Une centrale géothermique au cœur des volcans chiliens // A geothermal plant among Chilean volcanoes

Alors que Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris et d’augmenter la production de combustibles fossiles aux États-Unis, d’autres pays adoptent une politique inverse et développent des énergies propres. Un bon exemple est le Chili où on est en train de construire la première centrale géothermique en Amérique du Sud sur le site de Cerro Pabellón, à 4 430 mètres d’altitude, avec des volcans à perte de vue.
La centrale a des airs de plate-forme de forage pétrolier et plusieurs techniciens qui oeuvrent dans la centrale travaillaient auparavant sur un site de pompage de pétrole brut ! Aujourd’hui, ils sont entourés de volcans aux cimes enneigées et ont parfois le souffle court à cette altitude où ils exploitent la vapeur surgie de la terre.
Avec la capacité d’alimenter quelque 165 000 foyers, la centrale géothermique est un nouvel exemple de production d’énergie propre au Chili. Ce réseau non polluant comprend déjà de vastes centrales solaires et des parcs éoliens. Il fait partie des plans ambitieux d’un pays qui a décidé de se débarrasser définitivement des combustibles fossiles.
L’Amérique latine produit déjà l’électricité la plus propre au monde, grâce aux barrages qui génèrent une grande partie de ses besoins énergétiques. Au-delà de ces grands projets hydroélectriques, les investissements dans les énergies renouvelables en Amérique latine ont augmenté de 11 fois depuis 2004, soit près du double de la progression mondiale, selon un rapport de 2016 diffusé par l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA). Le Chili, le Mexique et le Brésil figurent parmi les 10 premiers marchés d’énergie renouvelable dans le monde.
Voici une courte vidéo du projet sur le site de Cerro Pabellón:
https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

D’autres projets géothermiques seront développés en Amérique du Sud. Grâce à l’environnement volcanique, il y a une profusion de sources chaudes dans la région. Un projet similaire a été annulé il y a quelques années à El Tatio en raison de l’incapacité de la société Geotermica del Norte à respecter les exigences de sécurité du projet. Le promoteur a été condamné à une amende de 384 000 dollars par la société de surveillance environnementale Corema. Geotermica del Norte a déclaré qu’elle retirerait les plates-formes de forage dans un délai de trois mois et suspendrait indéfiniment l’exploration géothermique sur le site.

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While Donald Trump decided to withdraw from the Paris agreement and increase the production of fossil fuels in the U.S., some countries are adopting a reverse policy and developing clean energy. A good example is Chile where the first geothermal energy plant in South America is being built in Cerro Pabellón, Chile, 4,430 metres above sea level, surrounded by volcanoes.

The plant looks and functions much like an oil drilling rig and several of the men who operate the hulking machine once made a living pumping crude. But now they are surrounded by snowcapped volcanoes, labouring to breathe up here at this high altitude as they draw steam from the earth.

With the ability to power roughly 165,000 homes, the new plant is another step in Chile’s clean energy transformation. This nation’s rapidly expanding clean energy grid, which includes vast solar fields and wind farms, is one of the most ambitious in a region that is decisively moving beyond fossil fuels.

Latin America already has the world’s cleanest electricity, having long relied on dams to generate a large share of its energy needs. Beyond those big hydropower projects, investment in renewable energy in Latin America has increased 11-fold since 2004, nearly double the global rate, according to a 2016 report by the International Renewable Energy Agency. Chile, Mexico and Brazil are now among the top 10 renewable energy markets in the world.

Here is a short video of the Cerro Pabellón project:

https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

More geothermal projects are likely to be developed in South America. Thanks to the volcanic environment, there is a profusion of hot sources in the region. A similar project was cancelled a few years ago at El Tatio due to the company Geotermica del Norte’s failure to comply with project safety requirements. The developer has been fined US$384,000 by the region’s environmental watchdog Corema. The company said it would withdraw drilling rigs from the area within three months and indefinitely suspend geothermal exploration at the site.

