Île de la Réunion : réveil du Piton de la Fournaise ! // Reunion Island : Piton de la Fournaise is erupting again !

15 heures (heure métropole) : Dans le bulletin qui a suivi la fin de la dernière éruption du Piton de la Fournaise le 25 mars 2026, l’OVPF prévenait qu’« aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation : arrêt définitif ou reprise de l’activité. Des épisodes similaires ont déjà été observés, avec des reprises brutales de l’activité éruptive après une phase d’arrêt, notamment lors de l’éruption d’août–octobre 2015. »

Dans un bulletin diffusé le 28 mars 2026, l’Observatoire indique que l’on pourrait bien assister à une reprise de l’activité éruptive. En effet, depuis environ 15h00 (heure locale), un trémor volcanique de faible amplitude est de nouveau enregistré. Sa source est localisée sur le flanc sud-sud-est, donc dans le secteur de la dernière éruption. On nous explique que ce signal, encore faible, pourrait traduire une reprise de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif de l’éruption débutée le 13 février 2026.

Toutefois, aucune confirmation visuelle d’une émission de lave en surface n’a pu être obtenue pour l’instant à partir des webcams, en raison de conditions météorologiques défavorables.

Affaire à suivre…

Vers un réveil su cône éruptif? (Photo: C. Holveck)

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17h30 (heure métropole). : Les webcams confirment l’arrivée du magma en surface au niveau du cône éruptif de la dernière éruption débutée le 13 février 2026. Le trémor est en hausse depuis l’après-midi du 28 mars mais reste toutefois de faible amplitude, ce qui signifie que l’activité de dégazage et l’effusion de lave demeurent limitées.

Source : OVPF.

NDLR : Il se pourrait que cette activité corresponde à l’évacuation d’un reliquat de lave dans la chambre magmatique superficielle et soit limitée dans le temps. L’avenir dira si j’ai raison.

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20h30 (heure métropole) : L’éruption semble bien localisée. Les webcams de l’OVPF ne montrent pas de coulées de lave issues du centre éruptif sur le versant sud-sud-est du volcan.

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22 heures (heure métropole) : La webcam braquée vers le Grand Brûlé montre qu’une coulée en provenance du centre éruptif est en train de descendre la pente. Il ne semble pas y avoir plusieurs bras, mais l’image n’est pas suffisamment précise pour l’affirmer.

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3:00PM (Paris time) : In the bulletin issued after the end of the last Piton de la Fournaise eruption, the OVPF warned that « no hypothesis is being ruled out regarding the evolution of the situation: definitive cessation or resumption of activity. Similar episodes have already been observed, with abrupt resumptions of eruptive activity after a period of inactivity, notably during the August–October 2015 eruption. »

In a bulletin published on March 28, 2026, the Observatory indicates that a resumption of eruptive activity could well be on the cards. Indeed, since approximately 3:00 PM (local time), a low-amplitude volcanic tremor has been recorded again. Its source is located on the south-southeast flank, therefore in the area of the last eruption. We are told that this signal, still low, could indicate a resumption of eruptive activity, most likely at the last eruptive cone of the eruption that began on February 13, 2026.
However, no visual confirmation of lava flow at the surface has yet been obtained from webcams due to unfavorable weather conditions.
To be continued…

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5:30 PM (Paris time): Webcams confirm the arrival of magma at the surface of the eruptive cone from the last eruption, which began on February 13, 2026. The eruptive remor has been increasing since the afternoon of March 28 but remains of low amplitude, indicating that degassing activity and lava flow are still limited.
Source: OVPF.
Editor’s Note: This activity could correspond to the evacuation of residual lava from the shallow magma chamber and be limited in duration. Time will tell if I am correct.

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8:30 PM (Paris time) : The eruption appears to be well localized. OVPF webcams are not showing any lava flows from the eruptive center on the south-southeast flank of the volcano.

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10 PM (Paris time): The webcam pointed towards the Grand Brûlé shows that a lava flow from the eruptive center is descending the slope. There don’t appear to be multiple arms, but the image isn’t clear enough to confirm this.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : La réouverture de la Route des Laves prendra du temps

L’éruption du Piton de la Fournaise a pris fin le 25 mars 2026, même si l’OVPF précise que le volcan n’a peut-être pas dit son dernier mot et qu’une reprise de l’activité ne saurait être exclue. L’un des principaux faits marquants de cette éruption a été l’envahissement de la RN2 par la lave entre Sainte-Rose et Saint-Philippe le 13 mars 2026. Aujourd’hui, 350 mètres de chaussée de la RN2 sont recouverts de lave qui s’est étalée sur le bitume en formant deux bras de coulée distincts.

