Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie)

drapeau francaisL’activité éruptive du Sinabung décline progressivement et les villageois dont les fermes se trouvent en dehors de la zone de sécurité d’un rayon de 5 km continuent à revenir chez eux. Selon le VAAC de Darwin, les panaches de cendre atteignent encore des altitudes comprises entre 3,5 et 4,5 km avant de s’étirer le plus souvent vers l’E-NE sur 25 à 45 km.

Le 24 février, 16 361 personnes résidaient encore dans 34 centres d’évacuation.

Source : Global Volcanism Network.

drapeau anglaisActivity at Mt Sinabung is decreasing progressively and villagers outside the 5-km evacuation zone continue to return to their homes. According to the Darwin VAAC, the ash plumes are rising up to 3.5 -4.5 km a.s.l. on average and usually drifting 25-45 km E-NE. On February 24th, 16,361 people remained in 34 evacuation shelters.

Source : Global Volcanism Network

L’Indonésie est-elle prête à affronter une catastrophe volcanique? // Is Indonesia ready to face a volcanic disaster?

drapeau francaisAlors que l’Indonésie doit faire face aux conséquences des deux éruptions du Sinabung et du Kelud, les experts scientifiques se demandent si le pays est bien équipé pour affronter les menaces que représentent tous les volcans de l’archipel.
Au moins 24 personnes ont été tuées au cours des deux dernières éruptions. 17 personnes sont mortes lorsque le Sinabung s’est manifesté et l’éruption du Kelud a fait 7 victimes supplémentaires. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées à la suite des deux catastrophes.
Chaque province indonésienne possède sa propre agence de gestion des catastrophes, mais les niveaux varient. Dans l’est de Java, où se dresse le Kelud, le niveau de gestion des risques est acceptable. Beaucoup de vies ont été sauvées au cours des dernières éruptions, en sachant que la zone située autour du volcan est habitée par des centaines de milliers de personnes.
Dans le cas du Sinabung, la plupart des gens ne connaissaient pas le comportement du volcan qui était resté en sommeil pendant des siècles.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a travaillé avec les organismes locaux et les ONG sur des programmes visant à préparer les populations à de tels événements. Il s’agit notamment d’identifier les menaces, former des responsables locaux et effectuer des simulations et des exercices, tout en établissant une cartographie des risques et une quantification des populations susceptibles d’être touchées.
Cependant, les gouvernements locaux ne consacrent qu’une petite partie de leurs budgets à la gestion des catastrophes, bien que les choses aient tendance à s’améliorer.
Les récentes éruptions peuvent être considérés comme des événements mineurs. L’Agence nationale de gestion des catastrophes se demande comment le pays réagirait si une éruption majeure comme celle du Krakatau en 1883 avait eu lieu aujourd’hui. Comme l’a déclaré un responsable : « Le plus grand aéroport du pays serait paralysé. Si l’éruption devait durer des mois, l’économie serait réduite à néant. L’Indonésie doit encourager la modélisation scientifique, y compris les simulations, pour estimer les pertes et les coûts humains dans le cas d’une éruption majeure comme celle du Krakatau ».
Les systèmes de surveillance sont corrects, avec des capteurs installés sur la plupart des volcans du pays, mais les autorités doivent inclure ces données de surveillance dans leurs programmes d’évaluation des risques, y compris les scénarios d’éruptions, et mettre sur pied des plans de reconstruction.
Selon la BNPB, au moins 197 personnes ont été tuées pendant les dernières catastrophes qui ont pris la forme d’inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques à travers tout le pays depuis Janvier 2014.

Source : The Jakarta Globe.