 Vue de la centrale de Cerro Pabellón (Crédit photo: Ormat Technologies)

Reste de l’ancien forage géothermique  sur le site d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

Vue des « geysers » d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

 

Islande : Recherche de l’énergie à grande profondeur (suite) // Iceland : Looking for very deep energy (continued)

drapeau-francaisDans une note publiée le 28 octobre 2016, j’ai expliqué que les Islandais avait entamé un Projet de Forage Profond – Iceland Deep Drilling Project (IDDP) – prévu pour descendre jusqu’à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage avait commencé le 12 août. À la fin de l’année 2016, le trépan devrait avoir creusé le trou le plus chaud au monde, avec des températures entre 400 et 1000°C. La BBC nous indique aujourd’hui que le forage est maintenant descendu à près de 4.500 mètres et devrait atteindre 5000 m d’ici la fin de l’année, profondeur où la température devrait dépasser 500°C.
Lorsque le forage aura atteint 5 km, l’équipe de forage s’attend à trouver des roches fondues mélangées à de l’eau. Toutefois, avec la chaleur extrême et la pression énorme rencontrées à cette profondeur, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » qui n’est ni un liquide ni un gaz, mais détient beaucoup plus d’énergie que l’un ou l’autre. C’est cette vapeur supercritique que l’équipe de forage veut faire remonter à la surface pour la convertir en électricité. Les propriétés particulières de la vapeur supercritique permettraient de produire jusqu’à 10 fois plus d’énergie que la vapeur issue des puits géothermiques conventionnels.
Si le forage est un succès, cela voudra dire qu’à l’avenir il suffira de forer moins de puits pour produire la même quantité d’énergie. Cela signifiera également qu’une surface moindre sera impactée, avec moins de conséquences négatives pour l’environnement, et un coût inférieur. Cependant, la partie n’est pas gagnée d’avance et il faut être prudent. En effet, en 2009, un forage très profond a été effectué dans un autre site volcanique islandais. A 2100 m de profondeur, le trépan est entré en contact avec un réservoir magmatique  peu profond et la plateforme de forage a été détruite. Que le projet actuel soit un succès ou non, il permettra de mieux savoir à quoi ressemble l’intérieur d’un volcan.
Source: BBC News.

L’article de la BBC s’accompagne d’une vidéo visible à cette adresse :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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drapeau-anglaisIn a note released on October 28th 2016, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Reykjanes, at the south-west corner of Iceland. The drilling had begun on August 12th. By the end of the year, the Iceland Deep Drilling Project (IDDP) hoped to have created the hottest hole in the world, hitting temperatures anywhere between 400 and 1000 °C. The BBC is now informing us that the drilling has now descended nearly 4,500m and is expected to reach 5km down, where temperatures are expected to exceed 500°C, by the end of the year.

When the drill gets to 5 km, the drilling team expects to find molten rock mixed with water. But with the extreme heat and immense pressure found at this depth, the water becomes what is known as « supercritical steam ». It is neither a liquid nor a gas, but it holds far more energy than either. And it is this supercritical steam that the team wants to bring back up to the surface to convert into electricity. They believe its special properties mean it could produce up to 10 times as much energy as the steam from conventional geothermal wells.

If this works, in the future fewer wells would need to be drilled to produce the same amount of energy. This would also mean that less surface would be touched, with less environmental impact and lower costs. However, it might also fail and there is a good reason to be cautious. In 2009, a very deep drilling was attempted into another volcanic site. But at 2,100m, they accidentally hit a shallow reservoir of magma and the drill was destroyed. Whether it is a success or not, the project will help to know what the interior of a volcano looks like.

Source: BBC News.

A video accompanies the BBC article :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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La géothermie a toujours joué un rôle important en Islande.

(Photo: C. Grandpey)

Islande: A la recherche de l’énergie à grande profondeur // Iceland: Looking for very deep energy

