Alerte aérienne pour le Klyuchevskoy (Kamchatka / Russie) // Aviation warning for Klyuchevskoy volcano

drapeau francaisQuelques jours après le Shiveluch (voir mes notes precedents à propos de ce volcan), une alerte aérienne a été diffuse pour toute la zone autour du Klyuchevskoy qui est en éruption plus ou moins régulière depuis le mois d’août. L’agence RIA Novosti de les services de la Protection Civile viennent d’indiquer que le Klyu a émis un panache de cendre de près de 7 km de hauteur qui a pris la direction du nord-est.

En plus de l’alerte aérienne, il a été demandé aux agences de voyage d’éviter le secteur du volcan, de la même façon que cela avait déjà été fait pour le Shiveluch.

Bien sûr, aucune mention n’est faite d’un éventuel avion détecteur de cendre qui, doté du système AVOID, serait pourtant le bienvenu dans de telles circonstances. Entre les exercices avec des sacs de cendre au-dessus du Golfe de Gascogne et la réalité volcanique pure et dure il y a un fossé qui ne semble pas près d’être franchi !

 

drapeau anglaisA few days after Shiveluch (see my previous notes about this volcano), an aviation warning has been issued for the area around the Klyuchevskoy which has been erupting off and on since August. RIA Novosti and the Emergency Services Ministry indicate in their reports that it has just produced an ash cloud almost 7 km high which is moving in a northeast direction.

In addition to issuing the aviation warning, the ministry has advised tour companies to avoid the area around the volcano in the same way it advised them to avoid tours around Shiveluch.

There does not seem to be any ash-detecting plane in the area these days, even though Kamchatka would be a great test field for the AVOID system. Between the tests with bags of ash above the Bay of Biscaye and the hard volcanic reality, there seems to be a gap which seems too wide to be crossed for the moment!

La croûte océanique révèle quelques secrets // The oceanic crust reveals a few secrets

drapeau francaisUne expédition internationale composée d’une trentaine de chercheurs vient de révéler de nouvelles découvertes sur l’évolution de la Terre. Les scientifiques ont pu extraire pour la première fois des carottes de la partie basse de la croûte océanique Pacifique. Les résultats de leur travail sont publiés dans le numéro du 1er décembre 2013 de la revue Nature. L’article est intitulé «Primitive Layered Gabbros from Fast-Spreading Lower Oceanic Crust”. (voir le lien au bas de cette note).

On sait depuis longtemps que la croûte océanique constitue environ les deux tiers de la surface de la Terre et provient de l’ascension du magma au niveau des dorsales océaniques où se produit un phénomène d’accrétion. Toutefois, la partie profonde de ce processus est dissimulée sous une épaisseur de plusieurs kilomètres de croûte au-dessus. De ce fait, les scientifiques n’avaient pu, jusqu’alors qu’émettre des hypothèses sur la formation de la croûte inférieure en se basant sur des relevés sismiques et sur l’étude de roches récoltées à la surface de la Terre.

L’équipe scientifique s’est rendue sur le Hess Deep, vaste rift océanique qui se trouve à proximité de la jonction entre trois plaques tectoniques : la plaque Pacifique, celle de Nazca et celle des Cocos. C’est dans ce secteur qu’ils ont extrait des carottes de gabbros qui se sont formés à plus de trois kilomètres sous le plancher océanique. Les gabbros sont des roches magmatiques issues de la fusion partielle de la péridotite mantellique au niveau de la dorsale ; elles ont subi, contrairement au basalte, un refroidissement lent, donc une cristallisation complète, ce qui explique leur structure grenue.

On se doutait de leur présence de gabbros dans cette partie de la croûte océanique à travers la théorie de la tectonique des plaques et par l’observation des ophiolites. Ces dernières sont des fragments de croûte océanique que l’on rencontre à la surface de la Terre, par exemple dans le massif du Chenaillet, près du Col de Montgenèvre, dans les Alpes françaises. Toutefois, les gabbros en provenance du plancher océaniques n’avaient que très rarement été récoltés.

