Un peu de fraîcheur limousine!

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C’est la troisième offensive de l’hiver avec neige et verglas en Limousin. Moins 7°C au thermomètre ce matin! Brrrr! A quelques pas de mon domicile, voici le petit village de Bagoulas en ce dernier jour du mois de janvier….
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Le hit-parade des volcans meurtriers

Je viens de lire un article intéressant dans la presse américaine. Il s’appuie sur la littérature scientifique pour dresser un hit-parade des grandes éruptions volcaniques. Très justement, le journaliste auteur de l’article fait remarquer que des éruptions cataclysmales se sont produites bien avant que des hommes aient pu les observer. De plus, même en présence de l’Homme, les pires éruptions n’ont pas forcément fait beaucoup de victimes du fait de la maigre population sur le globe en ces temps immémoriaux. En fait, le nombre de victimes a augmenté en même temps que notre planète se peuplait. On peut estimer le nombre de « morts volcaniques » à 315 par an entre 1600 et 1900, et à 845 depuis le début du 20ème siècle.

Les auteurs de l’article ont établi le palmarès suivant, en commençant par la fin, histoire de faire durer le suspense !

 

16ème :  Le Galunggung (1882), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 4 000 morts, essentiellement à cause des coulées de boue.

15ème :  Le Mont Lamington (21 janvier 1951),  Nouvelle Guinée. Bilan: 3 000 à 5 000 morts, essentiellement à cause de coulées pyroclastiques. Les géologues australiens ignoraient jusqu’à son existence.

 

14ème :  Le Kelut (19 mai 1919), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 104 villages détruits et 5 000 morts, essentiellement à cause des lahars.

13ème : .Le Vésuve (Décembre 1631), Italie. Bilan: 4 000 à 6 000 morts.

 

12ème : Le Skaptar et le Laki (juin 1783 – février 1784),  Islande. Bilan : 9 000 à 10 000 morts (sur une population islandaise de 50 000 personnes), essentiellement à cause de la famine qui a fait suite à l’éruption.

11ème :  L’Unzen (1792), Japon. Bilan: 14 000 à 15 000 morts, essentiellement à cause d’un effondrement du volcan et du tsunami qui a suivi. La pire catastrophe volcanique au Japon.

10ème : L’ Etna (1185), Sicile / Italie. Bilan : 15 000 morts.

9ème : Le Vésuve (24 avril 79). Italie. Bilan: 10 000 à 20 000 morts.  

8ème : L’Etna (mars – avril 1669), Sicile / Italie. Bilan: 20,000 morts. L’éruption s’est accompagnée d’un séisme qui a détruit Nicolosi.
   
7ème : Le Nevado del Ruiz (13novembre 1985), Colombie. Bilan: 23 000 à 25 000 morts, essentiellement à cause de la coulée de boue qui a détruit Armero. 

6ème : La Montagne Pelée (mai 1902), Martinique. Bilan : 30 000 à 40 000 morts, à cause des coulées pyroclastiques qui détruisirent St Pierre.

5ème : Le Krakatoa (26 – 28 août 1883), Détroit de la Sonde. Bilan: 36 000 morts, à cause du tsunami qui a suivi l’éruption.  

4ème : Le Tambora (10 – 15 avril 1815), Ile de Java / Indonésie. Bilan : 92 000 morts (10 000 à 12 000 par l’éruption, 82 000 à cause de la famine). L’éruption généra énormément de cendre. Toute la planète fut affectée. 1816 fut « l’année sans été ».

3ème : Santorin (1360 avant J.C.), Grèce. Bilan inconnu. On estime que l’éruption fut 300 fois plus puissante que la bombe atomique de Nagasaki. Elle a anéanti la civilisation minoenne.
 
2ème : Taupo (186), Nouvelle Zélande. On pense que l’éruption a été encore plus violente que celle de Santorin ou du Tambora. Elle n’a toutefois guère eu d’impact sur les hommes dans la mesure où la Nouvelle Zélande n’était pas habitée à cette époque.   

 

1er :  Le Mont Toba, (71 000 ans avant J.C.), Ile de Sumatra / Indonésie.

On estime que l’éruption a produit 2 800 kilomètres cubes de cendre et qu’elle a été 28 fois plus violente que celle du Tambora en 1815. Elle aurait effacé la race humaine du globe, réduisant la population à quelque 10 000 individus.     