La plupart de mes sources sur ce qui se passe en Indonésie proviennent de journaux locaux ou nationaux. Il faut être prudent avec le contenu de ces articles car ces médias cautionnent souvent la politique du gouvernement.
Voici un lien vers un article (en anglais) qui donne une vision différente de l’aide fournie aux populations après l’éruption du mont Kelud :
http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Voici quelques extraits :
L’une des victimes de l’éruption du Kelud raconte : « Je suis tombée malade avant l’éruption du Kelud. L’éruption était énorme et spectaculaire. Ensuite, rien ne s’est passé pendant deux nuits, rien en termes d’opérations de sauvetage ou d’aide substantielle du gouvernement ou de l’armée. La cendre était partout ; le toit et même les murs de ma maison ont été endommagés. Et toujours rien, presque rien du gouvernement ! Il n’y avait pas d’ambulances et de camions militaires. Regardez autour de ce village – il n’y a rien ici « .
Voici une autre partie du texte :
« Plusieurs antennes médicales mises en place par l’armée indonésienne juste en face du complexe de gouvernement à Wates (une ville près de Kediri et à une vingtaine de kilomètres de Sugihwaras) sont propres et, selon les normes locales, bien équipées. Le seul problème semble être qu’elles sont vides. Pas totalement vides, bien sûr. Sur les lits, il y a plusieurs médecins civils et militaires en train de dormir. D’autres sont inoccupés et discutent. En voyant mes deux appareils photo professionnels, certains font tout juste l’effort de se lever, mais cela semble être trop pénible ; ils se remettent vite sur le dos et couvrent leurs visages avec leurs bérets.
Les bottes des médecins militaires sont impeccables. Il est évident qu’ils n’ont pas marché dans la cendre, le sable ou la poussière au cours de la journée.
Derrière les tentes, on peut voir des dizaines de gros camions militaires sans personne à bord. Des centaines de véhicules – camions, motos et 4 × 4 d’intervention – sont dispersés autour de la zone.
Non loin de ces tentes médicales, un groupe de sauveteurs erre sans but précis. Ces gens portent des blousons jaunes. Des masques à gaz sont placés soigneusement sur leurs visages. Il va sans dire que les masques ne sont guère utiles ici car les fortes pluies ont emporté cendre et sable dans cette partie de la régence de Kediri il y a plusieurs heures « .
Plus loin dans l’article, on peut lire à propos de la visite du président indonésien dans les camps :
« Presque tous les réfugiés sont rentrés chez eux … pour réparer les toits et pour nourrir les animaux. Mais quand SBY (le Président) a annoncé son arrivée, les militaires ont commencé le ramassage et à les ramener vers les camps à l’aide de camions. Le gouvernement local a également insisté pour que les réfugiés retournent dans ces abris, afin de créer une atmosphère montrant qu’il y a des gens, beaucoup de gens, auxquels ont est venu en aide … Les élections sont proches et le gouvernement est loin d’être populaire. C’est une publicité gratuite pour ceux qui sont au pouvoir ici, et à Jakarta « .

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drapeau anglaisAs Indonesia deals with the aftermath of the two eruptions of Mt Sinabung and Mt Kelud , experts question whether the country is well-equipped to face the threats from all the volcanoes that dot the archipelago.

At least 24 people have been killed in the two eruptions. 17 people died when Mount Sinabung erupted and Mount Kelud killed 7 more. More than 130,000 people were displaced as a result of the two disasters.

Each Indonesian province has its own disaster management agency and but levels of preparedness vary. In East Java, where Mount Kelud is, the level of preparedness is good. Many lives were saved in the latest eruptions even though the area around the volcano is inhabited by hundreds of thousands of people.

In the case of Sinabung, most people were unfamiliar with the habits of the volcano which had been dormant for hundreds of years.

The National Disaster Mitigation Agency (BNPB) has worked with local agencies and NGOs on preparedness programs at community level. These include identifying threats, providing training to local officials and conducting simulations and drills, risk mapping and quantifying populations likely to be affected.

However, local governments only spend tiny portions of their budgets on disaster management, but things are improving.

The recent eruptions can be considered as small-scale events. The National Disaster Mitigation Agency wonders how the country would react if a major eruption like that of Krakatau in 1883 occurred today. Said one official: “The country’s biggest airport would be paralyzed. If the eruption were to last for months, the economy would shut down. Indonesia needs to boost scientific modelling, including simulations, to estimate casualties and human costs in the event of a major eruption such as Krakatau”.

Monitoring systems are adequate, with sensor equipment installed at volcanoes nationwide, but authorities needed to actually use this monitoring data in their risk and hazard assessment programs, including eruption scenarios, and in formulating reconstruction plans.