Une autre surprise attendait les chercheurs. En observant de fines lames de gabbros au microscope polarisant, ils ont identifié des quantités importantes d’orthopyroxène, un silicate de magnésium que l’on croyait absent de la croûte inférieure. Cette découverte signifie que les réactions chimiques qui contribuent à la formation de cette partie de la croûte devront être réévaluées.

Une autre découverte met en doute l’une des principales théories de la formation de la croûte océanique inférieure. Elle concerne l’olivine, également un silicate de magnésium, que l’on trouve sous forme de petits cristaux dans des intrusions sur Terre, mais que l’on ne s’attendait pas à trouver dans la croûte océanique. Toutefois, d’autres analyses devront être effectuées car les chercheurs n’ont extrait qu’une carotte représentant une infime partie de la croûte en un seul lieu. Pour avoir confirmation de cette dernière découverte, il faudra effectuer d’autres carottages dans la couche océanique inférieure.

http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature12778.html.

 

drapeau anglaisAn international expedition of 30 researchers has just revealed new discoveries about the Earth’s development. The scientists recovered the first-ever drill core from the lower crust of the Pacific Ocean. Their findings are described in the December 1st 2013 issue of Nature in a paper titled « Primitive Layered Gabbros from Fast-Spreading Lower Oceanic Crust. » (see link below).

It is well known that oceanic crust makes up two-thirds of the Earth’s surface and forms from the rise of magma at mid-ocean ridge spreading centres. However, the deepest levels of this process are hidden from view due to the miles of upper volcanic crust on top. So, until now scientists had only been able to make guesses about the formation of the lower crust based on seismic evidence and the study of rocks found on land.

The researchers travelled to the Hess Deep, a large rift valley near the triple junction between the Pacific, Nazca and Cocos plates. There, they recovered core sections of gabbros that formed more than two miles beneath the sea floor. Gabbros are magmatic rocks produced by the partial fusion of mantel peridotite ; contrary to basalts, they underwent a slow cooling, thus a partial crystallisation, which gives them a coarse-grained structure.

The two-month expedition confirmed for the first time the widespread existence of layered gabbros in the lower crust. This observation had been predicted by plate tectonic theory and from ophiolites (fragments of ocean crust) found on land, but only rarely had actual layered rocks been recovered from the ocean floor.

A second surprise was awaiting the explorers. By studying thin slices of the gabbros under polarizing microscopes, the scientists identified substantial amounts of orthopyroxene, a magnesium silicate that was thought to be absent from the lower crust. The discovery means that basic chemical reactions forming the lower crust will now have to be re-studied.

Another discovery casts doubt on one of the main theories of the construction of the lower ocean crust. It involved the mineral olivine, also a magnesium silicate. This mineral is known to grow in delicate crystals sometimes found in intrusions on land, but never expected in the ocean crust. However, more analyses will need to be made because the researchers just cored a small section of the crust in one place on this expedition. To know for sure, they will have to explore the lower crust more, which will require more drilling.

http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature12778.html

Hess-Deep

Sinabung (Indonésie): Ça continue!

drapeau francaisLe Sinabung est à nouveau entré en éruption hier vendredi, réduisant à néant l’espoir des 17 094 personnes évacuées de revenir chez elles dans les prochains jours. Au cours de plusieurs crises éruptives, le Sinabung a émis des nuages de cendre de 1500 mètres de hauteur. L’activité sismique reste élevée dans le district de Karo.

Le Sinabung reste bien sûr en alerte rouge tandis que la zone de sécurité maintient un rayon de 5 km autour du volcan.

Depuis la grosse éruption du 18 novembre, l’Indonésie conseille aux compagnies aériennes, internationales et domestiques, d’éviter le secteur du Sinabung.

Source : Presse indonésienne.

 

drapeau anglaisMount Sinabung erupted again on Friday, dashing the hopes of 17,094 evacuees staying in shelters of returning home soon. The eruptions sent ash 1,500 metres into the sky and seismic activity in Karo district remained high.

The volcano is kept on red alert and the radius of the evacuation zone is still 5 km.

Indonesia has issued a warning to international and domestic flights to re-route their pathway near Mount Sinabung since it erupted, with the biggest eruption on November 18th.

Source: Indonesian press.

