Risques liés à l’entrée de la lave dans l’océan // Hazards associated with lava entry into the ocean

Pour le moment, l’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés.

Crédit photo: PGHM

Si le débit effusif venait à augmenter, la situation pourrait devenir plus compliquée. Hawaï illustre parfaitement les dangers liés aux entrées de lave dans l’océan. J’ai vu des coulées se déverser dans l’océan Pacifique sur des centaines de mètres.

Lorsque la lave entre en contact avec l’eau de mer, son refroidissement rapide génère d’épais panaches composés de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de fines particules de verre, lorsque la roche en fusion se fragmente au contact de l’eau. Ces nuages ​​de vapeur et de gaz se forment lorsque la lave à très haute température réchauffe l’eau de mer, produisant une vapeur nocive contenant de l’acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique. Ces panaches peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires des personnes se trouvant sous le vent et réduire la visibilité près du littoral.

L’entrée de lave dans l’océan crée également des accumulations et plateformes instables de lave nouvellement solidifiée qui s’étendent depuis le rivage vers la mer. Ces deltas de lave temporaires se forment par accumulation et refroidissement de coulées successives. Cependant, leur structure reste fragile et ils peuvent s’effondrer brutalement, avec des explosions et des projections de fragments de roche brûlante et d’eau de mer vers l’intérieur des terres. Danger !

L’interaction entre la lave et l’eau de mer peut également générer de brèves explosions lorsque l’eau de mer se retrouve piégée sous la lave en train d’avancer. La détente rapide de la vapeur peut fragmenter la croûte externe de la coulée, avec des projections de fragments de lave et des jets de vapeur.

Photos: C. Grandpey

À la Réunion, le système de surveillance de la qualité de l’air a détecté un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO₂ dans la zone de Bourg Murat le 16 mars 2026. Les concentrations de SO₂ ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m³ par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m³ et un pic à 673 µg/m³ avant de revenir à des niveaux inférieurs. Les autorités expliquent que la qualité de l’air autour du volcan peut évoluer rapidement lors d’une éruption, en fonction de l’activité volcanique et des conditions météorologiques, notamment la direction du vent. Des concentrations élevées de gaz volcaniques peuvent affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires comme l’asthme. Il est donc conseillé aux habitants des zones concernées de limiter les activités physiques intenses en extérieur.

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For the time being, the lava entry in the Grand-Brûlé area is quite reducedand does not include high risks.

Should an increase in the lava flow occur, the situation might become more risky. Hawaii is a perfect example of hazards associated with lava entries. I have ssen the lava flow into the Pacific Ocean over hundreds of meters.

When lava comes into contact with seawater, rapid cooling produces dense plumes composed of water vapor, volcanic gases, and fine glass particles when the molten rock fragments on contact with the water. The steam and gas clouds form when hot lava heats seawater, producing acidic steam that contains hydrochloric acid and fine volcanic glass particles. These plumes can irritate the eyes and respiratory system of people exposed downwind and may reduce visibility near the coastline.

Ocean entry also creates unstable accumulations of newly solidified lava fragments that build outward from the shoreline. Temporary lava deltas form as successive flows pile up and cool, but they remain structurally unstable and can collapse suddenly, producing localized explosions and sending fragments of hot rock and seawater inland.

The interaction between lava and seawater can also generate brief explosive bursts when seawater becomes trapped beneath advancing lava. Rapid steam expansion may fragment the outer crust of the flow, ejecting lava fragments and forming short-lived jets of steam and debris along the entry point.

Air-quality monitoring conducted on Réunion Island detected a temporary exceedance of the health alert threshold for SO2 in the Bourg Murat area on March 16, 2026. SO2 concentrations exceeded the alert level of 500 µg/m³ per hour for three consecutive hours, reaching an hourly average of 593 µg/m³ with a peak of 673 µg/m³ before returning to lower levels.

Authorities note that air-quality conditions around the volcano can change rapidly during an eruption, depending on volcanic activity and weather conditions, especially wind direction. Elevated concentrations of volcanic gases may affect individuals suffering from respiratory problems like asthma. Residents in affected areas are advised to reduce intense outdoor activity.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Quand la lave traverse la route et entre dans l’océan…

La traversée de la RN2 par la lave le 13 mars 2026 a attiré des foules de curieux. L’événement est certes spectaculaire, mais pas exceptionnel sur l’île de la Réunion. J’aimerais m’attarder ici sur les éruptions de 1977, 2004 et 2007 pendant lesquelles la lave a également traversé la route avant d’atteindre l’océan, avec des désagréments faciles à imaginer pour les habitants de Sainte Rose et Saint Philippe.

