Séquençage du génome d’une victime de l’éruption du Vésuve // Sequencing the genome of a victim of the Vesuvius eruption

Le site de Pompéi n’arrête pas de révéler ses secrets, avec l’aide des scientifiques. C’est ainsi que l’ADN d’un homme victime de l’éruption du Vésuve, découvert à Pompéi, a pu être entièrement séquencé pour la première fois. C’est ce que nous apprend une étude publiée dans la revue Nature. Près de 2000 ans après la catastrophe, on en sait maintenant davantage sur le profil génétique de cet homme et de la population pompéienne de l’époque.

Le squelette a été excavé par les archéologuess dans les années 1930 dans la salle à manger de la Casa del Fabbro à Pompéi, près d’un triclinium, une sorte de chaise-longue utilisée à l’époque par les Romains pour les repas. L’homme, âgé de 35 à 40 ans, qui souffrait de tuberculose, a probablement été surpris en plein déjeuner par l’une des coulées pyroclastiques émises par le volcan. S’agissant de la date de l’éruption, on sait maintenant qu’elle a eu lieu au mois d’octobre 79, et non en août comme on le pensait précédemment. .

D’après les scientifiques, la position et l’orientation du corps laissent à penser que l’homme a dû connaître une mort instantanée. Les restes d’une femme âgée d’une cinquantaine d’années ont également été découverts à ses côtés, mais son ADN n’a pas pu être exploité complètement.

Des analyses avaient pu être effectuées par le passé sur les génomes de victimes, humaines et animales découvertes à Pompéi, mais elles étaient restées à chaque fois incomplètes, faute d’ADN entier. Cette fois, l’ensemble du profil ADN a pu être analysé par des chercheurs danois. Il s’agit d’une réelle prouesse scientifique car l’exploitation des restes d’une victime s’avère en général complexe dans le cas de Pompéi en raison de la température élevée des matériaux émis par le volcan. Toutefois, dans le cas présent, l’éruption a déposé une couche de cendre sur les cadavres, ce qui les a isolés et protégés dune probable dégradation.

Les scientifiques ont par ailleurs eu recours à des méthodes innovantes d’extraction et de séquençage de l’ADN. Ils expliquent qu’elles ont « considérablement augmenté la quantité de données pouvant être obtenues à partir d’échantillons auparavant inadaptés à la recherche génétique. » Les chercheurs ont pu s’appuyer en particulier sur des zones du corps où l’ADN a été très bien préservé : les dents, l’os de l’oreille interne.

Le travail des scientifiques a permis de mettre au jour le profil génétique de l’homme disparu dans la catastrophe de Pompéi. Comparé à celui de 471 profils de type eurasien de la même période, l’ADN du Pompéien est similaire à celui des peuples méditerranéens et proche-orientaux actuels, comme les Grecs ou les Turcs.

Cette découverte est la marque probable d’une « signature génétique » au sein de la population romaine, pourtant d’origines diverses, diffusée par l’Empire et encore présente aujourd’hui.

Les recherches dévoilent par ailleurs la présence d’une forme d’ADN « sarde ». En effet, certaines séquences du génome du Pompéien ne se retrouvent actuellement que chez les habitants de Sardaigne. Ces derniers sont donc probablement issus de populations d’Anatolie ou du Néolithique.

Source: Presse internationale.

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The site of Pompeii does not stop revealing its secrets, with the help of scientists. The DNA of a man, victim of the eruption of Vesuvius, discovered in Pompeii, could be fully sequenced for the first time. This was revealed by a study published in the journal Nature. Nearly 2000 years after the disaster, we now know more about the genetic profile of this man and the Pompeian population of the time.
The skeleton was excavated by archaeologists in the 1930s in the dining room of the Casa del Fabbro in Pompeii, near a triclinium, a kind of chaise-longue used at the time by the Romans for meals. The man, aged 35 to 40, who suffered from tuberculosis, was probably surprised in the middle of lunch by one of the pyroclastic flows emitted by the volcano. Regarding the date of the eruption, we now know that it took place in October 79, and not in August as previously thought. .
According to the scientists, the position and orientation of the body suggest that he must have experienced instantaneous death. The remains of a woman in her 50s were also discovered alongside her, but her DNA could not be fully exploited.
Analyses had been carried out in the past on the genomes of victims, human and animal discovered in Pompeii, but they had remained each time incomplete, for lack of whole DNA. This time, the entire DNA profile could be analyzed by Danish researchers. This is a real scientific feat because the exploitation of the remains of a victim is generally complex in the case of Pompeii because of the high temperature of the materials emitted by the volcano. However, in this case, the eruption deposited a layer of ash on the corpses, which isolated them and protected them from possible degradation.
The scientists also used innovative methods of DNA extraction and sequencing. They explain that they have « significantly increased the amount of data that can be obtained from samples previously unsuitable for genetic research. » The researchers were able to rely in particular on areas of the body where the DNA has been very well preserved: the teeth, the bone of the inner ear.
The work of scientists brought to light the genetic profile of the man who disappeared in the Pompeii disaster. Compared to that of 471 Eurasian-like profiles from the same period, the DNA of the Pompeian is similar to that of present-day Mediterranean and Near Eastern peoples, such as the Greeks or Turks.
This discovery is the probable mark of a « genetic signature » within the Roman population, yet of diverse origins, disseminated by the Empire and still present today. Research also revealed the presence of a « Sardinian » form of DNA. Indeed, certain sequences of the Pompeian genome are currently found only among the inhabitants of Sardinia. The latter are therefore probably from populations of Anatolia or the Neolithic.
Source: International Press.

