Nouveaux enneigeurs : quand le fric est en jeu, on n’arrête pas le progrès !

Avec le réchauffement climatique, la neige se fait de plus en plus rare dans les stations de ski de basse et moyenne altitude. Pour essayer de sauver ce qui peut encore l’être, ces stations ont recours aux enneigeurs, familièrement appelés canons à neige. Ces appareils sont capables de produire de la neige dès que le température se situe à quelques degrés en dessous de zéro. Avec le réchauffement climatique, on pourrait penser que ces enneigeurs auront une durée de vie de plus en plus courte car il ne fera pas assez froid, même en haute altitude pour qu’ils fournissent le précieux or blanc.

C’est faux! Les stations de moyenne altitude qui se voyaient condamnées par le réchauffement climatique reprennent espoir. En effet, les industriels de la neige de culture viennent de lancer des enneigeurs capables de produire de la neige à des températures positives. Les experts restent toutefois perplexes sur leur impact.

Après un hiver de tests, plusieurs sociétés françaises et italiennes viennent de lancer la commercialisation d’enneigeurs capables de produire de la neige par n’importe quelle condition météorologique. Jusqu’à présent, pour produire de la neige de culture, il fallait de l’eau et une température négative, idéalement de -4° à -1°C. Au-dessus, les canons ne fonctionnent pas. Les enneigeurs classiques pulvérisent des gouttelettes d’eau dans de l’air suffisamment froid pour que celle-ci se congèle avant d’arriver au sol sous forme de neige. Le système est gourmand en eau; il faut compter 1 m3 d’eau pour 2 m3 de neige.

Désormais il n’y a plus de limite. Les canons à neige pourront cracher des flocons même s’il fait 35°C, comme cela se passe en ce moment dans les Emirats Arabes Unis. Les nouveaux enneigeurs congèlent l’eau à l’intérieur de gros congélateurs et peuvent donc produire de la neige par n’importe quelle température. Issue des équipements frigorifiques de supermarchés, la technologie s’est étendue au ski en salle et équipe par exemple les 4.500 m2 du Snow Park de Dubaï.

C’est à présent au tour des stations de ski d’adopter cette nouvelle technologie. Elle a été mise en place en Auvergne dans les stations de Super-Besse et du Lioran, très impactées par le manque de neige car située de 900 à 1.500 m d’altitude. Moyennant 600.000 euros pour Super-Besse et 125.000 euros pour le Lioran, ces stations du Massif central se sont équipées de 4 enneigeurs. Grâce au système de récupération de chaleur, Super-Besse chauffe des bureaux, un hall ludo-sportif, une gare de télécabine, un local à dameuse et la station du Lioran chauffe son hangar à dameuses. Ces nouvelles machines sont relativement encombrantes (ce sont des containers de 6 à 12 mètres de long); ils consomment de l’électricité, mais arrivent à produire de la neige jusqu’à 15°C de température extérieure.

Les nouveaux enneigeurs ne correspondent, pour le moment, qu’à des besoins ponctuels, mais leurs concepteurs envisagent carrément l’équipement intégral des stations, ce qui permettrait d’en assurer aussi le chauffage. Le système utilise peu d’eau et n’a nul besoin des retenues collinaires si décriées par les écologistes. Il peut aussi restituer le double de l’énergie consommée sous forme d’eau chaude à 35°C. Ainsi, l’investissement de l’ordre de 1 million d’euros pour enneiger 10.000 m2 serait rentable.

Malgré tous les avantages qui viennent d’être mentionnés, certains sont perplexes devant ces nouveaux canons à neige. Si les nouvelles générations de machines sont 3 à 6 fois moins consommatrices d’énergie que les enneigeurs actuels, la question fondamentale reste la disponibilité de la ressource en eau. Pour couvrir 45 % des pistes en neige de culture d’ici 2050, une étude a montré que les besoins en eau augmenteraient de l’ordre de 40 %.

Sans oublier l’impact sur les tarifs des remontées mécaniques….

Source: Différents articles de presse, comme celui paru dans Les Echos.

Le dispositif de production de neige se présente sous la forme d’un gros congélateur qui produit d’un côté la neige et chauffe des bâtiments de l’autre. (Source: WeSnow, société qui commercialise les nouveaux enneigeurs)

Quelques nouvelles de Yellowstone (Etats Unis) // Some news from Yellowstone (United States)

En juin 2022, des précipitations sans précédent ont provoqué d’importantes inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue dans le Parc national de Yellowstone. Les routes, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées, les lignes électriques et d’autres infrastructures essentielles ont subi de gros dégâts.
Moins de trois semaines après cette inondation majeure, les circuits routiers sud et nord du parc ont été rouverts au public. Environ 93 % des routes goudronnées sont actuellement ouvertes au public. La carte ci-dessous montre les secteurs où des travaux sont en cours et où vous serez probablement retardés.