Crédit photo: OVPF

 L’éruption de 1977 est restée dans les mémoires car la lave a sérieusement menacé Piton Sainte Rose, un quartier de la bourgade de Sainte Rose située le long de la Route Nationale 2, dans la partie sud-est de l’île de la Réunion. Cette année-là, l’éruption s’est déroulée dans et en dehors de l’Enclos, du 24 mars au 16 avril. Une vague d’inquiétude a submergé les habitants de Sainte Rose car la lave a détruit plusieurs bâtiments de Piton Sainte Rose avant de se jeter dans l’océan Indien. C’est la première éruption hors Enclos du 20ème siècle. Elle sera suivie d’événements semblables en 1986 et en 1998.

Photo: C. Grandpey

 L’éruption de 1977 a débuté le 24 mars par l’ouverture de fissures éruptives dans l’Enclos Fouqué, juste au-dessus de la plaine des Osmondes et sous le cône principal. Des fontaines de lave actives pendant quelques heures ont donné naissance à des coulées qui ont progressé dans la plaine des Osmondes et dans les Grandes Pentes.

La situation est devenue très préoccupante début avril 1977 car une série de fissures éruptives se sont ouvertes en dehors de l’Enclos, sur le flanc Nord-Est du Piton de la Fournaise, sur les hauteurs de la commune de Sainte-Rose. Deux coulées de lave a’a se sont échappées de ces fissures. L’une s’est dirigée vers l’Est le long du rempart de Bois Blanc vers le village de Bois-Blanc mais s’est arrêtée avant de l’atteindre. L’autre a progressé vers le Nord-Est en direction du village de Piton Sainte-Rose qu’elle a atteint le 9 avril avant de se jeter dans l’océan Indien tard dans la soirée du 10 avril. Une partie du village a été détruite.

Le 13 avril 1977, une nouvelle coulée de lave est entrée dans le village, détruisant d’autres bâtiments. La lave, après avoir entouré la gendarmerie, a traversé la RN2 et endommagé l’église Notre-Dame-des-Laves, en l’entourant et brûlant son portail mais en n’y pénétrant quasiment pas.

Photo: C. Grandpey

La lave a ensuite continué sa progression vers l’océan qu’elle a atteint dans la soirée.

L’éruption a pris fin le 15 avril 1977.

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À noter que depuis 2015 une reproduction de la Vierge au Parasol trône à l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Laves de Sainte Rose. Le 15 août 2019, on a craint un moment que la messe de l’Assomption soit annulée car le Piton de la Fournaise était en éruption quelques jours plus tôt et les coulées de lave qui descendaient les Grandes Pentes menaçaient de couper la RN 2. Heureusement pour les pèlerins, l’église est restée parfaitement accessible. Comme chaque année, la Vierge au Parasol fut installée sur l’esplanade de Piton Sainte-Rose.

Vous pourrez lire l’histoire de la Vierge au Parasol en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/09/11/la-vierge-au-parasol-ile-de-la-reunion-toute-une-histoire/

Photo: C. Grandpey

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La lave a également atteint la mer en 2004, avec une éruption qui a débuté le 13 août vers 2 heures du matin. La lave a dévalé rapidement les Grandes Pentes, traversé la RN2 le 22 août vers 15 heures au sud de la Vierge au Parasol et fini par atteindre le littoral au pied du Grand-Brûlé, entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, dans la nuit du 24 au 25 août, un spectacle qui a provoqué d’énormes embouteillages. L’entrée de la lave dans la mer a été rendue encore plus spectaculaire par la formation d’un hornito qui projetait de la lave et des jets de vapeur. Après une pause le 2 septembre, l’éruption a repris de plus belle le 4. Tout le monde s’attendait à ce que la lave traverse à nouveau la route, mais l’éruption cessa brutalement le 9 septembre.