Moulages de victimes de l’éruption du Vésuve dans l’Orto dei Fuggiaschi, le Jardin des Fugitifs, à Pompéi (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Aucune émission de cendres ou activité explosive n’a été détectée sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes/Alaska) depuis le 12 juin 2022. L’activité sismique se poursuit, mais à de faibles niveaux. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été respectivement abaissés à Jaune et Advisory (surveillance conseillée). .
Source : AVO.

Source: AVO

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En raison d’une forte hausse de la sismicité, l’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte pour Tsurumidake et Garandake (Japon) de 1 à 2 le 8 juillet 2022. Les habitants sont priés de ne pas s’approcher à moins de 1 km du volcan. Les autorités locales ont arrêté le téléphérique de Beppu, évacué Tsukahara Onsen et fermé la route préfectorale 616 près du volcan.
Tsurumidake et Yufudake appartiennent à un groupe de dômes de lave au-dessus de la célèbre station thermale de Beppu (Kyushu). Les coulées pyroclastiques ont dominé les éruptions plus anciennes, tandis que les dômes et coulées de lave ont été observéss lors des éruptions plus récentes.
La dernière éruption a eu lieu en l’an 867 (VEI 3).

 

Source: Smithsonian Institution

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Un touriste américain a été secouru après être tombé dans le cratère du Vésuve (Italie) en essayant de récupérer son téléphone. L’accident s’est produit le 9 juillet 2022. Les médias italiens ont expliqué que le jeune homme de 23 ans prenait un selfie au sommet du volcan mais son téléphone lui a échappé et est tombé dans le cratère. C’est en essayant d’atteindre l’appareil qu’il a fait une chute de plusieurs mètres dans la gueule du volcan.
Les guides du Vésuve, aidés par un hélicoptère de sauvetage, sont descendus en rappel dans le cratère pour tirer l’homme de sa fâcheuse position. Il a ensuite eu besoin de soins pour des blessures mineures.
Il convient de noter que le touriste et trois amis avaient emprunté un itinéraire interdit vers le sommet et font face à des poursuites. Chères vacances italiennes!
Source : médias d’information italiens.

Photo: C. Grandpey

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La situation reste inchangée sur le Sabancaya (Pérou) avec une vingtaine d’explosions par jour. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à 2 – 2,2 km de hauteur. la situation ne devrait pas évoluer dans les prochains jours.

Source: IGP.

Source: IGP

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C’est un peu de la routine au Kamchatka, mais l’événement mérite d’être signalé. Une puissante éruption a été observée sur le Karymsky le 13 juillet 2022 vers 10h50 (UTC). Le panache de cendre est monté jusqu’à une douzaine de kilomètres d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

Source: KVERT.

Cratère du Karymsky (Source: KVERT)

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Aucune évolution significative n’a été observée sur le Kilauea (Hawaii). La lave continue de s’échapper d’une bouche au bas de la paroi ouest du cratère de l’Halema`uma`u. Elle entre ensuite dans le lac de lave puis s’écoule sur le fond du cratère. Le niveau du lac est variable et des sorties de lave se produisent parfois sur les bordures.
Source : HVO.