drapeau-francaisUne opération de forage jusqu’à 5 kilomètres de profondeur est actuellement en cours au cœur des anciennes coulées de lave de la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage, qui pénètre une extension terrestre de la dorsale médio-atlantique, a débuté le 12 août 2016.
À la fin de cette année, l’Iceland Deep Drilling Project (IDDP) devrait permettre de réaliser le puits de forage le plus chaud au monde, avec des températures atteignant entre 400 et 1000°C. Le magma issu des profondeurs rencontre et chauffe l’eau de mer qui s’est infiltrée sous le plancher océanique. Le forage pourrait rencontrer l’équivalent terrestre des «fumeurs noirs», sources chaudes le long de la dorsale, qui sont saturées en minéraux tels que l’or, l’argent et le lithium.
A 5 km de profondeur, les pressions sont élevées, plus de 200 fois le niveau atmosphérique. Selon les sociétés productrices d’énergie qui sont derrière le projet, l’eau apparaîtra sous la forme de « vapeur supercritique. » [NB : On parle de fluide supercritique lorsqu’un fluide est chauffé au-delà de sa température critique et lorsqu’il est comprimé au-dessus de sa pression critique]. La vapeur supercritique n’est ni liquide ni gaz et elle détient beaucoup plus d’énergie thermique que l’un ou l’autre.
Un puits capable de capter une telle vapeur pourrait avoir une capacité énergétique de 50 mégawatts, contre 5 MW pour un puits géothermique classique. Cela signifie que quelque 50 000 foyers pourraient être alimentés, contre 5000 seulement à partir d’un seul puits.
Le puits actuel est le second foré dans le cadre de l’IDDP. Le précédent, sur le site géothermique du Krafla, dans le nord-est de l’Islande, a atteint tout à fait par hasard le magma à un peu plus de 2 km de profondeur en 2009. Le magma à très haute température a été brièvement utilisé pour chauffer l’eau froide envoyé dans le puits afin de déterminer la quantité d’énergie qui pourrait être générée et pour se rendre compte si la technologie était opérationnelle. Ce puits de forage n’a jamais fourni d’énergie au réseau islandais, mais jusqu’à sa fermeture pour des problèmes de corrosion, il a été le puits géothermique le plus puissant jamais bien percé, avec une production de 30 MW.
L’Islande tire déjà la totalité de son énergie de combustibles non fossiles, mais ses centrales géothermiques jouent un  rôle secondaire par rapport à ses grandes centrales hydroélectriques qui produisent les trois quarts de l’électricité du pays. Cela pourrait changer. En effet, si la vapeur supercritique peut être obtenue grâce à des forages profonds, la production d’énergie atteindra un ordre de grandeur bien différent. A une plus grande échelle, les techniques en cours de développement en Islande pourraient être adoptées par d’autres pays à travers le monde.
Source: The New Scientist.

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drapeau-anglaisA rig is currently drilling 5 kilometres into the rugged landscape of old lava flows in Reykjanes, at the south-west corner of Iceland. Drilling began on August 12th.

By the end of the year, the Iceland Deep Drilling Project (IDDP) hopes to have created the hottest hole in the world, hitting temperatures anywhere between 400 and 1000 °C. The drilling will penetrate a landward extension of the Mid-Atlantic Ridge. At that depth, magma that moves from below through volcanic activity meets and heats seawater that has penetrated beneath the ocean bed. The drilling could find the landward equivalent of “black smokers”, hot underwater springs along the ridge saturated with minerals such as gold, silver and lithium.

At that depth, pressures are high, more than 200 times atmospheric levels.  The consortium of energy companies behind the project expects the water to be in the form of “supercritical steam”, which is neither liquid nor gas and holds much more heat energy than either.

A well that can successfully tap into such steam could have an energy capacity of 50 megawatts, compared to the 5 MW of a typical geothermal well. This would mean some 50,000 homes could be powered, versus 5,000 from a single well.

It will be the IDDP’s second deep well. The first, in the Krafla geothermal field of north-east Iceland, unexpectedly struck magma at just over 2 km down in 2009. The hot magma was briefly used to heat cold water sent down the well to test how much energy could be generated and that the technology worked. It never supplied power to the Icelandic grid, but until it was shut down after corrosion problems, it was the most powerful geothermal well ever drilled, generating 30 MW.

Iceland’s electricity is already entirely powered by non-fossil-fuel sources. But its string of geothermal power plants plays a second role compared to its large hydroelectric power stations, which generate three-quarters of the country’s electricity. That could change. If supercritical steam can be obtained in deep boreholes, it will make an order of magnitude difference to the amount of geothermal energy the wells can produce. There could be global benefits, too, if the techniques being developed in Iceland are adopted elsewhere.

Source:  The New Scientist.