Crédit photo: Wikipedia

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La lave a de nouveau traversé la Route Nationale 2 en avril 2007 au cours d’une éruption qui a duré du 2 avril au 1er mai. Elle s’est déclenchée dans l’Enclos avec des fontaines de lave de 200 mètres de hauteur et des coulées atteignant parfois une vitesse de 60 km/h.. L’éruption s’est accompagnée d’un effondrement du plancher du cratère Dolomieu qui atteint désormais une profondeur de 350 mètres.

Photo: C. Grandpey

Au cours de l’année 2006, le Piton de la Fournaise avait déjà connu une longue éruption de plus de quatre mois dans le cratère Dolomieu. La lave a rempli le cratère jusqu’à le faire déborder. Une telle masse de roche volcanique, ajoutée à celle d’éruptions précédentes, a fini par former sur le sommet du volcan un important surplus de masse qui a fini par provoquer en 2007 l’effondrement signalé plus haut.

Une première éruption a été marquée le 18 février 2007 par l’ouverture d’une fissure sommitale active seulement pendant quelques heures.

Le 30 mars 2007, une nouvelle émission de lave a été observée sur le flanc sud-est du volcan. Comme la précédente, elle n’a duré que 9 heures.

En fait, ces événements annonçaient une éruption beaucoup plus importante. Elle se produisit le 2 avril 2007 à 10h00 vers 650 mètres d’altitude et s’acheva le 1er mai 2007 vers 12h00. Cette éruption a montré dès le début un caractère exceptionnel par son intensité et par les évènements naturels associés. L’altitude d’éruption relativement basse et la vitesse des coulées de lave qui ont atteint l’océan Indien en moins de douze heures sont inhabituelles, de même que le débit éruptif qui a atteint plus de 100 m3/s. Au bout d’un mois d’éruption, le volume total de lave émise a été évalué à 120 millions de mètres cubes. La vidange rapide des chambres magmatiques a provoqué l’effondrement du plancher du cratère Dolomieu.

S’agissant du niveau humain, les habitants du Tremblet situé non loin du lieu de l’éruption ont vécu dans l’angoisse qu’une coulée de lave détruise leur village comme en 1986. La RN2 a été coupée sur plus de 1,3 km par des coulées atteignant parfois 40 m d’épaisseur.

Crédit photo: OVPF

Enfin, l’océan a été atteint et les coulées ont édifié une plateforme avançant le littoral sur plus de 200 m.

L’éruption de 2007 a offert aux scientifiques de nouvelles espèces de poissons découverts morts, flottant à la surface de l’eau. On pense que leur mort a vraisemblablement été causée par le réchauffement des eaux profondes de la côte.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la lave a traversé la RN2 !

Vendredi 13 mars 2026 – 7 heures (heure métropole; 10 heures, heure locale)

Comme le 11 mars 2026, la pause dans la progression de la coulée en provenance des Grandes Pentes a été de courte durée et la lave a atteint la RN 2 ce 13 mars vers 6 heures du matin (heure locale), entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, après avoir repris sa progression vers 23h40 dans la nuit. Comme je l’indiquais précédemment, cela fait 20 ans qu’un tel événement ne s’était pas produit pendant une éruption du volcan.

Vers 8h, le premier bras de coulée a fini par franchir entièrement la route, une traversée très rapide puisque, selon la presse locale, elle a duré une quinzaine de secondes seulement. Un second bras de coulée a coupé la RN2, une demi-heure plus tard. Ce front est actuellement 60 mètres en aval de la route, à 670m de l’océan. Le Préfet précise que la coulée présente une quinzaine de mètres de largeur et 1,50 m de hauteur.

Crédit photo: Ophélie Maraval / Réunion la 1ère

Arrivé sur place, le Préfet s’est assuré que toutes les normes de sécurité étaient en place. Il a autorisé un petit nombre de chanceux à s’approcher rapidement de la coulée, puis a fait reculer les barrières de protection. En effet, un troisième bras de coulée descendant les Grandes Pentes pouvait prendre au piège les personnes présentes. Le Préfet a tout de même veillé à ce que les barrières soient installées à des endroits d’où les gens pourraient quand même apercevoir la lave. Pour accéder aux barrières d’exclusion, il est impératif de rester sur la RN2. Toute sortie de la route, que ce soit côté montagne ou côté mer, afin de se rapprocher de la lave, est strictement interdite. 