According to the BNPB, at least 197 people have been killed in disasters, including flooding, landslides, and volcanic eruptions nationwide since January 2014.

Source: The Jakarta Globe.

Most of my sources about what happens in Indonesia are the local or national newspapers. One needs to be careful when dealing with these articles as these media are often approving the government’s policy.

Here is a link to an article (in English) that gives a different view of the help provided to the populations after the eruption of Mt Kelud:

http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Here are some excerpts, with the testimonies of some victims of the eruption :

“I got sick before Mount Kelud exploded. The eruption was enormous, and it was spectacular. Then, nothing happened for two nights; nothing in terms of rescue operations or some substantial help from the government or the military (TNI). Ash was everywhere, the roof and even the walls of my house got damaged. And still nothing, almost nothing from the government! There were no ambulances and no military trucks. Look around this village – there is nothing here.”

Here is another part of the text:

“Several mobile medical tents set up by the Indonesian military (TNI) right in front of the government complex in Wates (a town near the city of Kediri and some 20 kilometers from Sugihwaras), are clean and by local standards, well equipped. The only problem appears to be that they are empty. Not totally empty, of course. On the cots, there are several TNI medics and doctors, sleeping. Others are aimlessly chatting. Seeing my two professional cameras, some make a feeble attempt to get up, but that appears to be too taxing, and they soon fall back onto their backs, and cover their faces with berets.

The boots of the military medics are shining. It is obvious that they had not encountered any ash, sand, or dust, in the course of the day.

Behind the tents, dozens of heavy military trucks stand in absolute idleness. Hundreds of vehicles: trucks, motorbikes and rescue 4×4’s are scattered around the area.

Not far from those medical tents, a group of rescue workers hang around aimlessly. People are wearing yellow windbreakers. Gasmasks are firmly placed over their faces. It goes without saying that there is not much need for gasmasks here, as heavy rain washed away most of the ash and sand from this part of Kediri Regency, several hours ago.”

Further down in the article, about the Indonesian President’s visit to the camps:

“Almost all the refugees went home… to fix their roofs, and to feed their animals. But when SBY announced his arrival, the military began collecting them, bringing them back, using trucks. The local government also put pressure on the refugees to return back to these shelters, to create an atmosphere that people, many people, are being helped here…Elections are nearing and the government is far from popular. This is all free advertisement for those in power here, and in Jakarta.”

Kelud (Indonésie): Baisse du niveau d’alerte

drapeau francaisSuite au déclin d’activité du volcan, le niveau d’alerte du Kelud a été abaissé hier jeudi. Il est passé d’AWAS à SIAGA, le troisième niveau sur une échelle de 4. Suite à cette nouvelle situation, la zone d’exclusion a également été réduite de 10 kilomètres à cinq kilomètres. Cependant, des milliers de personnes évacuées étaient déjà rentrées chez elles, à l’intérieur de la zone de danger. Mercredi soir, le nombre total de personnes évacuées se trouvant dans des abris était de 28 492.
Comme je l’ai indiqué précédemment, des milliers de maisons (plus de 5000 selon les derniers chiffres) ont été détruites ou endommagées par l’éruption et l’agriculture a été durement touchée elle aussi.
L’aéroport de Surakarta a rouvert hier. Il faisait partie des sept aéroports de Java qui ont été fermés en raison de la cendre volcanique.

Source: The Jakarta Post.

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drapeau anglaisAs of Thursday, the alert status of Mount Kelud has been downgraded from the highest level, (Awas) to Siaga as the volcanic activity has gradually decreased. Under the new alert status the exclusion zone has also been reduced from 10 kilometres to five kilometres. However, thousands of evacuees have already returned home within the danger zone. As of Wednesday evening the total number of evacuees still housed in shelters was 28,492.
As I put it before, thousands of houses (more than 5,000, according to the latest figures) have been destroyed or damaged by the eruption and agriculture has been severely hit too.
Surakarta Airport reopened on Thursday. It was among seven airports in Java that were closed due to the volcanic ash.