Source: National Park Service

Yellowstone a défrayé la chronique ces derniers jours avec la découverte d’un pied à l’intérieur d’une chaussure en train de flotter sur Abyss Pool, l’une des sources chaudes du West Thumb Geyser Basin. Tout liasse à penser qu’un accident impliquant une seule personne a eu lieu le matin du 31 juillet 2022. Les responsables du Parc pensent qu’il ne s’agit pas d’un acte criminel, mais l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances du décès.
Le West Thumb Geyser Basin et le parking ont été temporairement fermés aux visiteurs. Abyss Pool a une profondeur de plus de 15 mètres. C’est l’une des sources chaudes les plus profondes du Parc avec une température d’environ 60°C.

Abyss Pool (Photo: C. Grandpey)

Les autorités du Parc national de Yellowstone rappellent aux visiteurs de rester sur les caillebotis et les sentiers dans les zones hydrothermales et d’être extrêmement prudents. Le sol dans ces zones est fragile et mince avec de l’eau à haute température juste sous la surface.

Photo: C. Grandpey

En 2016, un homme de 23 ans de l’Oregon est décédé après avoir glissé dans une source brûlante du Norris Geyser Basin, dans un endroit interdit d’accès. L’eau était à plus de 100 degrés Celsius et très acide. Les responsables du Parc n’ont jamais pu retrouver les restes du visiteur. Ils pensent que la haute température de la source chaude, associée à sa nature acide, a dissous le corps. Seuls un portefeuille et une paire de tongs ont été récupérés.
Source : Service des parcs nationaux.

Norris Geyser Basin, l’un des sites les plus chauds et les plus dangereux de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

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In June 2022, unprecedented amounts of rainfall caused substantial flooding, rockslides, and mudslides within Yellowstone National Park. Historic water levels caused severe damage to roads, water and wastewater systems, power lines, and other critical park infrastructure.

Less than three weeks after this major flood event, the south and north loops of the park opened to the visiting public. Approximately 93% of paved roads is currently open to the public The map below shows you where road work is underway and where you should expect delays.

Carte

Yellowstone made the headlinesduring the last days with the discovery of a partial foot inside a shoe floating on Abyss Pool. Evidence suggests an incident involving one person likely occurred on the morning of July 31st, 2022. Officials believe there was no foul play, but the investigation is continuing to determine the circumstances of the death.

The West Thumb Geyser Basin – where abyss pool is located – and parking lot were temporarily closed to visitors. Abyss Pool has a depth of more than 15 meters. It is one of the deepest hot springs in the park with a temperature of around 60°C.

Yellowstone National Park reminds visitors to stay on boardwalks and trails in thermal areas and to be extremely cautious around thermal features. The ground in hydrothermal areas is fragile and thin with scalding water just below the surface.

In 2016, a 23-year-old Oregon man died after slipping into a scalding pool at the Norris Geyser Basin while attempting to take a dip in a closed location. The pool was over 100 degrees Celsius and highly acidic. Park officials were never able to find the remains of the visitor. The consensus among the rescue team was that the extreme heat of the hot spring, coupled with its acidic nature, dissolved the body. Only a wallet and a pair of flip-flops were recovered.

Source: National Park Service.

La banquise antarctique à son minimum // The Antarctic sea ice at its minimum

Le service européen sur le changement climatique Copernicus nous apprend que la banquise de l’Antarctique a atteint au mois de juillet 2022 sa plus petite surface jamais enregistrée pour un mois de juillet en 44 ans de relevés satellitaires. Cette information ne fait que confirmer une année déjà alarmante

Grâce aux satellites, les scientifiques disposent depuis 1979 de mesures très précises des étendues des banquises des pôles nord et sud grâce. La banquise est la glace qui flotte à la surface de l’océan; sa fonte ne fait donc pas monter le niveau de la mer, mais elle contribue indirectement au réchauffement climatique, car l’océan découvert absorbe plus de chaleur par absence de l’albédo. .

En Arctique comme en Antarctique, la banquise fond l’été et se reforme l’hiver. A long terme, la fonte est rapide au Groenland et dans l’Arctique, mais à l’inverse, dans l’Antarctique, la tendance était jusqu’à présent modestement à la hausse, malgré des variations annuelles et régionales importantes.

