Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Aucun événement volcanique majeur n’a été observé au cours de la semaine écoulée.

La température de l’eau dans le lac de cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) reste élevée. Le tremor volcanique montre un des niveaux les plus élevés observés au cours des 9 dernières années. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Au cours des huit derniers jours, la température du lac de cratère est passée de 32 °C à 36 °C. Un échantillonnage de l’eau et du gaz dans le lac ainsi qu’un vol de reconnaissance ont été effectués la semaine dernière. L’analyse de l’eau et du gaz ne montre pas de changements significatifs dans le système hydrothermal qui alimente le lac. GNS Science précise que les résultats à ce jour sont typiques du début d’un cycle de réchauffement, sauf que les valeurs du tremor sont anormalement élevées. Il est probable que les gaz et les fluides en provenance du magma peu profond sous le volcan interagissent avec le système hydrothermal du lac de cratère, ce qui provoque un réchauffement du lac, une hausse du tremor et une augmentation des émissions de gaz à la surface.
Comme je l’ai déjà écrit, le Ruapehu peut entrer en éruption sans prévenir lorsqu’il montre des signes d’activité élevée.
Source : GNS Science.

Le lac de cratère du Ruapehu avant les derniers événements (Photo : C. Grandpey)


Le lac de cratère du Ruapehu en ce moment. On remarquera le changement de couleur de l’eau suite à la remontée des sédiments (Source : GNS Science).

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L’essaim sismique sous la partie occidentale de São Jorge (Açores) qui a commencé le 19 mars 2022 se poursuit. Le 31 mars, 714 événements ont été détectés. Au fil de la semaine, le nombre d’événements quotidiens a fluctué de 397 le 1er avril à 592 le 5 avril ; leur magnitude était relativement faible.

Le 6 avril, le CIVISA a signalé avoir détecté des séismes volcano-tectoniques pour la première fois depuis le début de la crise. Aussi connus sous le nom séismes volcano-tectoniques hybrides, ils se produisent lorsqu’il y a cohabitatin d’événements tectoniques haute fréquence et basse fréquence. Ils trahissent habituellement des mouvement de magma en profondeur.

Le 4 avril, deux jours avant la détection des séismes hybrides, le CIVISA a indiqué qu' »il existait une réelle possibilité d’éruption volcanique à São Jorge, « mais rien ne prouve qu’elle soit imminente. »

Le niveau d’alerte reste à 4 (sur une échelle de 0 à 6).
Source : CIVISA.

Source : CIVISA

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L’activité du Kilauea (Hawaii) est relativement stable et reste confinée dans le cratère de l’Halema’uma’u. Le tremor et les émissions de SO2 restent élevées. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).

 

Image thermique de l’Halema’uma’u (Source: HVO)

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Karymsky et le Sheveluch. Elle est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

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L’activité du Sabancaya (Pérou) reste stable avec une quarantaines d’événements explosifs chaque jour et des panaches de cendre qui montent à environ 2 km au-dessus du sommet.

Source: IGP.

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Une augmentation du nombre de séismes volcano-tectoniques est enregistrée sur le Puracé (Colombie). Un événement le 29 mars 2022 avait une magnitude de M 3,3. Le même jour, deux fissures d’environ 40 m de long ont émis du gaz et de la vapeur. Le 30 mars, le niveau d’alerte volcanique a été porté à 3, ce qui équivaut à la couleur Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano (SGC).

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Les explosions au niveau du cône dans le lac Voui à Ambae (Vanuatu) continuent de produire de la vapeur et des émissions de cendres. De légères retombées de cendres sont signalées dans les villages voisins. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est invité à rester à au moins 2 km des bouches actives du lac Voui et à l’écart des ravines lors de fortes pluies.

Il n’y a plus d’incandescence nocturne dans le cratère du Benbow à Ambrym, bien que des émissions de vapeur soient toujours observées. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Le public doit rester à au moins 1 km du cratère du Benbow et à 2 km du cratère du Marum.

