Le hit-parade des volcans meurtriers

Je viens de lire un article intéressant dans la presse américaine. Il s’appuie sur la littérature scientifique pour dresser un hit-parade des grandes éruptions volcaniques. Très justement, le journaliste auteur de l’article fait remarquer que des éruptions cataclysmales se sont produites bien avant que des hommes aient pu les observer. De plus, même en présence de l’Homme, les pires éruptions n’ont pas forcément fait beaucoup de victimes du fait de la maigre population sur le globe en ces temps immémoriaux. En fait, le nombre de victimes a augmenté en même temps que notre planète se peuplait. On peut estimer le nombre de « morts volcaniques » à 315 par an entre 1600 et 1900, et à 845 depuis le début du 20ème siècle.

Les auteurs de l’article ont établi le palmarès suivant, en commençant par la fin, histoire de faire durer le suspense !

 

16ème :  Le Galunggung (1882), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 4 000 morts, essentiellement à cause des coulées de boue.

15ème :  Le Mont Lamington (21 janvier 1951),  Nouvelle Guinée. Bilan: 3 000 à 5 000 morts, essentiellement à cause de coulées pyroclastiques. Les géologues australiens ignoraient jusqu’à son existence.

 

14ème :  Le Kelut (19 mai 1919), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 104 villages détruits et 5 000 morts, essentiellement à cause des lahars.

13ème : .Le Vésuve (Décembre 1631), Italie. Bilan: 4 000 à 6 000 morts.

 

12ème : Le Skaptar et le Laki (juin 1783 – février 1784),  Islande. Bilan : 9 000 à 10 000 morts (sur une population islandaise de 50 000 personnes), essentiellement à cause de la famine qui a fait suite à l’éruption.

11ème :  L’Unzen (1792), Japon. Bilan: 14 000 à 15 000 morts, essentiellement à cause d’un effondrement du volcan et du tsunami qui a suivi. La pire catastrophe volcanique au Japon.

10ème : L’ Etna (1185), Sicile / Italie. Bilan : 15 000 morts.

9ème : Le Vésuve (24 avril 79). Italie. Bilan: 10 000 à 20 000 morts.  

8ème : L’Etna (mars – avril 1669), Sicile / Italie. Bilan: 20,000 morts. L’éruption s’est accompagnée d’un séisme qui a détruit Nicolosi.
   
7ème : Le Nevado del Ruiz (13novembre 1985), Colombie. Bilan: 23 000 à 25 000 morts, essentiellement à cause de la coulée de boue qui a détruit Armero. 

6ème : La Montagne Pelée (mai 1902), Martinique. Bilan : 30 000 à 40 000 morts, à cause des coulées pyroclastiques qui détruisirent St Pierre.

5ème : Le Krakatoa (26 – 28 août 1883), Détroit de la Sonde. Bilan: 36 000 morts, à cause du tsunami qui a suivi l’éruption.  

4ème : Le Tambora (10 – 15 avril 1815), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 92 000 morts (10 000 à 12 000 par l’éruption, 82 000 à cause de la famine). L’éruption généra énormément de cendre. Toute la planète fut affectée. 1816 fut « l’année sans été ».

3ème : Santorin (1360 avant J.C.), Grèce. Bilan inconnu. On estime que l’éruption fut 300 fois plus puissante que la bombe atomique de Nagasaki. Elle a anéanti la civilisation minoenne.
 
2ème : Taupo (186), Nouvelle Zélande. On pense que l’éruption a été encore plus violente que celle de Santorin ou du Tambora. Elle n’a toutefois guère eu d’impact sur les hommes dans la mesure où la Nouvelle Zélande n’était pas habitée à cette époque.   

 

1er :  Le Mont Toba, (71 000 ans avant J.C.), Ile de Sumatra / Indonésie.

On estime que l’éruption a produit 2 800 kilomètres cubes de cendre et qu’elle a été 28 fois plus violente que celle du Tambora en 1815. Elle aurait effacé la race humaine du globe, réduisant la population à quelque 10 000 individus.     

 

 

Une réflexion au sujet de « Le hit-parade des volcans meurtriers »

  1. Je suis surpris par les 20 000 morts attribué à l’Etna en 1669 et les 15 000 de 1185.

    D’après « l’Etna et le monde des volcans », de J.C. TANGUY et G. PATANE, chez Diderot édition, il y a eu un violent épisode sismique le 4 février 1169 qui détruisit Catane et fit 15000 mort. Il n’y a aucun lien avec une éruption, malgré des descriptions faisant état des « incendies de l’Etna brulant ». D’après les auteurs, une confusion aurait rapproché les faits avec une coulée dites de « 1381 » qui aurait lieu en réalité avant le séisme (correction apporté par le magnétisme des coulées)
    .
    Dans le cas de 1669, c’est à mon avis la classique confusion avec le séisme de 1693 qui fit 60000 mort. Toujours dans le même livre, l’extrait de récit du physicien Borelli parle des secousses qui ébranlèrent Nicolosi a partir du 25 février, ce qui fit que la population se mit à résider en plein air, et culmina le 8 et 11 mars avec l’ouverture de la bouche éruptive.
    Les nuits dehors en plein hiver et le déplacement de population fit probablement des victimes, mais pas la totalité de la population de Nicolosi.
    De plus dans les récits d’ascension de l’Etna que l’on trouve sur Gallica ou Europeana (ou google books), les voyageurs parlent de la destruction de Nicolosi, mais pas de la mort de 20000 personnes, tragédie qui 150 ans plus tard serait encore bien présente dans les esprits.

    Il y a parfois une propension à l’exagération qui n’apporte pas grand chose, si ce n’est une perte globale de crédibilité (sur un autre sujet voir les dégâts en cours sur le rapport du GIEC)

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