Crédit photo: HVO

Le Parc National des Volcans d’Hawaii s’est agrandi le 12 juillet 2022 dans le cadre d’un accord qui protégera et gérera une plage de sable blanc et une baie océanique qui abrite des espèces menacées et endémiques, ainsi que des artefacts hawaiiens rares et d’une grande valeur culturelle. La majeure partie du littoral où se trouve la baie est constituée d’anciennes coulées de lave, de roches noires et de falaises qui tombent dans l’océan. La zone est également importante sur le plan culturel car elle possède des vestiges d’anciens villages hawaïens, des pétroglyphes, des sites funéraires et la plus grande carrière d’outils connue de l’État. Les responsables du Parc espèrent ouvrir un jour cette nouvelle zone au public, mais ses 68 kilomètres carrés resteront fermés aux visiteurs car le personnel du Parc national doit d’abord consulter des experts et la population locale pour mieux appréhender les différents sites culturels
L’ajout porte la superficie totale du Parc National à 1435 kilomètres carrés. Il est donc presque aussi grand que l’île d’Oahu.
Source : Presse hawaïenne.

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Des anomalies thermiques dues à des émissions de lave ont été détectées sur le plancher du Nyiragongo et du Nyiamuragira début juillet 2022 sur les images satellites.

Source: OVG.

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Le PHIVOLCS a abaissé le niveau d’alerte du Taal à 1 (sur une échelle de 0 à 5) le 11 juillet 2022. Au cours des deux mois précédents, l’activité sismique a retrouvé un niveau normal. On a observé de faibles émissions de gaz et une activité de surface mineure.

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L’activité n’est pas très intense sur le Stromboli (Sicile) ces jours-ci. Comme précédemment, des explosions stromboliennes sont observées dans les zones cratèriques nord et centre-sud. La hauteur des matériaux expulsés ne dépasse pas 30 à 60 mètres.

Source: INGV.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

No ash emissions or explosive activity have been detected at Semisopochnoi (Aleutians/ Alaska) since June 12th, 2022. Seismic activity continues, but at low levels. Thus the aviation colour code and the volcano alert level have been lowered to Yellow and Advisory, respectively.

Source: AVO.

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Because of a sharp increase in seismicity, the Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level for Tsurumidake and Garandake (Japan) from 1 to 2 on July 8th , 2022. Residents are asked not to approach within 1 km from the volcano. Local authorities have stopped the Beppu Ropeway, evacuated Tsukahara Onsen, and closed Prefectural Road 616 near the volcanoes.

Tsurumidake and Yufudake belong to a group of lava domes above the popular hot spring resort city of Beppu (Kyushu). Pyroclastic flows dominated during older eruptions, whereas lava domes and lava flows are most common in more recent eruptions.

The last eruption took place in the year 867 (VEI 3).

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An American tourist was rescued after falling into the crater of Mount Vesuvius (Italy) trying to retrieve his phone. The accident happened on July 9th, 2022. Italian media said the 23-year-old had been trying to take a selfie at the summit when his phone slipped out of his grasp and into the crater. He tried to reach the device but then fell a number of metres into the mouth of the volcano.

Vesuvius guides, overseen by a rescue helicopter, abseiled into the crater to reach the man, who later needed treatment for minor injuries.

It should be noted that the tourist and three relatives had taken a forbidden route to the summit and face charges. They will have spent expensive holidays in Italy.

Source: Italian news media.

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It’s a kind of routine in Kamchatka, but it’s worth mentioning the event. A strong eruption occurred at Karymsky volcano at around 10:50 UTC on July 13th, 2022. The ash cloud rose up to about 12 km above sea level. The Aviation Color Code remains at Orange.

Source: KVERT.

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The situation remains unchanged at Sabancaya (Peru) with about twenty explosions per day. They generate ash plumes that rise up to 2 – 2.2 km high. The situation should not change in the next days.
Source: IGP.

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No significant evolution has beeen observed at Kilauea (Hawaii). Lava continues to effuse from a vent in the lower W wall of Halema`uma`u Crater. It enters the lava lake and flows onto the crater floor. The lake level is variable, and occasional lava breakouts occur along the margins.

Source: HVO.

Hawaii Volcanoes National Park was given new land on July 12th, 2022 in a deal that will protect and manage a pristine white sand beach and ocean bay area that is home to endangered and endemic species and to rare, culturally significant Native Hawaiian artifacts. Most of the coastline where the bay is located is made of ancient lava flows, black rock and sea cliffs that dart out into the ocean. The area is also culturally significant because it has remains of ancient Hawaiian villages, petroglyphs, burial sites and the largest known abrader tool quarry in the state, Park officials hope to eventually open the area up to the public, but the 68 square kilometers of land will remain closed to visitors as national park staff consult with local experts and residents to better understand the various cultural sites

The addition brings the total park size to 1435 square kilometers, almost as large as the entire island of Oahu.