À cause de cet événement, cela fait presque deux semaines que les usagers de la célèbre Route des Laves subissent la fermeture de cet axe qu’ils empruntaient parfois de façon quotidienne. Ils ont bloqués et contraints de faire de longs détours pour aller de l’autre côté de la coulée. Les automobilistes sont obligés de relier l’Est au Sud et inversement en passant par la route des Plaines, ou en faisant le tour de l’île par le littoral.

La dernière fois que cette situation s’était présentée, c’était en 2007, lors de « l’éruption du siècle ». Il avait fallu alors fallu patienter huit mois avant de pouvoir rouler de nouveau sur la Route des Laves en raison de l’accumulation massive de lave refroidie.

Les personnes bloquées par la coulée de lave devront s’armer de patience car la RN2 ne sera pas accessible de si tôt. Il faudra attendre 1) d’être sûr que l’éruption est bien terminée et 2) que la lave soit suffisamment refroidie pour pouvoir entamer des travaux de réfection de la chaussée, et se débarrasser des mètres cube de matière que le volcan a déversés. Même si la lave est noire en surface et semble refroidie, elle est toujours très chaude à l’intérieur de la coulée dans la mesure où elle s’auto-isole. Elle y présente des températures de plusieurs centaines de degrés.

Photos: OVPF et réseaux sociaux

Par conséquent, il faudra attendre quelque temps avant de voir les pelleteuses à l’œuvre. On nous explique que plusieurs semaines, voire plusieurs mois, seront nécessaires pour que la coulée refroidisse complètement et puisse être évacuée de la chaussée. Les agents de la Direction des Routes pourront alors intervenir et casser cette matière extrêmement dure. Une fois la lave évacuée et la surface de la route aplanie, la réouverture pourra se faire d’abord sur une piste provisoire, qui sera goudronnée dans un second temps. Un article paru le 26 mars 2026 sur le site Réunion la 1ère explique que « si la couche de lave est fine, ces opérations prendraient un ou deux mois après la fin de l’éruption. En revanche, si elle similaire à celle de 2007, les travaux pourraient durer jusqu’à huit mois. Reste à voir si l’éruption, qui s’est arrêtée ce mercredi soir, reprendra dans les prochains jours ou s’en arrêtera là pour cette fois. »

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Il est interdit d’interdire !

Quand elle a commencé le 13 février 2026, beaucoup – dont je faisais partie – pensaient que ce serait l’histoire de quelques jours. Aujourd’hui, plus d’un mois après son début l ‘éruption du Piton de la Fournaise montre toujours une belle énergie. L’OVPF enregistrait le 21 mars une forte hausse de la sismicité avec un trémor élevé, ce qui laisse redouter l’ouverture de nouvelles fissures éruptives.

Source: OVPF

Les débits de lave sont en hausse. Ils atteignaient des pics de plus de 30m3/seconde le 21 mars. Deux bras de coulée principaux sont toujours présents, mais le plus au nord est toujours figé dans le bas des Grandes Pentes.

Crédit photo: Christian Holveck

Au niveau de l’entrée de la lave dans la mer, la plateforme est alimentée par la coulée principale et un bras secondaire plus au sud. Elle s’avance de plus de 140 mètres en mer, sur une surface d’environ 3,7 hectares. Le volume total émergé est estimé à 200 000m3.

Source: OVPF

Il est nécessaire de rappeler que cette plateforme est instable et fragile. S’y aventurer serait carrément suicidaire. Des explosions peuvent se produire en cas de déstabilisation car la lave passe également sous la plateforme. Un contact avec l’eau de mer est forcément explosif.

Sortie de lave d’une plateforme littorale à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

De plus, le panache de gaz qui s’échappe du front de la plateforme est particulièrement toxique car il est composé de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules fines.Gare aux sautes de vent !

Panache de gaz à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

Je suis effrayé quand je vois le nombre de personnes qui bravent les interdictions pour s’approcher du site. En conséquences, et afin de ne pas tenter des personnes de s’y rendre, je ne publierai plus sur mon blog que les images du site d’arrivée en mer proposées par l’OVPF.

L’affluence au Grand Brûlé ferait presque oublier qu’officiellement, il est interdit de quitter la RN2 pour se rendre près de la coulée, en amont ou en aval.

Autre interdiction non respectée, le survol de la zone par des drones « pour des motifs de sécurité publique », à cause du risque de collision avec les hélicoptères et les autres drones. L’interdiction est valable dans un rayon de 7 km autour de la coulée, et de la surface jusqu’à 150 m au-dessus du sol. Pour information, les drones sont également interdits dans le Parc National des Volcans à Hawaï, comme dans tous les parcs nationaux aux États Unis. Si vous vous faites prendre par les rangers, c’est une amende et la confiscation de l’engin. La Réunion semble attachée au slogan de mai 1968 : « Il est interdit d’interdire » !