L’activité du Yasur est toujours intense. Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 0 à 4). Des émissions de cendres et de gaz et de fortes explosions continuent d’être enregistrées, avec des bombes qui retombent dans et autour du cratère. Il est rappelé au public de ne pas pénétrer dans la zone réglementée de 600 m autour du cône (Zone de danger A).
Source : Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD).

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L’éruption de l’Anak Krakatau (Indonésie) se poursuit. Le 30 mars, une éruption qui a duré 96 secondes a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 700 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 2 km du cratère.
Source : CVGHM.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

No major volcanic event has been observed during the past week.

Water temperature in Mt Ruapehu‘s crater lake (New Zealand) remains elevated. The volcanic tremor at the volcano is now among the highest levels seen over the past 9 years. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Colour Code at Yellow.

Over the past eight days, the temperature at the crater lake has risen further from 32 °C to 36 °C. Crater lake water and gas sampling and an airborne gas flight were completed last week. Analysis of the water and gas do not indicate significant changes in the geothermal system feeding into the lake. GNS Science specifies that the results to date are typical for the beginning of a heating cycle with the exception that tremor values are unusually high. Gas and fluids from the shallow magma under the volcano are interacting with the crater lake geothermal system, causing heating of the lake, volcanic tremor, and increases in gas emission at the surface.

As I put it before, Mt Ruapehu has the potential to erupt with little or no warning when in a state of elevated volcanic unrest.

Source : GNS Science

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The seismic swarm beneath the W half of São Jorge (Azores) that began on March 19th, 2022 continues. On March 31st, there were 714 seismic events detected, according to a preliminary analysis of seismic records. As the week progressed, the number of daily events fluctuated from 397 on April 1st to 592 on April 5th; their magnitudes were relatively low.

On April 6th, CIVISA reported they detected volcano-tectonic earthquakes for the first time since the crisis started. Also known as hybrid, volcano-tectonic earthquakes happen when there is a fusion of high-frequency tectonic tremors with low-frequency volcanic ones. They suggest the movement of magma at depth.

On April 4th, two days before the detection of hybrid earthquakes, CIVISA warned that ‘there is a real possibility of a volcanic eruption in São Jorge, « but there is no evidence that it is imminent. »

The Alert Level remains at 4 (on a scale of 0-6).

Source: CIVISA.

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Activity at Kilauea Volcano (Hawaii) is stable and remains confined within Halemaʻumaʻu crater, The tremor and the SO2 emission rates remain elevated. The aviation color code and the volcano alert level remain at Orange and Watch, respectively.

Source: HVO.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Karymsky and Sheveluch. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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Activity remains stable at Sabancaya (Peru) with an average of about 40 daily explosive events and ash plumes that rise about 2 km above the summit.
Source: IGP.

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An increase in the number of volcano-tectonic earthquakes is recorded at Puracé (Colombia). An event on March 29th had a magnitude of M 3.3. That same day, two cracks approximately 40 m long produced gas-and-steam emissions. On March 30th, the Volcano Alert Level was raised to 3 or Yellow (the second level on a four-color scale).

Source: Servicio Geológico Colombiano (SGC)

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Explosions at the cone in Ambae’s Lake Voui (Vanuatu) continues to produce steam and ash emissions. Light ashfall is reported in nearby villages. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay at least 2 km from the active vents in Lake Voui, and away from drainages during heavy rains.

Nighttime crater incandescence from Ambrym’s Benbow Crater is no longer visible, though steam emissions are still observed. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5). The public should stay at least 1 km around Benbow Crater and a 2 km around Marum Crater.

Activity at Yasur is still intense. The alert level is kept at 2 (on a scale 0 – 4). Ash-and-gas emissions and loud explosions continued to be recorded, with bombs falling in and around the crater. The public is reminded not to enter the restricted area within 600 m around the cone (Danger Zone A).

Source: Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD)

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The eruption at Anak Krakatau (Indonesia) continues. On March 30th, an eruption that lasted 96 seconds generated a gray-black ash plume that rose 700 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 2 km away from the crater.