La banquise antarctique ne s’est reformée en juillet, qui est l’hiver dans l’hémisphère sud, que sur 15,3 millions de kilomètres carrés en moyenne, soit 1,1 million de km2 de moins (soit 7%) que la moyenne pour ce mois entre 1991 et 2020,.

A la fin de l’été austral, en février, la banquise avait rétréci à son plus bas historique, ce qui avait affolé les scientifiques. Elle était 30% plus petite que la moyenne sur trois décennies entre 1981 et 2010. Depuis février, elle est restée inférieure aux moyennes de saison. En juin déjà, elle avait atteint son plus bas historique pour le mois. D’après Copernicus, ces variations brutales montrent que la compréhension du phénomène de réchauffement climatique dans cette région du monde est aujourd’hui encore imparfaite.

Dans l’Arctique, la situation n’est pas meilleure puisque la banquise y affiche une superficie inférieure de 4% à la moyenne en juillet. Il s’agit de la 12ème plus faible étendue jamais enregistrée pour ce mois. Comme en Antarctique, la fonte de cette glace ne fait pas monter le niveau de la mer, mais elle contribue indirectement au réchauffement climatique, car l’océan découvert absorbe plus de chaleur.

L’année 2022 est en train d’enregistrer de tristes records climatiques. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le mois de juillet a notamment été l’un des trois plus chauds jamais enregistrés dans le monde.

Source: médias d’information internationaux.

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The European climate change service Copernicus informs us that the Antarctic sea ice reached in July 2022 its smallest area ever recorded for a month of July in 44 years of satellite data
Thanks to satellites, scientists have collected very precise measurements since 1979 of the extent of the sea ice at the North and South Poles. Sea ice is the ice that floats on the surface of the ocean; its melting therefore does not raise the sea level, but it contributes indirectly to global warming, because the open ocean absorbs more heat due to the absence of albedo. .
In the Arctic as in Antarctica, sea ice melts in summer and re-forms in winter. In the long term, melting is rapid in Greenland and the Arctic, but conversely, in Antarctica, the trend has so far been modestly increasing, despite significant annual and regional variations.
The Antarctic sea ice reformed in July, which is winter in the southern hemisphere, only over 15.3 million square kilometers on average, or 1.1 million km2 (or 7%) less than the average for this month between 1991 and 2020,.
At the end of the austral summer, in February, the ice sheet had shrunk to its historic low, which had panicked scientists. It was 30% smaller than the three-decade average between 1981 and 2010. Since February, it has remained below seasonal averages. Already in June, it had reached its all-time low for the month. According to Copernicus, these brutal variations show that the understanding of the phenomenon of global warming in this region of the world is still imperfect today.

In the Arctic, the situation is no better since the sea ice shows an area 4% lower than the average in July. This is the 12th lowest extent on record for this month. As in Antarctica, the melting of this ice does not raise sea levels, but it indirectly contributes to global warming, as the open ocean absorbs more heat.

The year 2022 is setting sad climatic records. According to the World Meteorological Organization (WMO), the month of July was notably one of the three hottest on record in the world.
Source: international news media.

 

Anomalie de la température de l’air en surface pour le mois de juillet 2022

La vapeur d’eau de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai // Water vapour from the Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai eruption