Pour rappel, pour éviter les risques de collision avec d’autres aéronefs, l’utilisation de drones dans l’Enclos et jusqu’à 1000 mètres en mer est strictement interdite. Tout drone non autorisé fera l’objet d’une verbalisation.

Crédit photo: OVPF

Des scientifiques de l’OVPF ont réalisé des prélèvements de lave, même si c’est à la source de l’éruption que la lave et les gaz sont les plus révélateurs de leur composition.

Sur le plan volcanologique, les instruments de surveillance indiquent que l’inflation de l’édifice volcanique se poursuit, signe d’une alimentation toujours active du système magmatique. La sismicité reste faible.

Comme je l’écrivais dans ma note précédente à propos de l’éruption, reste à savoir maintenant ce qui va se passer. La lave atteindra-t-elle l’océan qui n’est distant que de 800 ou 900 mètres de l’endroit où la route a été coupée. En extrapolant et en supposant que la coulée progresse à raison d’une vingtaine de mètres par heure, elle pourrait atteindre le trait de côte d’ici environ 48 heures, autrement dit dans la matinée du 15 mars. Toutefois, comme le fait remarquer Philippe Kowalski de l’OVPF, une telle prévision est hasardeuse car de nombreux facteurs peuvent intervenir et modifier le temps de parcours théorique. la progression de la lave est très irrégulière. Les variations de relief et la végétation rencontrée sur son passage peuvent ralentir ou canaliser l’écoulement de la lave. Il n’est pas rare d’observer des phases où le front de coulée se fige temporairement avant de reprendre sa propagation, comme cela s’est produit le 11 mars dernier. L’OVPF précise ce matin que le front de coulée est actuellement estimé à environ 700 m de l’océan, et que d »autres bras de coulées vont probablement franchir la route dans la journée.

Source: OVPF

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Vendredi 13 mars 2026 – 12 heures (heure métropole; 15 heures, heure locale)

On peut lire sur le site Réunion la 1ère que ce vendredi 13 mars 2026 à 13 heures (heure locale) trois bras de coulée avaient traversé la RN2 entre Saint-Philippe et Sainte-Rose. Le premier a surgi de la végétation peu après 6 heures et a traversé la route rapidement, en une vingtaine de secondes. Un second bras de coulée l’a imité peu après, plus près des barrières de sécurité, et a pu être aperçu du public. Enfin, le troisième bras de coulée, le plus au nord, a franchi la route du côté Sainte-Rose. Le bras de lave du milieu, le premier à avoir traversé la route ce matin, se trouvait à environ 550m de la mer à 12h30. Ce sont donc 3 bras de coulées qui ont traversé la RN2 sur une largeur de 260 m environ, selon l’OVPF.

À noter que la commune de Saint Philippe a mis en place un système de navettes gratuites circulant entre le parking du champ de foire de Basse-Vallée et le Grand Brûlé, entre 17h et minuit. Il est demandé aux visiteurs se rendant sur la RN2 d’emprunter ces navettes, afin de réduire un peu le trafic sur place. Une société de remorquage a été sollicitée pour mettre fin au stationnement anarchique de certains véhicules.

Vue du troisième bras de coulée (Crédit photo : Loïs Mussard / Réunion la 1ère)

Voici quelques images réalisées la nuit dernière dans la végétation du Grand Brûlé, avant la traversée de la route, par mon ami Christian Holveck :

Photos: C. Holveck

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Fermeture de la RN2 !

Voici le déroulement des événements depuis le 11 mars 2026 au matin.

11 mars 2026.

L’éruption au Piton de la Fournaise qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. Presque un mois après la sortie de la lave sur le flanc sud-sud-est du volcan, les coulées actives se concentrent sur le bras sud. Le 11 mars au matin, le front actif se trouvait à un peu plus de 1,1 km de la RN2, et montrait une accélération dans sa propagation sur les dernières 24h. L’OVPF explique que le front de coulée avance désormais de près de 30 mètres par heure, au lieu de 19 mètres auparavant. Il est toutefois impossible de prédire précisément si et quand la route pourrait être coupée.