Source: CVGHM.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Hawaii : l’éruption du Kilauea en 2018 comparée à d’autres // Hawaii : the 2018 Kilauea eruption compared to others

L’éruption du Kīlauea en 2018 a eu des effets dévastateurs sur le district de Puna; elle a détruit des centaines de maisons et affecté de manière permanente la vie de milliers d’habitants. La volumineuse coulée de lave émise par le volcan a eu un impact majeur sur l’île d’Hawaii. Il est intéressant de comparer cette éruptions à d’autres qui, elles aussi, ont émis de volumineuses coulées de lave.
Des mesures effectuées par l’US Geological Survey (USGS) révèlent que le volume de lave émise lors de l’éruption de 2018 était d’environ 1,4 kilomètres cubes. L’estimation a une marge d’erreur car il est difficile de mesurer le volume de lave qui s’est déversée dans l’océan. .
S’agissant de la comparaison avec d’autres éruptions, il faut remarquer qu’il y en a relativement peu dans le monde à avoir émis plus d’un kilomètre cube de lave au cours des cent dernières années.
La plus importante à Hawaï au cours des derniers siècles a été l’éruption Pu’uO’o de 1983 qui a produit 4,4 kilomètres cubes de lave. Cependant, cette éruption a duré 35 ans contre 4 mois pour l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone. L’éruption du Pu’uO’o a détruit 215 structures, contre plus de 700 lors de l’éruption de 2018.

Photo: C. Grandpey

D’autres coulées de lave de grande ampleur se sont produites en Russie et en Islande. L’éruption du Tolbachik (Kamchatka) en 1975-1976 a duré un an et demi et a produit environ 2 kilomètres cubes de lave.

Source : KVERT

En 2014-2015, l’éruption de six mois du Bárðarbunga (Islande) a produit la coulée de lave Holuhraun, d’un volume d’environ 1,4 kilomètre cube.

Crédit photo: Iceland Review

Lors des éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga, les coulées de lave sont sorties des flancs du volcan et ont entraîné un affaissement au sommet lorsque la chambre magmatique s’est vidangée. C’est aussi ce qui s’est passé en 2018 sur le Kilauea. Les éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga se sont produites dans des zones reculées, sans destruction de zones habitées.
Une éruption sur l’île de Lanzarote (îles Canaries) de 1730 à 1736 figure également sur la liste des grands événements effusifs. Elle a produit 2 kilomètres cubes de lave et détruit de nombreux villages sur le flanc du volcan.

Photo: C. Grandpey

La récente éruption du Cumbre Vieja, à La Palma (îles Canaries) en 2021 a été impressionnante mais aucune estimation du volume de lave émise n’a été publiée jusqu’à présent. Quel que soit ce volume, la destruction a été immense, avec environ 3 000 bâtiments recouverts par la lave.

Une autre grande éruption a débuté sur le Paricutin (Mexique) en 1943, lorsqu’une fissure s’est ouverte dans un champ de maïs. Elle a continué pendant 9 ans, avec une coulée de lave d’un volume de 1,6 kilomètres cubes.

Source: Wikipedia

Cependant, aucune de ces éruptions ne saurait rivaliser avec l’éruption du Laki (Islande) en 1783. En huit mois, environ 14,7 kilomètres cubes de lave ont recouvert la région et détruit plusieurs dizaines de villages. Les gaz volcaniques ont empoisonné le bétail et détruit les récoltes, entraînant une famine majeure en Islande, avec des milliers de victimes. L’éruption a également eu un impact sur les conditions météorologiques en Europe.

Photo: C. Grandpey

Il manque peut-être d’autres coulées de lave de plus d’un kilomètre cube dans cette compilation rapide, mais il n’en reste pas moins que ce sont des événements très rares.

Source : HVO.

Un visiteur de mon blog me fait remarquer à juste raison que le volcan sous-marin au large de Mayotte a émis un volume de lave estimé par le BRGM à environ 5 kilomètres cubes!