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Centrale géothermique dans le nord-est de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Islande: de la géothermie au stockage du CO2 // Iceland: from geothermal energy to the storage of CO2

drapeau-francaisLa Banque Européenne d’Investissement vient de signer un accord de 125 millions d’euros avec Landsvirkjun, la compagnie nationale d’électricité islandaise, pour financer une nouvelle centrale géothermique à Theistareykir, à 30 km au SE de Husavik, dans le nord-est de l’Islande. Le financement servira à la conception, la construction et l’exploitation d’une centrale de 90 MW et ses puits géothermiques. Neuf d’entre eux, de plus de 50 MW, ont déjà été forés et testés.

Source : Iceland Review.

L’Islande pourrait aussi être l’endroit idéal pour stocker dans son sol l’excès de dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. En effet, alors que le monde évolue lentement vers les énergies renouvelables, il serait souhaitable de limiter le dioxyde de carbone produit par les combustibles fossiles. Certains chercheurs essayent de capter le CO2 émis par les cheminées d’usines en utilisant le moins d’énergie possible. D’autres travaillent sur des lieux de stockage éventuels.

C’est ainsi qu’une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université de Southampton a participé au projet CarbFix, à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. Cette centrale exploite une source de vapeur produite par le magma à faible profondeur, en sachant que du CO2 et des gaz soufrés d’origine volcanique sont émis en même temps que la vapeur. Le but est de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Le processus se fait avec un puits d’injection foré dans le soubassement basaltique. Les chercheurs séparent le dioxyde de carbone de la vapeur produite par la centrale et l’envoient vers un puits d’injection. Le dioxyde de carbone est injecté dans un tuyau qui de trouve lui-même logé à l’intérieur d’un autre tuyau rempli d’eau en provenance d’un lac situé à proximité. A plusieurs dizaines de mètres de profondeur, le dioxyde de carbone est libéré dans l’eau où la pression est si élevée qu’il se dissout rapidement. Ce mélange d’eau et de dioxyde de carbone dissous, qui devient très acide, est envoyé plus profondément dans une couche de roche basaltique où il commence à lessiver des minéraux comme le calcium, le magnésium et le fer. Les composants du mélange finissent par se recomposer et se minéraliser en roches carbonatées.
Les chercheurs ont été surpris de voir à quelle vitesse la roche islandaise absorbe le CO2. Des expériences en laboratoire ont montré qu’il faudrait des décennies pour que le CO2 injecté dans le basalte parvienne à minéraliser. Les résultats du projet islandais démontrent, quant à eux, que la minéralisation pratiquement intégrale du CO2 in situ dans les roches basaltiques peut se produire en moins de 2 ans.
Suite à ce premier succès, Reykjavik Energy, qui exploite la centrale géothermique, a accéléré l’injection de CO2 au cours des deux dernières années. Les techniciens vont bientôt injecter dans le sous-sol un quart du CO2 émis par la centrale. Le coût du projet est relativement faible, d’environ 30 dollars par tonne de CO2.
Malgré son succès, il n’est pas certain que cet exemple de stockage du CO2 en Islande puisse être appliqué dans le monde entier. On ne sait pas vraiment ce qui permet la minéralisation rapide sur le site de CarbFix. Ce peut être dû à une combinaison de caractéristiques géologiques du sous-sol et de la géochimie des eaux souterraines, bien que les chercheurs pensent que leur approche de dissolution du CO2 dans l’eau avant l’injection joue un rôle important. D’autres expériences ailleurs dans le monde ont révélé des taux plus lents de minéralisation. En conséquence, même si le projet CarbFix est encourageant, il y a encore de grands défis à relever si l’on veut utiliser cette technologie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Vous trouverez plus de détails sur ce projet en cliquant sur ce lien: Ars Tecnica.

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drapeau-anglaisThe European Investment Bank has signed a 125-million-euro loan agreement with Landsvirkjun, the National Power Company of Iceland, to finance a new geothermal power station at Þeistareykir, 30 km SE of Húsavik in north-eastern Iceland. The financing will be used to support the design, construction and operation of a new 90 MW geothermal power station and its geothermal wells. Nine of these, with over 50 MW capacity have already been drilled and tested.

Source: Iceland Review.