Source: The Jakarta Post.

Kelud-webcam

Le cratère du Kelud vu par la webcam.

Les victimes du Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie) // Mount Sinabung’s victims

drapeau francaisC’est bien de montrer des photos spectaculaires des éruptions volcaniques ; c’est très médiatique et les gens s’extasient devant les gerbes incandescentes, les panaches de cendre et les coulées pyroclastiques. Ce qu’ils ont tendance à oublier – et beaucoup moins de photos sont mises en ligne pour l’illustrer – c’est que des milliers de gens souffrent et ont parfois tout perdu pendant les éruptions.

C’est ce qui se passe sur le Sinabung où la cendre a causé des dégâts considérables, que ce soit à la population ou à l’économie de la région, grosse productrice de fruits et légumes.

Suite à l’éruption – qui n’est toujours pas terminée – le gouvernement indonésien a décidé de reloger définitivement les 1255 habitants, soit 137 familles, qui occupaient trois villages (Sukameriah, Bekerah et Simacem) dans la zone de danger d’un rayon de 3 km autour du cratère du cratère. Les maisons ont été très sérieusement endommagées et la cendre a rendu la terre totalement impropre à la culture.

Les villageois seront déplacée en vertu de la même politique de relogement – le modèle Rekompak – adoptée lors de l’éruption du Merapi en 2010. Le projet prévoit d’accorder à chaque famille 100 mètres carrés de terre. Chaque maison possèdera un séjour, deux chambres et une salle de bain et sera construite en respectant les normes parasismiques et en prévoyant une bonne circulation de l’air.

A côté de cela, le Ministère de la Forêt a offert 9000 hectares de forêts aux réfugiés qui devraient recevoir prochainement 2300 têtes de bétail ainsi que des plants de légumes destinés à faire repartir l’agriculture. Il faut espérer que le gouvernement tiendra ses promesses.

L’éruption du Sinabung n’est pas la seule catastrophe à avoir frappé l’Indonésie ces derniers temps. Inondations et glissements de terrain ont entraîné d’autres évacuations de populations. On estime que 10 406 hectares de terres agricoles ont été endommagés par toutes ces catastrophes, avec des pertes financières considérables.

Source : Presse indonésienne.

A noter que la NASA a mis en ligne deux photos du Sinabung prises depuis l’espace par le satellite Earth Observing-1. Elles permettent de voir le volcan avant l’éruption (cliché du 7 juin 2013) et après (photo du 6 février 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

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drapeau anglaisIt’s very pleasant to show dramatic pictures of  volcanic eruptions; these are highly publicized and people marvel at the glowing ejections, ash plumes and pyroclastic flows. What they tend to forget – and very few photos are uploaded to illustrate it – is that thousands of people are suffering and have sometimes lost everything during the eruptions.
This is happening on Mount Sinabung where the ash has caused considerable damage, either to the population or to the economy of the region that produces huge amounts of fruit and vegetables.
Following the eruption – which is not over yet – the Indonesian government has decided to relocate permanently 1,255 inhabitants, or 137 families, who were living in three villages (Sukameriah , Bekerah and Simacem) in the danger zone with a 3-km radius around the Sinabung crater. The houses were seriously damaged and the ash made ​​the earth totally unfit for cultivation .
The villagers will be displaced according to the same relocation policy – the Rekompak model – that as adopted during the eruption of Mount Merapi in 2010. The project aims to give each family 100 square metres of land. Each house will have a living room, two bedrooms and a bathroom; it will be built in accordance with the seismic standards and provided good air circulation .
Besides this, the Ministry of Forestry has offered 9,000 hectares of forest to the refugees who should also receive 2,300 heads of livestock, as well as vegetable plants intended to give the  agriculture a new start. It is hoped that the government will keep its promises.
The eruption of Mount Sinabung is not the only disaster to have hit Indonesia in recent times. Floods and landslides have caused further evacuations of populations. An estimated 10,406 hectares of farmland have been damaged by these disasters, with considerable financial losses.

Source: Indonesian newspapers.