 

 

Les volcans aux Lilas (Seine-Saint-Denis)

La délégation Paris-Ile-de-France de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) organise une animation le samedi 6 février 2010 de 14H30 à 18H00 à l’auditorium du Centre Culturel des Lilas, 35 Place Charles De Gaulle, 93260 Les Lilas (à 400m du métro Mairie des Lilas).

J’aurai le plaisir d’y présenter mes trois diaporamas argentiques (en fondu-enchaîné sonorisé) les plus récents :

         « La descente des Cascades« , « Welcome to New Zealand » et « Alaska, la dernière frontière« .

 

Egalement au programme :

  « Les volcans de l’Aveyron » par Frederic Lavachery, fils d’Haroun Tazieff.       

– « La Soufrière de Montserrat en décembre 2009  par Norbert Choisi, délégué Paris-Ile-de-France.

 

Des boissons seront servies à mi-séance. Entrée 5 euros pour les non-Lilasiens.

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White Island, volcan actif de Nouvelle Zélande.
(Photo: C. Grandpey)

Volcans du Kamchatka (Russie)!

drapeaufrancais.jpgVoici ce qui pourrait bien être le dernier rapport d’activité émis par le KVERT à propos de trois des principaux volcans du Kamchatka, entre le 15 et le 22 janvier 2010.

Karymsky :

L’activité sismique est supérieure à la normale,  peut-être à cause de panaches de cendre s’élevant à 3 km d’altitude. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

Kliuchevskoi :

Là aussi, l’activité sismique reste supérieure à la normale et la lave continue à s’écouler sur le versant NO du volcan. L’activité strombolienne éjecte périodiquement des matériaux à 300 mètres au-dessus du cratère. Des explosions phréatiques se produisent sur le front de coulée avec des matériaux propulsés jusqu’à 4,5 ou 8 km d’altitude. Le niveau d’alerte reste à l’Orange.

Shiveluch :

L’activité sismique est supérieure à la normale, peut-être à cause de panaches de cendre montant jusqu’à 4,7 km d’altitude. L’analyse des images satellites a révélé une importante anomalie thermique au niveau du dôme de lave. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

 

 drapeau anglais.jpg

According to what could be KVERT’s last report, here is the situation of three of Kamchatka’s most active volcanoes between January 15th and 22nd 2010.

Karymsky:

Seismic activity was above background levels, possibly indicating that ash plumes rose to an altitude of 3 km a.s.l.  The alert level remains at Orange

Kliuchevskoi:

Seismic activity was above background levels and lava continued to flow down the NW flank. Strombolian activity periodically ejected material 300 m above the crater. Phreatic explosions from the front of the lava flow ejected material that rose to altitudes of 4.5-8 km a.s.l.  The alert level remains at Orange.

Shiveluch:

Seismic activity was above background levels, possibly indicating ash plumes rising to an altitude of 4.7 km a.s.l. Analyses of satellite imagery revealed a large thermal anomaly from the lava dome. The alert level remains at Orange.  

Une nouvelle inquiétante!

drapeaufrancais.jpgVoici une mauvaise nouvelle ! Suite à un arrêt de son financement par le gouvernement russe à partir du 1er février 2010, le Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) ne sera plus en mesure de diffuser les informations sur l’activité volcanique au Kamchatka et dans les Iles Kouriles septentrionales.

Il faut savoir que le KVERT est le seul organisme de contrôle des volcans du Kamchatka. De nombreux vols internationaux survolent la région et sont donc susceptibles d’être affectés par des éruptions. Si les informations venaient à manquer, le risque de perturbations, voire d’accidents, serait bien réel.

Parmi les services que le KVERT ne pourra plus assurer figurent les couleurs du niveau d’alerte à l’attention de la navigation aérienne ainsi que les bulletins d’activité volcanique pour le Kamchatka et les Kouriles. De plus, le KVERT ne pourra plus mettre à jour son site web et les informations volcaniques qui y sont présentées.

Il s’agit donc d’une situation très regrettable. Les volcans du Kamchatka ne sauraient être laissés sans surveillance. De deux choses l’une : soit le gouvernement russe sera sensible aux pressions qui lui seront faites pour qu’il revoit sa position, soit un accord international permettra au KVERT de recevoir de l’argent pour pouvoir continuer à fonctionner. Un autre pays pourrait aussi intervenir, à condition que cela soit possible.

Une telle situation s’est déjà produite en 1994 et en 2007, année où le KVERT a cessé de donner des informations entre le 1er mars et le 9 avril.

 

drapeau anglais.jpgHere is a bad piece of news! Due to a loss of government funding beginning February 1st  2010, the Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) will no longer
distribute information regarding volcanic activity in Kamchatka and the Northern Kuriles.