Certes, au regard de nombreux comportements imprudents, le Préfet a pris des mesures pour renforcer la sécurité mais, de mon point de vue, elles ne sont pas assez strictes au niveau du site où la lave entre en mer. Comme je l’ai dit précédemment, un jour ou l’autre il va y avoir un drame. Il y a quelques jours, le PGHM a secouru une dizaine de personnes, mais cela ne servira à rien et ne sera pas dissuasif si les visiteurs en infraction ne sont pas verbalisés!

Les Réunionnais ont un attachement quasi viscéral à leur volcan, mais on ne peut pas les laisser faire n’importe quoi !

Risques liés à l’entrée de la lave dans l’océan // Hazards associated with lava entry into the ocean

Pour le moment, l’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés.

Crédit photo: PGHM

Si le débit effusif venait à augmenter, la situation pourrait devenir plus compliquée. Hawaï illustre parfaitement les dangers liés aux entrées de lave dans l’océan. J’ai vu des coulées se déverser dans l’océan Pacifique sur des centaines de mètres.

Lorsque la lave entre en contact avec l’eau de mer, son refroidissement rapide génère d’épais panaches composés de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de fines particules de verre, lorsque la roche en fusion se fragmente au contact de l’eau. Ces nuages ​​de vapeur et de gaz se forment lorsque la lave à très haute température réchauffe l’eau de mer, produisant une vapeur nocive contenant de l’acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique. Ces panaches peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires des personnes se trouvant sous le vent et réduire la visibilité près du littoral.

L’entrée de lave dans l’océan crée également des accumulations et plateformes instables de lave nouvellement solidifiée qui s’étendent depuis le rivage vers la mer. Ces deltas de lave temporaires se forment par accumulation et refroidissement de coulées successives. Cependant, leur structure reste fragile et ils peuvent s’effondrer brutalement, avec des explosions et des projections de fragments de roche brûlante et d’eau de mer vers l’intérieur des terres. Danger !

L’interaction entre la lave et l’eau de mer peut également générer de brèves explosions lorsque l’eau de mer se retrouve piégée sous la lave en train d’avancer. La détente rapide de la vapeur peut fragmenter la croûte externe de la coulée, avec des projections de fragments de lave et des jets de vapeur.

Photos: C. Grandpey

À la Réunion, le système de surveillance de la qualité de l’air a détecté un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO₂ dans la zone de Bourg Murat le 16 mars 2026. Les concentrations de SO₂ ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m³ par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m³ et un pic à 673 µg/m³ avant de revenir à des niveaux inférieurs. Les autorités expliquent que la qualité de l’air autour du volcan peut évoluer rapidement lors d’une éruption, en fonction de l’activité volcanique et des conditions météorologiques, notamment la direction du vent. Des concentrations élevées de gaz volcaniques peuvent affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires comme l’asthme. Il est donc conseillé aux habitants des zones concernées de limiter les activités physiques intenses en extérieur.

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For the time being, the lava entry in the Grand-Brûlé area is quite reducedand does not include high risks.

Should an increase in the lava flow occur, the situation might become more risky. Hawaii is a perfect example of hazards associated with lava entries. I have ssen the lava flow into the Pacific Ocean over hundreds of meters.

When lava comes into contact with seawater, rapid cooling produces dense plumes composed of water vapor, volcanic gases, and fine glass particles when the molten rock fragments on contact with the water. The steam and gas clouds form when hot lava heats seawater, producing acidic steam that contains hydrochloric acid and fine volcanic glass particles. These plumes can irritate the eyes and respiratory system of people exposed downwind and may reduce visibility near the coastline.

Ocean entry also creates unstable accumulations of newly solidified lava fragments that build outward from the shoreline. Temporary lava deltas form as successive flows pile up and cool, but they remain structurally unstable and can collapse suddenly, producing localized explosions and sending fragments of hot rock and seawater inland.

The interaction between lava and seawater can also generate brief explosive bursts when seawater becomes trapped beneath advancing lava. Rapid steam expansion may fragment the outer crust of the flow, ejecting lava fragments and forming short-lived jets of steam and debris along the entry point.

Air-quality monitoring conducted on Réunion Island detected a temporary exceedance of the health alert threshold for SO2 in the Bourg Murat area on March 16, 2026. SO2 concentrations exceeded the alert level of 500 µg/m³ per hour for three consecutive hours, reaching an hourly average of 593 µg/m³ with a peak of 673 µg/m³ before returning to lower levels.

Authorities note that air-quality conditions around the volcano can change rapidly during an eruption, depending on volcanic activity and weather conditions, especially wind direction. Elevated concentrations of volcanic gases may affect individuals suffering from respiratory problems like asthma. Residents in affected areas are advised to reduce intense outdoor activity.