Norvège: pétrole ou environnement? // Norway: oil or environment?

En Norvège, comme dans le reste du monde, les températures sont en hausse en raison du réchauffement climatique et les glaciers fondent. Selon le Centre international de recherche sur le climat (CICERO), la superficie couverte par les glaciers norvégiens a diminué de 11 % au cours des 30 dernières années. 326 kilomètres carrés de glace ont disparu depuis le milieu des années 1980. C’est dans le nord du pays que la glace fond le plus rapidement.
Selon un rapport du Centre norvégien des services climatiques (NCCS), les grands glaciers devraient perdre un tiers de leur superficie et de leur volume d’ici la fin de ce siècle. Les petits glaciers devraient disparaître entièrement, sauf aux altitudes les plus élevées.
Ces dernières années, le changement climatique a provoqué la fonte de plusieurs glaciers, laissant apparaître des marqueurs bien conservés de différentes périodes de l’histoire. C’est ainsi que disparition de la glace a révélé un col jonché de centaines d’artefacts datant de l’époque Viking.
S’agissant du réchauffement climatique, la Norvège a une double position. Les combustibles fossiles ont contribué à faire passer le pays d’une économie relativement modeste basée sur la pêche et le bois à l’un des États-providence les plus riches du monde.
Aujourd’hui, le réchauffement climatique oblige le pays à envisager l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles pour être à la hauteur de ses ambitions environnementales. C’est le choix qu’environ 3 millions d’électeurs norvégiens étaient censés faire le 13 septembre 2021 lors d’une élection parlementaire: ils devaient décider si sauver la planète vaut la peine d’arrêter l’exploitation des combustibles fossiles.
La Norvège se considère comme une nation verte. Selon un rapport des Nations Unies, le pays a un « bilan environnemental solide ». Son air et son eau sont d’excellente qualité, et la plus grande partie de l’électricité est produite par des centrales hydroélectriques qui ne polluent pas. Le pays fait figure de leader dans la production d’énergie renouvelable. Les lois environnementales sont strictes, avec l’interdiction d’utiliser des combustibles fossiles pour le chauffage des bâtiments et de fortes incitations à l’achat de voitures électriques. En août 2021, 70 % des véhicules neufs vendus étaient entièrement électriques; c’est plus que dans tout autre pays. La Norvège a également été l’une des premières nations au monde à introduire une taxe carbone, en 1991.
La Norvège fait également de gros efforts pour lutter contre le changement climatique. Le pays consacre des ressources substantielles à la lutte contre la déforestation dans le monde. Le gouvernement a fortement investi dans la Recherche et le Développement, notamment pour le développement de technologies de captage et de stockage du carbone. Ces politiques bénéficient d’un large soutien populaire, en particulier parmi les jeunes et les citadins qui considèrent de plus en plus le climat comme une priorité.
Cependant, à côté d’une politique qui se veut verte, la Norvège reste le pays industrialisé le plus dépendant des combustibles fossiles au monde. Le pétrole brut et le gaz naturel représentent 41 % des exportations, 14 % du produit intérieur brut, 14 % des recettes publiques et entre 6 % et 7 % des emplois. Avec les plus grandes réserves d’hydrocarbures d’Europe, le pays est le troisième exportateur mondial de gaz naturel et l’un des principaux exportateurs de pétrole brut.
Jamais le climat n’a été aussi important sur le plan politique et économique que lors des dernières élections parlementaires du 13 septembre 2021. D’un côté, il y avait les partis de l’establishment – les conservateurs et les travaillistes qui ont exclu l’arrêt à court terme de la production de pétrole et de gaz naturel, craignant les conséquences économiques. De l’autre côté, le Parti de la gauche socialiste et le Parti vert ont fait campagne sur les questions climatiques; ils se sont engagés à interdire les nouvelles licences d’exploration et ont promis d’arrêter toute production d’ici 2035.
L’opposition de gauche dirigée par le Parti travailliste a remporté les élections, battant le gouvernement conservateur actuel. En conséquence, la Norvège aura un nouveau Premier ministre. Cela marquera-t-il un changement dans sa politique énergétique ? Pas si sûr. Comme indiqué plus haut, le secteur pétrolier et gazier reste crucial pour l’économie du pays. Il emploie 200 000 personnes, représente 14 % du PIB et 41 % des exportations.
Alors que les scientifiques insistent pour que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites de moitié au cours de cette décennie, essentiellement en éliminant progressivement les combustibles fossiles, la Norvège n’a pas fixé de date pour mettre fin à l’exploration du pétrole et du gaz. La Direction norvégienne du pétrole a même déclaré au début de cette année qu’elle s’attendait à ce que la production de pétrole continue d’augmenter au cours des prochaines années, passant de 1,7 million de barils par jour en 2020 à un peu plus de 2 millions par jour en 2025. Rien à ajouter!
Source : Presse norvégienne.

