Accès à l’Etna // Access to Mount Etna

drapeau francaisLa Protection Civile Italienne vient de faire passer le Risque Volcanique sur l’Etna d' »élevé » (voir décret du 15 février 2014) à « modéré » par un décret publié le 18 mai 2014. En conséquence, on peut librement grimper le volcan jusqu’à la Torre del Filosofo, étant entendu que l’accès aux cratères sommitaux reste interdit au public.

drapeau anglaisThe Italian Civil Defence has lowered the Volcanic Risk on Mount Etna from « elevated » (February 15th 2014) to « moderate.(May 18th 2014). As a consequence, one can freely climb the volcano as far as the Torre del Filosofo. However, the public is not allowed to visit the summit craters.

Trois volcans boucliers sur l’île d’Oahu (Hawaii Etats Unis) // Three shield volcanoes on Oahu (Hawaii)

drapeau francaisDes chercheurs de l’ Université d’Hawaii à Manoa (UHM) ont récemment découvert que l’île d’O’ahu est en fait constituée de trois grands volcans boucliers, et non pas deux , comme on le pensait auparavant.
L’île d’O’ahu telle que nous la connaissons aujourd’hui, est composée de deux anciennes chaînes volcaniques, Wai’anae et Ko’olau (voir carte ci-dessous) dont le vestige le plus connu est le cratère Diamond Head. Pourtant, à l’ouest-nord-ouest, à près de 100 km Ka’ena Point, la pointe ouest de l’île d’O’ahu, s’étend une vaste région volcanique peu profonde, la dorsale sous-marine de Ka’ena (Ka’ena Ridge). Elle vient d’être reconnue comme ayant précédé la formation de l’île d’O’ahu. C’est sur ses flancs que se sont formés ultérieurement les volcans Wai’anae et Ko’olau.
Avant la découverte du volcan Ka’ena, on pensait que Wai’anae était un édifice exceptionnellement étendu qui s’était formé à une grande distance de l’île de Kauai. En réalité, Wai’anae n’est pas aussi grand qu’on le pensait et Ka’ena s’est formé dans la région située entre Kauai et Wai’anae.
Cette nouvelle théorie a mis du temps à être acceptée. Les dernières découvertes ont été réalisées grâce à l’acquisition de données bathymétriques haute qualité des fonds marins avec un navire équipé d’un système de cartographie haute résolution. Les nouvelles données ont montré que Ka’ena Ridge avait une morphologie inhabituelle, bien différente de celle des extensions, sous forme de rift sous-marin, des volcans sur terre. Les chercheurs ont recueilli des échantillons des dorsales sous-marines Ka’ena et Wai’alu. Les données géochimiques et de datation, ainsi que les observations géologiques et géophysiques, ont confirmé que Ka’ena ne faisait pas partie de Waianae et était un édifice volcanique antérieur. Wai’anae s’est probablement édifié sur les flancs de Ka’ena.
Une grande partie de nos connaissances sur les volcans d’Hawaï est basée sur ceux qui s’élèvent au-dessus de niveau de la mer et la quasi-totalité de ceux qui sont formés sur les flancs de volcans plus anciens. Ka’ena offre une belle opportunité d’étudier un volcan hawaïen qui s’est formé de manière indépendante sur le plancher océanique.
Source : Université d’Hawaii à Manoa.

 ——————————————-

drapeau anglaisResearchers from the University of Hawai‘i at Mānoa (UHM) recently discovered that O‘ahu actually consists of three major shield volcanoes, not two, as previously thought.

The island of O‘ahu, as we know it today, is composed of two ancient volcanic ridges, Wai‘anae and Ko‘olau (see map below) whose best-known remnant is Diamond Head Crater. But extending almost 100 km WNW from Ka‘ena Point, the western tip of the island of O‘ahu, is a large shallow region called the submarine Ka‘ena Ridge.  It is that region that has now been recognized to represent a precursor volcano to the island of O‘ahu, and on whose flanks the Wai‘anae and Ko‘olau Volcanoes later formed.

Prior to the recognition of Ka‘ena Volcano, Wai‘anae Volcano was assumed to have been exceptionally large and to have formed an unusually large distance from Kaua‘i. Both of these assumptions can now be revised: Wai‘anae is not as large as previously thought and Ka‘ena Volcano formed in the region between Kauai and Wai‘anae.