Lorsque le volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) est entré en éruption le 15 janvier 2022, il a envoyé des ondes de choc dans l’atmosphère ainsi que des vagues de tsunami à travers notre planète. Des études ont montré que les effets de l’éruption ont également atteint l’espace, provoquant un événement météorologique spatial majeur.
Les scientifiques de la NASA nous apprennent aujourd’hui que le volcan a émis une quantité colossale de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec probablement des effets notables sur la température de la Terre.
Selon la NASA, l’éruption du 15 janvier a envoyé non seulement des cendres dans la stratosphère, mais aussi suffisamment de vapeur d’eau pour remplir 58 000 piscines olympiques. Les scientifiques expliquent que l’événement a battu « tous les records » d’injection de vapeur d’eau depuis que les satellites ont commencé à enregistrer ce type de données.
Le Microwave Limb Sounder à bord du satellite Aura de la NASA, qui mesure les gaz dans l’atmosphère, a découvert que l’explosion avait envoyé quelque 146 téragrammes d’eau dans la stratosphère, entre environ 13 et 53 kilomètres au-dessus de la surface de la planète. Un téragramme (Tg) équivaut à 10 12 grammes ou 10 9 kilogrammes. Cette énorme quantité de vapeur a augmenté la quantité totale d’eau dans la stratosphère d’environ 10 %. C’est près de quatre fois la quantité de vapeur d’eau entrée dans la stratosphère au moment de l’éruption du Pinatubo en 1991 aux Philippines. Les scientifiques expliquent que le panache, qui a éclipsé la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima, pourrait affecter temporairement la température sur Terre.
Depuis que la NASA a commencé à effectuer des mesures il y a 18 ans, seules deux autres éruptions, celle du Kasatochi en Alaska en 2008 et du Calbuco en 2015 au Chili, ont envoyé des quantités importantes de vapeur d’eau à des altitudes aussi élevées. Dans les deux cas, les nuages de vapeur d’eau se sont rapidement dissipés; aucun de ces événements n’est comparable à l’énorme quantité d’eau libérée par l’éruption aux Tonga.
On sait que de puissantes éruptions volcaniques peuvent refroidir la température à la surface de la Terre car les cendres réfléchissent la lumière du soleil. L’éruption des Tonga marque un contraste saisissant, car la vapeur d’eau qu’elle a libérée est capable de piéger la chaleur. Selon les chercheurs, il pourrait s’agir de la première éruption volcanique à avoir un impact sur le climat, non pas par le refroidissement causé par les aérosols, mais par le réchauffement de la surface causé par la vapeur d’eau.
Les scientifiques ajoutent que cette vapeur d’eau pourrait rester dans la stratosphère pendant plusieurs années, aggravant au passage l’appauvrissement de la couche d’ozone et augmentant les températures de surface. L’eau pourrait même rester pendant des décennies, sans avoir toutefois d’effets permanents.
On pense que la caldeira du volcan sous-marin, une dépression d’environ 150 mètres de profondeur, est à l’origine de ce phénomène exceptionnel. Si la caldeira avait été moins profonde, l’eau de mer n’aurait pas été assez chaude pour expliquer une telle quantité de vapeur d’eau; si elle avait été plus profonde, la trop grande pression exercée par l’eau de mer aurait atténué le souffle de l’explosion.
Source : CBS News.

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When the Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai volcano (Tonga archipelago) erupted on January 15th, 2022, it sent atmospheric shock waves and tsunami waves around the world. Studies have shown that he effects of the eruption also reached space, causing a major space weather event.

NASA scientists now inform us that the volcano spewed an unprecedented amount of water vapour into the atmosphere, and this will likely have noticeable effects on Earth’s temperatures.

The January 15th eruption sent not only ash into the stratosphere, but also enough water vapor to fill 58,000 Olympic-sized swimming pools, according to NASA. Scientists explain it broke « all records » for the injection of water vapour since satellites began recording such data.

The Microwave Limb Sounder instrument on NASA’s Aura satellite, which measures atmospheric gases, found the blast delivered roughly 146 teragrams of water to the stratosphere, between about 13 and 53 kilometers above the planet’s surface. One teragram equals a trillion grams, and that extreme quantity increased the total amount of water in the stratosphere by about 10% . This is nearly four times the amount of water vapour estimated to enter the stratosphere from the 1991 Mount Pinatubo eruption in the Philippines. Scientists say that the unprecedented plume, which dwarfed the power of the Hiroshima atomic bomb, could temporarily affect Earth’s global average temperature.

Since NASA began taking measurements 18 years ago, only two other eruptions, the 2008 Kasatochi eruption in Alaska and the 2015 Calbuco eruption in Chile, sent substantial amounts of water vapour to such high altitudes. Both dissipated quickly; neither of those events compare to the huge amount of water released by the Tonga event.

Powerful volcanic eruptions usually cool surface temperatures on Earth because the resulting ash reflects sunlight. However, the Tonga eruption marks a stark contrast, because the water vapour it released can trap heat. According to the researchers, it may be the first volcanic eruption observed to impact climate not through surface cooling caused by volcanic sulfate aerosols, but rather through surface warming.

Experts say this water vapour could remain in the stratosphere for several years, potentially temporarily worsening the depletion of the ozone layer and increasing surface temperatures. The water could even remain for decades, but it should not have permanent effects.

Experts point to the underwater volcano’s caldera, a basin-shaped depression that is about 150 meters deep, as the reason for the record-breaking eruption. If the caldera was shallower, the seawater would not have been hot enough to account for the water vapour measurements, and if it was any deeper, intense pressures could have muted the blast.

Source: CBS News.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA)