Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : fin de l’éruption ! // End of the eruption !

On le sentait venir ces dernières heures, mais je n’osais par trop m’avancer car avec le Piton de la Fournaise, on ne sait jamais. Le volcan a parfois l’humeur un peu fantasque. Toujours est-il que l’Observatoire a annoncé aujourd’hui à 18h30 (heure locale – 15h30 heure métropole) la fin de l’éruption qui avait commencé le 13 février 2026. Elle aura duré près de 6 semaines.

Le trémor volcanique a signifié la fin de l’événement vers 16h30 après deux chutes successives le 25 mars avant de revenir à un niveau proche du bruit de fond sismique vers 15h heure locale. Un trémor résiduel a ensuite été observé jusqu’à sa disparition progressive.

L’OVPF annonce dans son bulletin qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation : arrêt définitif ou reprise de l’activité. Des épisodes similaires ont déjà été observés, avec des reprises brutales de l’activité éruptive après une phase d’arrêt, notamment lors de l’éruption d’août–octobre 2015.

Le dégazage se poursuit et des écoulements de lave peuvent rester visibles, en raison de la vidange progressive des tunnels.

Source : OVPF.

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Ce qui a le plus marqué cette éruption de 41 jours, c’est tout d’abord le traversée de la RN 2 par la lave le 13 mars 2026 au matin entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, un événement qui ne s’était pas produit depuis 2007.

Comme en 2007, la lave est ensuite entrée dans la mer pendant la nuit du 16 au 17 mars 2026. Elle a construit une plateforme qui s’avance jusqu’à 200m dans l’océan, et sur un kilomètre en largeur, soit une superficie de plus de 8 hectares. C’est beaucoup moins que les 12 hectares de 2007, mais le spectacle était tout de même intéressant.

Le préfet vient de rappeler la dangerosité du site qui est strictement interdit d’accès : « Sous cette plateforme formée au contact de la lave et de l’océan, de la lave circule en tunnel à plus de 1000°C. Vous marchez sur une croûte fine et instable. Elle peut céder d’un seul coup. »

Image souvenir de l’éruption avec la traversée de la RN2 par la lave  (Crédit photo: OVPF)

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One could guess in the past few hours that it was about to happen, but I didn’t dare make any predictions because with Piton de la Fournaise, you never know. The volcano can be unpredictable. In any case, the Observatory announced today at 6:30 PM (local time – 3:30 PM in Paris) the end of the eruption that began on February 13, 2026. It lasted nearly 6 weeks.

The volcanic tremor signaled the end of the event around 4:30 PM after two successive drops on March 25, before returning to a level close to the seismic background noise around 3:00 PM local time. A residual tremor was then observed until its gradual disappearance.

The OVPF explains in its bulletin that no hypothesis is being ruled out regarding the evolution of the situation: definitive cessation or resumption of activity. Similar episodes have already been observed, with sudden resumptions of eruptive activity after a period of inactivity, notably during the August–October 2015 eruption.

Degassing continues, and lava flows may remain visible due to the gradual emptying of the tunnels.
Source: OVPF.

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The most striking feature of this 41-day eruption was, first and foremost, the lava flowing across the RN 2 highway on the morning of March 13, 2026, between Sainte-Rose and Saint-Philippe, an event that hadn’t occurred since 2007.

As in 2007, the lava then entered the sea during the night of March 16-17, 2026. It built a platform extending as far as 200 meters into the ocean and one kilometer wide, covering an area of ​​more than 8 hectares. This is much less than the 12 hectares of 2007, but the show was still remarkable.

The préfet has just reiterated the danger of the site, which is strictly off-limits: « Under this platform formed at the contact of lava and the ocean, lava flows in a tunnel at over 1000°C. You are walking on a thin and unstable crust. It can give way suddenly. »

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’éruption continue // The eruption continues

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit à partir d’un seul site éruptif actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Avec la fermeture latérale du cône éruptif, on observe une activité importante en tunnel de lave.

Le champ de lave présente toujours deux bras principaux. Le front du bras nord reste figé à environ 2,6 km de la RN2, à une altitude d’environ 660 m. Néanmoins depuis le 18 mars, le bras nord est de nouveau alimenté et une activité est visible sur le haut des Grandes Pentes.

Le bras sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la RN2 le13 mars et a atteint l’océan le 16 mars. En amont de la route, plusieurs bras secondaires de coulées sont visibles côté sud mais leur progression est actuellement très lente et ne présente pas de menace pour la RN2.

Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’entrée de la lave dans l’océan.

Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir. Le 18 mars, elle avait progressé de 85 mètres dans l’océan.

Crédit photo: OVPF

L’OVPF met en garde contre les risques liés au panache principalement constitué de vapeur

d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium (NaCl), elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes. Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres, voire des kilomètres, sous l’effet des vents. Il est bien évident que ce panache présente un risque pour la santé. Par ailleurs, le contact brutal entre

la lave et l’eau peut générer des explosions à proximité immédiate du point d’entrée en mer. Des explosions peuvent également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme qui reste très instable et fragile.

Vue de la plateforme en formation au point de contact entre la lave et l’océan le 18 mars 2026 (Crédit photo : OVPF)

Source : OVPF.

Au vu de mon expérience personnelle à Hawaï, j’ai publié une note qui confirme les propos de l’OVPF :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2026/03/17/risques-lies-a-lentree-de-la-lave-dans-locean-hazards-associated-with-lava-entry-into-the-ocean/

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The eruption of Piton de la Fournaise continues from a single active eruptive site on the south-southeast flank of the volcano. With the lateral closure of the eruptive cone, significant lava tube activity is observed.
The lava field still has two main branches. The front of the northern branch remains stationary approximately 2.6 km from the RN2 highway, at an altitude of about 660 m. However, since March 18, the northern branch has been supplied again, and activity is visible on the upper slopes of the Grandes Pentes.
The southern branch, after dividing into several secondary branches, crossed the RN2 on March 13 and reached the ocean on March 16. Upslope of the road, several secondary lava flows are visible on the south side, but their advance is currently very slow and does not pose a threat to the RN2.
Several secondary branches also formed downslope of the RN2 before the lava entered the ocean. At the point of contact between the lava and the ocean, a platform continues to form and expand. By March 18, it had advanced 85 meters into the ocean.
The OVPF warns of the risks associated with the plume, which is primarily composed of water vapor, hydrochloric acid (HCl), and fine particles. When the lava, at a temperature of approximately 1130°C, comes into contact with ocean water rich in sodium chloride (NaCl), it generates an acidic aerosol in the form of fine droplets. This plume also contains particles of pulverized lava and fragments of volcanic glass, which can be carried for several hundred meters, or even kilometers, by the wind. Clearly, this plume poses a health risk. Furthermore, the sudden contact between lava and water can generate explosions in the immediate vicinity of the point of entry into the sea. Explosions can also occur if the platform becomes destabilized, as it remains very unstable and fragile.

Source: OVPF.

Based on my personal experience in Hawaii, I published a report that confirms the statements of the OVPF:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2026/03/17/risques-lies-a-lentree-de-la-lave-dans-locean-hazards-associated-with-lava-entry-into-the-ocean/

Risques liés à l’entrée de la lave dans l’océan // Hazards associated with lava entry into the ocean

Pour le moment, l’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés.

Crédit photo: PGHM

Si le débit effusif venait à augmenter, la situation pourrait devenir plus compliquée. Hawaï illustre parfaitement les dangers liés aux entrées de lave dans l’océan. J’ai vu des coulées se déverser dans l’océan Pacifique sur des centaines de mètres.

Lorsque la lave entre en contact avec l’eau de mer, son refroidissement rapide génère d’épais panaches composés de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de fines particules de verre, lorsque la roche en fusion se fragmente au contact de l’eau. Ces nuages ​​de vapeur et de gaz se forment lorsque la lave à très haute température réchauffe l’eau de mer, produisant une vapeur nocive contenant de l’acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique. Ces panaches peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires des personnes se trouvant sous le vent et réduire la visibilité près du littoral.

L’entrée de lave dans l’océan crée également des accumulations et plateformes instables de lave nouvellement solidifiée qui s’étendent depuis le rivage vers la mer. Ces deltas de lave temporaires se forment par accumulation et refroidissement de coulées successives. Cependant, leur structure reste fragile et ils peuvent s’effondrer brutalement, avec des explosions et des projections de fragments de roche brûlante et d’eau de mer vers l’intérieur des terres. Danger !

L’interaction entre la lave et l’eau de mer peut également générer de brèves explosions lorsque l’eau de mer se retrouve piégée sous la lave en train d’avancer. La détente rapide de la vapeur peut fragmenter la croûte externe de la coulée, avec des projections de fragments de lave et des jets de vapeur.

Photos: C. Grandpey

À la Réunion, le système de surveillance de la qualité de l’air a détecté un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO₂ dans la zone de Bourg Murat le 16 mars 2026. Les concentrations de SO₂ ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m³ par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m³ et un pic à 673 µg/m³ avant de revenir à des niveaux inférieurs. Les autorités expliquent que la qualité de l’air autour du volcan peut évoluer rapidement lors d’une éruption, en fonction de l’activité volcanique et des conditions météorologiques, notamment la direction du vent. Des concentrations élevées de gaz volcaniques peuvent affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires comme l’asthme. Il est donc conseillé aux habitants des zones concernées de limiter les activités physiques intenses en extérieur.

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For the time being, the lava entry in the Grand-Brûlé area is quite reducedand does not include high risks.

Should an increase in the lava flow occur, the situation might become more risky. Hawaii is a perfect example of hazards associated with lava entries. I have ssen the lava flow into the Pacific Ocean over hundreds of meters.

When lava comes into contact with seawater, rapid cooling produces dense plumes composed of water vapor, volcanic gases, and fine glass particles when the molten rock fragments on contact with the water. The steam and gas clouds form when hot lava heats seawater, producing acidic steam that contains hydrochloric acid and fine volcanic glass particles. These plumes can irritate the eyes and respiratory system of people exposed downwind and may reduce visibility near the coastline.

Ocean entry also creates unstable accumulations of newly solidified lava fragments that build outward from the shoreline. Temporary lava deltas form as successive flows pile up and cool, but they remain structurally unstable and can collapse suddenly, producing localized explosions and sending fragments of hot rock and seawater inland.

The interaction between lava and seawater can also generate brief explosive bursts when seawater becomes trapped beneath advancing lava. Rapid steam expansion may fragment the outer crust of the flow, ejecting lava fragments and forming short-lived jets of steam and debris along the entry point.

Air-quality monitoring conducted on Réunion Island detected a temporary exceedance of the health alert threshold for SO2 in the Bourg Murat area on March 16, 2026. SO2 concentrations exceeded the alert level of 500 µg/m³ per hour for three consecutive hours, reaching an hourly average of 593 µg/m³ with a peak of 673 µg/m³ before returning to lower levels.

Authorities note that air-quality conditions around the volcano can change rapidly during an eruption, depending on volcanic activity and weather conditions, especially wind direction. Elevated concentrations of volcanic gases may affect individuals suffering from respiratory problems like asthma. Residents in affected areas are advised to reduce intense outdoor activity.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’éruption continue // The eruption continues

Au vu de la faible sismicité et des hésitations de la lave à percer la surface, je faisais partie de ceux qui pensaient que l’éruption du Piton de la Fournaise serait l’affaire de quelques jours seulement. Certes, ce n’est pas un événement de grande envergure mais la lave ne cesse de s’écouler depuis le 13 février 2026.

L’OVPF nous explique qu’un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le cône éruptif continue de se refermer progressivement. De ce fait, peu de projections dépassent désormais le sommet du cône. L’activité effusive se situe actuellement en tunnel de lave. Cette dernière débouche pour former des coulées dans la partie haute des Grandes Pentes. Elles se développent à la fois sous forme de lave a’ā et en coulée pāhoehoe à la sortie des tunnels actifs. Dans les Grandes Pentes, le front du bras sud de la coulée la plus active était situé le 6 mars matin à environ 4 km de la RN2, à une altitude de 1175 m. En bas des Grandes Pentes, le front du bras de coulée le plus en aval reste figé à environ 2,6 km de la RN2, à une altitude de 660 m. La route n’est donc pas menacée.

Schéma et photo : OVPF

L’activité sismique reste faible sur le volcan. La probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste donc faible à court terme. À noter tout de même que par le passé des fissures éruptives se sont ouvertes au cours d’une éruption sans signaux avant-coureurs.

La reprise de l’inflation de l’édifice est désormais bien établie. Elle indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.

Le trémor éruptif est relativement stable, avec quelques pics d’amplitude probablement liés à des variations de dégazage ou à des évolutions morphologiques du cône éruptif.

Les débits en surface, estimés à partir des données satellites, présentent des valeurs comprises entre 1 et 15 m3/s. Le 4 mars 2026 , le volume de lave émis depuis le début de l’éruption était estimé à 10 millions de mètres cubes.

 Estimation des débits de lave en surface (m3/s) à partir des données satellitaires (OPGC-Université Clermont Auvergne)

L’accès à l’Enclos reste interdit.

Source : OVPF.

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Given the low seismic activity and the lava’s reluctance to break through the surface, I was among those who thought the eruption of Piton de la Fournaise would only last a few days. While it’s not a major event, lava has been flowing continuously since February 13, 2026.

The OVPF explains that only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The eruptive cone continues to close gradually. As a result, few ejecta now rise above the cone’s summit.

The effusive activity is currently confined to lava tubes. It emerges to form flows in the upper part of the Grandes Pentes and develops both as a’ā lava and as pāhoehoe flows at the exit of the active tubes. In the Grandes Pentes area, the front of the furthest lava flow remains stationary approximately 2.6 km from the RN2 highway and at an altitude of 660 m. The road is not threatened.
Seismic activity remains low on the volcano. The probability of new eruptive fissures opening therefore remains low in the short term. It should be noted, however, that in the past, eruptive fissures have opened during eruptions without any warning signs.
The resumption of inflation of the volcano is now well established. This indicates a repressurization of the magma supply system, possibly linked to magma recharge of the shallow reservoir.
The eruptive tremor is relatively stable, with some amplitude peaks likely related to variations in degassing or morphological changes in the eruptive cone.
Surface flow rates, estimated from satellite data, range from 1 to 15 m³/s. On March 4, 2026, the volume of lava emitted since the start of the eruption was estimated at 10 million cubic meters.

Access to the Enclos is still prohibited.

Source: OVPF.