Rappelons que la dernière très longue éruption de l’Etna (1991-1993) dans la Valle del Bove a émis, selon les estimations, entre 200 et 700 millions de m3 de lave. Toutefois, 235 millions de mètres cubes (0,23 km3) semble être le plus proche de la réalité. Ce serait la plus importante éruption en volume émis après celle de 1669 qui a atteint la ville de Catane.

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The 2018 eruption of Kīlauea volcano had devastating effects on the lower Puna District, destroying hundreds of homes and permanently affecting the lives of thousands of residents. The voluminous lava flow had a major impact on the Island of Hawaii. It is interesting to see how it compares to other lava flow eruptions on Earth in recent history.

Recent measurements by U.S. Geological Survey have come to the conclusion that the volume of lava emeitted during the earuption was about 1.4 cubic kilometers.. The estimate has a margin of error because it is difficult to measure the volume of the lava that poured into the ocean.

As far as the comparison is concerned, one should first notice that there are only a handful of lava flow eruptions worldwide in the past few hundred years that have produced more than a cubic kilometer of lava.

The largest in Hawaii in recent centuries was the 1983 Pu’uO’o eruption, which produced 4.4 cubic kilometers of lava. However, that eruption lasted 35 years compared to the 4 months of the 2018 eruption in the Lower East Rift Zone. The Pu’uO’o eruption destroyed 215 structures, compared to over 700 destroyed in the 2018 eruption.

Other large volume lava flows occurred in Russia and Iceland. The Tolbachik eruption of 1975–76, in Kamchatka lasted a year and a half and produced about 2 cubic kilometers of lava.

In 2014–15, the six-month-long eruption of Bárðarbunga in Iceland produced the Holuhraun lava flow, about 1.4 cubic kilometers in volume.

In both the Tolbachik and Bárðarbunga eruptions, the lava flows issued from the flanks of the volcano and triggered subsidence at the summit as the magma chamber drained, similar to what happened in 2018 at Kilauea. The Tolbachik and Bárðarbunga eruptions occurred in remote areas, with no significant destruction of populated areas.

An eruption in the Canary Islands, Spain, made the list as well. The Lanzarote eruption of 1730–1736 produced 2 cubic kilometers of lava and destroyed numerous villages on the flank of the volcano.

The recent eruption of Cumbre Vieja, on La Palma in the Canary Islands, in 2021 was impressive but no volume estimates for the lava flow have been released so far. Regardless of the flow volume, the destruction was immense, with about 3,000 buildings destroyed.

Another large eruption happened at Paricutin volcano, in Mexico, in 1943, when a fissure opened in a cornfield and continued erupting for 9 years, producing a lava flow with a volume of 1.6 cubic kilometers.

None of these eruptions, however, come close to the size and impact of the Laki eruption in Iceland in 1783. Over eight months about 14.7 cubic kilometers of lava covered the landscape, destroying several dozen villages. The volcanic gases poisoned livestock and destroyed crops, leading to a major famine in Iceland that killed thousands. It also affected weather in Europe.

There may be other lava flows greater than one cubic kilometer that are missed in this quick compilation , but the fact remains these are very rare events The 2018 Kīlauea lava flow was among the top lava flow eruptions on Earth in recent centuries.

Source: HVO.

A visitor to my blog reminds us tha the submarine volcano off Mayotte emitted a volume of 5 cubic kilometers of lava, according to BRGM.

Let’s bear in mind that the last very long eruption of Mt Etna (1991-1993) in Valle del Bove emitted, according to estimates, between 200 and 700 million m3 of lava. However, 235 million cubic meters (0.23 km3) seems to be the closest number to reality. It was probably the largest eruption by volume emitted after the 1669 eruption that reached the city of Catania.