NASA has released 2 great photos of Mount Sinabung taken from space by the Earth Observing-1 satellite. They show the volcano before the eruption (7 June 2013) and after (5 February 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

Sinabung-2

Crédit photo:  NASA.

Sinabung (Indonésie): Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! // It’s an ill wind that blows nobody any good !

drapeau francaisOn peut lire dans le Jakarta Post un article qui donne envie à la fois de pleurer et de rire.

Il donne envie de pleurer au vu de la crise humanitaire qui est en passe d’affecter les 42 abris où s’entassent plus de 30 000 personnes évacuées suite à l’éruption du Sinabung. Je ne reviendrai pas sur leurs conditions de vie ; je les ai développées à plusieurs reprises dans des notes précédentes.

Alors que ces réfugiés se posent des questions sur leur avenir devenu de plus en plus problématique, les autorités indonésiennes ont l’intention de faire de l’éruption du Sinabung une attraction touristique ! Il est vrai que le tourisme a été lourdement affecté et que le taux d’occupation des hôtels de la région est en chute libre, jusqu’au lac Toba à plus de 100 kilomètres au sud du volcan.

Cette venue de touristes voudrait dire que des gens friqués viendraient côtoyer des villageois qui ont tout perdu. Certes, cette initiative apporterait de l’argent mais je ne suis pas certain, connaissant la corruption rampante en Indonésie, que les réfugiés en voient vraiment la couleur !

Toujours est-il qu’il est prévu de mettre en place des « points d’observation » du Sinabung – dans des zones sures, cela va de soi ! – pour permettre aux touristes d’admirer les humeurs du volcan…. si celui-ci est encore actif quand tout sera opérationnel !! Un musée présentera des objets récupérés dans la cendre. Il est d’ailleurs demandé aux habitants de ne pas se débarrasser des mobylettes et autres frigos endommagés afin de pouvoir les exposer.

On lit également dans l’article que les visites touristiques « devront être bien gérées », à la japonaise, ce qui prête à rire quand on connaît les qualités organisatrices des Indonésiens ! Je ne vois pas trop comment ils empêcheront les visiteurs de pénétrer dans la zone de danger. J’en connais qui fréquentent sans vergogne les zones volcaniques interdites à Hawaii ou sur l’Etna et qui sont déjà entrés sans encombre la zone de danger du Sinabung ! Comme me disait un jour l’un d’entre eux, « il est toujours facile de passer entre les mailles du filet »…

On ne sait pas comment se fera le financement de ce projet touristique. Certaines personnes bien informées disent que ce pourrait être à la fois à l’échelon national et local. A l’heure actuelle, l’Etat a investi 3,5 millions de dollars dans la catastrophe du Sinabung…

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drapeau anglaisI could read in the Jakarta Post an article that made me both want to cry and laugh.
It made me want to cry in view of the humanitarian crisis that is about to affect the 42 shelters crammed with more than 30,000 people who were evacuated following the eruption of Mount Sinabung. I will not dwell on their living conditions; I ‘ve described them several times in previous notes.
While these refugees are worrying about their future which is becoming become increasingly problematic, the Indonesian government intends to make the Sinabung eruption a tourist attraction! It is true that tourism has been heavily affected and the hotel occupancy rate in the region has dropped, as far as Lake Toba more than 100 kilometers south of the volcano.
This arrival of tourists would mean that rich people would live side by side with villagers who have lost everything. While this initiative would certainly bring money,  I ‘m not sure, knowing the rampant corruption in Indonesia, that the refugees would really see its colour !
Still, it is planned to implement  » observation points  » of Sinabung – in safe areas , of course – to allow tourists to enjoy the moods of the volcano …. if it is still active when everything is operational ! A museum would present objects recovered in volcanic ash. That’s why residents are asked not to get rid of mopeds and other damaged fridges in order to expose them.
You can also read in the article that the tour « will be well managed », in the Japanese way, which makes you laugh when you know organizing qualities of Indonesians ! I can’t imagine how they will prevent visitors from entering the danger zone. I know some people who  shamelessly visit prohibited volcanic areas in Hawaii or on Mount Etna and who have already entered the danger zone of Mount Sinabung ! As one of them said to me one day, « It is always easy to switch between the cracks  » …
No real information has been given about the funding of this tourism project. Some people said it could be both at the national and local level. At present, the state has invested $ 3.5 million in the Sinabung disaster…

Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie): Les promesses du Président // The President’s promises

drapeau francaisSuite à sa visite dans les camps de réfugiés, le Président indonésien a dévoilé plusieurs mesures qui vont être prises en faveur des victimes de l’éruption du Sinabung.