Source: Hawaiian news media..

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Thermal anomalies caused by lava effusion were identified on the crater floors of both on Nyamulagira and Nyiragongo‘s crater floors in satellite images during the first half of July 2022. July.

Source: OVG.

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PHIVOLCS lowered the Alert Level for Taal to 1 (on a scale of 0-5) on July 11th, 2022. During the previous two months activity was characterized by background levels of seismic activity, weak gas emissions, and minor surface activity.

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Activity is not very intense at Stromboli (Sicily) these days. As before, Strombolian explosions are observed in the north and south-central crater areas. The height of the expelled materials does not exceed 30-60 meters.
Source: INGV.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Mesures du dioxyde de soufre (SO2) sur le Kilauea (Hawaii) // SO2 measurements on Kilauea Volcano (Hawaii)

Dans un nouvel article, les scientifiques de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) expliquent comment ils analysent les panaches de dioxyde de soufre (SO2) émis par le Kilauea
Les analyses des panaches de SO2 sont essentielles pour surveiller et comprendre l’activité éruptive. Le HVO s’appuie aussi sur les mesures d’émission de SO2 pour les prévisions concernant le vog (brouillard volcanique) et pour évaluer les émissions de lave.
Le HVO utilise des caméras – aussi bien visuelles que thermiques – pour décrire l’activité volcanique. Un troisième type de caméra, la caméra ultraviolet (UV), permet aux volcanologues de visualiser des panaches de SO2. Le SO2 absorbe la lumière ultraviolette, ce qui la fait apparaître dans les images UV alors qu’elle n’est pas visible avec les caméras classiques.
Des caméras UV sont utilisées sur le Kilauea depuis 2010. En 2013, une collaboration entre le Cascades Volcano Observatory (CVO) et le HVO a permis l’installation d’un système de caméra UV automatisé au sommet du Kilauea. Ce réseau de caméras a été retiré en 2018 lorsqu’il a été menacé par l’ouverture de fractures au sol au cours de l’effondrement de la caldeira sommitale.
Avec le retour de la lave et d’un fort dégazage de SO2 au sommet du Kilauea fin 2020, le HVO et le CVO ont fait équipe avec des collègues de l’Université de Sheffield au Royaume-Uni. Les scientifiques britanniques ont mis au point une nouvelle génération de petites caméras UV qui utilisent la technologie Raspberry Pi. Le Raspberry Pi est un nano-ordinateur monocarte à processeur ARM de la taille d’une carte de crédit conçu par des professeurs du département informatique de l’université de Cambridge dans le cadre de la fondation Raspberry Pi. Le HVO a déjà utilisé la technologie Raspberry Pi dans d’autres applications.
Les nouvelles caméras – PiCams – seront testées fin juillet 2022 et pourront être utilisées comme outils de terrain portables ou installées comme stations permanentes dans le réseau de surveillance du HVO. En attendant le résultat des premiers tests, le HVO prévoit d’installer au moins une PiCam en permanence au sommet du Kilauea. Une deuxième PiCam sera soit portable, soit installée en permanence près du sommet du Mauna Loa.
Les mesures des émissions de SO2 peuvent également être dérivés des images des caméras UV. Les mesures traditionnelles des émissions de SO2 sont effectuées en se plaçant sous le panache avec un spectromètre UV monté sur une voiture. Il faut compter une dizaine de minutes, voire davantage, pour effectuer chaque mesure, et seulement 6 à 10 de ces mesures peuvent être réalisées chaque jour. À partir de 2012, le HVO a installé un réseau de spectromètres continus pour mesurer les émissions de SO2 du Kilauea avec une meilleure résolution temporelle que les mesures à partir de véhicules, mais le réseau ne fournit pas d’informations spatiales sur le panache de SO2.
Une fois que les PiCams seront prêtes à l’emploi,elles fourniront une vue bidimensionnelle du panache de SO2 du Kilauea, mais aussi une résolution temporelle élevée et une série temporelle continue de mesures du taux d’émission de SO2.
Les données continues fournies à propos des émissions de SO2 faciliteront l’étude du dégazage en relation avec d’autres ensembles de données continues, comme l’activité sismique et la déformation du sol. Cela donnera une meilleure idée du rôle du dégazage dans des événements éruptifs spécifiques, ce qui n’a pas toujours été facile à réaliser dans le passé. Des travaux semblables ont été effectués au cours de la dernière décennie sur de nombreux volcans à travers le monde, y compris sur le Kilauea où il a été démontré que l’activité sismique et les émissions de SO2 étaient liées au cours des variations de niveau du lac de lave en 2010. Le lac de lave actuel dans le cratère de l’Halema’uma’ u a une configuration et un comportement différents de ceux du lac de lave de 2008-2018. Le HVO est impatient de voir ce que les nouvelles PiCams révéleront sur le dégazage du nouveau lac.
Source : USGS, HVO.

