Grimsvötn (Islande) : pas d’éruption en vue pour le moment // No eruption in the short term

Le 6 décembre 2021, le Met Office islandais a fait passer la couleur de l’alerte aérienne du Grimsvötn du Jaune à l’Orange. Le but des codes de couleurs est d’informer le secteur aéronautique de la situation sur un volcan. La couleur Orange signifie que « le volcan présente des signes d’activité avec un fort risque d’éruption », ou qu' »une éruption volcanique est en cours sans émission de cendres ou avec une faible émission de cendres ». En Islande, le Grímsvötn est actuellement le seul volcan en couleur Orange. L’Askja et le Fagradalsfjall sont en Jaune. Tous les autres volcans sont en Vert.
Il faut garder à l’esprit que lla couleur d’alerte aérienne Orange n’est qu’une mesure de prévention et n’indique pas qu’une éruption est sur le point de se produire. L’IMO a précisé qu’il n’y a actuellement aucune activité sismique annonçant une éruption à court terme. Cependant, le volcan doit être étroitement surveillé. En effet, une éruption du Grímsvötn a parfois suivi une crue glaciaire.
De manière assez logique, le tracé du tremor a montré une ascension régulière correspondant à l’augmentation du débit de la rivière Gígjukvísl. La crue a culminé le 5 décembre au matin. Ensuite, le tremor et le débit de l’eau de fonte ont commencé à diminuer. La sismicité est actuellement faible dans la région du Grimsvötn.

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On December 6th, 2021, the Icelandic Met Office changed Grimsvötn’s aviation color code from Yellow to Orange. The aim of the color codes is to inform the aviation sector about a volcano’s status. The Orange color code means that « the volcano is exhibiting heightened unrest with increased likelihood of eruption », or that « a volcanic eruption is underway with no or minor ash emission. » In Iceland, Grímsvötn is currently the only volcano with an Orange color code. Askja and Fagradalsfjall are Yellow. All the the other volcanoes are marked Green.

One should keep in mind that the Orange color code is only a prevention measure and not an indication that an eruption is about to occur. IMO has specified that there is currently no seismic activity announcing an eruption in the short term. However, the volcano needs to be closely monitored. Indeed, a volcanic eruption in Grímsvötn has sometimes followed a glacial outburst flood.

In a fairly logical way, the tremor curve showed a regular rise corresponding to the increasing output of the Gígjukvísl river. The flood peaked on December 5th in the morning. Then, both tremor and meltwater output started decreasing. Seismicity is currently low in the Grimsvötn area.

Source : IMO

Crue glaciaire du Grimsvötn (Islande) [suite] // Grimsvötn’s glacial outburst flood (Iceland) [continued]

La crue glaciaire, ou jökulhlaup, qui a commencé lorsque la calotte glaciaire au-dessus du Grímsvötn a commencé à fondre il y a 11 jours, devrait atteindre son maximum le dimanche 5 décembre 2021. Les autorités islandaises ne croient pas que cette crue affectera la circulation sur la route n°1, ni que des routes devront être fermées.
Le 3 décembre au matin, la calotte glaciaire du Grímsvötn s’était affaissée de plus de 27 mètres et le débit de la rivière Gígjukvísl atteignait 1600 m3/s. La conductivité électrique de la rivière a également augmenté, avec plus de 464 µS/cm ce même jour. Les concentrations de gaz autour du glacier ont révélé des niveaux supérieurs à la normale, mais ne posent actuellement aucun danger.
La question est de savoir si la crue glaciaire sera suivie d’une éruption volcanique, mais personne n’est en mesure de répondre. Nous savons juste que dans le passé, les éruptions du Grímsvötn ont commencé dans le sillage d’une crue glaciaire. En effet, l’évacuation de l’eau réduit la pression au sommet du volcan et cela peut favoriser le déclenchement d’une éruption. Un tel événement s’est produit en 1922, 1934, et plus tard, en 2004. Les scientifiques ont remarqué qu’il y avait eu un accroissement de la sismicité avant l’éruption. Pour le moment, aucun événement de ce type n’a été détectée autour du volcan.
Source : Iceland Review.

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The glacial outburst flood, or jökulhlaup, which started when the ice sheet in Grímsvötn beneath Vatnajökull glacier began to melt 11 days ago, is predicted to reach its peak on Sunday, December 5th, 2021. .Icelandic authorities do not believe that the runoff will affect traffic on Route 1, nor that roads will need to be closed.

On DEcember 3rd in the morning, the Grímsvötn ice sheet had sunk over 27 meters and was flooding the Gígjukvísl river at a rate of 1600 m3/s. The electrical conductivity of the river has also been increasing and was measured above 464 µS/cm on that same day. The gas concentrations along the perimeter of the glacier have been measured at higher than normal levels, but do not currently pose a danger.

The question is to know whether the glacial outburst flood will be followed by a volcanic eruption, but nobody is able to answer the question. We just know that in the past eruptions at Grímsvötn have begun following a glacial outburst flood. Indeed, the evacuation of the water reduces the pressure on top of the volcano and this can allow an eruption to begin. It happened in 1922, 1934, and later, in 2004. Scientists have noticed that there was a series of earthquakes before the eruption. For the moment, no such seismicity has been detected around the volcano.

Source: Iceland Review.

Source: IMO / Wikipedia

Signes d’inflation sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Signs of inflation on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les volcanologues islandais indiquent que des signes d’inflation ont été détectés sur la péninsule de Reykjanes. Le phénomène a été observé au nord du mont Keilir et au sud du site de l’éruption de Fagradalsfjall. Le sol autour de Fagradalsfjall a connu une déflation pendant l’éruption proprement dite, très probablement à cause de l’évacuation du magma vers la surface.
D’après les mesures GPS, le processus de déflation a commencé à s’atténuer fin août, puis à se transformer en inflation vers la mi-septembre. Cette dernière est cependant minime, avec un maximum de seulement un à deux centimètres.
Selon les modèles du Met Office, l’accumulation de magma dans les profondeurs de la terre est la cause la plus probable de l’inflation, bien que les scientifiques pensent également qu’elle peut être liée à une période d’activité sismique d’un mois à l’extrémité sud de ma montagne de Keilir à la fin septembre.
L’accumulation de magma sous les systèmes volcaniques se produit parfois après des éruptions. En tant que telle, l’inflation actuelle n’indique pas forcément que le magma se déplacera vers la surface dans un proche avenir. Ce processus peut prendre des années, voire des décennies, et il est difficile pour les scientifiques de faire des prévisions avec beaucoup de précision.
Aucune coulée de lave n’a été observée sur le site de Fagradalsfjall depuis le 18 septembre 2021. Des émissions de gaz sont toujours détectées, mais en très faible quantité.
Source : Iceland Review.

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Icelandic volcanologists indicate that land has started rising again on the Reykjanes peninsula. The inflation has been detected north of Mt. Keilir and south of the Fagradalsfjall eruption site. The land around Fagradalsfjall fell during the eruption itself, most likely because of the magma streaming out of the chamber beneath the surface.

According to GPS measurements, the deflation process began to subside at the end of August and then turn again into inflation around the middle of September. The uplift is, however, minimal, with only one to two centimetres at the highest points.

According to the Met Office’s models, the magma accumulation deep within the earth is the most likely cause of the inflation, although scientists also believe that it is connected to a month-long wave of seismic activity that began at the southern end of Keilir at the end of September.

Magma accumulation under volcanic systems sometimes occurs after eruptions. As such, the current inflation is not necessarily an indication that magma will move toward the surface in the near future. This process may instead take years or even decades, and it is difficult for scientists to make predictions with much accuracy.

There has been no lava flow at Fagradalsfjall since September 18th, 2021. Gas emissions are still being detected at the eruption site, but only in very small quantities.

Source: Iceland Review.

Calme plat sur le site de Fagradalsfjall (Capture écran webcam)

 

Islande : la passion de la lecture

Terre de volcans et de glaciers, l’Islande est aussi terre de livres et de lecteurs. Les Islandais sont connus pour leur amour de la lecture et pendant les semaines qui précèdent Noël se produit la jólabókaflóð, autrement dit un véritable déluge de livres. Ils arrivent de partout. Il faut savoir que l’Islande publie plus de livres par habitant que n’importe quel autre pays du monde. Le pic des ventes de livres se produit au mois de décembre; c’est le moment où l’industrie de l’édition perçoit environ 80 pour cent de ses revenus annuels.
Selon de nouveaux chiffres publiés par le Centre de Littérature Islandaise, un tiers de la nation a lu cinq ou plus de cinq livres au cours du mois de novembre et 68% des Islandais ont offert un livre à quelqu’un au cours des 12 derniers mois. L’intérêt pour la littérature et la lecture reste très élevé, mais il y a aussi de plus en plus d’Islandais qui lisent « peu ou pas du tout ».
Le Centre de Littérature Islandaise a effectué son étude sur les habitudes de lecture des Islandais pour la cinquième année consécutive, en collaboration avec six autres organisations littéraires du pays. Comme en 2020, l’étude s’est également concentrée sur l’impact de la COVID-19 sur l’intérêt des habitants pour la littérature, mais la pandémie n’a pas modifié de manière significative les habitudes de lecture des Islandais.
Les résultats de l’étude montrent qu’en Islande les hommes ont moins lu en 2021 (1,5 livre/mois), tandis que les femmes ont lu autant qu’avant (3,1 livres/mois). En moyenne, les Islandais lisent 2,3 livres par mois. Les personnes âgées de 18 à 24 ans lisent nettement moins que les personnes plus âgées.
L’étude sur les habitudes de lecture a été menée du 22 au 31 octobre 2021. Pour plus de détails, il suffit de cliquer sur ce lien :
https://www.icelandreview.com/news/a-third-of-icelanders-read-five-or-more-books-in-the-past-month/

Cet amour de la lecture en Islande repose sur une vieille tradition qui consiste à offrir des livres comme cadeaux de Noël. Chaque Islandais trouve généralement au moins un livre sous le sapin chaque année. Après avoir ouvert les cadeaux, de nombreuses personnes se réjouissent à l’idée d’avoir quelque chose de nouveau à lire.
Les livres sont un sujet d’actualité en Islande pendant la période de Noël. Le catalogue annuel du livre, qui présente quelque 700 titres, arrive dans les boîtes aux lettres des Islandais fin novembre. Les médias consacrent alors beaucoup d’espace et de temps d’antenne aux critiques de livres, aux discussions, aux interviews, etc. Plus tard, après Noël, les gens aiment parler des livres qui leur ont été offerts.

Cet amour des Islandais pour la lecture s’explique probablement par le fait que l’écriture et la narration font partie intégrante de l’histoire de leur pays. Les sagas islandaises sont renommées et constituent la base des connaissances des Islandais sur la mythologie nordique, l’histoire des monarchies scandinaves, etc. Les sagas ont été écrites au 13ème siècle qui, dans l’esprit de beaucoup de gens, a été l’âge d’or de l’Islande. Au cours des siècles suivants, l’Islande a dû faire face à de grandes difficultés. C’est une époque où le pays était très pauvre; les gens étaient obligés de vivre dans de petites maisons en tourbe dans lesquelles ils s’entassaient pour se réchauffer. Comme les hivers étaient longs et rigoureux avec peu de lumière à l’extérieur, les gens étaient contraints de passer beaucoup de temps à l’intérieur. C’est ainsi que s’est développée la kvöldvaka – la veillée – une tradition qui consistait à passer les soirées ensemble. C’était un moment de narration qui permettait aux gens de rester éveillés et de se divertir tout en effectuant les travaux d’hiver: filer la laine, tricoter, fabriquer des outils, etc. Quelqu’un lisait un livre, les gens racontaient des histoires ou récitaient des poèmes. Pendant ces longues soirées d’hiver, la kvöldvaka était un élément essentiel pour garder les gens en vie spirituellement.
La kvöldvaka était aussi le moment où se faisait l’éducation des enfants. Ils apprenaient à lire et à écrire, ainsi que l’histoire et la géographie à travers les sagas et d’autres histoires. En conséquence, même si le pays était très pauvre, presque tout le monde savait lire et écrire. Ce sont probablement les raisons pour lesquelles, pour les Islandais, les livres sont bien plus qu’un simple divertissement. Ils font partie intégrante de leur identité nationale.
Sources : Iceland Review, Guide de l’Islande.

Et chez nous? Pouvons nous rivaliser avec les Islandais en matière de lecture? Pas vraiment, semble-t-il. Alors que les Islandais se ruent sur les livres, les Français semblent prendre le chemin inverse. Certes, oa pu voir des files d’attente devant les librairies lorsque le confinement a pris fin. Pourtant, en 2020, les Français ont moins eu le goût pour la lecture qu’à l’accoutumée. Selon un sondage Ipsos pour le Centre National du Livre effectué en avril 2021, 86% des personnes interrogées ont déclaré avoir lu au moins un livre en 2020, soit six points de moins que lors du précédent sondage, en 2019.

Ces chiffres sont encore plus importants chez les jeunes. En 2021, seuls 80% des 15-24 ans se perçoivent comme lecteurs, alors qu »ils étaient 92% à le penser en 2019. 91% des jeunes sondés ont lu au moins un genre littéraire cité dans l’enquête, une chute de sept points par rapport à 2019. Les jeunes lecteurs ont lu des ouvrages surtout qualifiés d’utilitaires (cuisine, décoration, voyages, jardinage, etc.), les livres sur l’histoire, suivis de la littérature classique française ou étrangère et enfin les dictionnaires et encyclopédies. Selon le sondage, il n’y a guère que la science-fiction qui se maintient à la deuxième place des ouvrages dont les jeunes sont friands, bien qu’elle perde tout de même dix points par rapport à 2019.

Source: France Culture.

Je conseille la lecture des sagas islandaises traduites par Régis Boyer.