Pompéi: Un site en péril // Pompeii: An endangered site

drapeau francaisCe n’est pas la première fois que j’écris une note sur Pompéi, détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C.  et sortie des cendres au 18ème siècle. Les ruines représentent une vitrine sur la vie des Romains à cette époque, avec des rues et des maisons bien conservées. Avec plus de deux millions de touristes chaque année, Pompéi est l’un des principaux pôles touristiques d’Italie.

Cependant, le site est sérieusement menacé aujourd’hui en raison de la négligence du gouvernement italien. Cinq sites seulement sont ouverts au public, contre 64 en 1956.
L’effondrement de plusieurs murs a généré une nouvelle polémique sur les efforts du gouvernement italien pour maintenir le site. Au début de cette semaine, on a indiqué qu’une partie d’un mur s’était effondrée le long de l’une des principales rues de Pompéi après des semaines d’intempéries. Le plâtre a également lâché prise sur le mur de la Casa della Fontana Piccola, richement ornée de fresques.  .
Suite à une série d’effondrements au cours du mois dernier, les médias italiens ont surnommé le site  » Novembre Noir « .
L’Union Européenne a lancé en février dernier un projet de 105  millions d’euros pour la restauration du site qui est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, mais le travail n’a que partiellement commencé et les appels d’offres des entreprises sont toujours en cours d’examen.
La déclaration d’état d’urgence promulguée il y a cinq ans n’a pas réussi à enrayer la dégradation. Il se dit que les fonds ont été détournés par la mafia, et il y a aussi des rapports de mauvaise gestion et de pillage. L’effondrement de la Casa dei Gladiatori a provoqué un tollé international en 2010.
Les effondrements de cette semaine viennent au mauvais moment pour le gouvernement italien qui, en Octobre, a fait voter un décret pour améliorer l’accès aux sites de Pompéi afin de stimuler le tourisme.
Les médias ont mis en évidence le contraste entre la gestion de Pompéi et une exposition réussie sur la ville antique au British Museum de Londres qui a permis d’attirer un nombre record de visiteurs cette année.

Dans le même temps, Pompéi est en train de renaître de ses cendres avec un film américain qui doit sortir le 21 Février, avec des « effets informatiques incroyables ». Malheureusement  les ordinateurs ne sont pas encore en mesure de restaurer les fresques endommagées.
Source : Presse italienne.

 

drapeau anglaisIt is not the first time I have written a note about Pompeii, a city destroyed by the eruption of Vesuvius in 79 AD and rediscovered in the 18th century. The ruins display a showcase of the life of the Romans by that time, with well preserved streets and houses. With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

However, the site is under serious threat today because of the neglect of the Italian government. Just five individual sites are open to the public, compared with 64 in 1956.

Collapsing walls at the ancient Roman city have raised fresh concerns about Italy’s efforts to maintain the site. Early this week, it was reported that part of a wall had collapsed on one of Pompeii’s major streets after weeks of heavy rains and wind. Plaster had also fallen off the wall of the ornately frescoed House of the Small Fountain.

A series of collapses in Pompeii over the last month led Italian media to dub it a “Black November”.

The European Union launched a €105-million restoration project for the UNESCO World Heritage site in February but work has only partially begun as bids by companies for contracts are still being assessed.

The declaration of a state of emergency five years ago failed to halt the deterioration. There are allegations that funds were siphoned off by the mafia, together with reports of mismanagement and looting. The collapse of the frescoed House of the Gladiators caused international outcry in 2010.

This week’s collapses come at an embarrassing moment for the government which in October passed a decree to improve access to Italy’s heritage sites in order to stimulate tourism.

Italian media have highlighted the contrast between the management of Pompeii and a successful exhibition at the British Museum in London about the ancient city, which helped attract record numbers of visitors this year.

The EU’s regional fund spent €7.7-million on restoration at Pompeii during 2000-2006, but today just five individual sites are open at any one time due to damage, compared with 64 in 1956.

With more than two million tourists each year, Pompeii is one of Italy’s top attractions.

Meantime, the buried city of Pompeei is set to rise from the ashes with an American film due to be released on February 21st with “amazing computer effects”. Unfortunately, computer effects are not yet able to restore the damaged frescoes.

Source : Italian newspapers.

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(Photo:  C. Grandpey)