 Crédit photo : OVPF

La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions. La vigilance est donc essentielle pour surveiller une éventuelle coupure. Voici une photo qu bras de lave qui menace la route:

Source: réseaux sociaux

Cette proximité de la lave de la RN2 attire forcément des foules de curieux, avec des difficultés inévitables de circulation. La préfecture a lancé un rappel aux bons usages. Police municipale et gendarmerie sont mobilisées pour veiller au respect des règles.

 Crédit photo : Honoré Dumont / Réunion la 1ère.

Source: OVPF, Réunion la 1ère

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Dernière minute : Ceux qui espéraient que la lave traverse la RN2 risquent d’être déçus. L’OVPF vient d’indiquer ce mercredi 11 mars 2026 dans l’après-midi que le front de coulée du bras sud, seul bras actif ces derniers jours, s’était figé à 975 m de la RN2, à 325 m d’altitude. Cette situation est due à une baisse rapide du trémor éruptif peu avant 9 heures. La conséquence a été immédiate : les débits de lave dans les tunnels ont eux aussi baissé, ne permettant plus d’alimenter les coulées actives dans les Grandes Pentes.

L’éventualité d’une coulée de lave traversant la RN2 était attendue par de nombreux Réunionnais, mais elle est désormais bien compromise. L’OVPF note que d’autres « petits bras de coulées sont toujours actifs », mais ils sont localisés plus haut, « 200 m en amont » du front désormais figé. Le suspense n’est plus du tout le même ! Au final, la fin de l’éruption pourrait bien remplacer l’envahissement de la Route des Laves par une coulée !

À noter qu’une nouvelle webcam a été installée. Elle permet de mieux voir les coulées sur les Grandes Pentes. Au vu de ces nouvelles images, l’activité éruptive semble encore relativement soutenue, même si le front de coulée le plus avancé s’est figé.

https://www.ipgp.fr/volcanoweb/reunion/Cameras/CameraHDLC.jpg?fbclid=IwY2xjawQee5xleHRuA2FlbQIxMABicmlkETA0NWJiVnQxSkFUUWt5eFd1c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHg-yv2OYJMhhE6R5bFRJruwrPL0L29skAu0L8Fky7TkQSdoTHWezqYHDulR5_aem_VCA8kW8XYSBLudgK0Lk91A

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12 mars 2026.

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit. Après la pause du 11 mars, le front de coulée actif a repris sa progression cette nuit. Ce matin (12 mars 2026) à 4h30 heure locale il se situait à environ 700m de la RN2. Les moyens techniques de l’OVPF ne permettent pas de dire si et quand la route pourrait être coupée. La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions. Au train où vont les choses, la coupure de la route ne saurait être exclue.

Dernière minute : Fermeture des la RN2 !

Le préfet de La Réunion a décidé de la fermeture de la route nationale 2, à l’approche du front de coulée de l’éruption du Piton de la Fournaise. Dès 15 heures ce jeudi 12 mars 2026, il sera impossible de circuler de Saint-Philippe à Sainte-Rose et inversement, en passant par la RN2. Les autorités ont par ailleurs prévu des points de retournement à ces endroits. Les piétons et cyclistes pourront accéder à la route au-delà de ces points de retournement, du moins jusqu’à une zone d’exclusion qui sera matérialisée par des barrières. L’accès est strictement interdit au-delà de ces barrières, en raison des risques liés à la proximité de la coulée, aux émanations de gaz nocifs, et aux instabilités du terrain. L’accès à l’Enclos reste strictement interdit.

Il est par ailleurs demandé aux automobilistes de respecter les zones d’interdiction de circulation, et des zones d’interdiction de stationnement (secteur Bois Blanc). Police municipale et gendarmerie seront sur place pour veiller au respect de ces règles.

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12 heures (heure locale; 9 heures heure métropole) :

L’échéance se rapproche. Vers midi (heure locale), le  front de coulée continuait sa progression. Il était à 360m de la RN2. L’avancée de la lave est capricieuse, et son avancée dépend des moments et des obstacles rencontrés sur son chemin. L’OVPF indique que ce matin le front de coulée progressait « à une vitesse comprise entre 25 et 40, voire 50 mètres par heure ». Il se pourrait que la RN2 soit atteinte en fin de journée ou en début de nuit. La dernière fois qu’une coulée de lave a traversé la RN2 remonte à 2007.

Crédit photo: OVPF