 2 km upslope, and they continue to widen the flow. Lava discharge from Pu‘u ‘Ō‘ō into the June 27th lava tube is low which corresponds with the data provided by tiltmeters. Because the flow has slowed to about 25 metres/day, HVO no longer offers a future projection of the flow’s advance.

It is interesting to notice that the June 27th lava flowed slowed and even stalled as tropical storm Ana was getting closer to the Big Island. One may wonder whether the drop in atmospheric pressure that inevitably accompanies a tropical storm or hurricane had an effect on the lava output from Pu’uo’o. We’ll see if lava starts flowing again next week once the storm has moved away from the archipelago. When hurricane Iselle hit Hawaii in September, strong deflation was observed at Pu’uO’o, but the June 27th lava flow kept moving forward and burning the forest to the north of the volcano.

A few years ago, I made a study about the possible link between atmospheric pressure and eruptive activity (see abstract in the left-hand column of this blog). Haroun Tazieff had told me that if such a connection existed it could only be seen on small-scale volcanoes like Stromboli. However, when major drops of atmospheric pressure occur (mainly during hurricanes or tropical storms), I think that large-scale volcanoes like Kilauea can be affected as well.

Traces de volcanisme récent sur la Lune // Signs of recent volcanism on the Moon

drapeau francaisLa sonde lunaire Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a fourni à la NASA la preuve que l’activité volcanique sur la Lune a ralenti progressivement et ne s’est pas arrêtée brusquement il y a un milliard d’années, comme cela est généralement admis.
De nombreux dépôts de roches observés par la LRO ont probablement moins de 100 millions d’années. Cette période correspond au Crétacé sur Terre, avec l’apogée des dinosaures. Certaines zones observées par la sonde lunaire pourraient même avoir un âge inférieur à 50 millions d’années. L’étude de la NASA a été mise en ligne sur le site Nature Geoscience.
Les zones rocheuses observées par la LRO sont dispersées au sein de plaines volcaniques de couleur sombre et se caractérisent par un assemblage de monticules lisses, arrondis, de faible hauteur, à côté zones plus accidentées et parsemées de blocs. Ces reliefs sont trop petits pour être vus depuis la Terre car ils présentent, pour la plupart, des diamètres de moins de 500 mètres dans leur plus grande dimension. L’une des zones les mieux connues et les mieux étudiées jusqu’à présent s’appelle Ina qui a été photographiée par les astronautes d’Apollo 15. Ina était considérée comme une zone à part, jusqu’à ce que des chercheurs américains et allemands  repèrent quelque 70 régions similaires dans des images à haute résolution.
Le grand nombre de ces reliefs et leur répartition sur de vastes zones laissent supposer que la dernière phase d’activité volcanique constitue une partie importante de l’histoire géologique de la Lune. Les dimensions des cratères présents dans ces zones montrent que les dépôts sont relativement récents et remontent probablement à moins de 100 millions d’années, voire moins de 50 millions d’années pour une région. En revanche, les plaines volcaniques qui les entourent sont attribuées à une activité volcanique qui a commencé il y a environ 3,5 milliards d’années et s’est terminée il y a environ un milliard d’années. C’est à cette époque que l’on pense que toute activité volcanique a cessé sur la Lune.
Plusieurs études antérieures avaient suggéré que Ina était très jeune et s’était peut-être formée en raison d’une activité volcanique très localisée. En l’absence d’autres reliefs similaires, Ina n’était pas considérée comme une preuve de volcanisme à grande échelle.
Les résultats de cette étude ont des implications majeures sur nos connaissances concernant la chaleur interne de la Lune. Ils nous révèlent que le manteau lunaire est probablement resté suffisamment chaud pour fournir le magma qui a généré les éruptions mineures qui ont créé ces jeunes formes volcaniques hors du commun.

Source: NASA.

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drapeau anglaisNASA’s Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) has provided researchers strong evidence the moon’s volcanic activity slowed gradually instead of stopping abruptly a billion years ago.

Scores of distinctive rock deposits observed by LRO are estimated to be less than 100 million years old. This time period corresponds to Earth’s Cretaceous period, the heyday of dinosaurs. Some areas may be less than 50 million years old. Details of the study are published online Nature Geoscience.

The rock deposits observed by LRO are scattered across the moon’s dark volcanic plains and are characterized by a mixture of smooth, rounded, shallow mounds next to patches of rough, blocky terrain. The features are too small to be seen from Earth as they average less than 500 metres across in their largest dimension. One of the largest, a well-studied area called Ina, was imaged from lunar orbit by Apollo 15 astronauts. Ina appeared to be a unique feature until American and German researchers spotted about 70 similar regions in high-resolution images.

The large number of these features and their wide distribution strongly suggest that late-stage volcanic activity was an important part of the moon’s geologic history. The numbers and sizes of the craters within these areas indicate the deposits are relatively recent, probably less than 100 million years old, and perhaps less than 50 million years old for one area.

In contrast, the volcanic plains surrounding these distinctive regions are attributed to volcanic activity that started about 3 1/2 billion years ago and ended roughly 1 billion years ago. At that point, all volcanic activity on the moon was thought to cease.

Several earlier studies suggested that Ina was quite young and might have formed due to localized volcanic activity. However, in the absence of other similar features, Ina was not considered an indication of widespread volcanism.

The findings have major implications for how warm the moon’s interior is thought to be. They tell us that the lunar mantle had to remain hot enough to provide magma for the small-volume eruptions that created these unusual young features.

Source: NASA.

Moon-volcanoes

Maskelyne fait partie des reliefs volcaniques récemment découverts sur la Lune (Crédit photo:  NASA)