Les mesures à court terme comprennent la poursuite de l’aide humanitaire et sanitaire. S’agissant de l’éducation, des bourses seront accordées aux élèves des écoles primaires, collèges, lycées et universités. De l’argent sera attribué à chaque chef de famille comme incitation à retrouver du travail. Une assistance sera apportée aux villageois dont les fermes et cultures ont été affectées par l’éruption. Il a été demandé aux institutions financières de redéfinir les prêts qui ont été accordés jusqu’à présent et d’annuler leurs intérêts. De nouveaux prêts seront accordés avec plus de facilité.

Au cours des deux prochaines années, le gouvernement prévoit de reloger les personnes qui vivaient entre 5 et 7 km du volcan. Des habitations définitives seront construites pour celles qui se trouvaient à moins de 3 km de la montagne.

Dans le même temps, le Président a demandé à l’Agence en charge de la Gestion des Catastrophes (BNPB) de poursuivre ses efforts d’aide aux victimes tant que l’éruption ne sera pas terminée. Dans ce but, l’Agence recevra une aide des autorités gouvernementales compétentes.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le nombre de personnes évacuées atteint actuellement 28 745. 9245 familles ont été mises en sécurité dans 42 structures provisoires d’hébergement. L’éruption a fait 32 victimes et détruit des milliers d’hectares de terres agricoles dans la province de Karo. Elle a aussi durement affecté le tourisme. Les arrivées de touristes indonésiens et étrangers ont fortement chuté depuis le début de l’éruption il y a cinq mois.

Source : The Jakarta Post.

drapeau anglaisAfter his visit to the camps, the Indonesian President has unveiled some of the measures that will be taken fotr the victims of the Sinabung eruption.
The short-term measures include the current disaster relief aid; continuation of health care and education for evacuees, such as scholarships for elementary, high school and university students; cash-for-work incentives for every household head; assistance for eruption victims whose farms and crops were damaged; cooperation with financial institutions to reschedule old credit loans; the provision of fresh credit loans; and phasing out interest on existing loans.
Over the next two years the government plans to relocate residents living within a 3-kilometer radius of Mt. Sinabung. The government will provide new settlements for residents affected by the eruption located between 5 and 7 km from the volcano. Permanent homes will be built
for 900 families living within a 3-km radius of the mountain.

At the same time, the President told the National Disaster Mitigation Agency (BNPB) to hold off on disaster mitigation efforts until Mt. Sinabung stopped erupting and that the Agency would receive assistance from relevant central government ministries to implement mitigation efforts.
As I put it before, the number of evacuees has reached 28,745, constituting 9,245 families, who are being sheltered at 42 locations. The disaster has claimed 31 lives and destroyed thousands of hectares of agricultural land in the Karo regency.
The eruption has also threatened tourism, as the number of foreign and domestic tourist arrivals has fallen drastically since Mt. Sinabung began erupting five months ago.

Source: The Jakarta Post.

Les réfugiés du Sinabung // Mount Sinabung’s refugees

drapeau francaisL’éruption du Sinabung a débuté en novembre 2013 et plus de 25000 personnes s’entassent toujours dans des structures mises en place dans des zones censées être plus sures. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, si les personnes évacuées ne sont plus sous la menace des coulées pyroclastiques, elles vivent dans un univers de cendre qui pose de sérieux problèmes à leur santé. Les 17 décès recensés jusqu’à présent sont probablement dus à des maladies causées par la mauvaise ventilation à l’intérieur des abris où s’entassent les réfugiés. Des masques de protection contre la cendre ont bien sûr été distribués, mais cela fait plus d’une semaine que la distribution a cessé.