This new understanding has been a long time in the making. Among the most important developments was the acquisition of high-quality bathymetric data of the seafloor in the region with a research vessel equipped with a high-resolution mapping system. The new data showed that Ka‘ena Ridge had an unusual morphology, unlike that of submarine rift zone extensions of on-land volcanoes.  Researchers then began collecting samples from Ka‘ena and Wai‘alu submarine Ridges.  The geochemical and age data, along with geological observations and geophysical data confirmed that Ka‘ena was not part of Waianae, but rather was an earlier volcanic edifice; Wai‘anae must have been built on the flanks of Ka‘ena.
Much of our knowledge of Hawaiian volcanoes is based on those that rise high above sea level, and almost all of those formed on the flanks of earlier ones.  Ka‘ena represents a chance to study a Hawaiian volcano that formed in isolation on the deep ocean floor.

Source : University of Hawaii at Mānoa.

Oahu 02

Source:  Université d’Hawaii à Manoa.

Oahu 01

Diamond Head  (Photo:  C. Grandpey)

Un satellite pour étudier le Kilauea (Hawaii / Etats Unis) // A satellite to monitor Kilauea volcano (Hawaii)

drapeau francaisUn satellite baptisé SUCHI, pas plus gros qu’une valise, doit être lancé à l’automne 2014 depuis l’île de Kauai à Hawaii, après une année passée à peaufiner sa technologie d’imagerie hyperspectrale. Lors d’une conférence présentée le 5 mai dernier, un chercheur de l’Université d’Hawaii a déclaré que SUCHI subissait des tests pour voir comment ses composants résisteraient aux violentes secousses auxquelles il serait soumis pendant le lancement de la fusée.
SUCHI est le raccourci de Space Ultra – Compact Hyperspectral Imager (Imageur spatial hyperspectral ultra compact) pour les petits satellites. Il est conçu pour étudier les phénomènes géologiques comme les éruptions volcaniques et des coulées de lave. Sa mission initiale de six mois pourrait être prolongée à deux ans. Le satellite est effectivement ultra compact ; il mesure un peu plus de 40 centimètres de longueur, 10 cm d’épaisseur et 12,5 cm de largeur. Il fonctionne à l’aide de panneaux solaires de la taille d’un PC portable de petite taille.
A l’intérieur du satellite se trouve une caméra FLIR A35 insérée dans un compartiment hermétique ; elle capable d’enregistrer des images d’une résolution de 336 x 256 pixels. Chaque pixel mesure 38 µm (un micromètre =µm = 10-6 mètre). La caméra a été mise au point par une équipe scientifique de l’Université d’Hawaii et construite au Laboratoire Spatial d’Hawaii à Manoa, une banlieue de Honolulu.
Au cours de sa courte mission, SUCHI permettra aux géologues de contrôler les émissions gazeuses et la vitesse à laquelle la lave se refroidit. Les images capturées devraient aussi servir à dresser un inventaire minéralogique des principales roches.
L’une des applications les plus importantes sera l’étude du dioxyde de soufre (SO2), un gaz volcanique constamment émis pendant l’éruption du Kilauea. Le gaz forme des aérosols que les habitants appellent  » vog  » (brouillard volcanique). Il se répand à travers l’archipel et est susceptible de causer des problèmes respiratoires. Le gaz peut être suivi à la trace et quantifié en utilisant la spectroscopie dans la bande 9µm du spectre infrarouge. Cette partie du spectre est également la gamme de longueur d’onde idéale pour la cartographie géologique de certains minéraux.
Source: Optics.org.

 ———————————————

drapeau anglaisA suitcase-size satellite called SUCHI is scheduled for launch from Kauai Island in Hawaii in the fall of 2014, after a year’s delay to fine-tune its hyperspectral sensing technology. Speaking at a conference session on May 5, a University of Hawaii researcher said that SUCHI was undergoing tests to see how its components would survive the intense shaking of a rocket launch.

SUCHI stands for Space Ultra-Compact Hyperspectral Imager for small satellites. It is designed to study geological phenomena like volcanic eruptions and lava flows, with a six-month primary mission that could be extended to two years. The ultra-compact satellite, measuring just over 40 centimetres in length, 10 centimetres deep and 12.5 centimetres wide, will run on solar panels approximately the size of a notebook.