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In Norway, as in the rest of the world, temperatures are rising due to global warming, and the glaciers are melting. According to the Center for International Climate Research (CICERO), the total area covered by Norwegian glaciers has decreased by 11 per cent in the last 30 years. 326 square kilometres have disappeared since the mid 1980s. The ice is retreating most rapidly in the northern parts of the country.

According to aeport from the Norwegian Centre for Climate Services (NCCS), large glaciers are projected to lose a third of their total area and volume by the end of this century. Smaller glaciers are anticipated to disappear entirely, except at the very highest altitudes.

In recent years, climate change has caused mountain glaciers to melt away, revealing well-preserved markers from different periods in history beneath. The retreat of melting glaciers has revealed a lost mountain pass in Norway, complete with hundreds of Viking artifacts strewn along it.

As far as climate change is concerned, Norway has a dual position. Fossil fuels helped to catapult Norway from a stable but small fishing and timber economy into one of the wealthiest and most progressive welfare states in the world.

Now, climate change is forcing the country to consider stopping the exploitation of fossil fuels in exchange for living up to its environmental ambitions. This is the choice an estimated 3 million Norwegian voters had to make on September 13th, 2021 in a parliamentary election that has centered on the issue of whether saving the planet is worth stopping the fossil fuel exploitation.

Norway fancies itself a green nation. According to a report by the United Nations on human rights and the environment, the country has a “strong environmental record.” Its air and water are pristine, and the vast majority of electricity is generated by emissions-free hydropower plants. The country is a leader in renewable energy production. Environmental regulations are stringent, with fossil fuel use banned for heating buildings and strong incentives for the purchase of electric cars. In August 2021, 70% of new vehicles sold were fully electric, more than in any other country. Norway was also one of the first nations in the world to introduce a carbon tax, in 1991.

Norway is also at the front of global efforts to combat climate change. The country devotes substantial resources to combating deforestation in the developing world. The government has invested strongly in R&D, especially for the development of carbon capture and storage technologies. These policies have broad popular support, especially among young and urban citizens who increasingly rate climate as their most important policy priority.

However, beneath its green policy, Norway remains the most fossil fuel-dependent industrialized democracy in the world. Crude oil and natural gas account for 41% of exports, 14% of gross domestic product, 14% of government revenues, and between 6% and 7% of employment. Home to the largest hydrocarbon reserves in Europe, the country is the world’s third largest exporter of natural gas, and one of the top exporters of crude oil. Norway’s total petroleum production is forecast to increase until 2024 or so.

Nowhere and never had climate been so politically salient and economically significant as it was in Norway’s last parliamentary election of September 13th, 2021. On one side, there were the establishment parties—the Conservatives and Labour—which have have ruled out halting oil and gas production in the near term, fearing the economic consequences. On the other side, the Socialist Left Party and the Green Party have campaigned on climate issues and have committed to banning new exploration licenses, and promised to halt all production by 2035.

The left-wing opposition led by the Labour Party won the election, defeating the current Conservative government. As a consequence, Norway will have a new Prime Minister. Will it mark a change in Norway’s energy policy? Not so sure. The oil and gas sector remains crucial for the country’s economy, employing 200,000 people – between 6% and 7% of its workforce – and accounting for 14% of GDP and 41% of exports.

While scientists say emissions need to be halved over this decade, largely by phasing out fossil fuels, Norway has not set a date to even end the exploration of oil and gas. The Norwegian Petroleum Directorate said earlier this year that it expected oil production to keep rising in the next few years, from 1.7 million barrels a day in 2020 to just over 2 million a day in 2025.