L’eau potable fait cruellement défaut et la quantité fournie est largement insuffisante pour répondre aux besoins des habitants des abris. Par exemple, deux citernes de 4000 litres alimentent quotidiennement l’un des abris où s’entassent près de 3000 personnes qui, par ailleurs, doivent partager en tout et pour tout quatre toilettes. Les ordures s’entassent devant les abris et sont rarement collectées.

Pourtant, les autorités locales affirment qu’elles font tout leur possible pour venir en aide aux personnes évacuées et leur demandent de ne pas revenir dans leurs villages. Elles indiquent que chaque abri dispose d’une assistance médicale. Les cas les plus graves sont orientés vers l’hôpital où les frais sont pris en charge par le gouvernement.

Contrairement à ces affirmations, les réfugiés se plaignent du manque d’aide médicale et regrettent la passivité du gouvernement, surtout en ce qui concerne l’alimentation en eau. Les occupants des abris restent plusieurs jours sans pouvoir se laver. [A noter que le Président indonésien a donné des instructions, il y a quelques jours, pour que cette situation soit améliorée.]

Alors que l’éruption du Sinabung dure depuis plus de trois mois, des voix se font entendre pour que le gouvernement déclare l’état de catastrophe naturelle, ce qui l’obligerait à apporter une plus grande aide à la région. On reproche au gouvernement, qu’il soit central ou local, de donner plus d’importance à la politique qu’au sort des personnes évacuées. Il faut dire que des élections auront lieu dans trois mois… Comme l’a dit un député à la Chambre des Représentants : « Le gouvernement à tous les niveaux commet une injustice envers ces gens qui souffrent. Ils ont besoin de solutions concrètes, pas de fausses promesses qui sont des expédients politiques ».

Source : Presse indonésienne.

En cliquant sur ce lien, vous verrez un article du journal The Telegraph accompagné d’une vidéo intéressante de l’éruption du Sinabung.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/asia/indonesia/10587465/Dramatic-footage-of-rare-volcanic-lightning-as-Mt-Sinabung-spews-river-of-fire.html

 

drapeau anglaisThe eruption of Mount Sinabung started in November 2013 and more than 25,000 people are still living in shelters set up in areas that are supposed to be safer. As I put it in a previous note, even though the evacuees are no longer under the threat of pyroclastic flows, they are still affected by the ash of the volcano which poses serious problems to their health. The 17 deaths that have been reported so far were probably due to illnesses caused by the poorly ventilated structures where these people are crammed together. Protective face masks were initially distributed among people coming to the shelters, but have not been handed out for more than a week.

Clean water is also in short supply and not enough to meet even the most basic needs of the shelters’ inhabitants. For instance, two 4,000-litre tanker trucks are coming to one of the shelters daily, but this is not enough for its nearly 3,000 inhabitants who also have to share all of four toilets. Besides, trash is piling up, with no one clearing it away.

Local authorities are saying they are doing all they can to provide the evacuees with assistance, including reminding them not to return to their villages. They also say they have medical personnel at every shelter. Individuals who require more serious treatment are being advised to go to a hospital, and the government will pay for their treatment.

However, the people in the shelters complain that the number of medical workers is not sufficient and that the government is not doing enough, especially about the water supply, with people having to go days without washing. [N.B.: A few days ago, the Indonesian President gave instructions to improve the situation.]

With the eruption dragging on for more than three months now, calls are mounting for the government to declare the situation a national disaster, which would compel it to give greater priority to relief efforts. The local and central government are accused of being more focused on politics than on the plight of the evacuees, given that the elections are just three months away. Said one member of the House of Representatives: “Officials at all levels of government have done an injustice to these people who are suffering. They need concrete solutions, not false promises that are politically expedient.”

Source: Indonesian newspapers.

By clicking on this link, you will find an article of The Telegraph together with an interesting video of the Sinabung eruption:

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/asia/indonesia/10587465/Dramatic-footage-of-rare-volcanic-lightning-as-Mt-Sinabung-spews-river-of-fire.html

Sinabung-blog

Le panache de cendre du Sinabung vu depuis l’espace le 16 janvier 2014.  (Crédit photo: NASA)