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In a new article, scientists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explain how they analyse the sulphur dioxide (SO2) plumes emittes by Kilauea

Observations of SO2 are essential to both monitoring and understanding eruptive activity. HVO relies heavily on measurements of SO2 emission rate which are critical for vog (volcanic air pollution) forecasts and can be used for calculating lava eruption rates.

HVO also relies heavily on cameras to document activity, including both visual and thermal cameras. A third type of camera—an ultraviolet (UV) camera—allows volcanologists to visualize otherwise invisible, SO2 plumes. SO2 absorbs ultraviolet light, which makes it visible in UV imagery even when it cannot be seen by standard cameras.

UV cameras have been used at Kilauea since 2010. Later, in 2013, a combined effort between the Cascades Volcano Observatory (CVO) and HVO resulted in the installation of an automated UV camera system at the summit of Kilauea. That camera station was removed in 2018 when it was threatened by ground cracking associated with summit caldera collapse events.

With lava and strong SO2 degassing having returned to Kilauea summit in late 2020, HVO and CVO are teaming up with colleagues at the University of Sheffield in the United Kingdom. The UK scientists have developed a new generation of small UV cameras that use Raspberry Pi technology. A Raspberry Pi is a small, low-cost computer, about the size of a credit card, and HVO has used them in other applications before.

The new cameras—PiCams—will be tested later this month and can be used as portable field tools or installed as permanent stations in HVO’s monitoring network. Pending the outcome of the initial tests, HVO plans to install at least one PiCam permanently at Kilauea’s summit. A second PiCam will either be kept portable or will eventually be permanently installed near Mauna Loa’s summit.

SO2 emission rates can also be derived from UV camera images. Traditional SO2 emission rate measurements are made by traversing beneath the plume with a UV spectrometer mounted on a car, so that each measurement takes ten or more minutes, with only 6–10 of those measurements made per day. Beginning in 2012, HVO pioneered a network of continuous spectrometers to measure Kilauea’s SO2 emission rate at a much higher temporal resolution than possible with vehicle-based measurements, but the network did not provide spatial information about the SO2 plume.

Once the PiCams are ready for use, they will provide both a 2-dimensional view of Kilauea’s SO2 degassing as well as a high-temporal resolution, continuous timeseries of SO2 emission rate measurements.

The continuous SO2 emission rate data will make it easier to study degassing in conjunction with other continuous datasets, like earthquake activity and ground deformation. This will give greater insight into the role of degassing in specific eruptive events, something that has not always been easy to do in the past. Similar work has been done over the past decade at many volcanoes around the world, including at Kilauea, where earthquake activity and SO2 emissions were shown to be linked during lava lake rise-fall events in 2010. The current lava lake in Halema‘uma‘u has a different configuration and set of behaviours from the 2008–18 lava lake, and HVO is eager to see what the new PiCams will reveal about the degassing of the new lake.

Source: USGS, HVO.

Panache émis par le lac de lave du Kilauea avant l’éruption de 2018 (Photos: C. Grandpey)

Glaciers actifs, volcans actifs : deux poids, deux mesures

Pourquoi « glacier actif »? Parce qu’un glacier digne de ce nom est une rivière de glace en mouvement, bien alimentée par la zone d’accumulation où elle prend sa source. Malheureusement, avec le réchauffement climatique, cette zone est moins bien alimentée en neige. Le glacier recule et s’amincit. L’eau de fonte s’infiltre à travers la glace et sa pression peut provoquer des ruptures de la partie frontale, comme cela vient de se produire sur le glacier de la Marmolada.