Source: Norwegian newspapers.

Production de pétrole norvégien au cours des derniers mois:

 

Production de pétrole norvégien au cours des 25 dernières années:

La production de pétrole est certes en baisse, mais les perspectives montrent qu’elle n’est pas près de cesser!

Fonte des petits glaciers (1) : le Kebnekaise (Suède) // Small glacier melting: Kebnekaise (Sweden)

Si vous parlez de Kebnekaise à un petit Suédois, vous êtes sûr que ce mot va évoquer pour lui Le Merveilleux Voyage de Nils Holgerson à travers la Suède,  écrit par Selma Lagerlöf. Akka de Kebnekaise est le nom de l’oie qui dirige le groupe.

Akka et Kebnekaise sont aussi deux montagnes de Suède. Le Kebnekaise est même le point culminant du pays. Situé dans le nord-ouest de la Suède dans la commune de Kiruna, au-delà du Cercle Polaire arctique, c’est un lieu de randonnée très populaire.

L’altitude du Kebnekaise est variable mais a tendance à décroître. Les mesures ont commencé dans les années 1940. Elles montrent que la hauteur du sommet sud de la montagne varie tout au long de l’année en raison de la dérive de la neige et du recul de la glace en été. Il est généralement à son maximum en mai et à son minimum à la mi-septembre. La différence entre les hauteurs d’hiver et d’été peut atteindre 2 ou 3 mètres.

Une nouvelle étude indique que le Kebnekaise a encore perdu 2 mètres en un an en raison de la fonte du glacier qui le recouvre. Lorsque les géologues de l’université de Stockholm ont mesuré la hauteur de la montagne le 14 août 2021, ils ont constaté qu’elle était à son niveau le plus bas depuis le début des mesures. Avec 2 094,6 mètres, l’altitude du sommet était inférieure de près de 2 mètres à la valeur d’août 2020, soit 2 096,5 mètres. Le sommet perdra probablement encore au moins 0,50 m d’ici la mi-septembre.

Selon les scientifiques, la température moyenne de l’air dans la région a augmenté, ce qui a provoqué une fonte plus rapide de la glace. L’effet sur le pic sud de Kebnekaise a été exacerbé par le changement de la configuration des vents qui affecte l’accumulation de la neige en hiver.

Source: Copernicus.

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If you mention the word Kebnekaise to a Swedish child, you are sure that it will evoke for him Nils Holgersson’s Wonderful Journey through Sweden written by Selma Lagerlöf. Akka de Kebnekaise is the name of the goose that leads the group.
Akka and Kebnekaise are also two mountains of Sweden. The Kebnekaise is even the highest point in the country. Located in the northwest of Sweden in the municipality of Kiruna, beyond the Arctic Circle, it is a very popular hiking spot.
The altitude of Kebnekaise fluctuates but tends to decrease. Measurements began in the 1940s. They show that the height of the mountain’s southern peak varies throughout the year due to snow drift and ice retreat in summer. It is usually at its maximum in May and its minimum in mid-September. The difference between winter and summer heights can be up to 2 or 3 metres.
A new study indicates that the Kebnekaise has lost another 2 metres in a year due to the melting of the glacier. When geologists from Stockholm University measured the height of the mountain on August 14th, 2021, they found it to be at its lowest level since the measurements began. At 2,094.6 metres, the summit elevation was almost 2 metres lower than the August 2020 value of 2,096.5 metres. The summit will likely drop at least another 0.50 m by mid-September.
Scientists say the average air temperature in the region has risen, causing the ice to melt faster. The effect on the southern peak of Kebnekaise was exacerbated by the changing wind pattern, which affects snow accumulation in winter.
Source: Copernicus.

Crédit photo: Wikipedia

 

 

 

 

 

Il a plu sur la calotte glaciaire du Groenland! // It rained on Greenland’s ice sheet!