Vue de l’éruption du Kilauea en 2018 (Sourc: HVO)

Retour sur l’éruption de Kamoamoa (Hawaii) en 2011 // The Kamoamoa eruption (Hawaii) in 2011

Au cours des 35 années qu’elle a duré, l’éruption du Pu’uO’o dans la Middle East Rift Zone (MERZ) du Kilauea a été l’occasion pour les scientifiques d’améliorer leur travail de recherche et de surveillance des volcans hawaiiens. Même les éruptions de courte durée, comme celle de Kamoamoa qui a duré quatre jours en 2011, ont offert des informations importantes.
Dans les mois qui ont précédé l’éruption de Kamoamoa, la lave a rempli le cratère du Pu’uO’o. Une inflation continue a été enregistrée au sommet du Kilauea et le long de la MERZ. Au fur et à mesure que le système se pressurisait, la sismicité augmentait dans la partie supérieure de la Zone de Rift Est (East Rift Zone) et le lac de lave sommital atteignait ses niveaux les plus élevés..
Le 5 mars 2011, une secousse et une augmentation de l’activité sismique, accompagnées d’une déflation rapide du Pu’uO’o, ont été observées en début d’après-midi. Un intrusion dans la partie supérieure de la zone de rift a fait s’évacuer le magma qui se trouvait sous le Pu’uO’o. Peu de temps après, le plancher du Pu’uO’o a commencé à s’affaisser et le niveau du lac de lave sommital a chuté.
Alertés par des alarmes sismiques en temps quasi réel et des données de déformation, les scientifiques du HVO ont rapidement effectué un survol de la zone et ont pu assister au début de l’éruption de Kamoamoa entre le Pu’uO’o et le cratère Napau.
Au cours des premiers jours, l’activité éruptive a oscillé entre deux systèmes de fractures, avec des bouches dont l’activité alternait. En début de journée le 8 mars 2011, l’éruption s’est concentrée sur les deux extrémités opposées des fractures. L’activité a diminué dans l’après-midi du 9 mars, et l’épisode éruptif de Kamoamoa a pris fin vers 22h30..
Le dyke et l’éruption qui a suivi ont joué un rôle de soupape et permis l’évacuation de la pression qui s’était accumulée depuis des mois dans le système d’alimentation du Kilauea.
Pendant l’éruption, afin de compléter les données en temps quasi réel fournies par les stations de surveillance du HVO, les scientifiques ont également récolté des échantillons de lave, effectué des mesures de gaz, cartographié les coulées de lave et les fractures, pris des photos et des notes sur le terrain. Toutes ces données importantes permettent de mieux comprendre les éruptions volcaniques et leurs processus.
Les analyses de plusieurs échantillons de lave prélevés tout au long de l’éruption ont montré que la lave était initialement plus évoluée que celle collectée sur le champs de lave du Pu’uO’o avant l’éruption de Kamoamoa. Cela signifie que le dyke qui a alimenté l’éruption a d’abord émis – ou s’est mélangé à – un magma plus ancien qui était stocké dans la zone de rift. Au fur et à mesure que l’éruption s’est poursuivie et que du magma juvénile est arrivé dans le système, la composition de lave a évolué pour ressembler à celle qui avait été émise précédemment au niveau du Pu’uO’o. Il est intéressant de noter qu’une évolution semblable de la composition de la lave a été observée au début de l’éruption de 2018.
Source : USGS, HVO.

J’étais à Hawaii quelques jours avant le début de l’éruption de Kamoamoa. Vous pourrez voir ci-dessous quelques photos du puits de lave sommital, du cratère du Pu’uO’o et de l’East Rift Zone où la lave commençait déjà à s’écouler.

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The 35-year-long Pu’uO’o eruption on Kilauea’s Middle East Rift Zone (MERZ) was a remarkable opportunity for scientists to improve volcano research and monitoring. Even short-lived episodes in this eruption, like the four-day-long Kamoamoa eruption, offered important insights.

In the months leading up to the 2011 Kamoamoa eruption, lava filled Pu’uO’o crater. Steady inflation was recorded at the summit and the MERZ. As the system pressurized, seismicity increased in the upper East Rift Zone and the summit lava lake rose to the highest levels recorded before that time.

On March 5th, 2011, seismic tremor and increased earthquake activity, accompanied by rapid deflation at Pu’uO’o, began abruptly in the early afrternoon. An intrusion uprift drew magma away from beneath Pu’uO’o. Shortly after, the Pu’uO’o crater floor began to subside and the summit lava lake level dropped.