Iceland could also be the right place to store in its ground the excess of carbon dioxide in the atmosphere. Indeed, as the world continues to slowly shift to renewable energy, it would be great to limit the carbon dioxide produced from the fossil fuels. Some researchers are working on capturing that CO2 from smokestacks using as little energy as possible. Others are working on places to put it.

A team led by a University of Southampton researcher was involved in the CarbFix project, located next to a geothermal power plant outside Reykjavik. This plant basically taps a source of steam above Iceland’s shallow magma chambers, but some volcanic CO2 and sulfur gas come along with it. The goal is to capture that gas and stick it back underground. That’s done with an injection well drilled down into basalt bedrock. The researchers separate the carbon dioxide from the steam produced by the plant and send it to an injection well. The carbon dioxide gets pumped down a pipe that’s actually inside another pipe filled with water from a nearby lake. Dozens of metres below the ground, the carbon dioxide is released into the water, where the pressure is so high that it quickly dissolves. That mix of water and dissolved carbon dioxide, which becomes very acidic, gets sent deeper into a layer of basaltic rock, where it starts leaching out minerals like calcium, magnesium and iron. The components in the mixture eventually begin to mineralize into carbonate rocks.

The researchers were surprised to see how quickly it all happened. Laboratory experiments have shown that it ought to take decades for CO2 injected into basalt to mineralize. However, the results of this study demonstrate that nearly complete in situ CO2 mineralization in basaltic rocks can occur in less than 2 years.

Following on this early success, Reykjavik Energy, which operates the geothermal power plant, has ramped up injection over the past couple years. They’ll soon be injecting a quarter of the CO2 released by the plant. The cost of the project is comparatively low, about $30 per ton of CO2.

Although successful, it is not sure this breakthrough demonstration of CO2 storage can be emulated around the world. It’s not entirely clear what allowed such rapid mineralization about the CarbFix site. It could be some combination of characteristics of the geology and groundwater chemistry, although the researchers think their approach of dissolving the CO2 in water before injection played a role. Other experiments elsewhere in the world have revealed slower rates of mineralization. As a consequence, even though the CarbFix project is encouraging, there are still some big challenges to be met if we want to use this technology to reduce greenhouse gas emissions in the atmosphere.

More details on the project by clicking on this link: Ars Tecnica.

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Photo: C. Grandpey

Islande: Lagon Bleu fermé en janvier et trop de touristes // Iceland: Blue Lagoon closed in January and too many tourists

drapeau-francaisSi vous aviez prévu de vous rendre en l’Islande en janvier et de plonger votre corps dans le célèbre Lagon Bleu, vous serez très déçu. En effet, le spa géothermal sera fermé pendant deux semaines (entre le 5 et le 21 janvier) pour des travaux de rénovation et d’extension.
Le Blue Lagoon proprement dit sera fermé, mais un nombre limité de clients pourra toutefois opter pour une «expérience de luxe» dans le lagon privé du Blue Lagoon Clinic Hotel (100 euros avec pré-réservation indispensable) pendant la période de fermeture.
Les travaux font partie du projet de construction d’un nouvel hôtel cinq étoiles dont l’ouverture est prévue en 2017 et qui devrait coûter environ 2,8 millions d’euros.
Une fois les travaux terminés, le Blue Lagoon devrait rouvrir le 22 janvier avec un plus grand lagon, un coin «Skin Care» où l’on prendra soin de votre peau, une nouvelle zone où seront proposés des rafraîchissements et des installations améliorées pour les clients.
Depuis plusieurs mois (surtout depuis l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 et avec une monnaie plus attractive) l’Islande doit faire face à un boom touristique. Un de mes amis qui était dans le pays pour Noël m’a dit qu’il y avait une invasion de touristes asiatiques. Les restaurants étaient tellement bondés qu’il a dû acheter des sandwichs. L’afflux de touristes a également un impact négatif sur la nature fragile de l’Islande. On lit souvent dans la presse locale des plaintes sur le comportement de certains touristes qui ne respectent rien et n’hésitent pas à aller n’importe où avec leurs véhicules 4X4.
J’ai éprouvé un grand plaisir à parcourir l’Islande jusque dans les années 2000. Je me suis souvent retrouvé seul dans des endroits loin de tout, ce qui semble impossible aujourd’hui. Mon instinct grégaire n’est pas suffisamment développé pour que je puisse supporter des foules de touristes bruyants. Je préfère aller voir ailleurs!