KVERT monitors the active volcanoes of the Kamchatka Peninsula. Many international air routes pass through airspace potentially affected by volcanic eruptions, and there is a very high risk of flight disruption, and even of accidents and loss of life, if volcanic activity in this region is not properly monitored.

Among the different KVERT services that will be suspended, there is the assignment of Aviation Color Codes and the information releases about current activity and forecasts activity of volcanoes of Kamchatka and Northern Kuriles to all users. In addition, KVERT will no longer maintain its public web site with volcano information.
This is a real problem. The Kamchatka volcanoes cannot be left unmonitored: either the Russian government must be pressured to reconsider its position, or some kind of international arrangement will have to be made through which either KVERT funding can be continued or another country will have to step in, if that is possible.

This kind of problem already occurred in 1994 and 2007 with no news release between March 1st and April 9th.  

Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

drapeaufrancais.jpgDans son rapport hebdomadaire couvrant la semaine du 15 au 22 janvier 2010, le MVO indique que le niveau d’activité a été “variable” au cours de la semaine écoulée. Le dôme continue de croître avec une activité qui se déroule en cycles espacés de 6 à 8 heures. Ces cycles comportent des émissions de cendre, des effondrements et des coulées pyroclastiques. Leur intensité a décliné quelque peu au cours de la semaine. Le 18 janvier, un événement important a affecté pendant 45 minutes le versant occidental du volcan. Je l’ai décrit dans ma dernière note à propos de Soufriere Hills. Pour mémoire, de volumineuses coulées pyroclastiques se sont engouffrées dans Gages Valley, puis dans Spring Ghaut et Aymer‘s Ghaut avant d’atteindre la mer à Kinsale où plusieurs maisons ont été recouvertes de matériaux et ont pris feu.

drapeau anglais.jpgIn its weekly report covering the week 15 – 22 January 2010, MVO indicates that activity has been variable over the past week. Dome growth has continued and increased activity is occurring in cycles every 6 – 8 hours. These cycles involve ash venting, rockfalls and pyroclastic flows. The intensity of these cycles has decreased slightly through the week.  .

On January 18th a sustained event occurred on the western side of the volcano lasting 45 minutes. I described it in my previous note about Soufriere Hills. Let’s just remember that large pyroclastic flows travelled down the Gages Valley into Spring Ghaut and on into Aymer’s Ghaut, reaching the sea at Kinsale  where several houses have been buried and set on fire.  

 

La technologie spatiale au service du Nyamulagira (République Démocratique du Congo)

Le 2 janvier 2010, quand le Nyamulagira est entré en éruption, on a craint que les 100 000 habitants de la ville de Sake soient menacés. A Goma s’est propagée la rumeur qu’une éruption était imminente sur le Nyiragongo, semblable à celle qui avait détruit la ville en 2002.

Dans le cadre du projet GORISK, les scientifiques et les autorités locales ont utilisé les images fournies par l’Agence Spatiale Européenne grâce au satellite Envisat, des données sismiques et des survols en hélicoptère pour contrôler la situation sur le Nyamulagira et rassurer les populations.

Le projet GORISK, financé par le Bureau de Politique Scientifique belge et le Fond national de la Recherche au Luxembourg a pour but d’améliorer et de mettre en place des techniques de surveillance du Nyiragongo et du Nyamulagira à travers des observations au sol et depuis l’espace.

Ainsi, en comparant les images d’Envisat acquises avant et après l’éruption du Nyamulagira, l’équipe GORISK a été en mesure de mieux détecter la trajectoire des coulées de lave.

De plus, pour comprendre les déformations de terrain pendant l’éruption, l’équipe GORISK a utilisé une technique nommée « interférométrie SAR », ou InSAR, qui permet de construire un ‘interférogramme » en analysant les différences entre deux signaux radar captés sur une même zone terrestre à des moments différents. Le premier interférogramme analysé après le début de l’éruption du Nyamulagira – avec référence à des données du 7 décembre 2009 et du 8 janvier 2010 – a montré la déformation du sol causée par l’éruption.

L’équipe GORISK contrôle systématiquement ce secteur du Congo avec la technologie InSAR depuis 2005 et continue à acquérir six nouveaux profils SAR chaque mois. Les milliers d’interférogrammes traités par ordinateur ont donné une image détaillée et précise du site, en particulier au niveau des déformations du sol.

La technologie InSAR a également été appliquée au Nyiragongo afin de détecter de possibles signes d’activité éruptive.