Dans une note rédigée le 1er août 2021, j’indiquais que le 27 juillet la température de l’air au-dessus du Groenland avait atteint un pic de 23,2°C. L’île a alors perdu une très importante masse de glace, avec suffisamment d’eau de fonte pour recouvrir la Floride de 5 centimètres. Ce fut la troisième plus grande perte de glace pour le Groenland en une seule journée depuis 1950.
Nous apprenons aujourd’hui qu’il a plu pendant plusieurs heures au sommet de la calotte glaciaire du Groenland le 14 août. C’est la première fois dans l’histoire que la région connaît de la pluie à un moment où la température dépasse le point de congélation.
Le National Snow and Ice Sata Center (NSIDC) explique que les précipitations se sont produites sur le point le plus élevé de la calotte glaciaire du Groenland. L’événement a été observé à la station sommitale (Summit Station) située à 3 165 mètres au-dessus du niveau de la mer. A noter que les données météorologiques pour la région commencent en 1950.
En plus de ces précipitations qui sont du jamais vu, la température est restée positive pendant plus de neuf heures. C’est la quatrième fois dans l’histoire de la région, mais la troisième fois depuis 2012.
Le NSIDC a déclaré que la hausse des températures était liée à un événement semblable à celui du 27 juillet qui a entraîné une poussée d’air chaud et d’humidité à travers le pays. Le 15 août, la pluie mélangée à l’air plus chaud a entraîné une perte de masse en surface sept fois supérieure à la moyenne de la mi-août. Le 16 août, la zone de fonte a heureusement retrouvé un niveau modéré.
La NASA rappelle au public que si la calotte glaciaire du Groenland fondait complètement et si l’eau de fonte se déversait dans les océans, le niveau de la mer dans le monde augmenterait d’environ 7 mètres. De nombreuses villes côtières seraient impactées.D’autre part, la rotation de la Terre ralentirait suffisamment pour allonger la durée d’une journée de deux millisecondes.
Source : USA Today.

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In a post written on August 1st, 2021, I indicated that on July 27th air temperature over Greenland had reached a peak of 23.2°C.As a consequence, the island lost a massive amount of ice, with enough melting to cover Florida with 5 centimetres of water. It was the third biggest ice loss for Greenland in a single day since 1950.

We now learn that it rained for several hours at the summit of Greenland’s ice sheet on August 14th, marking the first time in recorded history the area has experienced rain and at a time when temperatures there rose above freezing in an extremely rare occurrence.

The National Snow and Ice Sata Center (NSIDC) explains that the rainfall occurred at the highest point on the country’s ice sheet. The weather was observed at Greenland’s Summit Station, which is 3,165 metres above sea level. Weather recording for the area began in 1950.

In addition to the never-before-recorded rainfall, temperatures were above freezing for over nine hours, only the fourth time in history, but the third time since 2012.

NSIDC said the reason for the higher temperatures was in relation to a similar event that resulted in warm air and moisture being pushed across the country. The rain mixed with the warmer air resulted in a loss of surface mass on August 15th that was seven times above the mid-August average. By August 16th,, the melted area had returned to moderate levels.

NASA remind the public that if Greenland’s ice sheet were to completely melt and flow into oceans, the global sea level would rise around 7 metres and Earth’s rotation would slow down enough to make the length of a day two milliseconds longer. Numerous coastal cities would be impacted as well.

Source : USA Today.

Vue de la calotte glaciaire du Groenland (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

En raison du réchauffement climatique, les quelque 220 000 glaciers recensés dans le monde fondent à un rythme toujours plus rapide, que ce soit dans l’Himalaya, dans les Alpes ou en Alaska. Une étude publiée dans la revue Nature en avril 2021 nous rappelle que la fonte des glaciers contribuera à plus d’un cinquième de l’élévation du niveau de la mer au cours de ce siècle.
L’Islande est l’une des régions où le recul glaciaire est le plus spectaculaire. Cependant, l’histoire des glaciers islandais n’est pas faite que de périodes de recul.