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drapeau-anglaisIf you had planned to travel to Iceland and have a bath in the famous Blue Lagoon in January, you will be very disappointed. Indeed, the geothermal spa will be closed for two weeks (between January 5th and 21st) for renovation and extension work.
The main resort will be closed, with a limited number of guests able to opt for a ‘Luxury Experience’ at the Blue Lagoon Clinic Hotel’s private lagoon (100 euros, pre-booking essential) during that time.
The works to be carried out are part of the project to build a new five-star hotel – opening 2017 – and are estimated to cost about 2.8 million euros.
The larger, improved facilities will open on January 22nd and are said to include a larger lagoon, a new ‘Skin Care’ bar, a new refreshment area and improved guest facilities.
For several months (above all since the Eyjafjöll eruption in 2010 and with a more attractive currency) Iceland has had to face a tourist boom. A friend of mine who was in the country for Christmas told me there was an invasion of Asian tourists. The restaurants were so full that he had to buy sandwiches. The influx of tourists also has a negative impact on Iceland’s fragile nature. One can often read in the local press complaints about tourists who do not respect the land and do not hesitate to go anywhere with their 4-wheel vehicles.
I used to enjoy travelling all over Iceland until the year 2000. I was often alone in remote places, which seems to be impossible today. My herd instinct is not developed enough to put up with crowds of noisy tourists. I prefer to go elsewhere!

Blue Lagoon

Le Lagon Bleu (Photo: C. Grandpey)

Montserrat sur la voie de la géothermie ? // Montserrat on the path to geothermal energy?

drapeau-francaisAprès s’être réveillé en juillet 1995, le volcan Soufrière Hills a dévasté une grande partie de Montserrat, transformé les deux tiers de l’île en une zone d’exclusion et enfoui Plymouth, l’ancienne capitale, sous une épaisse couche de cendre. Aujourd’hui, le volcan s’est calmé et Montserrat envisage d’utiliser la chaleur du sous-sol comme clé de voûte de son économie pour les années à venir.
Des tests effectués par des experts islandais ont révélé un potentiel prometteur pour alimenter l’île en énergie géothermique. Cette électricité verte et bon marché réduirait les factures pour les ménages; elle permettrait aussi de stimuler les investissements en mettant fin à plusieurs décennies d’électricité à des prix prohibitifs et des approvisionnements peu fiables en énergie fossile. Montserrat est actuellement dans l’obligation d’importer des combustibles fossiles coûteux pour alimenter cinq générateurs diesel très vieux et peu fiables, ce qui met l’île à la merci de la fluctuation des prix du pétrole. On espère aussi à Montserrat que le passage à l’énergie renouvelable fera grimper le nombre de vacanciers en mettant en avant les vertus écologiques.
Montserrat effectue des recherches en énergie géothermique depuis les années 1970, mais des doutes quant à la réussite des projets coûteux les ont empêchés de devenir réalité. En 2013, deux puits d’exploration ont été forés à des profondeurs allant jusqu’à 2900 mètres, avec des températures de 260 ° C. Ce projet de 13 millions de dollars a été financé par le Département britannique de Recherche et de Développement qui a accepté de financer le forage d’un troisième puits. Les deux puits existants devraient être en mesure de produire 1,5 mégawatts d’électricité chacun, ce qui est beaucoup plus que les besoins de l’île qui sont seulement de 1,7 mégawatts. Le seul frein à ce projet est la nécessité de réinjecter dans le réservoir le fluide géothermal utilisé, en sachant que l’un des puits pourrait être utilisé à cette fin.
Montserrat ne serait pas le premier pays des Caraïbes à utiliser la chaleur de son sous-sol. St Vincent, Ste Lucie, St Kitts & Nevis et la Dominique ont fait des progrès significatifs dans ce secteur. A Montserrat, on espère que le projet donnera à l’île et ses 5000 habitants une plus grande autonomie et réduira ainsi sa dépendance envers le Royaume-Uni. Un autre avantage de l’énergie géothermique serait l’utilisation de la chaleur résiduelle pour d’autres applications comme la réfrigération, le durcissement des blocs de béton et le séchage des produits agricoles.
Adapté d’un article de BBC News: http://www.bbc.com/news/world-latin-america-34648340