HVO alerted by near real-time seismic alarms and deformation data, quickly conducted an overflight of the area and witnessed the start of the Kamoamoa eruption between Pu’uO’o and Napau craters.

In the first few days, eruptive activity shifted around two fissure systems with vents repeatedly starting and stopping. Early on March 8th, the eruption focused on the two opposite ends of the fissures. The activity waned in the afternoon of March 9th, and around 10:30 p.m. the Kamoamoa eruptive episode was over.

The dike and subsequent eruption acted as a pressure release valve of Kilauea’s magma plumbing system that had been pressurizing for months.

During the eruption, to supplement the near real-time data from HVO monitoring stations, scientists also collected lava samples and gas measurements, mapped lava flows and ground cracks, took photos and detailed field notes. These important data sets help to better understand volcanic eruptions and their processes.

Analyses of multiple lava samples taken throughout the eruption showed that the erupted lava was initially more evolved than the lava collected on the Pu’uO’o flow fields prior to the Kamoamoa eruption. This means that the dike which fed the eruption either pushed out, or mixed with, a body of cooler magma that had been stored in the rift. As the eruption continued, the lava compositions began to resemble those previously erupted at Pu’uO’o, as juvenile lava flushed through the system. This is what happened in the beginning of the 2018 eruption.

Source : USGS, HVO.

I was in Hawaii a few days before the start of the Kamoamoa eruption. Here are some photos of the summit lava pit crater, the Pu’uO’o crater and the East Rift Zone where lava was already beginning to flow.

Photos : C. Grandpey

Simulation d’évacuation de la population à Vulcano (Iles Eoliennes)

Le 1er avril 2022, le journal La Sicilia titrait : Eruption à Vulcano, l’île doit être évacuée. Ce n’était pas un poisson d’avril, mais l’annonce d’un exercice de sécurité à venir, suite à la hausse d’activité volcanique observée ces dernières semaines dans le cratère de La Fossa.

Le scénario de l’exercice simulera, à partir du 7 avril, la modification des paramètres de surveillance du volcan, avec l’apparition de phénomènes justifiant le passage du niveau d’alerte Jaune actuel à une situation d’intense crise hydrothermale profonde, avec niveau d’alerte Orange. La situation culminera le samedi 9 avril avec un état d’activité éruptive imminente ou en cours et le déclenchement du niveau d’alerte Rouge.
La journée du 9 avril sera notamment consacrée à des exercices d’évacuation de la population en respectant les voies d’évacuation et les zones d’urgence. Grâce aux panneaux qui seront installés sur l’île, les participants atteindront l’un des deux points de rassemblement : le port de Levante ou la jetée de Gelso . Ensuite, la population sera inviter à une simulation d’embarquement à bord des ferries affrétés par la Région Sicile. Elle participera également à une séance d’information sur les thèmes de l’exercice, avant de débarquer sur le même quai.
Au cours de l’exercice, le système d’alarme IT-Alert à l’attention du public sera testé le 9 avril pour la première fois en Italie par le Département de la Protection civile, en collaboration avec la Préfecture de Messine, la Municipalité de Lipari et l’INGV. Il s’agit d’envoyer des messages vers les téléphones portables des habitants de Vulcano, via la technologie de diffusion cellulaire. IT-Alert. Les citoyens seront informés sur l’exercice en cours et les règles de conduite à adopter. A noter que cette technique de communication est utilisée en Islande pour avertir la population de l’imminence d’une éruption.

Source: La Sicilia.

Il est bon de rappeler, à l’attention de ceux qui désireraient se rendre dans les Iles Eoliennes pendant les vacances de Pâques, que l’accès au cratère de La Fossa est toujours interdit et que les carabiniers auraient tendance à avoir la verbalisation facile. S’agissant de Stromboli, l’ascension ne peut se faire que jusqu’à 400 mètres d’altitude. Le volcan est trop imprévisible en ce moment  pour pouvoir accéder au sommet.

Photo: C. Grandpey