L’accident sur le glacier italien de la Marmolada dans les Dolomites a montré à quel point l’univers de haute montagne peut être dangereux, et encore plus à l’heure actuelle avec le réchauffement climatique. Les glaciers peuvent s’effondrer et déclencher de redoutables chutes de séracs. Les parois rocheuses peuvent lâcher prise avec le dégel du permafrost de roche. En juillet 2019, deux alpinistes ont été rués par des blocs qui se sont soudainement détachés d’une paroi du Cervin en Suisse. Dans une note publiée le 26 août 2019, j’écrivais : « Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. » J’ajoutais que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses

Malgré ces effondrements et ces accidents, aucune interdiction n’est décrétée en été sur le massif alpin pour empêcher randonneurs et alpinistes de se faire tuer lorsqu’ils pratiquent des activités en haute montagne. De la même façon, aucune interdiction n’est formulée en hiver concernant le ski hors-piste quand le risque d’avalanche est très élevé. On met en garde, mais on n’interdit pas.

Suite au coup de chaud qui a frappé le Mont Blanc au mois de juin 2022, des crevasses de 16 mètres de profondeur sont apparues sur l’arête des Bosses, la dernière ligne droite avant l’ascension par la voie normale, la plus simple pour atteindre le sommet, et donc la plus fréquentée par les alpinistes. L’ascension sera donc plus difficile cette année. Afin de ne pas dénaturer la montage, il a été décidé qu’aucun équipement de sécurité ne serait installé à proximité de cette crevasse. Tout restera en l’état, mais les guides de haute montagne seront encore plus pointilleux lors de la vérification des aptitudes physiques et techniques des alpinistes. Là encore, des recommandations, mais pas d’interdictions.

Suite à l’effondrement du glacier de la Marmolada, l’alpiniste italien Reinhold Messner a déclaré qu’il faudrait interdire l’accès au glacier car les températures trop élevées peuvent provoquer de nouvelles chutes de séracs. Messner sera-t-il entendu? J’en doute, car le mot « interdiction » ne fait pas partie du vocabulaire de la haute montagne, monde de la liberté.

En revanche, le mot « interdiction » fleurit de plus en plus sur les volcans actifs. Pas question d’aller se promener sur la lèvre du cratère de La Fossa à Vulcano, pas plus que sur la zone sommitale de l’Etna, et encore moins sur le Pizzo du Stromboli.

Certaines de ces interdictions sont justifiées. S’agissant du Stromboli, le volcan a pris l’habitude d’exploser sans prévenir et mieux vaut ne pas se trouver à proximité des cratères quand cela se produit. Un randonneur qui se trouvait en zone autorisée le 3 juillet 2019 a été tué au cours d’un tel événement.

S’agissant de l’Etna, je pense que les autorités pourraient faire preuve de davantage de souplesse. Pourquoi ne pas autoriser l’approche des cratères à des groupes encadrés par les guides, les participants ayant auparavant signé une décharge qui met les autorités à l’abri de poursuites en cas d’accident? On va bien sûr me rétorquer que des explosions peuvent se produire sans prévenir, comme pour le Stromboli. Un tel drame a eu lieu le 12 septembre 1979 quand 9 touristes ont été tués et 23 autres blessés par une explosion soudaine de la Bocca Nuova. Je répondrai que des skieurs ont été tués par des avalanches, mais la montagne où ont eu lieu les accidents n’a jamais été interdite.

S’agissant du cratère de La Fossa à Vulcano, je pense que son accès pourrait être autorisé, quitte à indiquer que la zone fumerollienne sur la lèvre présente des risques. Il faut, bien sûr, interdire la descente au fond de ce même cratère car les gaz peuvent s’y accumuler. Le sentier qui fait le tour du sommet du volcan est bien ventilé – nous sommes dans les Iles Eoliennes – et le risque d’asphyxie est pratiquement nul. Il est bien évident que des personnes asthmatiques ou souffrant de problèmes respiratoires doivent s’abstenir de grimper sur ce volcan. Sur l’île proprement dite, le seul risque, à mes yeux, réside dans les émissions de CO2 détectées à l’intérieur de certaines habitations. Il suffit alors de ne pas faire coucher les gens au rez-de-chaussée des maisons. Pour le reste, le risque est minime.

Aujourd’hui en milieu volcanique, les autorités ont recours au sacro-saint principe de précaution. Les maires n’ont pas envie d’être poursuivis en justice et d’aller en prison en cas de problème. Mais interdire à tout va n’est pas, non plus, la bonne solution. Un touriste a autant de risque qu’un scientifique de se faire percuter par une bombe au sommet de l’Etna!

Au final, est-il moins dangereux de se trouver sous le front du glacier des Bossons ou du glacier d’Argentière que sur la lèvre de la Bocca Nuova ? Chute de sérac ou bombe volcanique? A vous de choisir!

Glacier d’Argentière

Bocca Nuova de l’Etna en 1999

(Photos: C. Grandpey)