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drapeau-anglaisStarting in July 1995, the eruption of the Soufriere Hills devastating a large part of Montserrat, leaving two-thirds of the Caribbean island an exclusion zone and Plymouth, the former capital city, buried deep in ash. Today, the volcano has quietened down and Montserrat might now use the volcano’s heat as a key to its future.
Expensive tests carried out by Icelandic experts indicate promising potential to power the island using geothermal energy. This cheaper, greener electricity would not only slash bills for householders; it could also stimulate external investment by ending decades-old problems of prohibitive electricity costs and an unreliable supply. Montserrat is currently wholly dependent on expensive fossil fuel imports to power its five very old and unreliable diesel generators, leaving it at the mercy of fluctuating oil prices. There are high hopes that switching to renewable energy would increase the number of holidaymakers by cementing its status as an eco-haven.
Montserrat has been looking into geothermal energy since the 1970s, but doubts about the success of the costly project prevented it from becoming reality. In 2013, two exploratory wells were drilled to depths of up to 2,900metres, striking temperatures of 260°C. The 13-million-dollar initiative was funded by the UK Department for International Development which has now agreed to pay for a third well to further the project. The two existing wells are thought to be capable of producing 1.5 megawatts of power each, which is much more than the 1.7 megawatts the island uses. The only obstacle to the project is that there is the need to re-inject spent geothermal fluid back into the reservoir. This means using one of the wells for that purpose.
Montserrat would not be the first Caribbean country to make use of its volcano in such a way.
St Vincent, St Lucia, Nevis and Dominica are among those making significant progress in the sector. At Montserrat, it is hoped the project would put the island and its 5,000 inhabitants on a path to greater self-sufficiency as well as reducing reliance on the UK. Another benefit of geothermal energy would be the possibility of using the waste heat for other things like refrigeration, curing concrete blocks and drying agricultural products.
Adapted from a BBC News article: http://www.bbc.com/news/world-latin-america-34648340

MontserratVolcan Soufriere Hills à Montserrat (Crédit photo: Wikipedia)

Bientôt un câble électrique entre l’Islande et la Grande Bretagne // A power cable soon between Iceland and Britain

drapeau francaisC’est bien connu: En Islande, environ 95 pour cent de l’électricité provient de sources renouvelables telles que les centrales hydro-électriques et l’énergie géothermique d’origine volcanique. Au contraire, la Grande-Bretagne a besoin de se rabattre sur les centrales thermiques ou nucléaires pour produire sa propre énergie électrique. Aujourd’hui, le pays veut augmenter sa capacité d’importation d’électricité en raison d’une réduction à venir de sa production nationale.
David Cameron est en Islande ces jours-ci et les premiers ministres des deux pays devraient signer un accord qui permettrait aux volcans de l’Islande de chauffer les maisons britanniques via un câble électrique sous-marin qui sera le plus long au monde. D’une longueur de quelque 1200 km, sa mise en place prendra entre 7 et 10 ans. Les deux pays ont déjà émis cette idée en 2012, mais elle n’a guère avancé depuis cette époque. Le câble fournirait au Royaume-Uni sur le long terme un approvisionnement en énergie renouvelable et permettrait au pays d’avoir une meilleure sécurité énergétique.
Sources: Reuters et Iceland Review.

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drapeau-anglaisIt’s a well-known fact: Around 95 percent of Iceland’s electricity comes from renewable sources such as hydro-electric plants and geothermal power from volcanoes. On the contrary, Britain needs to rely on thermal or nuclear power stations to produce its own power. Today, the country is keen to increase its electricity import capacity due to a looming supply crunch in its domestic power generation.
David Cameron is in Iceland these days and the prime ministers of both countries are expected to sign an agreement that would allow Iceland’s volcanoes to heat British homes within 10 years. At around 1,200 kilometres, it would be the longest in the world and take seven to 10 years to build. The two countries first raised the idea in 2012 but little progress has been made since that time. It would provide a sustainable, long-term renewable energy supply and increase the UK’s energy security.
Sources: Reuters & Iceland Review.

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Photo: C. Grandpey