Lorsque les premiers colons sont arrivés en Islande, les glaciers étaient beaucoup plus petits qu’aujourd’hui. On peut retracer leur croissance au cours du Petit Age glaciaire (vers 1450-1900) et leur ancienne morphologie en observant les moraines, à partir de données provenant de sédiments lacustres, mais aussi de descriptions dans les écrits du passé.
Les glaciers ont ensuite progressé, notamment aux 17ème et 18ème siècles.
Ils ont reculé légèrement au cours des premières décennies du 19ème siècle, avant de reculer légèrement puis d’avancer de nouveau. Ils ont atteint leur taille maximale vers 1890.
Après 1890, la plupart des glaciers ont commencé à battre en retraite. Ils ont reculé rapidement dans les années 1930 et 1940 et ont continué, mais plus lentement, jusqu’aux années 1960 qui ont marqué le début d’un ralentissement provisoire.
Dans les années 1970 et 1980, certains glaciers ont avancé ou sont restés stationnaires. Les glaciers émissaires* entre Skaftafell et Höfn ont reculé de 1 à 8 km, selon leur situation géographique, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’en 2017. Au total, ils ont perdu une superficie de 340 km2, et 140 km³ ou 20 % de leur volume. La perte de glace correspond à une élévation de 0,3 mm du niveau mondial de la mer. [ On appelle ‘glacier émissaire’ – outlet glacier en anglais – une langue d’ablation issue d’un inlandsis ou d’une calotte glaciaire.]

 

Skaftafell en juillet 2021

Dans une note 24 juillet 2021, j’expliquais que Solheimajökull, l’un des glaciers émissaires du Myrdalsjökull, reculait à un rythme incroyable. Il a perdu plusieurs centaines de mètres au cours des deux dernières décennies.

Myrdalsjökull en juillet 2021


Une étude publiée en mai 2021 a révélé que les glaciers islandais dans leur ensemble ont perdu environ 750 kilomètres carrés, soit sept pour cent de leur surface, depuis le début du millénaire en raison du réchauffement climatique. Ces mêmes glaciers, qui couvrent plus de 10 % de la masse continentale du pays, ont diminué en 2019 et couvrent actuellement moins de 10 400 kilomètres carrés. Depuis 1890, la superficie couverte par les glaciers islandais a diminué de près de 2 200 kilomètres carrés, soit 18 %. Il est important de noter que près d’un tiers de ce déclin s’est produit depuis 2000.

En effet, depuis 2000, les glaciers émissaires d’Islande ont reculé particulièrement vite, et leur perte de masse par unité de surface est parmi les plus élevées au monde. Ils ont perdu 15 à 50 % de leur volume de glace au cours de cette période. Selon les glaciologues, les glaciers continueront de fondre et de reculer et pourraient perdre la moitié de leur volume d’ici 2100. Après 200 ans, seules de petites calottes glaciaires subsisteront sur les plus hautes montagnes.
En 2014, les glaciologues ont dépouillé l’Okjokull de son statut de glacier après avoir constaté qu’il était constitué de glace inerte et qu’il n’avançait plus comme le font normalement les glaciers. Une plaque commémorative en lettres d’or écrite en islandais et en anglais a été inaugurée le 18 août. 2019 sur le site du glacier.


Les glaciologues ont découvert que la vitesse de fonte des glaciers islandais s’est fortement accélérée au cours de la période 2000-2019. Entre 2000 et 2004, les glaciers ont perdu 227 milliards de tonnes de glace par an. Mais entre 2015-2019, ils ont perdu en moyenne 298 milliards de tonnes chaque année.

De la même façon, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans une dizaine d’années. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. En le parcourant, on se rend vite compte d’une année sur l’autre que le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine de Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est et cet amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans.

Les statistiques révèlent que le glacier Breiðamerkurjökull perd actuellement 600 mètres par an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était autrefois à l’intérieur de la grotte est maintenant en dehors. Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était à 100 mètres à l’intérieur de la cavité se trouve maintenant à l’extérieur, à 500 mètres devant le glacier.

Lors de ma dernière visite au Vatnajökull en juillet 2021, j’ai pu me rendre compte que le glacier fondait très vite. Son front est beaucoup plus mince qu’en 2001 lorsque je l’ai observé pour la dernière fois et il vêle maintenant moins d’icebergs.

Source : Vatnajökull / Melting glaciers.

Vous verrez ci-dessous quelques photos prises en juillet 2021. Mes enfants et petits-enfants vous diront ce qui se passera dans les 50 prochaines années

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Because of global warming, all of the world’s 220,000 glaciers are melting at an ever increasing pace, whether in the Himalayas, in the Alps or in Alaska. A study published in the journal Nature in April 2021 reminds us that glacial melting will contribute to more than a fifth of global sea level rise this century.