Inside it is a FLIR A35 camera, mounted in a sealed vessel and collecting images at a resolution of 336 x 256 pixels. Each pixel measures 38 µm. It was developed by a University of Hawaii team and built at the Hawaii Space Flight Lab in Manoa, a suburb of Honolulu.

During its short deployment, SUCHI will help geologists to monitor volcanic gas emissions and rates at which lava cools. The captured images are also expected to be useful in the mapping of major rock mineralogy.

One key application is to monitor sulphur dioxide (SO2), a volcanic gas constantly erupted by Kilauea volcano. The gas forms aerosols that locals call “vog” (volcanic fog), which floats across the islands and can cause respiratory problems. The gas can be tracked and quantified using spectroscopy in the 9 µm region of the infrared spectrum.

That part of the spectrum is also an ideal wavelength range for geological mapping of certain minerals.

Source: Optics.org.

Kilauea-panache

Le panache du Kilauea, riche en SO2, est à l’origine du « vog » qui affecte périodiquement l’archipel.

(Photo:  C.  Grandpey)

Hawaii: Le cratère de l’Halema’uma’u (5)

Le deuxième plus grand lac de lave

Le cratère de l’Halema’uma’u a beaucoup grandi depuis sa naissance en mars 2008. Le 19 de ce mois, la bouche avait un diamètre de 35 mètres. Aujourd’hui, il présente une forme plutôt ovale de 210 mètres sur 160. C’est le deuxième plus grand lac de lave au monde après celui du Nyiragongo en République Démocratique du Congo.

S’agissant de la profondeur, des mesures ont été effectuées au moment de la vidange du lac en 2011. On s’est alors aperçu que la cavité qui le contenait avait une forme d’entonnoir et s’enfonçait jusqu’à plus de 200 mètres de profondeur.

Halemaumau-profondeur

Source:  USGS / HVO

 Une autre caractéristique du lac de lave est sa capacité à former des banquettes au gré des variations de son niveau. Ces banquettes ont en général une durée éphémère. On reconnaît facilement l’une d’elles en bleu plus clair sur cette image fournie par la caméra thermique

 Halemaumau-banquette

Source:  HVO

************************

Conclusion

Aujourd’hui, rien n’indique que l’éruption du Kilauea est en passe de s’arrêter. Personne ne peut dire non plus comment elle évoluera. Le lac de lave s’agrandira-t-il encore davantage ? De nouvelles fractures éruptives apparaîtront-elles le long de l’East Rift Zone ? La lave atteindra-t-elle de nouveau l’océan ? Une éruption du Mauna Loa est-elle susceptible d’affecter le  comportement du Kilauea ? Seule la déesse Pele – qui demeure dans le cratère de l’Halema’uma’u et qui, un jour, m’a tendu la main – est susceptible d’apporter une réponse à toutes ces questions!

 Main-Pelee

Photo:  C. Grandpey

*****************************************

Je terminerai cette évasion vers le cratère de l’Halema’uma’u en condamnant fermement ceux qui passent outre les interdictions d’accès mises en place par le Parc des Volcans, que ce soit pour l’Halema’uma’u ou le Pu’uO’o. Comme je l’ai indiqué précédemment, ces interdictions (contrairement à certaines autres) sont parfaitement justifiées au vu de la dangerosité des sites. Les gaz émis par le lac de lave de l’Halema’uma’u sont extrêmement agressifs (les poumons vous remercient d’avance!) et l’approche du Pu’uO’o demande une bonne connaissance du terrain.

Enfreindre une interdiction est déjà méprisable; s’en vanter dans des revues comme certains se plaisent à le faire relève à mes yeux d’un comportement de voyou. Il ne faut pas se faire d’illusions: un jour où l’autre un accident se produira. Connaissant l’attachement des Américains à leurs lois et à leur respect, ça ne rigolera pas! Le problème, c’est que ce genre de comportement irresponsable aura des répercussions sur les gens honnêtes qui se décarcassent pour obtenir des autorisations et autres permis de travail sur le Kilauea!

Il est tout à fait regrettable que L’Association Volcanologique Européenne fasse apparaître en couverture et à l’intérieur de sa revue du mois de mai 2014 des images interdites!