Iceland is one of the regions where glacial retreat is the most dramatic. However, the history of Icelandic glaciers does not only consist in periods of retreat.

When the first settlers came to Iceland, the glaciers were much smaller than today. Their advance during the Little Ice Age (1450–1900 or so) and former size can be traced from their glacial moraines, or from data from lake sediments, and descriptions in written historical accounts.

The glaciers later advanced, especially during the 17th and 18th centuries.

In the first decades of the 19th century, they retreated slightly and then re-advanced. Around 1890 nearly all of them had reached their maximum size in historical times.

After 1890, most glaciers began to retreat. They receded fast in the 1930s and 1940s, and continued retreating, albeit more slowly, until the 1960s, after which the rate of retreat slowed further.

In the 1970s and 1980s some of the glaciers re-advanced or remained stationary. The outlet glaciers from Skaftafell to Höfn have retreated 1–8 km, depending on location, since the end of the 19th century until 2017. Altogether, they have lost an area of 340 km2, and 140 km³ or 20% of their volume. The ice loss corresponds to a 0.3 mm rise in global sea level.

In a post released on July 24th, 2021, I explained that Solheimajökull, one of the branches of Myrdalsjökull was melting at an incredible pace. It has retreated by several hundred metres in the past two decades.

A study published in May 2021 revealed that Iceland’s glaciers have together lost around 750 square kilometres, or seven percent of their surface, since the turn of the millennium due to global warming. Icelandic glaciers, which cover more than 10 percent of the country’s land mass, shrank in 2019 to 10,400 square kilometres. Since 1890, the land covered by glaciers has decreased by almost 2,200 square kilometres, or 18 percent. What is important to notice is that almost a third of this decline has occurred since 2000.

Indeed, since 2000, Iceland’s outlet glaciers have retreated exceptionally fast, and their mass loss per unit area is among the highest recorded in the world. Individual outlet glaciers have lost 15–50% of their ice volume during this period. According to glaciologists, the glaciers will continue to melt and retreat and could lose half of their volume by 2100. After 200 years, only small ice caps will remain on the highest mountains.

In 2014, glaciologists stripped the Okjokull glacier of its status as a glacier after determining that it was made up of dead ice and was no longer moving as glaciers do.A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English was inaugurated on August 18th, 2019 on the site of the glacier.

Glaciologists have found that the rate of glacier melt accelerated sharply durong the period 2000-2019. Between 2000 and 2004, glaciers lost 227 billion tonnes of ice per year. But between 2015-2019, they lost an average of 298 billion tonnes each year.

In the same way, the very popularJökulsarlon will probably not look the same in 10 years. To realize this, one just needs to observe the Esjufjallarönd, a moraine that runs along the Breiðamerkurjökull glacier and separates it from the Norðlingalægðarjökull, another glacial branch which ends up in the waters of the Jökulsarlon by giving birth to a crowd of small icebergs. It is easy to see that year after year that the Breiðamerkurjökull is rapidly receding under the effect of global warming. As the Norðlingalægðarjökull dumps its icebergs into the lagoon, the ice level decreases and the nearby glacier tends to move towards the depression that has been created. As a result, the Esjufjallarönd Moraine is moving steadily eastward and this debris pile is likely to reach Jökulsarlon within 3 to 5 years.

Statistics show that the Breiðamerkurjökull glacier is currently losing 600 metres per year. In one of the caves inside the glacier, the ice has receded so much that the waterfall that was once inside the cave is now outside. In another cave nearby, a large boulder that was 100 metress inside the cavity is now outside, 500 metres in front of the glacier.

During my last visit to Iceland’s Vatnajökull in July 2021, I could realise that the glacier was melting very fast. Its front is much thinner than in 2001 when I observed it for the last time and it is now calving fewer icebergs.

You’ll see below some photos taken in July 2021. My children and grandchildren will tell you what happens in the next 50 years

Source: Vatnajökull / Melting glaciers.


Carte montrant le recul du glacier Breiðamerkurjökull et l’agrandissement du lac glaciaire du Jökulsárlón. (Source: Glaciological Group of the Institute of Earth Sciences of University of Iceland)

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Photos : C. Grandpey